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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 12:14
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 22:33

"Vous voulez les pauvres secourus, je veux la misère abolie"
Victor Hugo

Bonsoir

Certaines personnes m'ont demandé si je faisais quelque chose pour Haïti, si, comme pour le groupe électrogène en 2006, j'allais centraliser pour envoyer quelquechose quelque part... Si Nebez avait déjà répondu à mes mails, je vous répondrais précisément. Mais peu de nouvelles arrivent d'Haïti.

Selon ce que j'ai pu entendre à droite à gauche et dans les différents reportages, l'hopital du père rick est en mauvais état et le centre d'apprentissage (où se trouvait le groupe electrogène) aussi. J'espère que je me trompe.

Je vérifierai cette info au plus vite. Je suis en contact avec de nombreuses associations haïtienne de France. Je vous proposerai alors concrètement quelque chose dans les jours qui viennent. "Quelque chose" que nous pourrons suivre jusqu'au bout. J'ai appris que l'orphelinat de Delmas 31 (où je suis allée en 2005 puis en mars 2009) est debout. Tout le monde est sain et sauf. Dehors, mais sain et sauf.

Voici un extrait de la lettre d'une française qui vit à Port au Prince ; elle écrivait ceci tout à l'heure (ce jeudi après midi) :

"(...) Il y a encore des secousses régulières, c'est tout à fait effrayant et devrait continuer jusqu'à samedi ou dimanche. Donc des maisons s'écroulent encore. Globalement le calme règne, les gens prient beaucoup (...) Nous allons essayer de voir tout ce que nous pouvons faire et au maximum organiser les choses car il n'y a pas de secours organisé, pas d'information et bientôt très peu d'eau et de nourriture. D'ailleurs l'électricité viendra peut-être à manquer et donc internet. Les téléphones ne fonctionnent pas. Nous avons tous des moments d'angoisse difficiles. Il faut espérer que les semaines à venir se passeront le mieux possible."

Ca fait peur. Difficile d'imaginer les jours prochains. Les gens ont tellement faim là bas et depuis tellement de temps. Comment la distribution de nourriture va-t-elle pouvoir s'organiser sans heurts. Rien que la circulation et la surpopulation pose un problème majeur. Les soins, la nourriture, l'eau,... Avant le tremblement de terre, TOUT CELA était déjà un ENORME PROBLEME. Et les "dirigeants" qui ne montrent pas le bout de leur nez ! Ou sont-ils ? disparus, tous ? Enfuis ? Avant le tremblement de terre, il n'y avait pas de places dans les hôpitaux, pas d'électricité dans les quartiers pauvres, pas de soins, pas d'éducation, pas d'eau, pas de justice, pas de nourriture, pas d'électricité, pas de culture, pas d'information, pas de logement décent... pour les pauvres. Ne trouvant plus de solutions, certains dirigeants ont même été jusqu'à soumettre "l'idée" d'ériger de grands murs pour enclaver les zones des bidonvilles, histoire d'incarcéré la misère, pour qu'elle ne se répende pas ! pour la cacher, la contenir, la maîtriser, la réprimer.

En mars dernier, je suis allée à Waf Jeremi avec 2 soeurs très connues du quartier - Waf Jeremi est un bidonville installé sur des tas de fatra en bordure de mer, en face du port - pour faire une distribution de coupons (un coupon donnant droit à un sac de nourriture pour une famille). Les gens forment une queue et reçoivent un à un 1 coupon. Certains essaient alors de repasser, mais les soeurs les connaissent et refusent que certaines familles prennent le pain d'autres qui n'ont rien. L'histoire a tourné à l'émeute et la distribution n'a pas pu se faire. Et pourtant, Dieu sait si les soeurs ont bonne presse dans les bidonvilles en Haïti ! Des distributions de nourritures de convois humanitaires ont déjà fini à coup de lance à eau pour disperser la population !

Et puis il y a cette angoisse, le traumatisme de l'occupation américaine (encore une page de l'histoire d'Haïti dont on ne parle pas vraiment), l'armée américaine, les bâtiments de guerre mouillant dans la rade de Port au Prince, comme le spectre d'une occupation, à venir... Les secours accourent, heureusement ; les dons arrivent, heureusement ; les prêts (FMI et BM en tête) malheureusement ; et la note s'il vous plait ! Haïti chérie. Endettée jusqu'à en mourir. Endettée dès le jour de sa naissance, pour la reconnaissance... En 1804, suite à la victoire des esclaves de Saint Domingue contre l’armée napoléonienne, Haïti proclame son indépendance. Mais elle est soigneusement isolée du reste du monde, maintenue à l’écart par les puissances coloniales esclavagistes. L’oligarchie haïtienne accepte alors, en échange de sa reconnaissance, de verser à la France, aux colons français - ceux là mêmes qui ont bâti leur fortune sur l'exploitation des esclaves noirs - un « dédommagement » de 150 millions de francs or (ce qui équivaudrait actuellement à environ 22.000 millions de dollars ou 44 budgets totaux d'Haïti) que LE PEUPLE HAÏTIEN a payé de son travail. Si la victoire des esclaves sur leurs maîtres a bien eu lieu, leur (notre) libération n'est pas encore achevée.

Gary Victor, que j'ai rencontré en mars dernier à Port au Prince, me disait ceci : "la victoire de 1804 est la victoire d'une classe, celle des affranchis qui s'est battu pour gagner les privilèges qui lui étaient refusé par les blancs. Esclavagistes comme leurs maîtres, ils ont contribués à l'élimination des révolutionnaires."Contraint à empreinter pour rembourser, Haïti était déjà entré dans le cycle infernal de la dette.

Avril 2009, de retour de Port au Prince :
"Le peuple a faim. L'érosion gagne du terrain. Les bidonvilles s'étendent, se construisent n'importe où, dans le lit des rivières ; tel un château de cartes, les barraques s'entassent et recouvrent les mornes, ou encore s'étirent vers la mer, sur des tonnes de monticules de déchets ; l'air est quelquefois irrespirable, chargé d'une odeur d'excréments ; Les aides internationales sont détournées ; les prix des produits alimentaires de première nécessité ne cessent de grimper ; Les plans de restructuration imposés par le FMI ont décimé l'agriculture : Haïti, anciennement producteur de riz et exportateur, importe aujourd'hui du riz des Etats-Unis pour plus de la moité des ventes locales. A cela s'ajoute les catastrophes : cyclones, écroulement d'une école. Sur les murs de la capitale on peut lire "Nou gwan gou" nous avons faim "Aba lavichè !" .Quand on voit l'état du pays, on se dit qu'il a touché le fond. Et pourtant les scénarios catastrophe abondent : famine, épidémie, révolte, tempête, ouranan séisme : 7/7 sur l'échelle de Richter ; deux failles actives délimitent le nord et le sud du pays. Au sud, elle traverse Haïti et la République Dominicaine, d'est en Ouest, à partir de Pétion Ville (...)"

