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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 20:33
Le texte de l'EZLN pour cette nouvelle année.

PAROLES DE L’EZLN POUR LE 22eme ANNIVERSAIRE

DU DEBUT DE LA GUERRE CONTRE L OUBLI

 

BONSOIR, BONJOUR, COMPANEROS, COMPANERAS, BASES D’APPUI DE L’ARMEE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALES, COMPANEROS/AS MILITIENS ET MILITIENNES, INSURGEES ET INSURGES, RESPONSABLES LOCAUX ET REGIONAUX, AUTORITES DES TROIS INSTANCES DU GOUVERNEMENT AUTONOME, COMPANEROS/AS PROMOTEURS ET PROMOTRICES DES DIFFERENTES AIRES DE TRAVAIL, COMPANEROS, COMPANERAS DE LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE ET TOUS LES PRESENTS.

 

Compañeras et compañeros, aujourd’hui nous sommes ici pour célébrer le 22* anniversaire du début de la guerre contre l’oubli.

 

Durant plus de 500 ans nous avons souffert de la guerre que les puissants de distinctes nations, langues, couleurs et croyances, nous ont fait pour nous annihiler.

 

Ils ont voulu nous tuer, soit en tuant nos corps, soit en tuant nos idées.

 

Mais nous avons résisté.

 

Comme peuples originaires, comme gardiens de la terre-mère, nous avons résisté.

 

Non seulement ici et non seulement la couleur de la terre que nous sommes.

 

Dans tous les coins du monde qui a souffert avant et qui souffre maintenant, il y a eu, et il y a des gens dignes et rebelles qui ont résisté, qui résistent contre la mort qu’impose celui d’en haut.

 

Le premier janvier 1994, il y a 22 ans, nous avons fait public le “YA BASTA!” que nous avons préparé en digne silence durant une décennie.

 

Taisant notre douleur nous préparions ainsi le cri de notre douleur.

 

De feu fut donc notre parole.

 

Pour réveiller à qui dormait.

 

Pour lever à qui tombait.

 

Pour indigner à qui se conformait et se rendait.

 

Pour rebeller l’histoire.

 

Pour l’obliger à dire ce qu’elle taisait.

 

Pour révéler l’histoire des exploitations, assassinats, spoliations, mépris, et les oublis que se cachaient derrière l’histoire d’en haut.

 

Cette histoire des musées, statuts, livres, textes, monuments aux mensonges.

 

Avec la mort des nôtres, avec notre sang, nous avons secoué la somnolence d’un monde résigné à la déroute.

 

Ce n’étaient pas que des paroles. Au sang de nos tombés et tombées en ces 22 années, s’ajoute celui d’années, lustres, décennies, siècles antérieurs.

 

Nous avons du choisir donc, et nous avons choisi la vie.

 

C’est pour ça, donc et maintenant, pour vivre nous mourrons.

 

Aussi simple comme notre sang peint les rues et murs des villes qui nous méprisent maintenant comme avant elles le faisaient, c’était donc notre parole.

 

Et ça continue de l’être:

 

Comme drapeau de lutte, ont été nos 11 demandes: Terre, travail, alimentation, santé, éducation, logement digne, indépendance, démocratie, liberté, justice et paix.

 

Ces demandes ont été celles qui nous ont fait nous lever en arme car c’est ce qu’il nous manque à nous les peuples originaires, et la majorité des personnes dans ce pays et dans tout le monde.

 

De cette manière nous avons démarré notre lutte contre l’exploitation, la marginalisation, l’humiliation, le mépris, l’oubli, et pour toutes les injustices que nous vivons causées par le mauvais système.

 

Car pour les riches et puissants nous ne servons seulement que pour être leurs esclaves, pour qu’ainsi ils soient chaque fois plus riche et nous, chaque fois plus pauvres.

 

Après avoir vécu tant de temps sous cette domination et spoliation, nous disons:

 

YA BASTA! ET C’EST MAINTENANT QUE S’ARRETE LA PATIENCE!

 

Et nous avons vu qu’il ne nous reste pas d’autre chemin que de prendre nos armes pour tuer ou mourir pour une cause juste.

 

Mais nous n’étions pas seuls, seules.

