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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

       SONJA SUDER EST LIBRE         Procès C. Gauger, S. Suder: Une page pour s'informer 

   PALESTINE - Une carte à ne jamais oublier

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:24

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

 

Début du texte "Crise, restructuration industrielle et guerre de classe", témoignage de la  volonté d'analyse et de réflexion commune des militants d'Action directe en prison comme lors des procès. Le début de ce texte aborde l'inversion du rôle de la bourgeoisie qui depuis le XIXème siècle s'est transformée en une  force réactionnaire, le rôle de l'Etat, le développement de la crise depuis le début des années 60, la dynamisation des luttes, le développement de l'internationalisation des capitaux et du complexe militaro-industriel. Ce texte étant très long, nous en poursuivrons la publication durant l'été.

 

L'histoire a montré que sans violence

révolutionnaire, il est impossible de vaincre.

Sans la violence révolutionnaire dirigée contre

les adversaires directs des ouvriers et des

paysans, il est impossible de briser la

résistance des exploiteurs;"

Lénine

 

 

Un texte de Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan

 

LA CRISE IMPULSE LA REACTION

 

Ce qui se passe dans cette salle ne peut être résumé aux Sections Spéciales dans leur rôle d'attaque institutionnelle contre une avant-garde communiste. Car, autant que l'existence elle-même de cette avant-garde, elles sont le produit du développement et des contradictions du mode de production capitaliste se traduisant en contradictions de classes. Et, si à partir de celles-ci, l'action du Commando "Pierre Overney" est le fruit d'une pratique communiste combattante par et dans laquelle notre organisation se détermina à partir de 1979, les Sections Spéciales sont un outil de la bourgeoisie pour résoudre, par leur caractère réactionnaire, la puissante contradiction du développement des forces productives déformant le régime de la propriété capitaliste. Outil de la réaction à l'exacerbation des luttes qui en naissent et impulsent la crise généralisée du système de domination impérialiste.

 

En attaquant Georges Besse, PDG de la transnationale du Secteur Public industriel: Renault, le Commando "Pierre Overney" a cristallisé un moment de la lutte des classes, de l'affrontement Prolétariat International et bourgeoisie impérialiste. Le véritable moteur de l'histoire étant la lutte des classes, l'affrontement entre Prolétariat International et bourgeoisie impérialiste est sa dynamique actuelle dans une dimension mondiale.

 

 

L'avénement de l'impérialisme au début de ce siècle a concrétisé l'inversion de la fonction de la bourgeoisie, sa transition de classe progressiste en classe réactionnaire. Les traits généraux de cette mutation auront été liés simultanément, à la forme de concentration du capital au sein des monopoles et au colonialisme, articulé sur le militaire et donc sur la structure étatique, qui introduisait les rapports d'exploitation capitaliste, en garantissant, à ces monopoles, des matières premières. Un colonialisme qui ainsi correspondait à la nécessaire expansion du capital.

Un processus toujours plus fortement soutenu par l'accroissementt du rôle et de la fonction de l'Etat qui, en tant qu'appareil chargé de réguler la domination de la classe bourgeoise, se caractérise par le conservatisme et la réaction comme gels pacificateurs contre les antagonismes produits par le mode de production capitaliste.

Au monopole et au parasitisme dans la vie économique répondit inévitablement le monopole et l'atrophie dans la vie politique; de sorte que le conservatisme, la peur de l'action des masses, l'anticommunisme et la réaction sur toute la ligne deviennent dans une large mesure les traits politiques les plus caractéristiques de la bourgeoisie en déclin.

Réaction qui, au cours de ce siècle, ne se démentit jamais, de guerres mondiales impérialistes en génocides, de guerres coloniales en contre-révolutions. Fondée directement sur la destruction massive de capitaux au cours du dernier conflit mondial, l'expansion d'après-guerre, tout en étant marquée par la disparition des monopoles à caractère strictement national et par la construction de l'hégémonie des multinationales - principalement sous le contrôle et par le soutien de l'impérialisme américain -, ne fut nullement une cause d'atténuation de ce caractère réactionnaire.

En effet, cette période de transition fut, au fur et à mesure de la reconstruction des fondements généraux de l'exploitation et de la domination, caractérisée par une revitalisation de l'affrontement entre révolution et contre-révolution, dans les métropoles: guerre froide, offensive anti-sociale avec des apogées anti-insurrectionnelles contre les mouvements ouvriers en lutte, et interventions armées coloniales dans les pays opprimés.

