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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 23:18

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Lien transmis par un camarade

 


Le 2/03/2007, Le General Wesley Clark raconte comment, dès 2001 il a pris connaissance de la planification de la prise de controle militaire de 7 pays du Moyen Orient.

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:59

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Pour ne pas oublier...
sur bellaciao
REMEMBER - 11 septembre... (video)
de : P.G
7 commentaires
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Publie par Bellaciao...

11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE


Mes amis,

C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, manifestait sa fidélité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui vient de s’autoproclamer directeur général des carabiniers.

Devant ces faits, il n’y a qu’une seule chose que je puisse dire aux travailleurs : je ne démissionnerai pas !

Placé à un tournant historique, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. Et je suis certain que la semence déposée dans la conscience digne de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra être arrachée pour toujours.

Ils ont la force, ils pourront asservir, mais les processus sociaux ne s’arrêtent avec le crime ni avec la force.

L’histoire nous appartient et ce sont les peuples qui la font.

Travailleurs de ma patrie,

Je tiens à vous remercier de votre loyauté de toujours, de la confiance que vous avez deposée en un homme qui ne fut que l’interprète des grands désirs de justice, qui donna sa parole de respecter la Constitution et la loi, et qui l’a tenue.

Dans cet instant ultime, le dernier où je puisse m’adresser à vous, je vous demande que vous mettiez à profit cette leçon : le capital étranger et l’impérialisme, unis à la réaction, ont créé le climat pour que les forces armées rompent leur tradition, celle que leur enseigna le général Schneider et que réaffirma le commandant Araya, qui tombèrent victimes de la même couche sociale qui, aujourd’hui, attend bien au chaud qu’une main étrangère lui rende le pouvoir pour continuer à défendre ses profits et ses privilèges.

Je m’adresse tout d’abord à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé plus, à la mère qui a compris de notre préoccupation pour les enfants.

Je m’adresse aux travailleurs des professions libérales qui ont eu une conduite patriotique, à ceux qui ont agi contre la sédition encouragée par les organisations corporatives, ordres de classe qui ne cherchent qu’à défendre les avantages que la société capitaliste n’accorde qu’à une poignée.

Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui chantèrent et communiquèrent leur joie et leur esprit de lutte.

Je m’adresse à l’homme du Chili, à l’ouvrier, au paysan, à l’intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés... car dans notre pays le fascisme s’est déjà fait connaître depuis longtemps dans les attentats terroristes, faisant sauter les ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et les gazoducs, bénéficiant du silence de ceux qui avaient l’obligation d’assurer la défense... L’histoire les jugera !

Radio Magallanes sera sûrement réduite au silence, et le son tranquille de ma voix n’arrivera plus jusqu’à vous.

Peu importe, vous continuerez à l’entendre, je resterai toujours à vos côtés ; mon souvenir sera au moins celui d’un homme digne qui fut fidèle à la loyauté des travailleurs.

Le peuple doit se défendre, mais pas se sacrifier. Le peuple ne doit pas se laisser cribler ni écraser, mais il ne doit pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma patrie,

J’ai crois au Chili et en son destin. D’autres hommes sauront dépasser ce moment gris et amer où la trahison prétend s’imposer. Allez de l’avant et sachez que dans un avenir plus proche que lointain s’ouvriront à nouveau les larges avenues par où s’avancera l’homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs !

Celles-ci sont mes dernières paroles.

J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas inutile ; j’ai la certitude qu’il sera tout au moins une leçon morale pour châtier la félonie, la couardise et la trahison.

Salvador Allende


Le discours qui fut transmis par A.M. Radio Corporacion

Commentaires de l'article
 

 

REMEMBER - 11 septembre...
11 septembre 2011 - 10h28 - Posté par albarot - 90.**.240.***

comme le fait de rappeller cet autre 11 septembre, nous militants anticapitatistes,
nous faisons pas le poids,

déclarons cette journée
"journée sans média"

ça nous soulagera


REMEMBER - 11 septembre...
11 septembre 2011 - 12h26 - Posté par 82.***.18.***

Certains associent benoitement lbéralisme poltique et libéralisme économique, assurant que le libéralisme économique garantit le libéralisme politique et la démocratie...

Le Chili de Pinochet et de la CIA est pour ces idéologues un redoutable contre-exemple : une société de libéralisme économique ET une dictature.


REMEMBER - 11 septembre...
11 septembre 2011 - 13h02 - Posté par pilhaouer - 93.**.145.*

Chili : Dernier discours de Salvador Allende à la radio nationale le 11 septembre 1973


Je paierai de ma vie la défense des principes qui sont chers à cette patrie. La honte tombera sur ceux qui ont trahi leurs convictions, manqué à leur propre parole et se sont tournés vers la doctrine des forces armées.

Le Peuple doit être vigilant, il ne doit pas se laisser provoquer, ni massacrer, mais il doit défendre ses acquis. Il doit défendre le droit de construire avec son propre travail une vie digne et meilleure. À propos de ceux qui ont soi-disant « autoproclamé » la démocratie, ils ont incité la révolte, et ont d’une façon insensée et douteuse mené le Chili dans le gouffre. Dans l’intérêt suprême du Peuple, au nom de la patrie, je vous exhorte à garder l’espoir. L’Histoire ne s’arrête pas, ni avec la répression, ni avec le crime. C’est une étape à franchir, un moment difficile. Il est possible qu’ils nous écrasent, mais l’avenir appartiendra au Peuple, aux travailleurs. L’humanité avance vers la conquête d’une vie meilleure.

Compatriotes, il est possible de faire taire les radios, et je prendrai congés de vous. En ce moment des avions sont en train de passer, ils pourraient nous bombarder. Mais sachez que nous sommes là pour montrer que dans ce pays, il y a des hommes qui remplissent leurs fonctions jusqu’au bout. Moi, je le ferai, mandaté par le Peuple et en tant que président conscient de la dignité de ce dont je suis chargé.

C’est certainement la dernière occasion que j’ai de vous parler. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de radio. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Elles sont la punition morale pour ceux qui ont trahi le serment qu’ils ont prêté. Soldat du Chili, Commandant en chef, associé de l’Amiral Merino, et du général Mendosa, qui hier avait manifesté sa solidarité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui s’est nommé Commandant Général des armées.

Face à ces évènements, je peux dire aux travailleurs que je ne renoncerai pas. Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au Peuple. Je vous dis que j’ai la certitude que la graine que l’on a confiée au Peuple chilien ne pourra pas être détruite définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir, ils mais n’éviteront pas les procès sociaux, ni avec le crime, ni avec la force.

L’Histoire est à nous, c’est le Peuple qui la fait.

Travailleurs de ma patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez accordé à un homme qui fut le seul interprète du grand désir de justice, qui jure avoir respecté la constitution et la loi. En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous dire, c’est que la leçon sera retenue.

Le capital étranger, l’impérialisme, ont créé le climat qui a cassé les traditions : celles que montrent Scheider et qu’aurait réaffirmé le commandant Araya. C’est de chez lui, avec l’aide étrangère, que celui-ci espérera reconquérir le pouvoir afin de continuer à défendre ses propriétés et ses privilèges.

Je voudrais m’adresser à la femme simple de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé dur et à la mère qui a toujours bien soigné ses enfants. Je m’adresse aux fonctionnaires, à ceux qui depuis des jours travaillent contre le coup d’État, contre ceux qui ne défendent que les avantages d’une société capitaliste. Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte. Je m’adresse aux Chiliens, ouvriers, paysans, intellectuels, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent déjà depuis un moment. Les attentats terroristes faisant sauter des ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et gazoducs, face au silence de ceux qui avaient l’obligation d’intervenir. L’Histoire les jugera.

Ils vont sûrement faire taire radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le Peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et se laisser humilier. Travailleurs : j’ai confiance dans le Chili et dans son destin. D’autres hommes espèrent plutôt le moment gris et amer où la trahison s’imposerait. Allez de l’avant sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili, vive le Peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu’au moins surviendra une punition morale pour la lâcheté et la trahison."


http://www.legrandsoir.info/Chili-D...



REMEMBER - 11 septembre...
11 septembre 2011 - 15h11 - Posté par Roberto Ferrario - 82.***.180.**

11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE


de : Salvador Allende

samedi 11 septembre 2004 - 13h40

Mes amis,

C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, manifestait sa fidélité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui vient de s’autoproclamer directeur général des carabiniers.

Devant ces faits, il n’y a qu’une seule chose que je puisse dire aux travailleurs : je ne démissionnerai pas !

Placé à un tournant historique, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. Et je suis certain que la semence déposée dans la conscience digne de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra être arrachée pour toujours.

Ils ont la force, ils pourront asservir, mais les processus sociaux ne s’arrêtent avec le crime ni avec la force.

L’histoire nous appartient et ce sont les peuples qui la font.

Travailleurs de ma patrie,

Je tiens à vous remercier de votre loyauté de toujours, de la confiance que vous avez deposée en un homme qui ne fut que l’interprète des grands désirs de justice, qui donna sa parole de respecter la Constitution et la loi, et qui l’a tenue.

Dans cet instant ultime, le dernier où je puisse m’adresser à vous, je vous demande que vous mettiez à profit cette leçon : le capital étranger et l’impérialisme, unis à la réaction, ont créé le climat pour que les forces armées rompent leur tradition, celle que leur enseigna le général Schneider et que réaffirma le commandant Araya, qui tombèrent victimes de la même couche sociale qui, aujourd’hui, attend bien au chaud qu’une main étrangère lui rende le pouvoir pour continuer à défendre ses profits et ses privilèges.

Je m’adresse tout d’abord à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé plus, à la mère qui a compris de notre préoccupation pour les enfants.

Je m’adresse aux travailleurs des professions libérales qui ont eu une conduite patriotique, à ceux qui ont agi contre la sédition encouragée par les organisations corporatives, ordres de classe qui ne cherchent qu’à défendre les avantages que la société capitaliste n’accorde qu’à une poignée.

Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui chantèrent et communiquèrent leur joie et leur esprit de lutte.

Je m’adresse à l’homme du Chili, à l’ouvrier, au paysan, à l’intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés... car dans notre pays le fascisme s’est déjà fait connaître depuis longtemps dans les attentats terroristes, faisant sauter les ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et les gazoducs, bénéficiant du silence de ceux qui avaient l’obligation d’assurer la défense... L’histoire les jugera !

Radio Magallanes sera sûrement réduite au silence, et le son tranquille de ma voix n’arrivera plus jusqu’à vous.

Peu importe, vous continuerez à l’entendre, je resterai toujours à vos côtés ; mon souvenir sera au moins celui d’un homme digne qui fut fidèle à la loyauté des travailleurs.

Le peuple doit se défendre, mais pas se sacrifier. Le peuple ne doit pas se laisser cribler ni écraser, mais il ne doit pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma patrie,

J’ai crois au Chili et en son destin. D’autres hommes sauront dépasser ce moment gris et amer où la trahison prétend s’imposer. Allez de l’avant et sachez que dans un avenir plus proche que lointain s’ouvriront à nouveau les larges avenues par où s’avancera l’homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs !

Celles-ci sont mes dernières paroles.

J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas inutile ; j’ai la certitude qu’il sera tout au moins une leçon morale pour châtier la félonie, la couardise et la trahison.

Salvador Allende

Le discours qui fut transmis par A.M. Radio Corporacion

http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...


REMEMBER - 11 septembre...
11 septembre 2011 - 15h23 - Posté par Roberto Ferrario - 82.***.180.**

11 Septembre, 1973 ... 2003

jeudi 11 septembre 2003 - 21h17

"Je paierai de ma vie la loyauté du peuple (...). D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère où la trahison prétend s’imposer" ( Salvador Allende )

A la veille du 30e anniversaire du coup d’Etat militaire du général Augusto Pinochet, qui a renversé Salvador Allende, le président chilien, Ricardo Lagos, a rendu hommage mercredi 10 septembre à son prédecesseur qui s’était suicidé le 11 septembre 1973. OAS_AD(’Middle’) ; Une plaque portant son nom a été inaugurée dans le salon Independencia où Allende, premier président marxiste arrivé au pouvoir par les urnes, se tira une balle dans la tête avec le fusil d’assaut AK-47 que lui avait offert Fidel Castro.

La cérémonie était présidée par Ricardo Lagos, deuxième président socialiste de l’histoire du Chili, en présence de la veuve de Salvador Allende, Hortensia Bussi, leurs filles Isabel et Carmen ainsi que le chanteur-compositeur Silvio Rodriguez et l’ex-président du Nicaragua Daniel Ortega. Elle s’est déroulée sans incident mais des carabiniers ont fait exploser un paquet suspect déposé près d’un monument à la mémoire d’Allende, situé en face du palais présidentiel de la Moneda, suscitant un peu de remous dans l’assistance.