 

Nous ne le sommes pas maintenant.

 

Au Mexique et dans le monde la dignité a pris les rues et a demandé un espace pour sa parole.

 

Nous avons compris donc.

 

A partir de ce moment notre forme de lutte a changé et nous avons été et sommes ouïe attentive et parole ouverte, car depuis le début nous savons qu’une lutte juste du peuple est pour la vie et non pas pour la mort.

 

Mais nous avons à côté nos armes, nous ne les laisserons pas, elles seront avec nous jusqu’à la fin.

 

Car nous avons vu que où notre ouïe est allée à cœur ouvert, le Puissant a opposé sa parole de duperie son cœur d’ambition et de mensonge.

 

Nous avons vu que la guerre d’en haut continue.

 

Son plan et ses objectifs étaient et est de nous faire la guerre jusqu’à nous exterminer. C’est pour ça, au lieu de résoudre les justes demandes, il a préparé et prépare, a fait et fait la guerre avec ses armements modernes, forme et finance des groupes paramilitaires, offre et reparti des miettes profitant de l’ignorance et la pauvreté de certains.

 

Ces puissants d’en haut sont bêtes. Ils ont pensé que qui étaient prêts à écouter, étaient aussi prêts à se vendre, à se rendre, à vaciller.

 

Ils se sont donc trompés.

 

Il se trompe maintenant.

 

Car nous les zapatistes, nous savons bien clairement que nous ne sommes pas des mendiants ou des inutiles qui attendent que tout se résolve seul.

 

Nous sommes des peuples avec dignité, avec décision et conscience pour lutter pour la vraie liberté et justice pour toutes, pour tous, pour tou/t/e. Sans qu’importent sa couleur, sa race, son genre, sa croyance, son calendrier, sa géographie.

 

C’est pour ça que notre lutte n’est pas locale, ni régionale, ni même nationale. Elle est universelle.

 

Parce que universelles sont les injustices, les crimes, les spoliations, les mépris, les exploitations.

 

Mais sont aussi universels, la rébellion, la rage, la dignité, le désir d’être meilleurs.

 

C’est pour cela que nous avons compris qu’il serait nécessaire de construire notre vie nous mêmes avec autonomie.

 

Au milieu des grandes menaces, des agressions militaires et paramilitaires, et les constantes provocations du mauvais gouvernement nous avons commencé à former notre propre système de gouverner, notre autonomie, avec notre propre éducation, notre propre santé, notre propre communication, notre forme de protéger et travailler à notre terre mère, notre propre politique comme peuple et notre propre idéologie de comme nous voulons vivre comme peuple avec une autre culture.

 

Là où d’autres, attendent que depuis en haut les solutions de ceux d’en bas arrivent, nous, les zapatistes nous avons commencé à construire notre liberté comme on sème, comme on construit, comme on grandit, c’est à dire, depuis en bas.

 

Mais le mauvais gouvernement essaye de détruire et de terminer notre lutte et résistance avec une guerre qui change d’intensité comme elle change sa politique trompeuse, avec leurs mauvaises idées, avec leurs mensonges, en usant leur moyens de communication pour les diffuser, et avec la répartition de miettes dans les villages indigènes là où il y a des zapatistes, pour ainsi diviser et acheter les consciences en appliquant de cette forme son plan de contre insurrection.

 

Mais la guerre qui vient d’en haut, compañeros, compañeras, sœurs et frères, est toujours la même, elle n’amène que la destruction et la mort.

 

Vous pouvez changer les idées et les bannières avec lesquelles elle arrive, mais la guerre d’en haut détruit toujours, tue toujours, jamais elle ne sème autre chose que la terreur et le désespoir.

 

Au milieu de cette guerre nous avons du marcher jusqu’à ce que nous voulions.

 

Nous ne pouvions pas nous asseoir et attendre à ce qu’ils comprennent ceux la même qui ne comprennent pas, et qui ne veulent pas comprendre

 

Nous ne pouvions pas nous asseoir à attendre que le criminel se renie soit même et son histoire et se convertisse, se désolé en quelque chose de bon.

 

Nous ne pouvions pas attendre une large et inutile liste de promesses qui seraient oubliées quelques minutes après.