Cette situation atteignit son paroxysme avec la guerre de livbération du peuple vietnamien. En s'attaquant à la fraction dominante, la plus avancée de la bourgeoisie impérialiste: les USA, le FLN (Front de Libération Nationale vietnamien) construisit concrètement par sa lutte une nouvelle notion de l'internationalisme prolétarien et de lutte anti-impérialiste, une nouvelle notion de la lutte des peupes et du prolétariat. Mais aussi, en triomphant de l'armée US, le FLN brisa l'avancée hégémonique depuis 1945 de l'impérialisme US. Cette victoire fut l'un des éléments déterminant l'entrée en crise de l'économie américaine et son extension à l'ensemble des économies de l'aire impérialiste.

 

Les crises du mode de production capitaliste ne sont, ni fondamentalement, ni uniquement, dues à des facteurs économiques - ce sont principalement des facteurs extérieurs, produits par la structure économique et, se répercutant contre elle, des facteurs de désarticulation de la direction politique de la bourgeoisie et donc de l'Etat. Facteurs conscients et organisés, produits de la lutte des classes et qui, l'impulsent.

La guerre civile et la guerre de libération représentent les articulations les plus avancées de cette désarticulation structurelle de l'Etat bourgeois, pour la libération du prolétariat et des peuples opprimés.

 

Au début des années 60 commença à poindre aux Etats-Unis une crise de surproduction de capitaux du fait de l'internationalisation du capital et, sous la pression des multinationales, de l'intégration des économies nationales au marché mondial. Ce début de crise entraîna une perte de vitesse générale pour la tendance à l'accumulation. Pour conserver son leadership face à cette inversion de tendance, dans laquelle la surproduction succédait peu à peu au sommet du boom économique par, entre autres, la réduction des commandes militaires, l'administration américaine impose en 71, le traité de Bretton Wood qui rendait le dollar inconvertible en or. Ceci ne fit qu'accélérer la dévaluation de la monnaie américaine et donc de l'étalon international;

La déclaration unilatérale de la fin de l'inconvertibilité du dollar, simultanée à un blocage des prix et des salaires et d'une surtaxe de 10% sur toutes les importations permit aux USA de consolider leur monopole sur les relations financières internationales. Mais, en fait, Bretton Wood représentait la fin du cycle expansif du capital et déchargeait sur les économies européennes, les contradictions accumulées durant la phase antérieure. La dévalorisation et la forte compétitivité du dollar ont provoqué une aggravation de l'inflation dans les autres pays capitalistes et une valorisation de leurs ressources en dollar. Mais, par la même occasion, cela détermina un mouvement de refuge des capitaux internationaux dans l'activité réelle avec comme conséquence de produire une hausse générale des matières premières.

Cette crise a rendu caduque l'ensemble du système de régulation et de réglementation d'après-guerre. Il s'en suivit une concurrence effrénée déterminant des phases de concentration sauvages et de destruction interne des capitaux les plus faibles.

 

Cette crise en se généralisant dynamisait la lutte des classes et les processus de libération des peuples opprimés.

Dès la moitié des années 60, la guerre du Vietnam cristallisa la conscience de l'oppression impérialiste, de son caractère insoutenable avec ses cortèges de morts, de villages "napalmisés" de populations en fuite ..., tout d'abord dans la jeunesse américaine, puis dans l'ensemble des métropoles. Une prise de conscience relayée par le mouvement prolétarien qui brisa le consensus pacificateur établi après-guerre autour du mirage de "l'american way of live". Subvertissant les données idéologiques, politiques et culturelles de la réaction bourgeoise, cette prise de conscience ébranlait les structures économiques d'exploitation et d'oppression.

Ce processus de critallisation renforçait la multiplication des luttes sur les trois continents qui, par leurs interdépendances, développaient la prise de conscience. Et de même, c'est dans ce processus de critallsation et de consolidation que les guerres de libération des peuples opprimés se déployèrent sur de nouvelles bases, construites par les répercussions de la Révolution culturelle chinoise, de la Révolution cubaine -, et à partir de ce foyer, la propagation des guerillas en Amérique latine -, par la libération de l'Algérie et la victoire du peuple vietnamien. Un déploiement qui donna lieu, entre autres, à l'organisation de la lutte armée par les combattants du peuple palestinien contre l'Etat israélien, agent de l'impérialisme au Moyen Orient.