"Salvador Allende fut un homme politique qui aimait son pays, croyait dans la démocratie, cherchait à promouvoir les changements sociaux et consacrait sa vie aux plus pauvres", a déclaré Isabel Allende, présidente de la Chambre des députés. Le président Lagos ne s’est pas exprimé lors de la présentation de la plaque, portant l’effigie de l’ancien président et la devise : "Maîtres de nos propres destins". Au nom du gouvernement, le ministre de l’intérieur, José Miguel Insulza, a rappelé le "sacrifice clair et conscient" d’Allende le matin du 11 septembre 1973. Peu avant de mourir, Allende avait lancé un dernier message radiodiffusé, entré dans l’histoire : "Je paierai de ma vie la loyauté du peuple (...). D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère où la trahison prétend s’imposer".

La fille d’Allende a souhaité que "plus jamais" ne se produisent au Chili les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime militaire qui firent plus de 3 000 morts et des dizaines de milliers de disparus. Interrogée par des journalistes, sa mère a déploré pour sa part que "le Chili soit un pays pas encore réconcilié" où "la démocratie reste limitée". Après des décennies de silence, le Chili s’est enfin plongé ces dernières semaines dans un travail douloureux d’introspection collective sur le régime Allende (1970-1973) et les années de plomb de la dictature militaire.

La victoire posthume de Salvador Allende sur le général Pinochet

"Nous ne nous sommes pas rendu compte à l’époque que toute l’histoire passait par Salvador Allende, que l’histoire, c’était lui." La réflexion sous forme de regret, si ce n’est d’autocritique, est de Patricio Guzman, qui achève à Paris un long métrage documentaire sur le président chilien renversé par le général Augusto Pinochet. Patricio Guzman est l’auteur d’un monument du cinéma militant des années 1970, La Bataille du Chili, une passionnante trilogie - trois fois une heure et demie - qui retrace les riches heures du gouvernement d’Unité populaire (UP) et la marche inéluctable vers le coup d’Etat. OAS_AD(’Middle’) ; "A l’époque, je voulais montrer les visages anonymes, les milliers de sympathisants et militants engagés dans la tourmente politique", rappelle le réalisateur, fier de pouvoir présenter bientôt en salles un portrait chaleureux du président déchu. Aucune chaîne publique française n’a soutenu ce Salvador Allende, produit par Jacques Bidou avec des partenaires belges et espagnols. "Allende était un parlementaire classique, raconte Patricio Guzman, mais il n’avait pas froid aux yeux. Il était capable à la fois du petit geste susceptible de nouer un lien affectif avec ses électeurs et du grand geste de portée historique. C’est lui qui a bâti l’UP avec de l’énergie et de l’humour. Au pouvoir, c’est lui qui maintenait l’unité des sept partis de l’UP. Il y avait une distance abyssale entre Allende et les autres dirigeants. Le 11 septembre 1973, nous sommes devenus orphelins."

Le cinéaste chilien rappelle la vitalité de Salvador Allende, sillonnant le pays au cours de ses campagnes électorales : ""J’ai 65 ans, bien vécus", disait Allende, sans reculer devant le sous-entendu machiste." Le documentaire aborde pour la première fois "la grande histoire d’amour" avec sa secrétaire Miria Contreras, "Payita", qui resta au palais présidentiel de la Moneda jusqu’au dénouement. Le suicide du président interpelle toujours les proches et les militants. Un de ses amis le regrette devant la caméra, car il aurait préféré un Salvador Allende vivant, pouvant prendre la tête de la résistance.

"Sa sépulture est devenue un lieu de pèlerinage", précise Patricio Guzman. La personne chargée de l’entretien amène à la fondation Salvador-Allende, installée dans le vieux Santiago, les nombreuses lettres laissées par les fidèles. Pourtant, "la dictature a essayé de broyer toute trace d’Allende. La gigantesque machine de la diffamation a fonctionné d’emblée, de manière brutale. Si la mémoire d’Allende est restée vivante, elle a été confinée dans l’intimité des foyers. La jeunesse respecte l’intégrité symbolisée par sa mort, mais n’en connaît pas les antécédents. Il n’y a toujours pas de véritable biographie d’Allende, avec une recherche auprès de témoins et de sources diverses, à l’anglo-saxonne", soupire le réalisateur.

La fondation Salvador-Allende, dirigée par sa fille Isabel Allende, présidente de la Chambre des députés (à ne pas confondre avec son homonyme, la romancière, nièce du président de la République), "expose dans une belle demeure les tableaux réunis par l’exil chilien, mais ne présente guère d’informations biographiques ou politiques", critique Patricio Guzman. Avec une certaine désolation, le réalisateur du Cas Pinochet souligne la "mentalité andine, bolivienne, renfermée", des Chiliens : "Il faut être discret, retenu, il faudrait oublier pour ne pas être qualifié de rétrograde." "Le Chili est une île entourée de montagnes", selon Patricio Guzman. Jadis raillé pour son "socialisme de vin et d’empanadas", le moindre mérite de Salvador Allende n’aura pas été de mettre en branle tout un peuple et d’en partager les rêves avec le reste du monde. Paulo A. Paranagua

Multiples hommages aux victimes de la dictature chilienne

"Le plus dur, c’était les cris des femmes, les tortures, jour et nuit", raconte Patricio Negro, un des survivants de Villa Grimaldi, à Santiago, le principal centre de détention clandestine et de torture de la dictature du général Augusto Pinochet. Prisonnier pendant cent jours avec sa femme et ses enfants, Patricio montre la maquette reproduisant les cellules de 1 m2, où étaient entassés les détenus, la salle où ils étaient torturés et le château d’eau où ils étaient conduits avant d’être exécutés, les yeux bandés en permanence. OAS_AD(’Middle’) ;

4 500 personnes y ont été torturées, 228 y ont disparu et 18 y ont été exécutées, dont un adolescent de 16 ans.

Dimanche 7 septembre, la visite guidée de Villa Grimaldi est un des nombreux hommages rendus aux victimes de la dictature à la veille du 30e anniversaire du coup d’Etat qui renversa le gouvernement socialiste de Salvador Allende et instaura, de 1973 à 1990, un régime qui fit plus de 3 000 morts et disparus. Quelque 500 personnes ont participé à l’émouvante cérémonie, parmi lesquelles d’anciennes victimes, des parents de disparus en larmes, et Pedro Guerrero, un ancien colonel à la retraite de l’armée de l’air, arrêté et torturé avec une centaine d’autres officiers accusés de "trahison à la patrie", pour s’être opposés au coup d’Etat.

Pour la première fois depuis trente ans, cet anniversaire a motivé un spectaculaire déploiement médiatique, avec des centaines de programmes de radio et de télévision, des articles dans toute la presse, consacrés au renversement d’un gouvernement démocratique. Alors que certains redoutent des incidents violents, le jeudi 11 septembre, le concert organisé, samedi, dans le stade national de Santiago en hommage à Salvador Allende et aux victimes de la dictature, devant quelque 40 000 personnes, a été un moment de grande ferveur. La veille, un autre concert avait réuni plus de 30 000 personnes avec la participation de nombreux artistes étrangers, dont le Cubain Silvio Rodriguez et Gilberto Gil, ministre brésilien de la culture. Symbole de la terreur, le stade avait accueilli près de 12 000 détenus au lendemain du coup d’Etat.

D’après un sondage publié début septembre, la majorité des Chiliens - 67,5 % - se montrent peu intéressés par cette commémoration. L’enquête menée par la fondation Futur, dirigée par le président du parti de droite Rénovation nationale, Sebastian Pinera, montre cependant que 82,8 % des Chiliens ont pris connaissance de l’importante couverture des médias. La moitié des personnes interrogées estiment avoir pris connaissance de nouveaux éléments d’opinion, notamment 73 % des jeunes, âgés de 18 à 24 ans. Cette soif d’histoire de la jeunesse chilienne est soulignée par de nombreux analystes, qui l’attribuent à l’arrestation du général Pinochet à Londres en 1998, à son retour polémique au Chili en mars 2000 et aux progrès accomplis par la justice chilienne dans les enquêtes sur les crimes pendant la dictature. Cette page tragique de l’histoire continue de diviser les Chiliens. La commémoration a entraîné des frictions au sein de la coalition de centre-gauche au pouvoir, bien que le président Ricardo Lagos eût précisé qu’il ne s’agissait pas d’un hommage à Salvador Allende mais d’un geste ayant "un sens républicain". La plupart des parlementaires de la Démocratie chrétienne (membre de la coalition gouvernementale) ont refusé de participer à un quelconque hommage à l’ex-président socialiste, auquel leur formation était opposée, tout comme les partis de droite.

Le président Lagos a prévu un hommage privé, le 10 septembre, au palais présidentiel de la Moneda, en présence de la famille Allende. Le lendemain aura lieu la réouverture de la porte d’entrée qu’utilisait l’ex-président et par laquelle son cadavre fut retiré de la Moneda, après son suicide. Le palais présidentiel, fortement endommagé par les bombardements des putschistes, avait été reconstruit par le régime militaire, qui avait muré cette entrée. Pour leur part, plusieurs membres de l’association des familles de détenus ou disparus ont entamé une grève de la faim contre toute mesure d’amnistie pour les anciens tortionnaires que pourrait prendre le président Lagos. Christine Legrand

http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...


REMEMBER - 11 septembre... (video)
11 septembre 2011 - 16h52 - Posté par 82.***.78.**

Bravo pour cette Pensée et cet hommage posthume à un grand homme de coeur de la carrure de Mandéla.

Malédiction éternelle à ces mêmes tueurs (la CIA)que le Ché



REMEMBER - 11 septembre... (video)
11 septembre 2011 - 19h06 - Posté par COTTY - 90.*.179.**

Ce 11 septembre les médias n’en parlent pas ! la chape de désinformation pèse de tout son poids.L’attitude héroïque de Salvador Allende restera dans la mémoire du peuple Chilien !
Honneur à ses martyr(es).



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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:39

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Le 11 septembre aux Etats-Unis est le résultat de toute une politique qui a créé ses ennemis par sa politique impérialiste pendant des décennies,

 

Il est le prétexte de ce qui se passe aujourd'hui en Libye, ce nouvel impérialisme en marche pour la prise de contrôle de toute une nouvelle région.

 

Cette politique impérialiste que démontre de manière exemplaire cet autre 11 septembre : le coup d'Etat au Chili, dont l'article suivant montre ce qu'il laisse aujourd'hui encore de trace profonde:

 

"Le crime commis au Chili ne s’arrête pas aux événements dramatiques connus de tous. Le vrai mal est encore avec nous, dans notre vie quotidienne, dans l’injustice banalisée et acceptée comme désespoir. La vraie trahison au Chili est d’avoir empêché, que pour la première fois, ces hommes et ces femmes humbles commencent à construire leur propre dignité au travers de leurs enfants et des enfants de leurs enfants."

 

allende 1973 fr

Illustration prise sur bellaciao



Difficile de faire allusion aux évènements du 11 septembre 1973 en laissant de côté ses propres passions. Car ils ont été traumatisants pour une grande majorité de Chiliens et les conséquences se font toujours sentir aujourd’hui : le coup d’Etat d’il y a plus de trente ans n’est pas enterré. Au contraire, le présent économique, politique et culturel du Chili ne s’explique pas sans lui.

La dictature militaire a dessiné le moule d’où émerge le Chili d’aujourd’hui. Une manière particulière d’organiser l’économie, le néolibéralisme. Une manière d’administrer la politique, une démocratie de basse intensité. Un type de culture adversaire de toute forme collectiviste ou associative, l’individualisme. Ce moule reste en vigueur dans chacune des composantes du pays. Tout observateur neutre doit reconnaître que le cadre militaire n’a fait l’objet que de rares changements et seulement dans l’apparence. Il suffit de voir par exemple que la constitution militaire reste la règle générale de la vie de la nation.

Le sens de cette réorganisation militaire du Chili contemporain a été et demeure toujours de sauvegarder la tradition et l’ordre de la nation, c’est à dire comme l’affirmait Pinochet lui-même de sauvegarder la vie et la fortune des élites dirigeantes qui sentent leurs privilèges menacés.

En toute honnêteté, nous devons admettre que les voûtes maîtresses de l’ordre militaire ont tenu jusqu’à ce jour, assumant le rôle pour lequel elles furent créées, depuis la loi électorale jusqu’à la législation relative à la santé, la prévoyance sociale ou les lois sur le revenu.

En fait, la dénommée Concertation des Partis de la Démocratie n’a fait qu’administrer le modèle hérité avec le but avoué de garantir la continuité. De sorte qu’au-delà d’épileptiques bravades et de l’éculé discours démagogique, les personnages concernés ont agit plus comme émissaires de la droite économique que comme représentants du peuple. Incapables de promouvoir un projet historique alternatif, ils se sont confinés dans une atmosphère d’incapacité et de faiblesse morale, pour employer un vocabulaire élégant.

Comme dans un mauvais roman de terreur, le Chili amnésique d’aujourd’hui tourne son regard vers les vitrines illuminées de la consommation de luxe aux rutilants écrans plasma, pendant que dans la cour on déterre les ossements d’un voisin ou d’un parent. Ce sont les morts silencieuses de cette histoire macabre qui persiste encore, obstinée à cacher des cadavres dans la garde-robe.

Le 11 septembre n’est pas terminé dans notre pays, il est présent dans chaque ligne de la constitution, dans le gris opaque des casernes et des commissariats, dans le rire narquois des notables et des hommes d’affaires. Le 11 septembre continue à vivre chez ceux qui sont tellement redevables envers le Général.