C'était dans un bel hotel du centre ville (est-il toujours debout ?) près du Champs de Mars, non loin du Palais présidentiel. Claude Pretty, géologue haïtien s'exprimait au cours d'un débat organisé par un groupe d'intellectuels, dont Arnold Antonin, dans le cadre des rencontres du Forum libre. Claude Pretty avait mis en garde comme beaucoup d'autres avant lui. Ils savaient, mais, impuissants, ils espéraient que... cela arrive... le plus tard possible.

Je vous tiens au courant,

Bien à vous,
 
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 22:27
Pour consulter le blog:linter.over-blog.com
Transmis par une camarade dont nous avons publié le témoignage (nous remercions le blog le laboratoire de l'avoir repris): Haïti. "En s’écroulant, Port au Prince (et la région) dévoile au monde sa misère, notre honte à tous."
Sur le blog le laboratoire :http://lelaboratoire.over-blog.com/article-haiti-le-voile-caritatif-se-dechire-en-lambeaux-obscenes-43350809.html

POUR HAITI : HONNEUR ET RESPECT

 

La catastrophe qui frappe Haïti a soulevé un élan de solidarité impressionnant à l’échelle mondiale. Cela est bon : la solidarité c’est la tendresse des peuples ! Et l’aide d’urgence est indispensable, quand tout manque -à commencer par l’eau potable-, quand on ne parvient même pas à enterrer les dizaines de milliers de morts…et quand le chaos occasionné par le tremblement de terre vient s’ajouter à une réalité quotidienne déjà marquée par la pénurie d’eau potable et par la faim pour l’immense majorité du peuple haïtien.

 

Mais cette aide s’accompagne d’un discours tenu par tous les médias et les gouvernements occidentaux qui est une offense à Haïti et qui laisse présager le pire quant aux principes qui régiront la reconstruction du pays. On nous rabâche à longueur d’antenne et d’articles ce qui caractériserait Haïti : pauvreté extrême, délinquance et violence, proximité avec la France qui fait tout pour aider ce pays francophone. Enfin, Haïti, éprouvée il y a deux ans par quatre ouragans dévastateurs et aujourd’hui par ce séisme, serait frappée par une malédiction ! Quand on est maudit, c’est qu’une puissance divine vous punit : on doit être bien criminel pour attirer pareil châtiment !

 

Ne faudrait-il pas commencer par se demander pourquoi Haïti est si pauvre ? 

 

Haïti colonie française jusqu’à la fin du XVIIIème siècle -alors appelée Saint Domingue et surnommée « la perle des Antilles »-  a fait, grâce aux denrées qui y étaient produites au premier rang desquelles le sucre, la richesse de la France. Plus de 400 000 noirs travaillaient pour 30 000 propriétaires français. Les conditions de l’esclavage étaient si atroces que l’espérance de vie des esclaves ne dépassait pas 9 ans et que par conséquent la majorité d’entre eux étaient des « bossales » directement venus d’Afrique.

Lorsque ces esclaves se soulèvent contre leurs bourreaux et la puissance coloniale, leur chef Toussaint Louverture est emprisonné par les Français et meurt dans une prison glaciale du Jura ; Napoléon envoie son armée pour mater la révolte. Le général Leclerc, son beau-frère, dirige l’expédition et écrit à l’empereur : « Voilà mon opinion sur ce pays : il faut supprimer tous les nègres des montagnes, hommes et femmes, et ne garder que les enfants de moins de douze ans, exterminer la moitié des Noirs des plaines, et ne laisser dans la colonie aucun mulâtre portant des galons. » (1) L’armée française est défaite : en 1804, Haïti devient un état indépendant. C’est la première et l’unique fois dans l’histoire de l’humanité que des hommes et des femmes soumis à l’esclavage furent capables à la fois d’abolir l’esclavage, de rendre leur pays indépendant, de le défendre contre une armée réputée invincible et de mettre fin aux structures coloniales.

La révolution haïtienne fut et demeure un exemple pour les peuples opprimés : antiesclavagiste, anticoloniale, dès l’indépendance elle offre sa solidarité à ceux qui luttent pour libérer leurs propres peuples : le Venezuela, Cuba, le Mexique et la jeune république des Etats Unis (où l’esclavage perdurait) reçoivent l’aide d’Haïti pour leur propre émancipation du joug colonial ou de l’esclavage.

 

Considérée comme un exemple hautement dangereux pour les autres peuples, Haïti fut soumise à un long blocus international. Et elle fut lourdement châtiée, non par un quelconque dieu, mais par la France : alors qu’elle avait été dévastée par la guerre contre la France où un tiers de sa population avait péri et où toutes les infrastructures avaient été détruites, en 1825

 

(1)cité par Michel Collon dans « les sept pêchés de Chavez »

 

 Haïti fut sommée, sous la menace d’une invasion militaire, de payer à la France une rançon de 150 millions de francs or pour dédommager ce pays des pertes subies par les colons. Le gouvernement haïtien se plia à cette exigence et Haïti, pour rembourser à la France cette somme dont l’équivalent actuel serait de plus de 20 milliards de dollars, coupa ses arbres pour vendre du bois précieux et surtout s’endetta auprès de banques étrangères : c’est ainsi que se constitua au XIXème siècle la première dette extérieure d’un pays du Sud. Haïti mit près de soixante dix ans à s’acquitter de sa rançon et les ultimes agios couraient encore au début du XXème siècle…

 

Par la suite, le trésor haïtien fut pillé par une expédition de marines en décembre 1914. S’en suivit une occupation militaire du pays par les Etats Unis qui dura vingt ans, à la fois parce que la résistance haïtienne fut particulièrement farouche (Charlemagne Peralte qui dirigea la résistance paysanne est un martyr dont les Haïtiens gardent la mémoire), parce que les Nord Américains tentèrent d’instaurer à nouveau de grandes plantations qui furent à l’origine d’une nouvelle déforestation et parce que les Etats Unis ne se retirèrent qu’après avoir obtenu l’abolition de l’article de la Constitution qui interdisait à des étrangers de posséder des entreprises en Haïti.

 

La dictature de la famille Duvalier dura ensuite 29 ans. A leur chute, ils furent accueillis en France avec une fortune de 900 millions de dollars, une somme qui dépassait le montant de la dette extérieure d’alors. Les Duvalier jouissent tranquillement de ces biens en France (tandis que la Suisse vient de restituer à l’Etat haïtien 6 millions de dollars déposés par les Duvalier dans des banques suisses: c’est peu par rapport aux sommes volées à Haïti, mais c’est dans ce sens que la justice devrait s’exercer).