Dans la métropole, cette vague de libération et de lutte anti-impérialiste s'est unifiée au combat contre les régimes bourgeois fascistes en Europe même. Contre le franquisme en Espagne, la Grèce des colonels et le Portugal de Salazar, pour devenir un des repères politiques essentiels dans le processus révolutionnaire de la lutte des classes qui s'accentua sur tout le continent à partir de l'insurrection prolétarienne de 68. Grèves générales, barricades, usines occupées, séquestrations des patrons et des cadres, grèves sauvages ... Dans la lutte directe et ouverte contre l'Etat et le patronat, le monde ouvrier a soulevé la chape de plomb du réformisme et du révisionisme qui le maintenait emprisonné dans le carcan des luttes partielles, économiques et sans perspectives de véritables transformations à même de porter ses objectifs historiques de classe, en tant que classe révolutionnaire combattant pour ses intérêts authentiques. Intérêts authentiques qui sont l'avenir même de l'humanité pour mettre à bas l'exploitation et la domination capitaliste.

 

Les avant-gardes armées, qui apparurent dans ce contexte général d'affrontement matérialisèrent le contenu et le devenir le plus puissant du mouvement conscient dans l'inconscient de l'explosion prolétarienne. Posant la question incontournable pour tout processus révolutionnaire qu'est la question du pouvoir, les guérillas, en désignant clairement et concrètement l'unique voie pour la conquête du pouvoir dans les pays impérialistes, développaient une nouvelle qualité vers la résolution des tâches révolutionnaires.

Ainsi les avant-gardes ont brisé les modèles de fausses alternatives de gauche et gauchiste; elles ont démystifié les alibis de l'extrémisme petit-bourgeois et ont révélé leur véritable nature de soupape de sécurité, leur fonction concrète de pression interne, leur rôle de légitimation au développement même du programme de la bourgeoisie. Comme avant-gardes réelles, elles ont construit la perspective révolutionnaire dans et par la stratégie de lutte armée pour le communisme.

Une stratégie de lutte armée pour le communisme qui se réalise dans l'unité du politique et du militaire, qui lie les lignes forces de l'antagonisme prolétarien et de l'anti-impérialisme - de la destruction, en 72, à Heidelberg, des ordinateurs de l'armée US qui géraient les bombardements du Nord-Vietnam aux jambisations de syndicalistes vendus alors que le mouvement ouvrier se développaient en conscience et en force agissante en Italie, la guérilla ouest-européenne a inscrit pour la lutte des classes dans la métropole, les tâches concrètes qui se posaient vers la résolution d'un mouvement révolutionnaire puissant, libéré des fausses solutions. Les offensives de "l'automne allemand" en 77 et du "printemps italien en 78" posèrent les jalons historiques du processus révolutionnaire en Europe de l'Ouest. Des jalons indestructibles qui déterminaient, dans l'ensemble de la métropole, la réalité et le caractère de la guerre de libération prolétarienne.

 

Dans cette situation conflictuelle au niveau mondial, les difficultés croissantes des diverses économies des pays industrialisés et leurs tensions contradictoires, le recul de l'hégémonisme US, le premier choc pétrolier consécutif à la guerre israélo-arabe de 73 et à l'éviction des multinationales pétrolières US de la libye de Khadafi, accéléraient d'autant la crise économique, politique et militaire des pays impérialistes.

L'insécurité et la hausse des prix de l'énrgie renforçaient l'inflation des coûts de production et conditionnaient une récession de la demande sur le marché. ceci accentuant encore la concurrence inter-impérialiste. Simultanément, les pays industrialisés durent, d'une part, élaborer une solution énergétique indépendante: le tout nucléaire, correspondant aux nécessités militaro-stratégiques et d'autre part, ils furent contraints d'intensifier les interventions militaires, directes ou indirectes, pour s'assurer l'approvisionnement en matières premières, pour garantir leurs investissements industriels à la recherche de main d'oeuvre bon marché. Evacuant sur les "nouveaux marchés" une part de la surproduction ou mieux, les produits inconsommables sur les marchés métropolitains, du lait Nestlé périmé, médicaments retirés du marché aux pesticides interdits.

 

L'accélération des contradictions entre la dynamique de crise et l'antagonisme de masse, interne et externe, imposa à la bourgeoisie une intégration toujours plus ferme des réalités nationales dans une formation de chaine impérialiste, articulée sur les plans, politique, économique, militaire et idéologique, pour arrimer l'exploitation et l'oppression, toujours plus fortement, sur les épaules du prolétariat et des peuples opprimés. Une stratégie de recomposition et de redéploiement devant permettre une rationalisation des politiques anti-crises et contre-révolutionnaires.