 

Nous ne pouvions pas attendre à ce que l’autre, différent mais pareil en douleur et rage, nous regarde et en nous regardant se voit.

 

Nous savions comment faire

 

Il n’y avait et il n’y a pas de livre, manuel ou doctrine qui nous disaient commetn faire pour résister, et en même temps construire quelque chose de nouveau et meilleur.

 

Peut être pas parfait, peut être différent mais toujours notre, de nos peuples, des femmes, hommes, filles et anciens qui avec leur cœur collectif couvrent le drapeau noir avec l’étoile rouge de cinq pointes et les lettres qui leur donnent non seulement un nom mais aussi un compromis et destin: EZLN

 

Donc, nous cherchons dans notre histoire ancestrale, dans notre cœur collectif, et lors des chutes, avec erreurs et les échecs, nous avons construit ce que nous sommes, et qui non seulement nous maintient en vie et en résistance, mais aussi nous lève digne et rebelles.

 

Durant ces 22 années de lute de résistance et Rébellion nous avons continuer à construire une autre forme de vie, nous gouvernant nous mêmes comme peuples collectif que nous sommes, sous les 7 principes du diriger en obéissant, construisant un nouveau système et une autre forme de vie comme peuples originaires.

 

Un où le peuple dirige et le gouvernement obéit.

 

Et notre cœur simple voit ce qui ce qui est le plus saint, car il naît et grandit du même peuple, c’est à dire, c’est le même peuple qui opine, discute, pense, analyse, propose et décide quelle chose est la mieux pour son bénéfice, continuant l’exemple que nous ont laissé nos ancêtres.

 

Comme nous expliqueront après, nous voyons que dans les communautés des partis politiques, règnent l’abandon et la misère, dirige l’oisiveté et le crime, la vie communautaire est détruite, blessée déjà mortellement.

 

Le fait de se vendre au mauvais gouvernement non seulement n’a pas résolu ses besoins, mais en plus a rajouté plus d’horreurs.

 

Là où il y avait avant la faim et la pauvreté, aujourd’hui elles continuent d’y être, mais en plus il y a le désespoir.

 

Les communautés des partis politiques se sont converties en groupes de mendiants qui ne travaillent pas, ils attendent juste le programme gouvernemental d’aide suivant, c’est à dire ils attendent la prochaine époque électorale.

 

Et cela n’apparaît dans aucuns rapports du gouvernement municipal de l’état ou fédéral mais c’est la vérité qui peut se voir dans les communautés des partis: paysans qui ne savent plus travailler la terre, maisons en ciment vides car ni le ciment ni les tôles ne peuvent se manger, familles détruites, communautés qui se réunissent uniquement pour recevoir l’aumône gouvernementale.

 

Dans nos communautés peut être il n’y a pas de maison en ciment, ni de télévisions digitales ni de camions dernier modèles mais nos gens savent travailler la terre. Ce que nous mettons sur nos tables, les vêtements qui nous habillent, la médecine qui nous soulage, le savoir qui s’apprend, la vie qui passe est NOTRE, produit de notre travail et de nos savoir. Ce n’est un cadeau de personne.

 

Nous pouvons le dire sans peine: les communautés zapatistes ne sont pas seulement mieux qu’il y a 22 ans. Leur niveau de vie est supérieur à celui de ceux qui se sont vendus aux partis de toutes les couleurs.

Avant pour savoir si quelqu’un était zapatiste, ça se voyait de si il portait un foulard rouge, ou un passe montagne.

 

Maintenant il suffit de voir si il travaille la terre, si il prend soin de sa culture, si il étudie pour connaître la science et la technique, si il respecte les femmes que nous sommes, si il a le regard en haut et propre, si il sait qui dirige comme collectif, si il voit les charges des gouvernement autonomes rebelles zapatistes comme service et non comme business, et si, quand on lui demande quelque chose qu’il ne sait pas, répond ” je ne sais pas…encore”, si quand on se moque en lui disant que les zapatistes n’existent plus, qu’ils sont que très peu, il répond “ne t’en fais pas, nous allons être plus, parfois ça tarde, mais si nous allons être plus”, si il regarde loin dans le calendrier et géographie, si il sait que le demain se sème aujourd’hui.