En 1971, Bébé Doc avait succédé à son père: alors que le pays produisait son alimentation jusqu’à cette époque, il fut investi président par le Département d’État pour lancer les politiques qui allaient mettre fin à la souveraineté alimentaire d’Haïti, avec l’intervention du FMI et de la Banque mondiale.

A titre d’exemple : tous les porcs « créoles », base de l’économie de toute unité familiale rurale, furent abattus par un organisme spécialisé pour enrayer la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti –ce dont aucune preuve ne fut apportée-. Cet organisme haïtien d’élimination des porcs opérait à l’instigation des Etats Unis via la BID (Banque Interaméricaine de Développement) et avec la complicité d’autres pays tels le Canada.

Les Etats Unis, en inondant le marché haïtien de riz subventionné dont le prix était inférieur au prix du riz produit localement ont brisé la filière nationale de production de riz. Il en a été de même de tous les produits agricoles de base, de sorte que le dumping des denrées nord-américaines subventionnées par l’État nord-américain pour détruire la production locale qui n’a ni subventions ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale, Haïti est devenue le réceptacle des produits alimentaires de mauvaise qualité des Etats-Unis.

Il faut se demander pourquoi les Etats Unis se sont livrés à cette destruction délibérée de l’agriculture haïtienne au cours des quarante dernières années : au-delà de l’intérêt à disposer d’un marché pour ses produits, intérêt fort relatif au demeurant vu le pouvoir d’achat limité des Haïtiens, a primé le besoin qu’avaient les Etats Unis d’installer des entreprises d’assemblage dans un pays proche de façon à approvisionner le marché nord américain. Les « maquilas » sont massivement installées au Mexique dans la région frontière avec les USA ; elles le sont également en Haïti. Tout a donc été fait pour disposer dans ce pays d’un réservoir de main d’œuvre réduite à l’oisiveté suite à l’exode rural et prête à accepter n’importe quels salaire et conditions de travail. La voie de l’émigration est pratiquement bloquée et l’on sait combien l’émigration clandestine sur des embarcations de fortune est meurtrière. Des dirigeants haïtiens se sont flattés du résultat de cette politique, qui constitue pour eux l’avantage comparatif d’Haïti dans la compétition mondiale: elle place la main d’œuvre haïtienne parmi les moins chères du monde. Tout au long de la frontière avec la République dominicaine et dans la capitale se sont donc développées ces entreprises d’assemblage. L’année 2009 a été marquée par de longues luttes ouvrières, relayées par les étudiants, pour obtenir une augmentation du salaire minimum : le président Préval s’est lui-même impliqué fortement dans ce débat pour éviter l’augmentation de ce salaire minimum initialement votée par l’assemblée nationale ; il faut dire qu’il subissait la pression de chefs d’entreprise menaçant de fermer leurs usines au cas où les salaires augmenteraient.

Il nous faut terminer cette revue de l’histoire de deux siècles où la misère d’Haïti est fabriquée par les grandes puissances qui ont continué à faire payer à ce pays de noirs son audace anticoloniale. En 1991, au cours des premières élections démocratiques que connaît Haïti, est élu le prêtre Aristide, issu de la théologie de la libération. Il est renversé par un coup d’état neuf mois plus tard. Il reviendra à la présidence en février 2001, non sans un passage par les Etats Unis qui rend à Haïti un personnage qui n’a plus grand-chose à voir avec le président qui avait soulevé tant d’espoir dix ans plus tôt. Pourtant, à l’approche de la célébration du bicentenaire de la Révolution, Aristide a l’audace de réclamer à la France réparation du tort qu’elle a causé à Haïti en demandant la restitution de la somme qui lui fut extorquée au siècle précédent.
La réponse ne se fit guère attendre : en 2004, Aristide fut à nouveau renversé par une expédition militaire menée par les Etats Unis, la France et le Canada. Enlevé manu militari, il fut expulsé et vit depuis lors en exil en Afrique du Sud.

L’expédition a fait place à une occupation militaire déguisée en mission de paix : la MINUSTAH, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Déployée depuis juin 2004, son mandat a été récemment prolongé à la demande du président Préval. Alors qu’elle est composée de près de 9000 hommes -dont d’importants contingents de Brésiliens, Argentins, Chiliens et des contingents moins nombreux de Guatémaltèques, Boliviens et Equatoriens-, seuls 2 des 20 membres de l’Etat Major sont sud-américains et les Etats Unis contrôlent le renseignement militaire. Cette « intervention sous-traitée par les Etats-Unis », selon l’expression du Prix Nobel de la paix  l’argentin Adolfo Esquivel, est pour les Haïtiens le symbole de la perte de l’indépendance nationale. Qui a visité Haïti sait que la majorité de la population haïtienne ressent la présence de la MINUSTAH comme une offense. La tension s’est aggravée quand les 114 soldats du Sri Lanka, accusés de viols de femmes et d’adolescentes, ont été rapatriés. Ils ont bien sûr bénéficié d’une totale impunité.

 

*

Alors, qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’une quelconque malédiction ! La pauvreté d’Haïti n’est pas tombée du ciel, elle a été fabriquée au cours de deux siècles d’interventions étrangères, elle a été l’œuvre délibérée de grandes puissances au premier rang desquelles figurent la France et les Etats Unis. Les Français d’aujourd’hui doivent connaître l’histoire tragique des relations entre la France et Haïti, le rôle que la France, directement et à travers les Institutions financières internationales, joue dans le maintien et l’aggravation de la misère d’Haïti.
Patrick Poivre d’Arvor, au titre d’ambassadeur de l’UNICEF, ose écrire dans le Figaro du 15 janvier : « c’est un des peuples…les plus maudits par l’histoire. Mais il n’est pas responsable de cette histoire là. Le peuple français non plus ». Ce ne sont pas là d’innocentes âneries, mais l’expression de la pensée unique à l’œuvre sur Haïti.

Nous ne pouvons pas oublier que l’extrême précarité de la situation sociale haïtienne, d'où dérive réellement la dimension gigantesque de la présente catastrophe, est le résultat de deux siècles de colonialisme violent, d'interventions militaires et de pillage qui ont amené Haïti à recevoir le triste titre de " pays le plus pauvre de l'Amérique". Cette situation a été aggravée au cours des deux dernières décennies avec l'application sauvage des programmes d'ajustement néolibéral dans l'économie et la société haïtienne, avec le maintien d'une dette extérieure illégitime qui épuise les ressources de la nation, avec la dévastation de l'environnement et de l'agriculture et avec l'imposition des intérêts des compagnies transnationales.