Le crime commis au Chili ne s’arrête pas aux événements dramatiques connus de tous. Le vrai mal est encore avec nous, dans notre vie quotidienne, dans l’injustice banalisée et acceptée comme désespoir. La vraie trahison au Chili est d’avoir empêché, que pour la première fois, ces hommes et ces femmes humbles commencent à construire leur propre dignité au travers de leurs enfants et des enfants de leurs enfants.

Au bout du compte, Auguste Pinochet Ugarte a été la main tyrannique qui a interrompu la merveilleuse chaîne de la vie. Comme Caïn, le Général a assassiné ses frères, offensant l’esprit qui vit au fond de l’histoire de l’humanité. Ses œuvres, son héritage lamentable est bien connu : des générations de Chiliens condamnés à l’enfer de l’ignorance, de la pauvreté, du deuil et de l’indignité. Dans le Chili d’aujourd’hui, il n’y a pas de place pour les morts, pas plus que pour les vivants.
Au-delà des complicités et du mensonge pour cacher la nature de cette tragédie, malgré les efforts des faux prophètes pour exorciser les cendres en prêchant la résignation, au-delà des démagogues de dernière heure qui règnent aujourd’hui au Palais, il y a un peuple silencieux qui incarne l’avènement d’un autre monde.


Alvaro Cuadra, chercheur et professeur à l’ELAP, Ecole latino-américaine des Post gradués, membre d’Arena Pública, Plateforme d’opinion. Université des Arts et Sciences Sociales ARCIS-CHILE.

Traduction : José Gregorio, Investig’Action.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:32

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Cette information nous a été transmise par un camarade. On peut la trouver sur le site: CAPJPO-EuroPalestine (http://www.europalestine.com/spip.php?article6431)

 

VOYAGE DE SOLIDARITE MILITANTE EN JUDEE SAMARIE

Publié le 3 septembre 2011 par administrateur

La LDJ organise du 19 au 25 septembre , un voyage de solidarité avec nos frères israéliens vivant sur la terre de nos ancêtres de Judée et Samarie.

Ce voyage est réservé aux militants ayant une expérience militaire : le but de cette expédition est de prêter main forte à nos frères face aux agressions des occupants palestiniens et donc de renforcer les dispositifs de sécurité des villes juives de Judée et Samarie.


http://www.liguedefensejuive.com/voyage-de-solidarite-militante-en-judee-samarie/

 

Ainsi, on peut en France recruter officiellement pour prêter "main forte" aux "frères" israéliens. On peut officiellement demander une expérience militaire! On peut annoncer officiellement un tel voyage, en annoncer officiellement les dates!! Ceci ouvertement!

 

impunément?

 

Rappelons le refus d'embarquement opposé il y a quelques semaines à des dizaines de personnes dont le seul "crime" était de vouloir se rendre en Palestine, et ceci pacifiquement, sans appels aux armes!!

 

Interdits d'embarquement pour la Palestine. Une superbe video.

http://www.europalestine.com/spip.php?article6333

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 20:10

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Libye : le piège


sur Bellaciao

lundi 5 septembre 2011 - 08h40

par Djamel Labidi (Le quotidien d’Oran) Il fallait s’y attendre : la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l’OTAN envers d’autres pays arabes.

 

Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l’ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l’enlisement de l’OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur « le bien fondé de cette ingérence du moment qu’elle débarrasse la Libye d’un tyran ».

Mais peut-on s’en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l’entrée des insurgés à Tripoli s’est faite sous les bombardements de l’OTAN. Rien ne ressemble moins à l’entrée triomphale d’une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l’intervention de l’OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu’ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l’avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban.

 

Il faudra bien un jour nous expliquer ces contradictions, quand elles se seront développées, ce qui est inévitable. Il faudra alors bien se rendre compte que rien n’a été résolu pour la démocratie et la dignité nationale. Et il faudra bien nous dire en quoi tout cela est différent de l’intervention militaire en Irak ou en Afghanistan qui avait été justifiée par exactement les mêmes arguments, la lutte contre la tyrannie et pour la démocratie, et en quoi tout cela n’aboutira pas au même résultat, sous une forme ou une autre : un régime à la Karzaï, corrompu, au service de ses maîtres. La gêne est d’ailleurs perceptible chez ceux, partis et personnalités politiques, en Algérie et dans d’autres pays arabes, qui se félicitent de la « victoire » des insurgés mais sans dire mot de celle, en fait, de l’OTAN. Qui ne dit mot consent, pourrait-on leur faire remarquer. Mais, il faut reconnaître que la question n’est pas simple. En arriver à cet autisme, ou être amené à faire silence sur cet aspect de la réalité actuelle libyenne, sur un évènement aussi énorme que la première intervention militaire étrangère en Afrique du Nord depuis un demi siècle, est en soi même significatif de la complexité de la situation et de la gravité de la crise qu’a ouverte dans les rangs démocratiques arabes l’intervention occidentale.

 

Les révolutions tunisienne et égyptienne ont été entourées d’un consensus. C’était l’étape en quelque sorte d’un certain romantisme, propre aux débuts des grands mouvements historiques. Deux révolutions « propres » où les bons et les méchants sont clairement identifiés, où la société, à part une minorité, est apparemment unie. C’est la fête démocratique. Surprises d’abord, les puissances occidentales n’ont pas tardé à opérer un tournant radical en annonçant leur soutien au ‘Printemps arabe ». Il le fallait pour intervenir, l’influencer, justifier l’ingérence.

 

L’ingérence étrangère ouvre donc une deuxième étape dans l’histoire en cours de la démocratie arabe. Cette deuxième étape a été ouverte avec la crise libyenne, elle se développe actuellement à travers la situation en Syrie, et aura certainement d’autres développements. La perversité de la politique occidentale actuelle est qu’elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d’une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci : ou le droit d’ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d’entre elles traditionnellement liées à l’Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu’elles ont peu d’influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d’autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une « alliance même avec le diable » , soient qu’elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition, Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l’attitude par rapport à l’intervention étrangère. Les cartes s’en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c’est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l’indépendance du pays, celle de l’unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu’on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l’indépendance : en 1936, l’illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France.

 

SURREALISTE !

 

Les cartes sont tellement faussées qu’on assiste à des alliances ou des convergences surprenantes : des « laïcs » qui se retrouvent au sujet de l’ingérence étrangère en Libye sur les mêmes positions que les monarchies du Golfe et les royalistes libyens de Londres ; des courants qui se réclament de l’Islam et s’allient avec les puissances occidentales, donc des pays non musulmans, pour combattre… d’autres musulmans, ou qui prient sur la place de Benghazi sous d’immenses drapeaux français et américains ; des militants islamistes algériens qui ont participé à la flottille de la paix pour Gaza et dont le parti a la même appréciation, sur la situation sur la Libye, que… Bernard Henry Lévy qui qualifiait cette flottille « d’épopée misérable »(journal français « Libération »,7 juin 2010). Une atmosphère surréaliste !

 

Certes, il ne faut pas généraliser et les décantations s’opéreront inévitablement qui toucheront tous les courants politiques, sous les coups de boutoir de la réalité. On peut prédire, sans grands risques de se tromper, que les contradictions entre la domination étrangère et les forces populaires libyennes, nationalistes, islamistes ou autres, se manifesteront très vite. Vrais démocrates et faux démocrates, vrais patriotes et faux patriotes, apparaitront alors, mais hélas à partir de grandes souffrances de la Libye, comme en Irak, en Afghanistan ou ailleurs. Mais on peut se demander aussi s’il n’y a pas un point commun à ces convergences, apparemment hétéroclites : l’idée, d’autant plus tenace qu’elle est non dite, et qui ressurgit car elle n’a pas cessé d’exister depuis les indépendances et leurs contradictions, que la domination occidentale, que le colonialisme a un contenu civilisateur. C’est au fond cette idée qui se cache derrière les partisans de l’ingérence, à la raison fallacieuse que la domination occidentale serait bien plus « soft », bien plus civilisée qu’une dictature arabe.

 

Ces opinions fleurissent actuellement comme avaient fleuri les appels à la « normalisation » des relations avec Israël, dans des journaux algériens et arabes, lorsque le monde arabe traversait une période très difficile, que la domination des Etats Unis paraissait écrasante et que les partisans de « la normalisation » assenaient « que nous ne pouvions être plus royalistes que les Palestiniens et les Egyptiens ». Je lisais dernièrement un article où il était expliqué, sur la question de la souveraineté nationale, que cela ne faisait pas de différence, qu’on vive dans un pays dominé par l’étranger ou par « un dictateur comme en Libye ». Mais l’auteur de l’article avoue en fait vers où va sa préférence puisqu’il se félicite de l’élimination du pouvoir de Mouammar Kadhafi par l’OTAN. On voit poindre de nouveau le nez de la thèse des « aspects positifs du colonialisme ». Autres temps, mais même problématique.

 

Comme dans le Far West, le président du CNT de Benghazi vient de mettre à prix la tête de Kadhafi. Tristes mœurs. Que n’aurait- on pas entendu des médias occidentaux si c’était Kadhafi qui avait mis à prix la tête des membres du CNT au début des évènements. L’horreur se répète comme pour Saddam en Irak. La nouvelle Rome est sans pitié et veut du sang et des sacrifices humains. Ce « Wanted » trahit et annonce déjà la domination étrangère sur la Libye et son style. Dans les rues désertes des villes libyennes commencent les règlements de compte et les massacres, mais ces victimes civiles n’intéressent plus Mr Juppé et Mme Clinton.


http://www.lequotidien-oran.com/ind...

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 10:36

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Cisjordanie, Jénine, Juliano Mer Khamis,

Un homme qu'on assassine

 

 

4 avril 2011

Un homme, est mort assassiné à Jénine.

Son crime: animer le Freedom Theater.

 

Cisjordanie, Jénine, le Freedom Theater

Un théâtre que l'on veut assassiner

 

Depuis le 27 juillet

Ce théâtre hors toutes normes

Est harcelé, sans faille

Par les autorités israélienne

 

Cisjordanie, Jénine,

Un homme assassiné

Un théâtre que l'on assassine

Une pétition pour informer, pour mobiliser

 

Nous vous proposons de rejoindre la pétition

En allant sur le lien http://www.solidaritefreedomtheatrejenine.com/spip.php?article1

 



PETITION EN LIGNE : LE THEATRE DE LA LIBERTE DE JENINE DOIT VIVRE ! 
 
Les autorités d'occupation israéliennes menacent gravement les membres et les activités du Freedom Theatre (Théâtre de la Liberté) de Jénine, en Cisjordanie.
Depuis le 27 juillet dernier, sous-prétexte d'enquête sur l'assassinat le 4 avril 2011 de l'acteur et réalisateur israélo-palestinien Juliano Mer Khamis, fondateur du Freedom Theatre, elles ont en toute illégalité attaqué 2 fois le théatre en pleine nuit, arrêté plusieurs parmi ses membres, et poursuivent leur harcèlement par divers procédés.
Ne les laissons pas mettre en péril cet espace d'art et de culture, qui permet à de nombreux jeunes Palestiniens de résister dignement à leur situation. 
Le Freedom Theatre doit continuer à vivre !
C'est pourquoi l'association "Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine" vous invite à signer la pétition  en  ligne sur le lien
 
Voici ci-dessous le texte et la liste des 42 premiers signataires.
Nous vous invitons à diffuser cette pétition dans vos réseaux et auprès de vos proches.  

PETITION

 

LE THEATRE DE LA LIBERTE DE JENINE DOIT VIVRE !

 

Juliano Mer Khamis a été assassiné le 4 avril 2011 par un inconnu devant le Théâtre de la Liberté (Freedom Theatre) de Jénine, en Cisjordanie, théâtre qu’il a fondé en 2006 pour continuer le travail de sa mère Arna avec des jeunes du camp de réfugiés. Le théâtre a permis à de nombreux jeunes Palestiniens de résister aux violences et à l’oppression que leur imposent les autorités d’occupation israéliennes, d’extérioriser leurs angoisses, de sortir de leur isolement et de s’épanouir.

 

De mère juive israélienne et de père palestinien de Nazareth, réalisateur du film « Les enfants d’Arna », Juliano Mer Khamis s’était rallié au mouvement de boycott, y compris culturel, de l’Etat d’Israël tant qu’il ne se conforme pas au droit international. Après son assassinat, les autorités israéliennes ont saisi sa voiture, son ordinateur et son téléphone portable, puis à partir de fin juillet elles ont utilisé sa nationalité israélienne comme prétexte d’enquête pour lancer une forte offensive visant à briser le Freedom Theatre et à provoquer sa fermeture.

 

Le 27 juillet, les forces d’occupation ont violemment attaqué le théâtre en pleine nuit, commettant d’importants dégâts, et ont arrêté sous le régime arbitraire et brutal de « détention administrative » deux responsables palestiniens du théâtre, Adnan Naghnaghiye et Bilal Saadi, qu’elles ont alors considérés comme suspects du meurtre. Puis elles ont arrêté à un check-point, pour le même motif, l’étudiant acteur palestinien du Freedom Theatre, Rami Hwayel, qui se préparait au rôle principal dans la pièce « En attendant Godot. »

Le 21 août, les trois détenus ont été disculpés mais Rami Hwayel, au prétexte qu’il était allé antérieurement en Israël sans autorisation, a été condamné à un mois d’incarcération, ce qui a provoqué l’annulation des premières représentations de la pièce.