 

Mais oui, nous reconnaissons qu’il nous manque beaucoup à faire, il nous manque encore de nous organiser plus et mieux.

 

Pour cela nous devons nous forcer plus à nous préparer pour réaliser plus et mieux notre travaux de nous gouverner, car c’est de là que vient de nouveau le mal des mals: le mauvais système capitaliste.

 

Et nous devons savoir comment l’affronter. Nous avons déjà 32 ans d’expériences de lutte de Rébellion et Résistance.

 

Nous sommes déjà ce que nous sommes.

Nous sommes l’Armée Zapatistes de Libération Nationale.

Nous sommes ! bien qu’on ne nous noment pas.

Nous sommes ! bien qu’avec silences et calomnies vous nous oubliez.

Nous sommes ! bien que vous ne nous regardiez pas.

Nous sommes dans le pas, dans le chemin, dans l’origine, dans le destin.

 

Et dans ce que nous sommes, voyons, regardons, nous écoutons des douleurs et souffrances proches et lointaines en calendrier et géographies.

 

Et nous regardons avant et nous regardons maintenant.

Une nuit sanglante, plus si se serait possible, se tend sur le monde.

Le Puissant non seulement insiste à continuer d’exploiter, réprimer, mépriser et nous spolier.

Il est décidé à détruire le monde entier, si cela lui donne des bénéfices, argent, paie.

C’est clair qu’arrive le pire pour toutes, tous, tou/t/e

 

Car les grand riches multimillionnaires de quelques rares pays, continuent avec l’objectif de saccager toutes les richesses naturelles dans tout le monde, tout ce qui nous donne la vie comme l’eau, les terres, les forêts, les montagnes, rivières, airs et tout ce qui est en dessous du sol: or, pétrole, uranium, ambre, souffre, charbon et autre minéraux. Car ils ne la considèrent pas la terre comme source de vie, mais comme un business et il convertit tout en marchandise, et la marchandise il la convertit en argent, et ainsi ils veulent nous détruire complètement.

 

Le mal et le mauvais ont un nom, histoire, origine, calendrier, géographie: c’est le système capitaliste.

 

Qu’importe comment ils le peignent, qu’importe le nombre qu’il lui donne, qu’importe la religion qui l’habille, qu’importe la bannière qu’il lève.

 

C’est le système capitaliste.

 

C’est l’exploitation de l’humanité et du monde qui l’habite.

 

C’est le mépris à tout ce qui est différent et qui ne se vend pas, ne se rend pas ne vacille pas.

 

C’est lui qui poursuit, enferme, assassine,

 

C’est lui qui vole.

 

Face à lui surgissent, naissent, se reproduisent, grandissent et meurent, des sauveurs, des leaders, des candidats, des gouvernements, des partis qui offrent la solution.

 

Comme une marchandise de plus, s’offrent les recettes pour résoudre les problèmes.

 

Peut être quelqu’un croit encore que d’en haut, de là où viennent les problèmes, viendront les solutions.

 

Peut être il y a encore des gens qui croit en des sauveurs locaux, régionaux, nationaux et mondiaux.

 

Peut être, il y a encore des gens qui espèrent que quelqu’un fasse ce qui nous correspond de faire, à nous mêmes.

 

Se serait très bien, oui.

 

Tout facile, commode, sans efforts majeurs. Seulement lever la main, cocher un bulletin, remplir un formulaire, applaudir, crier un slogan, s’affilier à un parti politique, voter pour en jeter un et qu’un autre rentre.

 

Peut être nous disons nous pensons, nous, zapatistes que nous sommes ce que nous sommes.

 

Se serait très bien comme ça, mais ça ne l’est pas.

 

Car ce que nous avons appris comme zapatistes que nous sommes et sans que personne ne nous l’ai appris, comme si ce n’était pas de notre propre pas, c’est que personne, absolument personne, ne va venir nous sauver, nous aider, trouver des solutions à nos problèmes, ou soulager nos douleurs, à nous offrir la justice dont nous avons besoin et méritons.

 

C’est seulement ce que nous faisons nous, hommes et femmes, chacun selon son calendrier et sa géographie, selon leur nom collectif, leur pensée, et leur action, son origine et son destin.