Voilà deux siècles que l’histoire d’Haïti est le symbole du racisme et de l’anti-humanisme blanc, exprimé sans ambages par le président Jefferson au XIXème siècle quand il évoquait « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » L’uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait déjà en 1996 : «  L’histoire de l’acharnement contre Haïti, qui de nos jours prend des dimensions tragiques, est aussi l’histoire du racisme dans la civilisation occidentale » (2).

 

*

 

Tout porte aujourd’hui à craindre que, sous couvert d’aide d’urgence puis de reconstruction, face à un état haïtien déliquescent et fragilisé -ce dont l’écrasement du palais national, du palais de justice et de divers ministères est comme la matérialisation symbolique-, des puissances étrangères ne profitent de la situation offerte par le chaos pour mettre de manière radicale et définitive le pays sous tutelle. La MINUSTAH constituait déjà une mise sous tutelle militaire, la mission d’envoyé spécial des Nations Unies confiée à l’ex-président Bill Clinton au cours de l’année 2009 ouvrait la voie à une mise sous tutelle économique. Aujourd’hui, les Etats Unis ont pris le contrôle de l’aéroport et ont annoncé le déploiement de dix mille soldats dont deux mille marines. Ailleurs ou en d’autres temps, cela provoquerait une protestation mondiale. S’agissant d’Haïti et sous couvert de mission humanitaire, la nouvelle occupation a un coût diplomatique presque nul (la France a élevé une légère protestation face à l’impossibilité d’atterrir à Port au Prince  pour un avion français chargé d’un hôpital, quand le besoin de soins hospitaliers de la part d’innombrables blessés est des plus criants). C’est le Commandement Sud de l’armée nord-américaine qui a pris la direction des opérations.

Il est nécessaire ici de rappeler que la position géostratégique d’Haïti dans la mer des Caraïbes fait de son contrôle un élément essentiel de la politique nord-américaine dans la région. La catastrophe qui frappe Haïti fournit une occasion rêvée aux Etats Unis d’exercer ce contrôle.

 

*

On ne peut non plus manquer d’être choqués du mensonge par omission de nos médias : apparaissent chaque jour à l’écran un médecin français, ou canadien ou nord-américain. Leur dévouement est magnifique. Mais pas un mot et pas une image de l’aide apportée par Cuba à Haïti. Or elle est sans commune mesure avec l’aide des pays occidentaux et n’est pas seulement donnée dans l’urgence : elle a commencé il y a plus de dix ans à la suite de

 

(2)Galeano « los pecados de Haiti »

 l’ouragan Mitch. Les 100 premiers médecins cubains sont arrivés en Haïti fin 1998. Des centaines d’Haïtiens étudient à Cuba avec des bourses. Près de 400 médecins et personnel de santé cubains travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Le Venezuela et Cuba ont un programme commun de coopération pour monter en Haïti dix centres de santé (appelés centres de diagnostic intégral) : les quatre premiers, déjà installés, dispensent une assistance médicale gratuite et de qualité à des milliers d’Haïtiens. Cuba a envoyé à la suite du tremblement de terre son Contingent international de médecins spécialisés dans les situations de désastres et d’épidémies baptisé Henry Reeve formé de 152 médecins. Pourquoi nos médias passent-ils sous silence la solidarité de ce petit pays de la Caraïbe, d’autant plus exemplaire que Cuba est un pays appauvri par un blocus d’un demi-siècle et par les ouragans qui l’ont durement frappé en 2008?

 

*

 

Je voudrais enfin récuser absolument cette réputation de violence qui est faite aux Haïtiens. La délinquance n’est d’ordinaire pas plus forte à Port au Prince que dans les autres grandes villes du Sud. Hors de la capitale, on vit plus en paix en Haïti que dans bien des pays. Il n’est jamais rien arrivé de mal aux médecins cubains dispersés dans le pays.

Les chaînes de télévision montrent à plaisir des images de pillages dégradantes pour Haïti: n’est-il pas légitime, quand on est depuis plusieurs jours sans eau et sans nourriture, d’aller les chercher là où on peut les trouver, quand plus rien ne fonctionne normalement ?

Qui vit en Haïti sait à quel point la dignité des Haïtiens est blessée par l’image fausse qu’on présente d’eux. Cette image s’est renforcée depuis le tremblement de terre : misère, chaos, délinquance et incapacité de résoudre leurs propres problèmes.

Qui vit en Haïti sait aussi à quel point ce peuple est dans la vie quotidienne doux, hospitalier, bienveillant, courageux, travailleur, créatif. Ce pays fourmille de poètes, de déclamateurs, d’écrivains, de peintres, de sculpteurs, comme si créer de la beauté était la seule dignité de ceux à qui l’on a tout pris, la seule échappatoire à la laideur de la misère. Par ailleurs, il n’est pas un illettré haïtien qui ne connaisse et ne tire fierté de l’histoire de son pays.

 

Ce peuple fait aussi face avec un courage et un optimisme rares aux épreuves successives qui l’accablent. Le 16 janvier, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro, au cours du rassemblement pour rendre hommage aux victimes du tremblement de terre et pour se recueillir, les Haïtiens sont venus dire qu’ils n’étaient pas un peuple maudit, mais un peuple vaillant qui se relèvera de ses cendres.

 

 

*

 

Comment exprimer notre solidarité  avec le  peuple haïtien ? 

 

D’abord ne pas prêter nos consciences à l’infâme discours dominant tenu sur Haïti basé sur l’hypocrisie et la charité : même l’héritier des Duvalier nettoie sa conscience en offrant aujourd’hui les fonds d’une fondation familiale, dérisoires par rapport au vol commis par cette même famille ! Etre en permanence en alerte pour défaire mentalement cette pensée dominante. Etre convaincu que le peuple haïtien est un grand peuple qui ne quémande pas d’aide pais mérite une totale solidarité et un engagement à ses côtés pour briser les entraves à son émancipation.

 

Au-delà de l’indispensable aide d’urgence, il faudra exiger réparation : non seulement l’annulation de la dette extérieure d’Haïti mais le remboursement des sommes indûment ponctionnées par les Institutions Financières Internationales (IFIs) au titre de la dette extérieure et la mise en place d’un fonds correspondant à la rançon payée à la France afin que soient menés des projets de reconstruction.

Il faut savoir que des milliards pourraient être déversés sur Haïti : cela ne changerait rien et ne ferait que renforcer la dépendance et la corruption, s’ils sont administrés par un Etat soumis au diktat des grandes puissances et des institutions financières internationales, ou pire encore si ces puissances (ou l’une d’elles) décident de prendre en main le sort d’Haïti, lui déniant ainsi sa capacité à s’administrer elle-même. Une manière d’aider les Haïtiens, c’est de lutter pour la non-ingérence de chacun de nos gouvernements pour qu’enfin, une fois pour toutes, les Haïtiens puissent être responsables de leur destin. Il faudra exercer une pression politique pour empêcher que la catastrophe ne serve de prétexte à l’aggravation de la mise sous tutelle d’Haïti.