Le 22 août, l’armée israélienne a de nouveau attaqué le Freedom Theatre et arrêté Mohammed Naghnaghhiye, frère d'Adnan, après avoir dévasté son appartement situé dans le bâtiment du théâtre.

Depuis lors, les autorités d’occupation ont harcelé d’autres membres du Freedom Theatre.

 

Ces pratiques de puissance occupante, contraires aux conventions sur les droits humains et à toute légalité internationale, doivent cesser ! Qu'en serait-il si la France opérait de tels coups de force à l'encontre d'un autre pays sous couvert d'enquêter sur l'assassinat de l'un de ses ressortissants dans ce pays ?

 

Une troupe du Freedom Theatre, invitée par les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine, venait d’effectuer en France de fin juin à mi-juillet une tournée réussie et s’était produite dans le cadre des 23èmes rencontres du jeune théâtre européen à Grenoble. Deux tournées importantes sont programmées en Allemagne et aux Etats-Unis dès l’automne.

 

Le Théâtre de la Liberté de Jénine doit pouvoir continuer son travail émancipateur au service des jeunes et de la population palestinienne !

 

C’est pourquoi nous exigeons :

 

  1. L’arrêt de toute attaque contre le Freedom Theatre et ses membres.
  2. La libération de toute personne liée au théâtre qui serait incarcérée ou inculpée par les autorités d’occupation israéliennes.
  3. Une activation des autorités judiciaires palestiniennes pour la conduite de l’enquête sur l’assassinat de Juliano Mer Khamis.
  4. Le dédommagement par les autorités israéliennes des dégâts qu’elles ont commis lors de leurs attaques des 27 juillet et 22 août.
  5. Une entière liberté de circulation pour les membres du Freedom Theatre, que ce soit en Palestine, en Israël ou ailleurs.

 

Nous demandons en outre que les instances concernées des pays ayant des relations avec Israël interviennent énergiquement auprès de cet Etat et de son ambassade pour la satisfaction de ces cinq points.

En particulier, pour la France : le ministère des Affaires Etrangères, qui avait publié un hommage élogieux à Juliano Mer Khamis  après son assassinat, le ministère de la Culture, le ministère de l’Intérieur, ainsi que l’ambassade d’Israël.

« Il n’y a pas de liberté sans savoir.

Il n’y a pas de paix sans liberté.

La paix et la liberté sont inséparables »

 Arna Mer Khamis 

Le 30 août 2011

 

Pour contribuer aux importants frais d’avocats et aider le Freedom Theatre, vous pouvez :

-         envoyer un chèque à l’ordre d’ATL Jénine, Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine, boite aux lettres 84,  15 passage Ramey, 75018 Paris

-         ou vous connecter au site du Freedom Theatre (paiement sécurisé) : www.thefreedomtheatre.org

 

Contact e-mail des Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine : theatrejenine@yahoo.fr

 

Pour signer la pétition, cliquer sur le lien :

  

http://www.solidaritefreedomtheatrejenine.com/spip.php?article1

  

PREMIERS SIGNATAIRES (ordre alphabétique)

 

  1. ABDALLAH Samir, réalisateur et scénariste
  2. ALBOUZE Paula, membre de la Société des Amis du Théâtre Al Rowwad et d’ATL Jénine (Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine)
  3. BALIBAR Etienne,  philosophe, membre de la Fondation du Jenine Freedom Theatre
  4. BEN HIBA Tarek, président de la FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives)
  5. BOUCHAIN Patrick : architecte
  6. CHAHAL Nahla, sociologue, journaliste, coordinatrice de la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien)
  7. CORDOVA KACZERGINSKI Liliane, représentant IJAN (International Jewish Anti-Zionist Network)
  8. CHERKI Olivier, comédien, acteur
  9. DE SAINT-DO Valérie, rédactrice en chef de la revue Cassandre/Horschamp
  10. EL HAIMER Marie José, coprésidente d’ATL Jénine
  11. EL HAZAN Nabil, directeur artistique de la compagnie "La Barraca"
  12. ELKORCHI Driss, président de l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France)
  13. EUVRARD Janine, journaliste, organisatrice du Festival «Moyen-Orient : que peut le cinéma ? »
  14. FAYMAN Sonia, UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et EJJP (Réseau des Juifs Européens pour une Paix Juste)
  15. GEZE François, éditeur
  16. GREILSAMER Jean-Guy, cofondateur d’ATL Jénine, UJFP
  17. HUSSEIN Lauren Houda, cofondatrice du Théâtre Majâz
  18. KACIMI Mohamed, écrivain, dramaturge
  19. LAKS Julio, pianiste
  20. LAROZE Frank, auteur et directeur d’EvidenZ
  21. LECORRE Jacqueline, Femme en Noir, membre du Collectif Palestine 14 et de la Flottille de la Liberté 2 contre le blocus de Gaza
  22. LEFORT Jean-Claude, président de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité)
  23. LEVY- LEBLOND Jean-Marc, professeur émérite à l’Université de Nice, directeur de la revue Alliage
  24. LOMBARD Roland, président du CICUP (Collectif Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes)
  25. MASSIAH Gustave, membre fondateur du CEDETIM
  26. MANGEOT Philippe, enseignant, revue Vacarme
  27. MONTELLIER Chantal, peintre, écrivain et auteur de bandes dessinées
  28. MORIN Edgar : sociologue et philosophe
  29. NANCY Jean-Luc, philosophe, professeur émérite à Strasbourg
  30. OFF RASTEGAR Perrine, présidente du Collectif judéo-arabe et citoyen pour la paix de Strasbourg
  31. OUMAKHLOUF Zahia, coprésidente d’ATL Jénine
  32. PASSEVANT Christiane, Radio Libertaire, chargée de réalisation TV
  33. PY Olivier, dramaturge, directeur du Théâtre national de l’Odéon
  34. RALITE Jack, Sénateur, ancien ministre, animateur des Etats généraux de la Culture
  35. RANCIERE Jacques, philosophe
  36. SANBAR Elias, historien et essayiste, observateur permanent de la Palestine auprès de l'UNESCO
  37. SANDRE Didier, comédien, acteur
  38. SEGAL Abraham, réalisateur
  39. SHAKED Ido, metteur en scène, Théâtre Majâz
  40. STEINERT Irène, UJFP et ATL Jénine
  41. TOULOUSE Gérard : physicien, Ecole normale supérieure (Paris)
  42. ZEMOR Olivia, présidente de la CAPJPO-EuroPalestine
 


 

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 21:14

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Les communistes algériens (PADS) appellent à la constitution d’un front populaire
de : géronimo
jeudi 1er septembre 2011 - 11h00

Les communistes algériens (PADS) appellent à la constitution d’un front populaire antiimpérialiste face aux conséquences dangereuses de la victoire militaire des puissances impérialistes en Libye

Face aux conséquences dangereuses dans la région de la victoire militaire des puissances impérialistes en Libye :

Front populaire anti-impérialiste patriotique démocratique progressiste pour faire échouer les plans impérialistes !

Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pc...

Les puissances impérialistes ont fini par abattre le régime libyen après 5 mois de bombardements barbares à l’aide des engins de mort les plus sophistiqués. 20 000 raids aériens et tirs de missiles meurtriers ont été effectués contre la Libye ! L’OTAN, encore une fois a révélé sa véritable nature : une organisation militaire de brigandage créée, maintenue et renforcée pour piller le monde et dominer les peuples, écraser les tentatives de renversement du capitalisme, conserver et étendre par la force la plus brutale les zones d’influence vitales à l’expansion des intérêts des oligarchies financières et militaro-industrielles qui gouvernent les pays capitalistes. Tout l’arsenal militaire réuni des USA, de la France et de la Grande-Bretagne a été mobilisé pour détruire le potentiel de défense libyen, les infrastructures économiques vitales, priver d’eau, d’électricité, de vivres et de médicaments les populations favorables au régime. Assoiffer, affamer les populations, paralyser le fonctionnement des hôpitaux ou carrément les détruire, tuer sans risque à partir du ciel des milliers de civils, pousser à un nouvel exode centaines de milliers d’Africains venus gagner leur vie en Libye après avoir fui leurs pays d’origine appauvris par le pillage impérialiste, français en particulier : c’est cela le véritable crime contre l’humanité qui a été commis par les puissances impérialistes en Libye ! L’encadrement politique de l’État et de la société opposé à l’agression a été décimé par les attaques ininterrompues des drones US et des hélicoptères envoyés par Sarkozy, guidés sur place par des centaines d’agents spéciaux britanniques assistés de traîtres à la Libye.

L’INTERVENTION DES PUISSANCES IMPERIALISTES DANS UN CONFLIT INTERNE N’EST RIEN D’AUTRE QU’UNE EXPEDITION COLONIALE QUI LEGALISE LE DROIT D’INGERENCE SOUS N’IMPORTE QUEL PRETEXTE

Elle a été camouflée sous le prétexte hypocrite et grossièrement mensonger de défense des populations civiles en révolte contre le pouvoir d’El Gueddafi.

Les buts de cette opération sont clairs : s’emparer du pétrole libyen, transformer la Libye en base militaire pour contrôler l’ensemble de l’Afrique du Nord et les pays du Sahel, préparer la prise de possession des richesses pétrolières algériennes, intervenir d’une manière ou d’une autre en Algérie pour placer à sa tête les forces politiques les plus antinationales en exploitant à leurs propres fins les contradictions internes, le mécontentement social et les luttes pour les libertés démocratiques.Les buts sont de tenir en respect les peuples tunisien et égyptien pour les empêcher de transformer leur soulèvement contre les tyrans déchus, tyrans soutenus pendant des dizaines d’années par ces mêmes puissances qui prétendent aujourd’hui soutenir les processus démocratiques, en véritables révolutions démocratiques populaires assurant la justice sociale et affranchissant les pays arabes de la domination impérialiste directe ou indirecte. Leur hantise est la formation d’un régime égyptien authentiquement révolutionnaire rejetant les accords du Camp David, soutenant la lutte du peuple palestinien pour son État débarrassée de l’occupation sioniste, et celle du peuple syrien pour la libération du Golan à un moment où il est en butte aux complots concertés de l’impérialisme, des monarchies du Golfe, des intégristes. Les buts sont également de renforcer les positions mondiales globales des puissances impérialistes dominantes en vue de trancher les conflits ouverts ou latents qui les opposent à la Chine et à la Russie, de briser toute tentative de remodelage progressiste des rapports économiques internationaux. Dans la course au pillage des richesses pétrolières de la Libye et des pays qui résistent encore à leur diktat, chaque grande puissance impérialiste espère ramasser le maximum de dividendes aux dépens de ses rivales.

Ces buts véritables n’ont rien à voir avec un quelconque soutien à l’aspiration légitime des peuples arabes à mettre fin à l’arbitraire et au despotisme de leurs dirigeants, encore moins à se débarrasser de la dictature des régimes bureaucratico-compradores au service des multinationales et de leurs États impérialistes, à choisir librement des dirigeants fermement décidés à promouvoir un développement économique indépendant qui assure le progrès à leurs peuples.

Rien n’est plus contraire à la vérité que d’affirmer que les agresseurs n’ont fait que soutenir les "insurgés" de Benghazi. Ce sont les puissances impérialistes qui ont été "épaulées" dans leur agression contre la Libye par une coalition de forces sociales les plus réactionnaires et les plus antinationales. Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée en 1969, les islamistes intégristes fanatiques - boutefeux de l’insurrection armée- partisans d’un Etat théocratique que le régime libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores corrompues du régime libyen, ralliées à l’impérialisme. Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d’État en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré des puissances impérialistes dans le cadre d’une action coordonnée et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques antipopulaires et antinationales qu’elles ont elles-mêmes imposées depuis 2003 et dont elles ont largement profité sans que leur soif d’enrichissement ait été étanchée. Ces fractions étaient en conflit de plus en plus violent avec l’aile patriotique et plus ou moins antiimpérialiste représentée de fait par El Gueddafi à cause de son refus de satisfaire leur tentative d’accaparement directe des richesses nationales à travers les privatisations, la libéralisation du commerce extérieur, la remise en cause en profondeur des lois qui régissent l’exploitation des hydrocarbures.Elles ne se sont pas dressées contre El Gueddafi pour "démocratiser" la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l’État, instaurer la dictature d’une oligarchie alliée à l’impérialisme et aux monarchies du Golfe. L’instauration d’un État islamique libyen pratiquant une politique économique ultra-libérale sanctifiée par la religion est même envisagée. Les monarques rétrogrades du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation de l’insurrection de groupes intégristes armés infiltrés à partir de l’Égypte avec l’assistance logistique des Frères musulmans de ce pays et d’agents spéciaux des puissances impérialistes. Ces groupes se sont emparés dès les premiers jours de casernes et de dépôts de munitions et d’équipements militaires. Une propagande médiatique mensongère déversée à grands flots par El Djazeera et El Arabya, chaînes satellitaires aux mains des Émirs protégés par les USA, a fait croire que l’aviation libyenne s’est attaquée à la population civile. Cette campagne de propagande a dépassé en ampleur les mensonges sur les "charniers" de Timisoara en Roumanie, ou sur le prétendu viol des 30 000 Bosniaques par les Serbes, ou encore sur la "disparition" de 500 000 Kosovars assénée sur toutes les chaînes du monde par le porte-parole de l’OTAN en plein bombardement de la Serbie. Ces mensonges fabriqués de toutes pièces ont été largement repris pour préparer dans l’opinion, y compris en Algérie, l’acceptation de l’intervention étrangère.