 

Et aussi nous avons appris, comme zapatistes que nous sommes, que c’est seulement en organisation que c’est possible.

 

Nous avons appris que si un s’indigne, un, une, un/e, c’est bien.

 

Que si s’indignent plusieurs, plusieurEs, beaucoup, alors une lumière s’allumera dans un coin du monde et sa lumière arrivera à briller pour quelques instants toute la face de la terre.

 

Mais nous avons aussi appris que si ces indignations s’organisent….Ah! Alors ce n’est pas une lumière momentanée qui illumine les chemins terrestres.

 

Alors c’est comme un murmure, comme une rumeur, comme un tremblement qui commence à sonner au début, plus fort après.

 

Comme si ce monde allait accoucher un autre monde, un mieux, plus juste, plus démocratique, plus libre, plus humain…ou humaine… ou humain/e

 

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous avons commencé cette partie de nos paroles avec une parole d’avant, mais qui continue d’être nécessaire, urgente, vitale: nous devons nous organiser, nous préparer à lutter, pour changer cette vie, pour créer une autre forme de vie, une autre forme de nous gouverner, nous mêmes les peuples.

 

Car si nous ne nous organisons pas nous seront plus esclavagisés.

 

Il n’y a vraiment plus de quoi se confier dans le capitalisme. Absolument rien. Nous l’avons déjà vécu des centaines d’années son système, nous avons déjà souffert des 4 roues du carrosses du capitalisme: l’exploitation, la répression, la spoliation et le mépris.

 

Il ne reste plus que la confiance entre nous même, là où nous, hommes et femmes savons comment construire une nouvelle société, un nouveau système de gouvernement, avec la vie juste et digne que nous voulons.

 

Parceque maintenant personne ne se sauve de la tempête de l’hydre capitaliste qui détruira nos vies.

 

Indigènes, paysan-e-s, ouvrier-e-s, maitre-sses, âme de foyer, intellectuels, travailleurs et travailleuses en général car il y a beaucoup de travailleurs qui luttent pour survivre de leur vie quotidienne, certains avec patron et d’autres non, mais ils tombent dans la même griffe du capitalisme.

 

C’est à dire qu’il n’y a pas de salut dans le capitalisme.

 

Personne ne va nous diriger, ce sont nous mêmes, qui nous dirigeons, nous prenant en compte de comment nous pensons résoudre chaque situation.

 

Car si nous pensons qu’il y a qui nous dirige, ben, nous avons déjà vu comment ils nous ont dirigé durant les centaines d’années d’avant et dans le système capitaliste, ça ne nous sert pas à nous les merdeux. Pour eux oui, car là oui, seulement assis, ils ont gagné de l’argent pour vivre.

 

A tous, ils leur ont dit ” votez pour moi”, je vais lutter pour qu’il n’y ait pas plus d’exploitation, et quand ils arrivent dans le poste où on gagne de l’argent sans suer, automatiquement ils oublient de tout ce qu’ils ont dit, ils commencent à créer plus d’exploitation, à vendre le peu qui reste de la richesse de nos pays. Ces vendeurs de patries sont inutiles, hypocrites, parasites qui ne servent pas.

 

C’est pour cela, compañeros, compañeras, la lutte n’est pas terminée, nous sommes à peine entrain de commencer, nous avons à peine 32 ans, parmi lesquels 22 ont été publics.

 

C’est pour cela que nous devons nous unir plus, nous organiser mieux pour construire notre bateau, notre maison, c’est à dire notre autonomie, car c’est celle qui va nous sauver de la grande tempête qui se rapproche, nous devons fortifier plus nos aires de travial et nos travaux collectifs.

 

Nous n’avons pas d’autre chemin que celui de nous unir de nous organiser pour lutter et nous défendre de la grande menace du mauvais système capitaliste car les méchancetés du capitalisme criminel qui menace l’humanité ne va respecter personne, il va balayer à tous sans distinction de race, de parti, ni de religion, car il l’a démontré durant beaucoup d’années qu’ils ont toujours mal gouverné, menacé, poursuit, enfermé, torturé, disparu et assassiné à nos peuples des champs et de la ville dans tout le monde.