Enfin être à l’écoute des demandes de la société civile haïtienne et leur répondre.                   Le directeur de la PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) a fait parvenir le 14 janvier une première information dont je reprends l’essentiel de la partie concernant la « SOLIDARITE STRUCTURANTE » qu’appelle cette plateforme d’organisations populaires :

« C’est l’heure d’une grande vague de solidarité de peuple à peuple qui permette de :

Vaincre l'analphabétisme (45 % de la population)

 Construire un système d'enseignement public efficace gratuit qui respecte l'histoire, la culture, l'écosystème

Vaincre la crise de l'environnement et reconstruire avec la participation massive des jeunes et des internationalistes les 30 bassins hydrographiques

Construire un nouveau système de santé publique en articulant médicine moderne et traditionnelle et en offrant des services primaires de qualité accessibles à 100 % de la population pour vaincre la mortalité infantile, la malnutrition, la mortalité maternelle

Reconstruire une nouvelle ville avec une autre logique basée sur une urbanisation humaine et équilibrée en respectant les travailleurs et les vrais créateurs de richesse, en privilégiant les transports collectifs, la recherche scientifique, l'agriculture urbaine, l'artisanat et les arts populaires, les parcs qui favorisent la biodiversité

Construire la souveraineté alimentaire sur la base d'une réforme agraire intégrale, avec priorité aux investissements agricoles pour utiliser les réserves de productivité dans une logique qui respecte les écosystèmes, la biodiversité ainsi que les besoins et la culture de la  majorité de la population.

Détruire les liens de dépendance avec Washington, l'Union Européenne et l'impérialisme. Abandonner les politiques dictées par les diverses versions du consensus de Washington. Rompre avec les IFIs et leurs plans (…) »

PAPDA propose enfin d’en finir avec la MINUSTAH et de construire des brigades de solidarité de peuple à peuple. 

Que chacun et chacune de nous se mobilise !

Anne Cauwel, Paris, 18 janvier 2009

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 21:16
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Bonjour,

J’ai enfin eu Nebez au téléphone. La communication a très vite été coupée. J’ai à peine eu le temps de lui demander comment il allait, si l’hôpital était debout et de quoi ils avaient besoin, que la communication a été coupée. Je crois qu’il pleurait. Peut-être riait-il. Il y avait beaucoup d’émotion. On ne s’est pas  dit  chose, on était tellement surpris, surpris d’être en présence, de réussir à se parler ; comme si on appartenait à deux mondes différents qui,dans un autre temps avaient coexisté et que ces 6 derniers jours avaient éloigné de milliers d’années lumières. Et la communication a été coupée. Et depuis, je n’ai pas réussi à le joindre. J’ai envoyé des mail, sans réponse pour l’instant.

J’ai du mal à imaginer les jours, les semaines à venir. J’ai peur de la pluie qui va tomber en mars et qui transforme les rues en cascades, les bidonvilles et  la terre en bouillasse. J’ai peur des blessés pas soignés, des villages isolés sans secours, de la faim, de la soif aussi, des épidémies, de la révolte, de la
violence, de la haine.

Je vois les armes, j’entends les hélicoptères tournoyer dans le ciel, les mouvements de panique pour un morceau de pain. Comment éviter cela.

Pas de réponse, pas de remède. « Bondye bon » comme ils disent là-bas jour et nuit au milieu des décombres. En s’écroulant, Port au Prince (et la région) dévoile au monde sa misère, notre honte à tous. On savait.

On savait qu’Haïti était le pays le plus pauvre au monde. (Et il y en a d’autres !) On savait que si jamais ce séisme se produisait, ça serait une catastrophe insurmontable.

Je me souviens de mon retour d’Haïti la première fois, c’était en 2005, un an après le départ d’Aristide. A cette époque, la région de Port au Prince était encore très dangereuse à cause de la misère, des enlèvements, des échanges de tirs, des balles perdues et des violences policières. A mon retour, je voulais
témoigner. Certaines personnes (dans le milieu humanitaire) m’ont fait alors comprendre qu’il valait mieux que je la ferme, parce qu’aujourd’hui il était de bon ton de parler de façon « positive » d’Haïti, qu’ Haïti s’en sortait…

Je ne crois pas à cette « façon » qui tient plus de la superstition et de l’opportunisme que d’une stratégie intelligente. Cacher la misère d’Haïti c’est comme dire d’un enfant famélique qu’il va bien, et le laisser mourir.

« Il n’existe aucune fatalité, un enfant qui meurt est un enfant assassiné » a écri Jean Ziegler, ancien rapporteur à l’ONU pour le droit à l’alimentation. A l’heure actuelle, on peut nourrir 12 milliards d’êtres humains alors que nous ne sommes qu’un peu plus de 6 milliards.

Si la situation en Haïti est aussi catastrophique c’est parce qu’ELLE ETAIT CATASTROPHIQUE AVANT LE TREMBLEMENT DE TERRE. Les dirigeants occidentaux  (France et Etats-Unis en tête) le savent très bien. Ils agissent notamment par crainte de devoir rendre des comptes. Cette catastrophe humaine sera lahonte du XXIe siècle.

Le 7 février 1986, en pleine nuit, l’avion de Jean-Claude Duvalier atterri sur l’aéroport de Grenoble.  -Claude Duvalier, dictateur haïtien surnommé  Baby Doc au pouvoir de 1971 à1986 succéda à son père Papa Doc (au pouvoir de 1957 à 1971) responsable de 30 000 à 50 000 assassinats et exécutions.

Jean Ducharme, journaliste, écrivait : « Paris a accepté de recevoir Jean-Claude Duvalier pour un séjour bref : 8 jours. Le dictateur possède une résidence à Monte Carlo et un château dans le Val d’Oise près de la propriété de l’Empereur Bokassa, lui aussi, venu pour 8 jours après sa fuite de Centrafrique. » …

Effectivement, Jean-Claude Duvalier vit encore aujourd’hui en France ! Alors que pas un pays ne voulait sur son sol de ce dictateur en fuite, la France l’accueille, lui et sa fortune. (qu’il placera sur des comptes français et suisses) A l’époque, elle était évaluée à 800 millions de dollars, soit le montant de la dette d’Haïti.

Dès 1886, Gérard Bloncourt, photographe haïtien expulsé de son pays par la junte militaire en 1946, s’associe à une démarche qui vise à poursuivre Duvalier en justice pour récupérer cette fortune : « Nous avons purement et simplement été éliminés de cette entreprise et le procès n’a jamais abouti. » Fin de citation.