LA SUBVERSION IMPERIALISTE A ETE GRANDEMENT FACILITEE PAR LE CARACTERE ANTIDEMOCRATIQUE DU SYSTEME POLITIQUE DE GESTION ET DE DIRECTION DE LA LIBYE

Ce système a empêché les travailleurs, les jeunes, les femmes, les fellah de s’organiser dans des syndicats indépendants. Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Prisonnier de conceptions populistes petites-bourgeoises niant l’existence des classes et de leurs luttes, le courant représenté par El Gueddafi n’a pas été capable de rompre avec les pratiques hégémonistes et de faire appel à la mobilisation démocratique des masses pour trancher la question de savoir si les richesses libyennes doivent profiter à l’ensemble des couches laborieuses du pays ou seulement à une minorité d’affairistes véreux et aux multinationales. Il a cru que les divergences inconciliables autour de cette question fondamentale pouvaient être réglées dans les coulisses, sans débats démocratiques ouverts, dans le dos des masses populaires, par des compromis boiteux dans les cercles fermés du régime, par la ruse ou par la force pour imposer des solutions "consensuelles" utopiques, incompatibles avec les réalités d’une société traversée par des conflits de classe de plus en plus inconciliables. Il a cru qu’il pouvait obtenir la paix, grâce aux mesures de libéralisation économique de 2003, avec les pays impérialistes et le soutien de gros négociants spéculateurs libyens, de plus en plus nombreux. Il a gravement sous-estimé la duplicité des puissances impérialistes qui ne pouvaient se contenter de ces seules concessions. Elles n’ont cessé de comploter pour obtenir plus, notamment la mainmise pure et simple sur les gisements de pétrole. Elles ont réussi à tisser des liens étroits avec les couches qui ont bénéficié de cette ouverture économique. Ce sont ces couches sociales qui ont formé la base sociale la plus disposée à les aider dans leurs manœuvres subversives. Les couches sociales compradores nées de cette brutale évolution n’aspiraient qu’à pactiser avec les puissances impérialistes pour défendre leur part du gâteau contre toute velléité d’expropriation par le peuple. Le groupe El Gueddafi, sa ligne anticolonialiste et antiimpérialiste officielle ont été rejetés par cette minorité de plus en plus influente politiquement car ils étaient devenus un obstacle à la satisfaction de ses désirs d’enrichissement sans entrave. D’un autre côté, cette nouvelle politique économique a eu pour résultat de mécontenter les couches laborieuses. Elle a provoqué la chute de leur pouvoir d’achat suite à la suppression de la subvention des produits de base, le chômage en conséquence de la fermeture ou de la privatisation des entreprises publiques, la paupérisation des masses et des jeunes. Enrichissement d’une minorité de bénéficiaires et appauvrissement de la majorité, tel a été le résultat du compromis passé avec l’impérialisme et les couches compradores pour tenter d’obtenir la levée du blocus criminel imposé par les États impérialistes. Le régime s’est en conséquence trouvé coupé du peuple.

La résistance à 5 mois de bombardements de l’OTAN a été en soi héroïque. Elle aurait pu être plus forte si le régime d’El Gueddafi avait coupé à temps avec son aile bureaucratico-compradore, s’il avait renoncé aux pratiques hégémonistes révolues, s’il s’était appuyé sur la mobilisation démocratique des masses et la démocratisation du système d’État pour isoler et écarter ce courant réactionnaire et antinational, s’il ne s’était pas fait des illusions sur les intentions des États impérialistes.

Le régime incarné par El Gueddafi a été un régime foncièrement antimonarchiste, antiintégriste, anticolonialiste et antiimpérialiste. Durant 40 ans il a incontestablement livré une bataille ininterrompue contre le néocolonialisme en Afrique et combattu sans relâche la tendance à pactiser avec les sionistes israéliens. L’Algérie ne peut oublier qu’il l’avait financièrement aidée à un moment crucial après la nationalisation des hydrocarbures du 24 février 1971 pour briser le boycottage du pétrole algérien que le gouvernement français avait tenté de mettre en place en représailles à cette décision historique. Mais ce régime a été inconséquent et s’est caractérisé par des positions instables.Il est difficile d’oublier que c’est El Gueddafi, aveuglé par un anticommunisme primaire, qui a permis au général Numeyri d’instaurer en 1970 une dictature sanglante au Soudan en lui livrant les officiers progressistes qui avaient tenté de le renverser. Ses inconséquences, son instabilité, ses initiatives internationales ou régionales souvent immatures et aventuristes, ou même nuisibles comme son projet d’Etat des Touaregs l’ont isolé des forces progressistes mondiales. C’est ce qui explique pourquoi celles-ci ne lui ont pas témoigné une solidarité inconditionnelle sans pour autant le considérer comme un ennemi à abattre.

De toutes les façons c’est au peuple libyen et à lui seul qu’il appartient de décider de son système politique, sans intervention étrangère. Jamais et nulle part l’impérialisme n’a apporté la démocratie et le progrès social à un peuple. Partout où il est intervenu militairement il n’a semé que mort, désolation, divisions, conflits confessionnels et ethniques. Les objectifs des impérialistes sont toujours de porter des pantins à la tête des États asservis. Il ne fait aucun doute que ceux qui seront placés à la tête de la Libye par l’OTAN ne seront que des marionnettes serviles que les antiimpérialistes devront combattre de façon résolue.

LES DIRIGEANTS ALGERIENS PORTENT UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS LES CONSEQUENCES SUR LE DEVENIR DE NOTRE PAYS DES EVENEMENTS EN LIBYE, POUR LEUR SILENCE DEVANT CETTE AGRESSION SANS PRECEDENT TOUT PRES DE NOS FRONTIERES

Par son refus de la condamner sous prétexte de respecter une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, une résolution illégale qui traduit seulement la loi des rapaces, par son attitude indigne face au ministre français des Affaires étrangères venu en juin à Alger pour lui demander des comptes sur son attitude sur la Libye, le gouvernement algérien a indirectement encouragé l’impérialisme à intensifier ses raids aériens sur la Libye. D’une manière générale, la politique du pouvoir, conforme à sa nature de classe comme représentant et défenseur des intérêts de la bourgeoisie compradore, exploiteuse, affairiste et parasitaire, comme expression des couches sociales les plus antidémocratiques, conduit à la compromission objective avec l’impérialisme, à la confusion et à la démobilisation dans la société. L’existence probable au sein du régime de courants encore attachés à la défense des intérêts du pays et plus ou moins indépendantes des couches affairistes et parasitaires n’en modifie pas cette caractéristique de classe essentielle. Ces courants ne pourraient contribuer à changer la situation que s’ils se mettent résolument du côté des classes et couches sociales laborieuses en agissant pour rompre d’abord avec les orientations économiques et sociales qui ont miné le pays depuis 30 ans et en favorisant la mobilisation démocratique des masses dans la lutte contre l’arbitraire, la corruption, les inégalités sociales, l’obscurantisme, l’allégeance aux puissances impérialistes.

Toutes les forces politiques algériennes ainsi que la grande presse dite "démocratique", qui n’ont à aucun moment condamné l’intervention impérialiste ou qui s’en sont même réjouies assumeront elles aussi leur part de responsabilité dans les conséquences dangereuses pour la stabilité, l’unité du territoire et l’indépendance de notre pays. Cette grande presse (El Watan, Le Soir d’Algérie, Liberté, El Khabar, Ech Chourouk) a joué un rôle néfaste de relais dans la diffusion de la propagande mensongère et de l’intox fabriquées par les grands médias des pays impérialistes et des monarchies du Golfe pour justifier l’intervention de l’OTAN et le soutien à la rébellion. Ensemble et aidées par le silence du pouvoir, toutes ces forces ont contribué fortement à désorienter les masses, à les démobiliser, à empêcher le développement d’un courant d’opinion pour dénoncer et condamner les bombardements de l’OTAN.Certains plumitifs sont même allés jusqu’à justifier ouvertement les bombardements au nom du soutien à une "révolte démocratique pacifique". Des dirigeants de partis politiques comme ceux du RCD souhaitent publiquement dans leurs meetings l’intervention des puissances étrangères pour les aider à obtenir l’instauration d’un régime "démocratique" en Algérie !

C’est propager consciemment un mensonge éhonté ou faire preuve d’une grande naïveté impardonnable que de faire croire que l’intervention en Libye a malgré tout pour résultat d’ébranler les "tyrans", de favoriser les luttes pour la démocratie et que la condamner revient à se mettre du côté des despotes. On peut comprendre que de larges secteurs de la population en ont assez de l’arbitraire des dirigeants des pays arabes. Mais croire que l’impérialisme s’est porté au secours des Libyens pour les aider à arracher la démocratie c’est méconnaître sa nature socio-économique et les leçons de l’histoire.

L’impérialisme n’a pas changé de naturemême si ses propagandistes ont réussi à charmer par leurs discours sur les nouvelles réalités internationales et les prétendus bienfaits de la "mondialisation" les rêveurs petits-bourgeois ou au contraire à tétaniser des courants vaincus par la couardise face à son agressivité. Il a besoin de tyrans pour protéger ses intérêts et réprimer les peuples. Il ne se décide à s’en débarrasser que lorsqu’ils sont discrédités. Il se dépêche alors de les remplacer par d’autres au nom du soutien hypocrite à "l’aspiration à la liberté" et empêcher préventivement que leur chute sonne le début d’une révolution populaire antiimpérialiste. Il suffit de ne pas fermer les yeux pour voir que les régimes qui ont soutenu avec le plus d’acharnement la croisade impérialiste et qui lui ont fourni le justificatif tant attendu, à travers la position de la Ligue arabe, sont les monarchies théocratiques rétrogrades du Golfe. Par quel miracle, une intervention impérialiste soutenue par ces régimes peut-elle servir la démocratie, le progrès et l’indépendance dans les pays arabes ?

Personne ne pourra un jour dire, quand les suites de cette agression se révéleront de façon dramatique pour les intérêts vitaux de notre pays, qu’il s’était simplement trompé en se laissant guider par sa seule haine naturelle et spontanée du despotisme.

Parmi ceux qui se sont tus face à l’agression, certains pensent peut-être qu’il faut éviter de s’attirer la foudre des grandes puissances, qu’il ne sert à rien de tenter de résister à la "toute-puissance" de l’impérialisme, qu’il faut se plier aux nouveaux rapports des forces internationaux, abandonner "l’esprit des années 1970" et qu’il vaut mieux exécuter par avance ses volontés pour ne pas subir le sort du peuple libyen et, avant lui, celui du peuple irakien. Cet esprit défaitiste et capitulard que le chef de l’Etat avait lui-même publiquement développé le 23 février 2005 pour justifier la dénationalisation des hydrocarbures, doit être combattu fermement.Il a tendance à se répandre dans la société. Il encourage l’impérialisme dans son offensive dominatrice. Il prépare le terrain à la réhabilitation de la loi Khelil d’avril 2005.

Ceux qui ont laissé éclater leur joie sur la "Une" de leurs journaux à la vue des insurgés sur la Place Verte de Tripoli dévasté par les bombes de l’OTAN ne sont pas tous des naïfs désinformés par une campagne d’intox sans précédent. Beaucoup d’entre eux ont tenu à marquer de la sorte leur enrôlement dans les complots impérialistes contre notre pays. Par leur soutien inconditionnel et grossier à la campagne anti-Gueddafi, ils ont simplement manifesté leur disponibilité à la collaboration antinationale, en échange de gains matériels qu’ils espèrent tirer dans la nouvelle configuration politique que les forces les plus antinationales préparent avec fébrilité en concertation avec les États impérialistes.

DES DANGERS SERIEUX PESENT MAINTENANT SUR LA STABILITE AUX FRONTIERES ORIENTALES DU PAYS ET SUR SA SOUVERAINETE SUR SES RICHESSES PETROLIERES

Désormais notre pays risque de voir se dresser sur les 800 km de ses frontières du sud-est saharien des forces militaires hostiles ne reculant devant aucun prétexte pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et gazières. Les pantins du CNT de Benghazi, poussés par les néocolonialistes revanchards français, ne ratent aucune occasion pour distiller la haine contre l’Algérie. Ils s’emploient à justifier à l’avance les actes de belligérance programmés par les impérialistes.