En fait, un nouveau tournant réactionnaire qui, tout au long de son affirmation devait, entre autres, se concrétiser par l'accroissement de la pression de l'endettement sur les pays périphériques, par le développement de la pression militaire contre les pays socialistes, la restructuration industrielle et technologique, la glorification idéologique du libéralisme reaganien, l'apologie des gagneurs, les interventions militaires contre-révolutionnaires...

Au fur et à mesure que se développe ce processus de domination, que se resserrent l'exploitation et l'oppression, les masses et le prolétariat sont, toujours plus, exclus et rejetés.

Tandis qu'en face, les Etats sont chargés de rendre toujours plus homogènes les structures politiques, militaires et idéologiques nécessaires pour garantir et reproduire le fonctionnement et le développement de l'exploitation.

 

C'est dans cette concentration autoritaire à tous les niveaux que la réaction s'amplifie pour maintenir à distance et isoler les travailleurs. Elle avance sous le masque trompeur de la modernité culturelle et salvatrice des paradis technologiques.

La crise a été ponctuée par les mouvements de restructuration de l'équilibre productif, qui servirent de discontinuités restructurantes pour permettre aux monopoles les plus performants d'acquérir les capitaux nécessaires au saut technologique. Saut accélérant ainsi le processus de concentration des capitaux, alors qu'inversement la réduction du coût de la main d'oeuvre, l'augmentation de la productivité, l'innovation technologique accéléraient l'exclusion des travailleurs du cycle de production et élevaient le niveau d'exploitation et d'oppression.

Pour ce faire, l'Etat s'est, encore une fois, révélé organe et instrument de la bourgeoisie dans sa politique de redéploiement impérialiste. Au service des multinationales, l'Etat en déterminant les priorités et choix de la restructuration, en organisant les conditions de reproduction des entreprises par la gestion de l'éducation, la formatiopn, la recherche, ..., en légiférant contre les droits acquis et pour les intérêts boursiers, a joué pleinement son rôle d'outil du Capital.

 

Dans la stratégie monopolistes qui, inhérente à la logique du capital, est solution bourgeoise à la crise, les structures sociales, politiques et idéologiques de la "démocratie bourgeoise" se renforcent dans un même mouvement de concentration/centralisation et d'autoritarisme. Un renforcement autoritaire qui évidencie le caractère instrumental et fictif de la démocratie parlementaire.

La crise impulse la réaction.

 

Ainsi, à cause de la crise les alternatives institutionnelles se putréfient en ne remettant pas fondamentalement en cause les structures politico-sociales qui assurent la pérennité de l'exploitation et de l'oppression. Et, en conséquence, ne pouvant apporter aucune solution véritable à la crise structurelle du mode de production capitaliste, elles se dissolvent dans cette même concentration autoritaire.

A partir de la concentration financière, de la concentration industrielle et technologique, la stratégie monopoliste correspond à une monopolisation du pouvoir par les oligarchies restreintes qui président les milieux financiers et économiques, qui décident des priorités en matière militaire aussi bien qu'industrielle ou sociale, qui dirigent les partis politiques ... Bref, des oligarchies qui structurent les différents pôles de la société capitaliste.

Non seulement cette formation oligarchique exclut toujours plus le prolétariat et les masses populaires, mais elle accélère le processus réactionnaire qui caractérise l'impérialisme dans sa politique intérieure et extérieure.

La monopolisation économique alimente la monopolisation et le conservatisme en matière politique et culturelle.

 

Ainsi, la base du tournant réactionnaire actuel est l'internationalisation des capitaux, la connexion croissante de la division internationale du travail, l'intégration hiérarchisée des pays européens aux USA dans un renforcement de la chaîne impérialiste: USA - Japon - Europe de l'Ouest.

Il s'agit là, d'une politique d'intégration  globale articulée aux différents niveaux politique, économique et militaire. Et si une telle politique était préconisée, dès le début des années 70, par une digne assemblée de "têtes pensantes" comme la tristement célèbre Trilatérale, son élaboration et son application résultent d'abord les nécessités du développement capitaliste et, pour ce, du redéploiement impérialiste. C'est en ce sens que cette politique d'intégration globale n'élimine nullement les contradictions inter-impérialistes et, que son processus de concrétisation n'est en rien linéaire.