Comment avait-il une telle fortune ? Les créanciers internationaux et les institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…) ont accordé des prêts au développement aux autorités haïtiennes alors qu’ils savaient que ces sommes seraient détournées au profit de quelques uns et au détriment du pays et de son peuple. « Les détournements de fonds et la grande corruption sont ainsi tolérés, voir encouragés, par les créanciers internationaux pour s’assurer du soutien des dirigeants locaux, afin de pérenniser une domination très subtile sur les pays endettés et un accès facile à leurs richesses. » écrit Claude Quémar, CADTM-France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde).

C’est pourquoi on parle de dette odieuse. Et c’est entre autres pourquoi, les institutions financières internationales ne peuvent pas exiger du peuple haïtien qu’il rembourse les sommes qui lui ont été dérobées !

J’ai rencontré Camille Chalmers en 2009 à Port au Prince dans les locaux de PAPDA, La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif ; c’est une coalition de diverses organisations de la société civile travaillant sur différents aspects de la promotion et la mise en action d’un développement durable et citoyen en Haïti. Camille a survécu au tremblement de terre.

Voici ce qu’il dit : « soulignons que le cynisme qui se dégage dans le cadre des relations de notre pays avec les institutions financières internationales est un élément consubstantiel du marché de l’aide internationale qui ne sert qu’à maintenir la dépendance des pays du Sud et qui prolonge un mécanisme de pillage de nos ressources.

Haïti, malgré sa situation économique déprimée, est devenue un exportateur net de capitaux vers la banque mondiale au cours des dernières années. La Banque mondiale opère dans un contexte dominé par les intérêts des grandes puissances et des firmes transnationales qui ont, auc ours des deux dernières décennies, acquis un volume important de capitaux venant des processus de privatisation du patrimoine de nos pays. Ces privatisations sont souvent entachées de corruption et d’interminables scandales financiers ».

Alors, parlons-en des pillages !

Quand à Jean-Claude Duvalier, certains disent que sa femme est partie avec sa fortune, ne lui laissant que quelques millions de dollars. D’autre part, un collectif suisse qui militait pour que l’argent volé soit rendue au peuple haïtien, a obtenu des autorités suisses, après de longues procédures, que cinq millions d’euros  soient versés à des organismes humanitaires haïtiens. Et avant-hier, dimanche 17 janvier 2010, alors que l’argent est bloqué, Jean-Claude Duvalier a demandé aux autorités suisses de transférer la totalité de l’argent au compte de la Croix-Rouge américaine pour l’aide aux Haïtiens !

Pour en revenir à nous, ce que nous pouvons faire. Ce que je suis en mesure aujourd’hui de vous proposer c’est, d’attendre encore, d’attendre la réponse Nebez.

Petit rappel : Nebez est un « ancien orphelin » qui, avec d’autres « anciens orphelins » ont décidé de faire eux-mêmes ce que font les ONG étrangères :écoles, orphelinats, hôpitaux, pour la reconstruction de leur pays. C’est à lui que nous avons envoyé en 2007 le groupe électrogène (qui était utilisé à la construction d’un centre d’apprentissage. Je ne sais pas dans quel état est le chantier suite au tremblement de terre). Il n’y a donc aucun intermédiaire entre lui et nous, aucun salaire pour des occidentaux en mission.

Deuxièmement : plus militant : lancer un appel pour la régularisation de tous les sans-papiers haïtiens dans les pays gouvernés par la France (Guadeloupe, Martinique, Guyane… et dans l’hexagone aussi).

Dans son roman « A l’angle des rues parallèles », Gary Victor (qui a survécu au tremblement de terre) écrit ceci : « Haïti chérie ! Comme un cri d’excuse pour la haine qu’on voue à cette terre, cette terre sur laquelle on crache jour après jour. Terre sur laquelle on se salue par peur de l’autre, terre de la haine réciproque et éternelle, terre prison, terre mépris, terre aux chants de sirène, terre avorteuse de rêves. Terre de paranoïa. Terre crasseuse et misérable, mais combien excusable d’être crasseuse et misérable, car la terre n’a pas d’âme, pas de conscience. Elle n’est que ce qu’en font les humains, elle n’est que le reflet de l’âme d’une nation. (…) »

Je vous embrasse,

Anne

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 10:49
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Agone a publié en 2OO5 dans sa collection "Dossiers noirs" cet ouvrage sur le Togo qui permet d'avoir une image récente sur ce pays qui comme beaucoup de pays africains est mal connu.

"Pionnier des indépendances, riche en matières premières, le Togo fut longtemps surnommé "la Suisse de l'Afrique". Les projets de développement concotés par les anciennes puissances coloniales l'ont vite fait crouler sous le poids de la dette.

Soumis ensuite aux programmes de privatisation sauvage dictés par la Banque mondiale, ce minuscule Etat devint un espace off-shore où s'activent milices privées américaines, agents secrets français, coopérants allemands, hommes d'affaires sans scrupules, politiciens corrompus et avocats véreux. Autant de réseaux qui se concurrencent au service d'une passion commune: arracher leur part du butin en détournant les fonds publics, participer au pillage des ressources naturelles pour leur propre compte ou pour celui de multinationalkes prédatrices.

En réponse aux thèses persistantes qui voudraient attribuer la reponsabilité du marasme aux Africains eux-mêmes, ce livre démonte les principaux mécanismes et jeux d'influence étrangers qui ont contribué à ruiner l'équilibre économique et social d'une jeune nation.

Le coup d'Etat militaire et les pressions diplomatiques qui ont immédiatement suivi la mort de Gnassingbé Eyadema, le 5 février 2005, après trente-huit ans d'un règne sans partage, l'ont encore confirmé: les chancelleries occidentales ne cessent d'interférer pour imposer leur candidat à la succession et garantir leurs intérêts dans la région.


Parution : 12/04/2005
ISBN :  2-7489-0041-3
208 pages
11 x 17 cm
11.00 euros
PDF 1.98 Mo
6.00 euros
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 10:48

4ème Congrès Mondial contre la peine de mort
GENEVE 24/25/26 février 2010


...
Si vous souhaitez participer au congrès, nous vous invitons à vous inscrire au plus vite en prenant connaissance des infos pratiques sur www.abolition.fr

S'agissant de la marche dans les rues de Genève qui clôturera le congrès - VENDREDI 26 FEVRIER 15h30 devant le Palais des Nations - nous appelons les sympathisants de la cause de Mumia qui souhaiteraient y participer (départements proches de la Suisse notamment) à se retrouver derrière la banderole du Collectif "ENSEMBLE SAUVONS MUMIA".