Obama, Sarkozy, Cameron, jubilent devant les caméras. Ils incarnent le retour du colonialisme, cette fois-ci sous le drapeau de la "démocratie". D’une pierre, ils font trois coups : ils banalisent leurs interventions militaires dans le monde, ils contrôlent la Libye et les gisements de Hassi Messaoud ne se trouveront plus qu’à un battement d’ailes des Mirages sans qu’il y ait besoin de survoler ou de bombarder Alger. Il ne manque pas d’aventuriers assoiffés de lucre pour se laisser tenter par les promesses des brigands impérialistes. L’OTAN ne cache pas son intention d’installer de fait son centre de l’Africom en Libye. Le CNT a promis également à Israël de lui concéder des bases à proximité des frontières algériennes. L’Union européenne a déjà signifié une vingtaine de conditions aux fantoches du CNT de Benghazi. Elle ne lui demande pas seulement de tout privatiser. En plus, elle a tenu à lui notifier sa décision unilatérale de s’occuper elle-même de l’organisation des nouvelles forces de sécurité libyenne, notamment et précisément aux frontières !

L’accaparement des puits de pétrole libyens par les multinationales aura de graves répercussions. Elles plongeront le peuple libyen dans une misère aussi épouvantable que celle du peuple irakien depuis que son territoire est occupé par les USA et dirigé par leurs marionnettes. Elles toucheront les conditions de vie de l’ensemble des pays exportateurs de pétrole. Les capacités de manœuvre de l’OPEP vont être réduites. Il ne faut pas être savant économiste pour prédire les conséquences négatives découlant de cette situation sur les recettes pétrolières de l’Algérie.

LA VICTOIRE DES IMPERIALISTES EN LIBYE N’EST PAS DEFINITIVE

Malgré leur incommensurable supériorité militaire, les puissances impérialistes et leurs marionnettes devront faire face à une résistance populaire qui ne manquera pas de s’organiser sur des bases nouvelles et de leur infliger une défaite inéluctable.

Le devoir de tout authentique démocrate patriote algérien est de dire "non !" à cette intervention et à ses suites, de soutenir les patriotes libyens qui combattent la mainmise impérialiste sur leur pays, quelles qu’aient été leurs positions dans le passé et les clivages secondaires hérités d’un régime qui n’a pas été capable de répondre aux nécessités de la mobilisation populaire démocratique. Le devoir du démocrate patriote progressiste algérien conséquent est d’œuvrer à la formation d’un front antiimpérialiste solide à l’intérieur de son pays, de soutenir la constitution de ce front dans chaque pays menacé par les ingérences impérialistes, d’encourager la concertation et la coordination des forces antiimpérialistes dans les pays arabes et à l’échelle internationale. Le système capitaliste international est miné par des contradictions insurmontables. La crise économique les aiguise de jour en jour. Il y a un lien étroit entre son agressivité à l’extérieur contre les peuples des pays économiquement dominés et ses attaques redoublées à l’intérieur contre les conquêtes sociales des travailleurs soumis à des politiques de rigueur sans précédent. Les conséquences de cette crise attisent l’agressivité impérialiste mais l’affaiblissent en créant en même temps les bases et les conditions d’un large front mondial antiimpérialiste et anticapitaliste capable de venir à bout des oligarchies bellicistes réactionnaires qui régentent les grandes puissances impérialistes.

Les peuples des pays dominés et les travailleurs des pays impérialistes doivent unir leurs efforts et leurs luttes sur tous les fronts contre la grande bourgeoisie impérialiste.

Aux discours des défaitistes nous opposons notre certitude qu’il existe de larges forces en Algérie, dans les pays arabes, en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, partout dans le monde, qui sont capables d’opposer un front mondial uni pour enrayer la machine impérialiste de domination et de mort.

CONSTRUIRE UN FRONT INTERIEUR UNI SOLIDE

Sa solidité en Algérie dépendra de la nature des décisions économiques pour lutter contre les privilèges insolents d’une minorité de trafiquants enrichis par l’exploitation féroce des travailleurs et le vol des biens nationaux. Elle dépendra des mesures à prendre pour casser les positions économiques des couches compradores et, partant, leurs liens politiques dans l’Etat et au sein de la société.

La neutralisation des manœuvres des puissances impérialistes ne peut être obtenue par de nouvelles concessions unilatérales aux multinationales, ni par la conclusion de marchés juteux avec les grandes multinationales françaises, encore moins par les faveurs scandaleuses accordées aux émirs prédateurs du Golfe, comme le port d’Alger et l’argent gracieusement mis à leur disposition par les banques publiques pour réaliser des affaires spéculatives sur le dos du pays.

Contrairement à ce que veulent faire croire les défaitistes capitulards, l’alternative à l’offensive impérialiste existe et les forces capables de la porter représentent l’immense majorité de la population.

Cette alternative c’est le front pour un véritable État démocratique populaire réalisant le progrès social le plus radical et garant de l’indépendance du pays, de la défense de ses richesses pétrolières et de l’unité de son territoire, solidaire des luttes antiimpérialistes dans le monde.

Elle sera le fruit de la mise en oeuvre de mesures économiques et sociales qui satisfont les revendications des masses, introduisent la justice sociale, mettent fin à une répartition injuste et scandaleuse du revenu national. Elle est conditionnée par la levée des entraves de toutes sortes à leur mobilisation démocratique nécessaire pour imposer et appliquer de telles mesures.

Tout cela passe par des changements radicaux qui donnent le pouvoir à une large alliance entre la classe ouvrière, les salariés, la paysannerie laborieuse, les couches intermédiaires vivant de leur travail manuel ou intellectuel, les cadres patriotes et honnêtes de l’État et des secteurs économiques.

Le front intérieur ne sera cependant solide et durable dans la lutte contre le danger impérialiste que si les efforts sont intensifiés pour construire dans les luttes économiques, sociales, politiques et idéologiques de tous les jours le parti communiste enraciné au sein de la classe ouvrière, de la paysannerie, de la jeunesse, des intellectuels aspirant au renversement du capitalisme.Un parti qui ne cache pas sa volonté d’accumuler les forces indispensables à la préparation de la contre-offensive de masse pour abattre le capitalisme, matrice économique de l’impérialisme, instaurer une véritable république démocratique populaire ouvrant la voie à une révolution socialiste.

Mobilisons-nous pour que tous les enseignements soient tirés de la liquidation du régime d’El Gueddafi par les interventionnistes impérialistes !

Ne nous laissons pas tromper ou intimider par la propagande de l’impérialisme et de ses alliés intérieurs !

Combattons le défaitisme, le fatalisme et l’esprit de résignation !

Démasquons, isolons et neutralisons les forces qui s’allient à l’impérialisme, qu’elles soient dans le pouvoir ou en opposition formelle à lui !

Mettons en échec l’autoritarisme du régime, ses nouveaux projets antidémocratiques qui font le jeu de l’impérialisme !

Unissons-nous dans les luttes sociales et politiques pour une véritable alternative de progrès !

PADS

 

28 août 2011

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:54

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

 

Pour rappel, ce communiqué qui souligne bien l'impérialisme en action en Libye et fait le lien avec les précédentes guerres, telle celle du Vietnam.

 

"Par une action guerrière sans équivalent par son ampleur depuis les bombardements des villes vietnamiennes par les USA, il y a plus d’une génération"

Collectif Polex


A lire:

"La guerre en Libye aura de nouveau montré toutes les limites de la conscience politique"

La Libye, l'erreur fondamentale de la gauche ...

Une prise de position contre la guerre en Libye. C'est rare! Communiqué de la Fédération CGT des cheminots.

 

 

A voir, vidéos de linter:

Samir Amin, l'intervention militaire occidentale en Libye et les révoltes dans les pays arabes. Vidéos de linter, 29 juin 2011


Communiqué du Collectif communiste Polex 

 

De l’Assemblée nationale à la télévision, le déshonneur français.

 

En juillet 2011, les députés français se sont déshonorés en approuvant massivement l’expédition coloniale de l’OTAN et de Sarkozy en Libye, droite et socialistes inclus… Seule une minorité, les députés communistes et quelques isolés comme le socialiste Emmanuelli et le nationaliste Dupont-Aignan ont eu le courage et la lucidité de voter contre.

 

Depuis plusieurs mois, les bombardements intensifs des installations libyennes par les avions de l’OTAN, ont réduit à néant les capacités de défense de la petite armée de ce pays africain. Malgré cela, les rebelles soutenus par les Occidentaux n’ont pu que faire la preuve de leur incapacité à conquérir le territoire national, malgré leurs rodomontades parsemées de slogans intégristes.Devant cette impasse, et bien que se poursuivent des négociations entre protagonistes sous l’égide de l’Union africaine, Sarkozy a décidé la fuite en avant, par une action guerrière sans équivalent par son ampleur depuis les bombardements des villes vietnamiennes par les USA, il y a plus d’une génération. Couronnement d’une guerre engagée sous le seul prétexte hypocrite de protéger les civils libyens contre les exactions de leur gouvernement, les bombardiers français ont écrasé plusieurs quartiers de Tripoli, tuant un millier au moins de leurs habitants, civils et militaires. Les rebelles ont alors pu progresser dans les zones urbaines bombardées, sans combattre, malgré la résistance isolée de quelques survivants. A cette heure, l’ordre sarkozien règne dans les faubourgs de Tripoli, l’ordre de l’OTAN, des financiers occidentaux et de leurs serviteurs locaux.

 

La joie des préposés français au formatage de l’opinion par le biais de la télévision, glorifiant une conquête en évitant de montrer les maisons éventrées et les cadavres, est indécente et méprisable. Assez de sang en Libye ! Assez de terrorisme guerrier ! Retrait des forces de l’OTAN et de la France de la zone ! Il est plus que temps de faire enfin place à la négociation ! Le 23 août 2011

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/index_fr.htm

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 12:32
Pour consulter le blog: linter.over-blog.com
La guerre en Libye aura de nouveau montré toutes les limites de la conscience politique ici.
Incapables de changer le système dans leur pays, la plupart des forces politiques  s'en remettent à leur propre ennemi, l'impérialisme, pour prétendre changer le monde ailleurs.
Comme en 14, où l'on a fait partir la fleur au fusil les peuples pour soi-disant résoudre des problèmes qui auraient pu l'être par la négociation entre Etats, comme en 40, où le nazisme a pu tranquillement mener son oeuvre d'extermination avant que les "alliés" n'interviennent , comme en Yougoslavie où l'on a eu de cesse de soutenir les moindres revendications nationales pour en arriver au démantèlement et à l'affrontement entre nationalités, comme en Palestine, où l'on a soutenu l'installation d'un Etat au mépris de toutes les règles de respect des populations, c'est au nom des droits de l'Homme et de la liberté qu'on intervient, fait la guerre ou la soutient. Qui peut croire que la France avec l'un de ses gouvernements les plus réactionnaires, que les Etats-Unis ne cherchent que le bien des peuples. 
Chasser Khaddafi est une oeuvre que les puissances impérialistes poursuivent depuis des dizaines d'années, d'attentats en tentatives d'intervention. Cette partie de l'histoire est soigneusement occultée. Qu'on ne nous dise pas que c'est pour le bien du peuple libyen que l'on mène cette guerre.

La libération des peuples est l'affaire des peuples eux-mêmes, elle ne peut venir de l'intervention impérialiste.

 

écouter-voir

Samir Amin, l'intervention militaire occidentale en Libye et les révoltes dans les pays arabes. Vidéos de linter, 29 juin 2011


Deux articles pour réfléchir plus avant

 

Sur Bellacio, dans les commentaires à l'article repris ici La Libye, l'erreur fondamentale de la gauche ...

Post-scriptum : Sur la gauche française et la guerre en Libye

 

Divers lecteurs m’ont fait remarquer que la première version de l’interview publiée sur le site d’Investig’Action était trop rapide et procédait à des amalgames en ce qui concerne les positions de la gauche. Voyons donc plus en détail ces positions.