 

L'impérialisme n'est pas plus un système global de surpuissance, dominant tout, centralisé à Washington ou Dysneyland en un commandement général, qu'il ne serait une machine aux incidences quasiment incontrôlées et ne pouvant être gérées et résolues qu'au quotidien. Il s'agit de deux visions aussi simplistes l'une que l'autre. Elles ne prennnent pas en compte la complexité d'une réalité où s'exercent des forces antagonistes dont les deux principales sont: la pression exercée par la logique du profit et de l'accumulation capitaliste, la contre-pression développée par la lutte des classes dans sa dimension mondiale qu'est l'affrontement entre Prolétariat International et bourgeoisie impérialiste, ainsi que dans ses dimensions territoriales plus restreintes à partir des spécificités des formations nationales bases des pays impérialistes.

Mais de ces contradictions n'en naît pas moins une politique propre à la bourgeoisie. Une politique impulsée par la formation dominante, en l'occurence les USA, comme d'autres politiques de déploiement et de domination furent impulsées par la Grande-Bretagne lors de son apogée.

C'est ainsi que Carter commença à mettre en oeuvre cette politique d'intégration globale qui correspondait aux besoins du Capital. Et, qu'elle fut, comme tournant réactionnaire, appliquée, déployée et imposée à l'ensemble de la planète par l'administration Reagan.

Une politique d'intégration globale qui avait pour fonction l'homogénéisation des pays impérialistes en un bloc dur. Cette homogénéisation correspondant aux concentrations sur le plan de la structure économique et industrielle dans le saut technologique, qui dévéloppent la réaction politique et idéologique - elle est condition et nécessité des grands monopoles multinationaux.

 

Dans ce contexte général, la crise a développé principalement deux dynamiques dialectiques:

Une dynamique d'intensification du processus de centralisation et de fusion des capitaux, produite par l'accélération du développement concurrentiel toujours plus effréné et toujours plus sauvage, par l'innovation et l'introduction de nouveaux systèmes de production qui nécessitent d'énormes capitaux, et enfin, par le monopole des nouvelles technologies; tout ceci, par l'internationalisation du capital, accentue encore plus le caractère d'interdépendance et donc, d'homogénéisation forcée à l'intérieur du système impérialiste.

 

L'autre dynamique est le rôle et le poids qu'assume le complexe militaro-industriel, centre principal d'application et d'innovation des technologies avancées et des nouveaux systèmes de production.

Le complexe militaro-industriel ne trouve pas seulement un stimulant et une impulsion dans la demande croissante sur le marché des armes, mais aussi dans le lancement de méga-projets comme la "Guerre des Etoiles", Eurêka ou les principaux projets européens que les Etats impérialistes élaborent et financent, soit à des fins directement militaires, soit dans des développements économiques et technologiques  dont les effets, à court et moyen terme, retournent en l'activant vers ce secteur industriel moteur.

Le SDI, par exemple, représente pour le capital international et surtout européen, la possibilité d'une plus grande intégration à la répartition des marchés en cours. Il est aussi un accès important à la haute technologie qui assure une position stratégique. Quant aux USA, ils profitent de cette intégration économique, financière et technologique pour maintenir leur domination dans le redéploiement impérialiste.

Le complexe militaro-industriel est conçu comme fer de lance de la cartellisation et de la concentration des capitaux - par sa fonction de forte valorisation et de profits, il est, dans la crise, le secteur de pointe pour la restructuration industrielle, la recherche et l'innovation technologique.

 

La crise du mode de production capitaliste est une crise de surproduction des capitaux, et le système est malade parce qu'il ne peut remplir sa fonction la plus importante: la valorisation de la masse des capitaux accumulés. Pour la bourgeoisie impérialiste, le dépassement de cette crise est intrinsèquement lié à la possibilité et à la nécessité d'une destruction massive des forces productives et d'une extension considérable des marchés; ceci est d'autant plus passible d'une généralisation de la guerre impérialiste - unique contre-tendance capable de bloquer le cours de la crise -, que l'effondrement économique de la majorité des pays du tiers monde réduit considérablement tout autre possibilité.

 

La préparation à la guerre est une tendance objective du capital introduite par les contradictions et les limites du Capital lui-même. Ainsi dans cette phase historique, des déformations produites par la principale contradiction entre une formidable socialisation des forces productives se heurtant aux étroites limites de la propriété capitaliste, toujours plus monopolisée, naît cette préparation; Cette contradiction dont la première conséquence se traduit par la séparation, en constante accélération entre crise du Travail et crise du Capital, stimule les contradictions de classe et leur traduction en un véritable antagonisme.

Contradiction entre Prolétariat International et bourgeoisie impérialiste qui démontre l'impérieuse nécessité pour l'humanité du dépassement du capitalisme par la révolution prolétarienne pour vaincre la guerre impérialiste.

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2