Pour le Collectif Unitaire National
de soutien à Mumia Abu-Jamal
(80 organisations françaises),


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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 16:19
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A lire sur le site diezienmille:


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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 21:29
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Ces documents nous ont été adressés par un camarade. Ils se trouvent sur le site www.europalestine.com

La "Marche Pour Gaza" : récit d’une aventure mémorable (et photos !)

Publié le 4-01-2010

 

écouter-voir


Nous venons de rentrer du Caire. Le gouvernement égyptien a interdit aux 1360 internationaux de rentrer à Gaza pour manifester leur soutien aux Gazaouis et pour dire NON au blocus. Mais ce faisant, il a nous a amené à créer, à partir de la capitale égyptienne, une situation qui a permis de soutenir de manière encore plus spectaculaire le peuple palestinien.

Ce bilan, ce sont nos amis Gazaouis, qui l’ont rapidement tiré, en nous envoyant des messages de remerciements et de félicitations pour avoir mené des actions au retentissement mondial, concernant le siège qui leur est imposé, et ceux qui en portent la lourde responsabilité. "Les actions spectaculaires et très médiatisées que vous menez actuellement au Caire sont bien plus efficaces pour nous que la visite programmée de la bande de Gaza", nous ont affirmé les organisateurs palestiniens de la Gaza Freedom March.


Récit des faits :


Dès notre arrivée au Caire le 26 décembre, notre groupe de 300 participants français apprenait que le gouvernement égyptien interdisait aux organisateurs américains de la marche de se réunir le lendemain au Collège des Jésuites de la Sainte Famille, afin de permettre aux quelque 800 internationaux de divers pays de faire le point sur la situation. Le même jour, il leur était annoncé que les autocars dans lesquels ils comptaient monter le 28 au matin ne seraient pas au rendez-vous. Nous apprenions également que toutes les personnes, arrivées plus tôt et ayant essayé de se rendre par leurs propres moyens (seuls ou en petits groupes) en direction de Gaza, avaient été arrêtées et se trouvaient bloquées par les forces de l’ordre égyptiennes sur la route, dans leurs hotels ou dans les gares routières. (A noter, que parallèlement, nos amis de la caravane "Viva Palestina", conduite par George Galloway étaient également bloqués par le gouvernement égyptien)


Et le dimanche 27 décembre, un an jour pour jour après les massacres israéliens dans la bande de Gaza, Moubarak allait jusqu’à interdire une commémoration pacifique des internationaux, consistant à déposer sur le Nil des bougies (biodégradables) à la mémoire des martyrs de Gaza.


Le même soir à 19 H, les 300 participants français à la marche se retrouvaient, comme convenu depuis longtemps avec la compagnie de cars AstralEgypt, devant l’ambassade de France, située sur une artère majeure en plein centre du Caire. Juste avant, l’ambassadeur de France, Jean Félix-Paganon, nous recevait dans son bureau, en présence du responsable de la compagnie de cars, qui avait déjà reçu 4100 dollars de notre part, soit 50 % de la facture, pour nous transporter jusqu’à Rafah et en revenir.


Et là, l’ambassadeur nous affirmait en présence de plusieurs témoins qu’il avait l’assurance du gouvernement égyptien que nous pourrions prendre la route en direction de El Arish (40 km avant Rafah), et que nos cars seraient bien présents au RV de 19 H devant l’ambassade, même s’il ne pouvait garantir que nous serions autorisés à entrer dans Gaza.


Ancien contrat en mains + nouvel engagement écrit, en présence de l’ambassadeur, de la part du responsable de la compagnie égyptienne (qui réclamait à cor et à cri le paiement immédiat des 50 % restant à acquitter !), quelques-un d’entre nous partaient chercher les autocars, tandis que le reste du groupe attendait devant l’ambassade.


Après 3 heures d’attente debout, nous apprenions, à 22 H, que les autocars ne viendraient pas nous chercher, et nous occupions alors l’avenue Charles de Gaulle, bloquant la circulation dans toute la capitale en restant assis au milieu de la chaussée, à ce point névralgique d’intense traffic au coeur du Caire.


Une action surprise, rapide, correspondant aux orientations que nous avions décidées en commun, bien avant le départ : réagir de manière déterminée et la plus spectaculaire possible, si nous étions empêchés d’atteindre notre but, et ceci quel que soit l’endroit où nous serions bloqués.


Nous estimions plus probable un blocage par le gouvernement égyptien sur la route, en plein désert, mais ce dernier, comptant sans doute sur le désemparement, et le morcellement des internationaux isolés dans des dizaines d’hôtels différents, en décida autrement.


Erreur fatale pour lui : car les 300 Français se trouvaient regroupés, sans hôtel —puisqu’ils comptaient partir et rouler de nuit—, et très soudés par les rencontres et discussions organisées avant le départ par CAPJPO-EuroPalestine.


Réclamant nos cars et la possibilité de pouvoir nous rendre à Gaza, nous décidions de camper devant l’ambassade de France, déclinant l’offre de l’ambassadeur qui proposait de nous faire conduire au Lycée Français du Caire, et de nous y laisser enfermer sous bonne escorte, jusqu’à notre retour en France (nous conseillant vivement d’anticiper celui-ci, si nous ne souhaitions pas occuper le reste de la semaine à faire du tourisme) .


L’ambassade de France, en liaison avec le Quai d’Orsay, et avec le gouvernement égyptien prit alors quelques mesures de rétorsion à notre égard, limitant l’accès aux toilettes, ne nous permettant pas de recharger quelques téléphones portables au sein de l’ambassade, ni de laisser les plus vulnérables dormir sur sa grande pelouse inoccupée —et payée avec nos impôts.


La sénatrice Alima Boumediene-Thiery, présente à nos côtés, ne s’est pas privée de faire savoir à l’ambassadeur ce qu’elle pensait d’une telle attitude de la part du gouvernement français.


Nous saluons au passage le courage de Monseigneur Gaillot, qui a tenu bon, dormant par terre et vaquant avec le sourire, malgré des problèmes de santé. Un grand coup de chapeau également au doyen de nos participants, Michel Sergent, 82 ans, qui a dormi pendant toute la semaine, en position assise, contre un arbre, et qui a entrainé un groupe de marathoniens tous vêtus des T.Shirts "Palestine Vivra - Boycott Israël" dans les rues du Caire, sous les applaudissements des passants !


Hedy Epstein, 85 ans, rescapée du génocide nazi, qui tentait pour la troisième fois de se rendre à Gaza, est venue le féliciter dans notre mini-blocus de l’ambassade de France la veille du Nouvel An.