 

Voir l’interview de Jean Bricmont : La Libye face à l’impérialisme humanitaire

 

Le député européen Mélenchon, qui est sans doute l’homme politique le plus important à gauche du PS, appuie la guerre et refuse même d’utiliser ce terme, parce que la guerre est autorisée par l’ONU[1]. Si on adopte ce point de vue, il faudrait cesser de parler de « guerre de Corée », ou de « première guerre du Golfe » puisque celles-ci étaient aussi autorisées par l’ONU. Si Mélenchon s’appuie sur la résolution, quelle interprétation en donne-t-il (celle des Russes, de la Ligue Arabe ?) et que répond-il à ceux qui estiment qu’elle est déjà violée par les pays agresseurs ou à ceux, comme le juriste italien Danilo Zolo, qui soulignent que cette résolution viole la Charte de l’ONU[2] ? De plus, la résolution de l’ONU permet peut-être à la France d’intervenir, mais elle ne l’y oblige nullement. L’intervention reste un choix politique purement français (même si le gros de l’effort de guerre est en fait porté par les Etats-Unis). Mélenchon pense aussi que cela permettra de sauver les révolutions arabes, menacées par la répression de Kadhafi. Se rend-il compte que ce soutien aux révolutions arabes se fait en compagnie de Sarkozy et des émirats qui, soit ne savent pas ce qu’ils font, soit se sont soudain convertis à la révolution ? Mélenchon pense que cette intervention est dans l’intérêt de la France, à savoir « être liée avec le monde maghrébin. Il n’y a pas de futur possible pour la France si elle est opposée au sentiment majoritaire des populations au Maghreb, c’est-à-dire pour la liberté et contre les tyrans. » Bien, mais Mr Mélenchon vit dans un pays où il est illégal de prôner même un boycott pacifique à l’encontre d’Israël. Qui peut croire une seconde que l’attitude actuelle de soutien aux rebelles va être interprétée par les populations du Maghreb comme un soutien à la liberté et non comme, par exemple, une volonté de contrôler un état pétrolier tel que la Libye, ou de reprendre pied militairement et politiquement face aux révoltes arabes et les orienter autant que possible en fonction des intérêts occidentaux. ?[3]


Passons au PCF, qui exprime son « opposition totale » à toute intervention militaire[4]. Notons d’abord que Mélenchon déclare : « J’ai voté la résolution du Parlement européen en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric », ce qui laisse perplexe concernant l’opposition totale du PCF à toute intervention militaire (où est passée la discipline du Parti et, si Mélenchon ment, pourquoi ne le dénonce-t-on pas ?). Certes, la déclaration de Roland Muzeau[5] (faite après mon interview) est courageuse et on peut l’approuver. Mais les arguments avancés dans d’autres déclarations laissent perplexes : lorsque le PCF exprime son opposition totale à la guerre, il déclare que « des responsables de l’insurrection populaire ont plusieurs fois exprimé leur refus d’une telle intervention. », ce qui est le plus mauvais argument possible, vu que ces responsables ont changé d’avis et que leur avis dépend évidemment principalement du rapport de force sur le terrain. La question à poser mais qui ne l’est pas, vu « l’urgence », est de savoir si c’est le rôle des troupes françaises d’intervenir partout où on le leur demande (à Gaza, du côté palestinien, par exemple, si la demande était formulée) ? Dans un autre communiqué, le PCF réitère « son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil National de Transition[6] ». Mettons de côté le fait que personne ne sait vraiment si les rebelles agissent pour la démocratie (au sens où nous l’entendons) et que les documents de Wikileaks jettent un doute sur cette question[7]. Mais il est incohérent d’accorder son « plein soutien » à des forces politiques et de refuser en même temps leur principale exigence, à savoir des bombardements sur les troupes qui leur sont opposées. Les rebelles n’ont évidemment pas besoin de grandes déclarations de solidarité faites à Paris, mais d’armes, d’avions, de bombes etc. Notons au passage que cela vaut également pour les combattants afghans, palestiniens, bahreinis etc. Personne n’a besoin d’une « solidarité » purement verbale et n’impliquant aucune action politique concrète.

Le sommet dans ce genre de déclaration de « solidarité » a sans doute été atteint par « l’Appel du Collectif de solidarité avec le peuple libyen »[8] qui dénonce « la complicité des gouvernements occidentaux » au moment (19 mars) où ceux-ci sont déjà en train de bombarder la Libye, probablement en violation de la lettre de la résolution, exige la « Reconnaissance du Conseil national de transition intérimaire, 
 seul représentant légitime du peuple libyen » ainsi qu’une « justice exemplaire contre les crimes de Kadhafi ». Et comment va-t-on accomplir toutes ces belles choses sans une guerre totale ? L’appel est signé, entre autres, par ATTAC, la LDH, le NPA, le PCF, le PG et le PIR. Difficile après cela de ne pas faire d’amalgame entre les positions de la gauche.

On retrouve évidemment le même genre de raisonnement dans les groupes issus du trotskisme. Le NPA « réaffirme son soutien aux insurgés libyens contre la dictature »[9], tout en s’opposant à l’intervention occidentale, mais sans expliquer ce que signifie son soutien s’il refuse à cette insurrection ce qu’elle souhaite le plus (une intervention armée). La LCR belge parle carrément de « faillite du chavisme »[10],à cause des propositions de solution négociée avancées par l’Alliance bolivarienne (notons au passage que l’opposition à cette guerre ne vient pas seulement de Chavez mais de 42 partis de gauche en Amérique Latine[11]).


Ce genre de discours, que l’on retrouve dans toutes les guerres, est la version adaptée à la crise actuelle du « ni-ni » (ni Otan ni Milosevic, ni Bush ni Saddam, ni Hamas ni Netanyahu)[12]. D’une part, on accepte tous les arguments de la propagande de guerre sur les crimes de l’ennemi, aujourd’hui de Khadafi, mais hier de Milosevic ou de Saddam, sans jamais s’intéresser à des sources d’informations alternatives[13], et on affirme son soutien total à la cause au nom de laquelle la guerre est menée (les Albano-Kosovars, les Kurdes, les femmes afghanes, ou l’opposition libyenne). Ensuite, on refuse l’intervention militaire « impérialiste », qui est justement ce que réclament ceux que l’on « soutient », sans proposer d’alternative autre que verbale. On parle d’armer les rebelles (qui le sont déjà), ce qui est une forme d’ingérence (et que fait-on si cet armement ne suffit pas ?). On lance des paroles en l’air sur les brigades internationales (qui va les organiser ?). Il est évident que ce type d’argumentation « contre » les guerres ne convainc presque personne et ouvre un boulevard aux contre-arguments de la gauche interventionniste ; il y a d’ailleurs fort à parier que la France sera le pays où les manifestations contre la guerre seront les plus faibles (comme c’est systématiquement le cas, sur les questions de guerre et de paix, depuis la crise des missiles dans les années 1980).


Le problème de fond est qu’il n’y a aucune réflexion alternative à la doctrine de l’ingérence humanitaire. Aucune réflexion sur le militarisme et sur ce que serait une politique de paix et de désarmement, aucune réflexion sur le monde multipolaire qui se met en place et sur ce qu’un véritable internationalisme signifierait à l’intérieur de celui-ci, et aucune réflexion sur les effets désastreux des politiques impériales américaines. A chaque crise, on réagit dans l’urgence, « pour sauver les civils », en disant qu’on réfléchira après. Mais comme la réflexion ne vient jamais, on reste éternellement « dans l’urgence », c’est-à-dire à la traîne du discours dominant.


Tout le monde, surtout à gauche, adore se moquer de BHL, mais en réalité la victoire de la révolution (ou de la contre-révolution) dans la pensée française accomplie par les nouveaux philosophes dans les années 70-80 a été totale. A partir de cette époque, la pensée politique a été remplacée par une sorte de religion de la culpabilité. La France et les Français sont éternellement coupables, en mode majeur, du régime de Vichy et des déportations, et en mode mineur, du colonialisme et de la guerre d’Algérie ; les nombreux « ex », communistes, maos etc. sont, eux, « coupables » des crimes de Staline, Mao ou Pol Pot. Ce climat engendre, sur le plan intérieur, une extraordinaire volonté de contrôle de toute pensée ou parole hétérodoxe, qui soi-disant nous ramèneraient « aux heures les plus sombres de notre histoire », pour utiliser la formule consacrée. Ceci empêche toute pensée indépendante du discours dominant, en tout cas sur des sujets comme la souveraineté nationale. Sur le plan extérieur, le discours de la culpabilité implique que la France a l’obligation de « venir au secours des victimes », par analogie, en mode majeur, avec les Juifs victimes des Nazis et, en mode mineur, des républicains espagnols contre Franco. Face à cette pensée quasi-religieuse, aucune réflexion sur le droit, le militarisme ou l’impérialisme n’est possible.


Contrastons finalement la position de la gauche et celle du Front National. Eux, contrairement à Mélenchon, parlent de guerre à la Libye (ce qui revient à appeler un chat un chat), et ils sont presque les seuls à mentionner la souveraineté nationale et le droit international[14]. Leur opposition se fait au nom des intérêts des Français, tels qu’ils les perçoivent (surtout empêcher les flux migratoires). Et bien sûr, en bons « patriotes », ils soutiennent les forces armées une fois qu’elles sont engagées dans le combat. Mais si les choses tournent mal pour la coalition (ce qui est peu probable, mais on ne sait jamais), il y a fort à craindre que c’est ce genre d’opposition, et non celle de la partie de la gauche qui s’oppose mollement à la guerre, qui recueillera la faveur des Français. Dans le temps, le PCF aurait sans doute condamné la guerre au nom des intérêts du « peuple » ou des « travailleurs » français, mais la version actuelle de l’internationalisme (qui revient en pratique à accepter la doctrine de l’ingérence humanitaire) interdit ce genre de langage. Tout se passe comme si le monde médiatique passait avant le monde du travail. Le FN en profite, hélas, pour s’adresser au « peuple » oublié.


Le plus comique, si on peut dire, c’est que la gauche n’a à la bouche que des mots comme antiracisme et multiculturalisme, ce qui l’amène à vénérer les cultures de l’ « Autre » (et souvent, à travers celles-ci, les religions) mais est incapable de comprendre le discours politique des « autres » réellement existants, quand ceux-ci sont Russes, Chinois, Indiens, Latino-américains ou Africains.


Jean Bricmont


Source : www.michelcollon.info

[1] http://www.liberation.fr/politiques...
[2] http://www.legrandsoir.info/Une-imp...
nelle.html
[3] Si on en juge par http://www.aloufok.net/spip.php?art..., le réaction en Tunisie et en Algérie est pour le moins mitigée.
[4] http://www.pcf.fr/8198
[5] http://www.pcf.fr/8426
[6] http://www.pcf.fr/8349
[7] http://213.251.145.96/cable/2008/02/08TRIPOLI120.html ; Voir aussi http://www.telegraph.co.uk/news/wor...
[8] http://solidmar.blogspot.com/2011/0...
[9] http://www.npa2009.org/content/comm...
[10] http://www.lcr-lagauche.be/cm/index...
[11] http://www.ciudadccs.info/?p=155276
[12] Voir http://www.monde-diplomatique.fr/20... pour une critique de cette idéologie.
[13] Pour un témoignage alternatif concernant la Libye, voir par exemple http://www.countercurrents.org/moun.... En français, http://www.legrandsoir.info/Bombard....
[14] http://www.frontnational.com/?p=6639

 

Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux ? Pas la gauche française.
19 août 2011 - 09h31 - Posté par richard PALAO - 90.**.161.**

 

je partage globalement l’analyse de BRICMONT ET JOHNSTONE , le conflit LYBIEN est une guerre civile dans laquelle toute intervention étrangère est une agression , ce conflit n ’aurait dû concerner que le peuple lybien qui si il avait été majoritairement contre le régime de KADHAFI aurait balayé ce régime comme l ’ont été ceux de TUNISIE et d EGYPTE .

 

La situation est totalement différente que dans ces deux pays , d’abord la LYBIE est le pays qui représente un des plus haut niveau de vie en AFRIQUE avec de nombreux services publics gratuits , bien entendu cela ne donne pas droit à la liberté et le dictateur a par exemple éradiqué toute forme d’opposition , alors si libération il y a , le procesus sera long et necessitera une lutte obstiné du peuple , s’il le souhaite .


Quand à la gauche française elle s’est totalement discréditée : le PS approuve l’intervention de L ONU ET DE

L OTAN avec la participation de l ’armée française et assume cette contradiction : sauver la population de BENGHAZI en bombardant la population de TRIPOLI , le PCF a adopté une position mi chèvre mi chou mettant dans le même sac KADHAFI et LE CNT , dénonçant l ’intervention à la tribune de l’assemblée tandis que ses députés européens FDG votaient avec la droite POUR L INTERVENTION DE L OTAN !!!


l extrème gauche n ’est pas exempte de reproches , hésitant entre le soutien à KADHAFI au nom de la lutte contre l’impérialisme US et la soutien à une pseudo révolution , certains en l’absence d’une analyse sérieuse ayant une facheuse tendance à confondre leur désir avec la réalité ...

 

Pauvre peuple libyen qui ne peut vraiment compter que sur lui-même ...


Les « armes de destruction massive », ça n’a pas suffi ? Le martyre de l’Irak, frappé d’abord par les médiamensonges et ensuite par les bombes, on n’en a pas tiré les leçons ? Non, on n’en a pas tiré les leçons. On sait que les Etats-Unis ont menti sur le Vietnam, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan et Gaza, mais on croit que cette fois-ci, sur la Libye, ils disent la vérité. Etrange.


La majorité de nos concitoyens croient encore ce que l’Otan a raconté sur la Libye. Y compris les Arabes car cette fois, Al Jazeera s’est aligné sur l’OTAN (on verra bientôt pourquoi).

Pourtant, dans nos infos quotidiennes, tellement d’indices devraient nous pousser à la méfiance. Juste un exemple… Depuis le début, l’Otan et les médias nous racontent que les rebelles ne cessent de se progresser, qu’ils ont conquis telle et telle ville, et qu’ils seront très bientôt dans Tripoli, où Kadhafi, « isolé et détesté », va tomber rapidement.

Ça fait cinq mois qu’on nous dit (comme toujours) que la guerre sera rapide et propre, presque joyeuse, ne vous faites pas de soucis ! Tous les quinze jours, les « rebelles » effectuent une « percée décisive ». Cette semaine, on le lit encore partout.