 

C’est pour ça que nous vous disons compañeros et compañeras, garçons et filles, jeunes et jeuneEs, vous comme nouvelles générations vous êtes le futur de nos peuples, de notre lutte, et de notre histoire, mais vous devez comprendre que vous avez une tache et obligation: continuer l’exemple de nos premiers compañeros de nos compañeros majeurs en age, de nos parents et grands parents et tous ceux qui ont commencé cette lutte.

 

Elles et eux ils nous ont déjà marqué le chemin, maintenant nous devons continuer et maintenir ce chemin, mais pour cela on y arrivera en nous organisant dans chaque génération et en génération , comprendre cela et s’organiser pour ça, et jusqu’à arriver à la fin de notre lutte.

 

Car vous comme jeunes vous êtes une partie importantes de nos peuples, c’est pour cela que vous devez participer à tous les niveaux de travail qu’il y a dans notre organisation et dans toutes les aires de travail de notre autonomie, et que vous soyez les générations qui continueront à à diriger notre propre destin avec démocratie, liberté et justice, tout comme nous apprennent nos compañeros et compañeras premiers.

 

Compañeras et compañeros, tous et toutes, nous sommes surs que nous allons réussir un jour ce que nous voulons, pour tous tout, c’est à dire notre liberté car maintenant notre lutte avance petit à petit et nos armes de lutte sont notre résistance, notre rébellion et notre parole vraie, qu’il n’y a pas de montagnes ni de frontières qui peuvent l’empêcher, jusqu’à ce qu’elle arrive dans les oreilles et les cœurs d’autres frères et sœurs du monde entier.

 

C’est à dire que nous sommes chaque fois plus ceux qui comprenons la lutte contre la gravissime situation d’injustice dans laquelle ils nous tiennent, que cause le mauvais système capitaliste dans notre pays et dans le monde.

 

Nous sommes aussi clair que au long de notre lutte il y a eu et il y aura des menaces, répressions, persécutions, spoliations, contradictions et moqueries de la part des trois niveaux des mauvais gouvernements, mais nous devons être claires que si le mauvais gouvernement nous haït c’est parceque nous avons le bon chemin; s’il nous applaudit c’est que nous dévions notre lutte.

 

Nous n’oublions pas que nous sommes les héritiers d’il y a plus de 500 ans de lutte et de résistance. Dans nos veines courre le sang de nos ancêtres, ils nous ont hérité l’exemple de lutte et de rébellion et être gardien de notre terre mère car c’est en elle que nous sommes nés, en elle nous vivons et en elle nous mourrons.

 

-*-

 

compañeras, compañeros zapatistes,
compañeros, compañeras, compañeroas de la Sexta:

Soeurs et frères:

C’est notre première parole de l’année qui commence.

Plus de paroles viendront, plus de pensées.

Peu à peu nous montreront de nouveau notre vision, nos cœurs que nous sommes.

 

Maintenant nous voulons juste terminer en vous disant que pour honorer et respecter le sang de nos tombés, ça ne suffit pas de simplement s’en rappeler, souvenir, pleurer, prier, mais nous devons continuer l’exemple et continuer la tâche qu’ils nous ont laisser, faire dans la pratique le changement que nous voulons.

 

C’est pour ça compañeros et compañeras pour ce jour si important c’est le moment de réaffirmer notre conscience de lutte et de nous compromettre pour continuer en avant, ça coûtera ce que ça coûtera, il se passera ce qu’il se passera, mais nous ne permettrons pas que le mauvais système capitaliste détruise ce que nous avons conquit, et le peu que nous avons pu construire avec notre travail et effort durant plus de 22 ans: notre liberté!

 

Maintenant ce n’est pas le moment de reculer, de nous démotiver ou de nous fatiguer, nous devons être plus fermes dans notre lutte, maintenir ferme les paroles et exemples que nous ont laissé nos premiers compañeros: de ne pas se rendre, ne pas se vendre, et ne pas vaciller.

 

DEMOCRATIE
LIBERTE
JUSTICE

Depuis les montagnes du Sud Est Mexicain
Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – COmmandance Général de l’
Armée Zapatiste de Libération Nationale
Sous Commandant Insurgé Moisés Sous Commandant Insurgé Galeano
Mexique, Premier janvier 2016.

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2