Depuis cinq mois qu’ils ne cessent « d’avancer », les rebelles devraient déjà se trouver à Paris ! Mais de « succès » en « succès », ils se retrouvent à piétiner au même point et cela bien qu’ils disposent de deux avantages énormes :
1. Les bombardements effectués par les armées les plus puissantes du monde.
2. Des livraisons d’armes ultra-modernes par la France, le Qatar (tiens, les propriétaires d’Al Jazeera !), et d’autres pays.

Alors pourquoi les rebelles piétinent-ils malgré tout ? Serait-ce qu’en fait ils n’ont pas le soutien massif de la population, comme on nous le prétend ?

Si vous vous renseignez ailleurs que chez les médias pro-Otan, vous entendrez une toute autre explication sur la situation militaire. En fait, les rebelles « progressent » seulement quand l’Otan a bombardé des positions de l’armée libyenne ou des milices de défense. Alors, ils prennent vite possession des zones « libérées », se font photographier avec un drapeau, envoient un communiqué aux médias complaisants et puis se retirent rapidement car la population ne les soutient pas et ils commettent quantité de crimes pour l’intimider. Donc, un pas en avant, deux pas en arrière, tout le temps.

 
Ça n’a rien à voir avec un soulèvement massif de toute la population contre Ben Ali ou Moubarak, et c’est pour ça que ça dure des mois.

Et donc, ça vaudrait la peine de se pencher sur tous les autres manipulations médiatiques, qui a mené à soutenir cette guerre en ignorant la véritable situation. Ces manipulations médiatiques, nous allons les examiner dans un petit livre de poche qui sortira le 8 septembre Libye, Otan et médiamensonges(1). Afin que plus jamais vous ne deviez dire : « Ah oui, je me suis fait avoir encore une fois ».

Bruxelles, 17 août 2011

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:56

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

 


Voir aussi: 

Samir Amin, l'intervention militaire occidentale en Libye et les révoltes dans les pays arabes. Vidéos de linter, 29 juin 2011


Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux ? Pas la gauche française.

 

Lu sur Bellaciao

de : Gnafron
jeudi 18 août 2011 - 23h07

10 commentaires

Jean BRICMONT, Diana JOHNSTONE



 

En mars, une coalition de puissances occidentales et d’autocraties arabes se sont unies pour soutenir ce qui était présenté comme une sorte de petite opération militaire pour « protéger les civils libyens ».


Le 17 mars, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1973 qui donnait à cette « coalition de volontaires » un peu particulière le feu vert pour commencer leur petite guerre, en contrôlant d’abord l’espace aérien libyen, ce qui permit ensuite de bombarder ce que l’OTAN a choisi de bombarder. Les dirigeants de la coalition espéraient manifestement que les citoyens libyens reconnaissants sauteraient sur l’occasion fournie par cette « protection » vigoureuse pour renverser Mouammar Kadhafi qui, prétendait-on, voulait « tuer son propre peuple ». En se basant sur l‘idée que la Libye était divisée de façon nette entre « le peuple » d’un côté et « le mauvais dictateur » de l’autre, on s’attendait à ce que ce renversement se produise en quelques jours. Aux yeux des occidentaux, Kadhafi était un dictateur pire que Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Égypte qui étaient tombés sans intervention de l’OTAN et donc Kadhafi aurait dû tomber beaucoup plus vite.


Cinq mois plus tard, il est devenu évident que toutes les suppositions sur lesquels cette guerre se fondait étaient plus ou moins fausses. Les organisations de défense des droits de l’homme ne sont pas arrivées à trouver des preuves des « crimes contre l’humanité » soi-disant commis par Kadhafi contre « son propre peuple ». La reconnaissance du Conseil National de Transition (CNT) comme « seul représentant légitime du peuple libyen » par les gouvernements occidentaux, qui était pour le moins prématurée, est devenue grotesque. L’OTAN s’est engagée dans une guerre civile, tout en l’exacerbant, et sans la faire sortir de l’impasse.


Mais aussi absurde et dénuée de justification que cette guerre puisse être, elle continue. Et qu’est ce qui peut l’arrêter ?


Un des meilleurs livres à lire cet été était l’excellent nouvel ouvrage d’Adam Hochschild To End All Wars, sur la première guerre mondiale et les mouvements pacifistes de cette époque. Il y a beaucoup de leçons d’actualité que l’on peut trouver dans ce livre, mais la plus pertinente est sans doute le fait que, une fois qu’une guerre est commencée, il est très difficile de l’arrêter.


Les hommes qui ont commencé la première guerre mondiale pensaient aussi qu’elle serait courte. Mais même lorsque des millions de gens furent pris dans la tourmente meurtrière et que le caractère absurde de toute l’entreprise devint clair comme de l’eau de roche, la guerre a continué pendant quatre tragiques années. La guerre elle-même engendre la haine et une volonté de revanche. Une fois qu’une grande puissance commence une guerre, elle « doit » la gagner, quelque en soit le coût - pour elle-même mais surtout pour les autres.


Jusqu’à présent, le coût de la guerre contre la Libye pour les agresseurs de l’OTAN est purement financier, et cela est compensé par l’espoir d’un pillage du pays, lorsqu’il sera « libéré » et qu’il payera pour rembourser ceux qui l’ont bombardé. Ce n’est que le peuple libyen qui perd des vies ainsi que son infrastructure.


Pendant la première guerre mondiale, il existait un courageux mouvement d’opposition à la guerre qui a affronté l’hystérie et le chauvinisme de cette période et qui plaidait en faveur de la paix. Ses membres risquaient des attaques physiques ainsi que la prison. La façon dont Hochschild raconte la lutte pour la paix de ces hommes et de ces femmes en Grande-Bretagne devrait servir d’inspiration - mais pour qui ? Les risques impliqués par l’opposition à la guerre en Libye sont minimaux en comparaison de ce qu’ils étaient lors de la guerre de 1914 - 1918. Mais pour le moment, une opposition active est à peine visible.


Ceci est particulièrement vrai en France, pays dont le président Nicolas Sarkozy a pris l’initiative de commencer cette guerre.


Les témoignages s’accumulent de la mort de civils libyens, y compris d’enfants, causée par les bombardements de l’OTAN (voir par exemple la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=vtS2... ). Ces bombardements visent l’infrastructure civile, afin de priver la majorité de la population qui vit dans la partie du pays loyale à Kadhafi des biens de première nécessité, de la nourriture et de l’eau, afin de pousser le peuple à renverser Kadhafi. La guerre pour « protéger les civils » est déjà devenue une guerre pour les terroriser et les tourmenter de façon à ce que le CNT soutenu par l’OTAN puisse prendre le pouvoir.


Cette petite guerre en Libye montre que l’OTAN est à la fois criminel et incompétent.


Mais elle montre également que les organisations de gauche dans les pays de l’OTAN sont totalement inutiles.

Il n’y a probablement jamais une guerre à laquelle il était plus facile de s’opposer. Mais la gauche en Europe ne s’y oppose pas.


Il y a trois mois, quand l’hystérie médiatique à propos de la Libye fut lancée par la télévision du Qatar Al-Jazeera, la gauche n’a pas hésité à prendre position. Quelques dizaines d’organisations de gauche françaises et nord-africaines ont signé un appel pour « une marche de solidarité avec le peuple libyen » à Paris le 26 mars (http://menilmontant.typepad.fr/7avous/2011/03/solidarite-ave...). En montrant leur absence totale de cohérence, ces organisations ont simultanément exigé, d’une part, « la reconnaissance du CNT, seul représentant légitime du peuple libyen », et d’autre part « la protection des résidents étrangers et des migrants » qui, en réalité, devaient précisément être protégés des rebelles représentés par ce conseil. Tout en soutenant implicitement des opérations militaires d’aide au CNT, ces groupes appelaient aussi à la « vigilance » à propos de « la duplicité des gouvernements occidentaux et de la ligue Arabe » ainsi que d’une « escalade » possible des opérations militaires.


Les organisations qui signaient cet appel incluaient des groupes d’oppositions en exil libyen, syrien, tunisien, marocain et algérien, ainsi que les Verts français, le NPA, le parti communiste français, le parti de gauche, le mouvement antiraciste MRAP, le parti des Indigènes de la République et ATTAC. Ces groupes représentent pratiquement tout ce qu’il y a d’organisé à la gauche du parti socialiste – qui, de son côté, (à l’exception d’Emmanueli) soutenait la guerre sans même faire appel à la « vigilance ».


Alors que le nombre des victimes civiles des bombardements de l’OTAN augmente, il n’y a aucun manifestation de la vigilance promise « à propos de l’escalade de la guerre » qui sortirait du cadre des résolutions du conseil de sécurité de l’ONU.


Les militants qui, en mars, insistaient pour dire que « nous devons faire quelque chose » pour arrêter un massacre hypothétique ne font rien aujourd’hui pour arrêter un massacre qui n’est pas hypothétique mais bien réel et visible, et perpétré justement par ceux qui « ont fait quelque chose ».


L’erreur fondamentale de ceux qui, à gauche, disent « nous devons faire quelque chose » réside dans l’ambigüité du mot « nous ». S’ils veulent dire « nous » littéralement, alors la seule chose qu’ils pourraient faire serait de mettre sur pied des sortes de brigades internationales pour combattre avec les rebelles. Mais bien sûr, malgré les grandes déclarations selon lesquelles « nous » devons « tout » faire pour soutenir le « peuple libyen », cette possibilité n’a jamais été sérieusement envisagée.


Donc le « nous » signifie en pratique les puissances occidentales, l’OTAN et, avant tout, les États-Unis, qui sont les seuls à posséder les « capacités uniques » nécessaires pour mener une telle guerre.


Les gens qui crient « nous devons faire quelque chose » mélangent en général deux sortes d’exigences : l’une dont ils peuvent s’attendre de façon réaliste à ce qu’elles soient acceptée par les puissances occidentales - soutien aux rebelles, reconnaissance du CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen - et une autre dont ils ne peuvent absolument pas s’attendre de façon réaliste à ce que les grandes puissances les acceptent, et qu’ils sont eux-mêmes totalement incapables de mettre en oeuvre : limiter les bombardements à des cibles militaires et à la protection des civils, et rester scrupuleusement dans le cadre des résolutions de l’ONU.


Ces deux types d’exigences se contredisent l’une l’autre. Dans une guerre civile, aucune des deux parties n’est principalement préoccupée par les subtilités des résolutions de l’ONU ou par la protection des civils. Chaque partie veut tout simplement gagner et la volonté de revanche mène souvent à des atrocités. Si l’on « soutient » les rebelles, on leur donne en pratique un chèque en blanc pour faire ce qu’ils jugent nécessaire afin de gagner.


Mais on donne également un chèque en blanc aux alliés occidentaux et à l’OTAN, qui sont peut-être moins avides de sang que les rebelles mais qui ont de bien plus grands moyens de destruction à leur disposition. Et l’OTAN est une immense bureaucratie, dont un des buts essentiels est de survivre. Elle doit absolument gagner, sinon elle a un problème de « crédibilité », ainsi d’ailleurs que les politiciens qui ont soutenu cette guerre ; et ce problème pourrait mener à une perte de financement et de ressources. Une fois que la guerre est commencée il n’y a simplement aucune force en Occident, en l’absence de mouvements anti-guerre déterminés, qui peut obliger l’OTAN à se limiter à ce qui est autorisé par les résolutions de l’ONU. Par conséquent, la deuxième sorte d’exigences de la gauche tombe dans l’oreille d’un sourd. Ces exigences servent simplement à prouver que la gauche pro-intervention elle-même a des intentions pures.


En « soutenant » les rebelles, cette gauche a de fait tué le mouvement anti-guerre. En effet, cela n’a pas de sens de soutenir un camp dans une guerre civile, camp qui veut désespérément être aidé par des interventions extérieures, et, en même temps, de s’opposer à de telles interventions. La droite pro-intervention est bien plus cohérente.


Ce que la gauche et la droite pro-intervention ont en commun est la conviction que « nous » (c’est-à-dire « l’Occident démocratique civilisé « ) avons le droit et la capacité d’imposer notre volonté à d’autres pays. Certains mouvements français (comme le MRAP) qui vivent littéralement de l’exploitation de la culpabilité à propos du racisme et du colonialisme, semblent avoir oublié que beaucoup de conquêtes coloniales se sont faites contre des satrapes, des princes indiens et des rois africains qui étaient dénoncés comme autocrates (ce qu’ils étaient) et ils ne se semblent pas se rendre compte qu’il y a quelque chose d’un peu incongru, pour des organisations françaises, de décider qui sont les « représentants légitimes » du peuple libyen.


Malgré les efforts de quelques individus isolés, aucun mouvement populaire en Europe n’est capable d’arrêter ou même d’affaiblir l’attaque de l’OTAN. Le seul espoir pourrait être un effondrement des rebelles, ou une opposition aux États-Unis, où une décision de la part des oligarchies dominantes de limiter les frais. En attendant, la gauche européenne a raté une occasion de renaître en s’opposant à une des guerres les plus manifestement injustifiables de l’histoire. L’Europe tout entière souffrira de cet échec moral.


Jean Bricmont et Diana Johnstone

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2