Comptant sur la fatigue et les conditions sanitaires déplorables (pas de possibilité de se laver, alors que la pollution était maximale, deux heures d’attente pour accéder à un seul WC pour plusieurs centaines de personnes), le gouvernement français s’est couché devant le gouvernement égyptien, qui obéissait lui-même aux injonctions israéliennes (Netanyahou était d’ailleurs reçu par Moubarak le 29 décembre).


Mauvais calcul, puisque ce durcissement, au lieu d’entamer notre détermination, l’a renforcée. Au point que l’ambassade s’est vu obligée de reculer sur plusieurs fronts, autorisant les gens à sortir pour aller aux toilettes des cafés voisins, faisant installer 4 WC sanisette, renonçant à exiger de voir les passeports français de ceux qui se rendaient aux toilettes, et surtout laissant entrer les délégations d’internationaux de tous pays qui venaient nous rendre visite et nous encourager.


Ce dernier point nous a permis d’établir une coordination très efficace avec les représentants de tous les pays et d’organiser avec eux différentes actions spectaculaires et très unitaires.


Ainsi un rassemblement de protestation, le 31 décembre, réunissait entre 500 et 600 internationaux devant l’endroit le plus fréquenté du Caire (à la fois par les Egyptiens et les touristes), le Musée Egyptien et la place de la Libération, et faisait la une de tous les journaux égyptiens. Le lendemain, un autre rassemblement devant l’ambassade d’Israël au Caire regroupait à nouveau plus de 600 personnes.


Inspirées par notre action devant l’ambassade de France, couverte par les télévisions, radios et journaux du monde entier, les délégations des autres pays ont à leur tour organisé des manifestations devant leur ambassades, avant d’en être délogées.


Pendant une semaine, nous avons réussi, en reproduisant un mini blocus symbolique devant l’ambassade de France, en confectionnant des banderoles visibles de loin,à attirer l’attention des médias jusqu’alors silencieux sur le blocus de Gaza et sur la collaboration honteuse à ce siège de nos gouvernements.


Même les jeunes appelés, massés par centaines devant l’ambassade pour nous empêcher de sortir, pactisaient avec nous et se faisaient constamment rappeler à l’ordre par leurs supérieurs.


Malgré l’action des forces de police égyptiennes qui arrêtaient, embarquaient, intimidaient les journalistes qui cherchaient à nous interviewer, et qui mettaient même des amendes aux automobilistes qui ralentissaient et klaxonnaient pour nous féliciter, le retentissement a été à la hauteur du caractère inédit de telles manifestations dans une dictature qui interdit tout regroupement de plus de 6 personnes.


Au point que les organisateurs américains, un moment tentés par une proposition de Moubarak de sélectionner 80 personnes qui seraient autorisées à se rendre à Gaza, ont finalement décliné cette tentative de division, qui aurait permis au gouvernement égyptien de redorer son blason à peu de frais.


Consultés, nos amis de Gaza, les organisateurs de la Gaza Freedom March, ont vivement conseillé à tous les internationaux de ne pas tomber dans ce piège. Ils ont d’ailleurs accueilli avec la plus grande froideur ceux qui ont malgré tout accepté de monter dans ces deux cars affrétés par Moubarak, et les ont rapidement reconduits hors de la bande de Gaza.


Deux vidéos réalisées par les participants à la marche sont déjà en ligne sur le site http://www.europalestine.com. Un troisième épisode le sera incessamment.


Nous revenons de cette aventure plus déterminés que jamais à mener le combat contre l’inhumanité du siège de Gaza, de l’emprisonnement et de la spoliation de tout le peuple palestinien, par l’occupant israélien. Crimes contre l’humanité qui ne peuvent être perpétrés qu’avec l’assentiment de nos dirigeants, parmi lesquels le gouvernement égyptien qui montre son vrai visage de collabo en construisant un mur destiné à étrangler et affamer davantage encore la population de Gaza.


Des liens très forts ont été tissés entre les représentants de tous les pays durant cette "Marche pour Gaza" stoppée au Caire. Profitons-en pour faire de 2010 l’année qui nous rassemble, pour faire trembler tous ces tyrans !L


  écouter-voir

 

 

CAPJPO- EuroPalestine


 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:00
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Rappel quand le silence si vite s'installe ...

cairo web 8 by Middle East Children's Alliance.

Participants français devant l'ambassade au Caire
Je vous ecris pour vous donner quelques informations du Caire.  

 Depuis dimanche 27/12/09 , nous sommes près de 200 personnes à occuper la bande de trottoir face à  l'Ambassade de France en Egypte. Nous l'avons rebaptisee "Giza Strip" du nom de la rue au Caire : "Giza street" où  se trouve  le batiment de l Ambassade et en référence  à la "Gaza strip"sous embargo israelie , depuis 2 ans. Un blocus qui empeche une population d'un million trois cent mille personnes de se déplacer , d'étudier et de se soigner comme elle le souhaiterait. Un blocus qui l'affame chaque jour davantage !
 
Le ministère égyptien de l'intéerieur a tout fait pour empêcher la venue devant l' Ambassade de France , des six bus qui devaient nous conduire à Rafah, point de passage pour la bande de Gaza . Le ministère a jugé illegale cette initiative pacifique sur son territoire.
 
Chaque jour , nous manifestons pour réclamer la venue des six bus retenus et payés depuis un mois (4500 dollars us).Nous faisons pression sur l Ambassadeur de France (M.Jean FELIX-PAGANON = question@ambafrance-eg.org  , 'otage' de la déecision égyptienne. Nous campons à même le sol. Les jeunes recrues casques du ministère de l'interieur qui nous font face, nuit et jour, ont entre 18 et 23 ans.C'est leur première expérience de terrain  et parmi eux,  tremblaient le premier soir.Entre eux et nous venu-esde France , le courant est passé dès le premier soir. Ils manifestent leur soutien de plusieurs facons = des gestes de la main, des sourires et des rires lorsque nous scandons, tous ensemble, au mégaphone, haut et fort : "pas de bus" = <Y en a marre!> ; "Gaza bouclée" = <Y en a marre!> ;"pas de toilettes"= <Y en a marre!> ; "l ambassadeur" = <Y en a marre!> ; "les sans-papiers" = <Y en a marre!> ; "Kouchner"= <Y en a marre!> ; "et Sarkozy" = <Y en a marre!> (sic , sic )
Tout cela se passe  sous les fenêtres de l,Ambassade et sur une bande large de 3 mètres sur 300 mètres. Une Ambassade plus que jamais du côté de la Palestine occupee = les ressortissants-es français l'ont décoré des couleurs de la Palestine et de la Paix. Chaque jour, nous trouvons les forces pour manifester notre solidarité avec les Palestiniens = drapeaux déployés, confection de larges banderoles, chants, sifflets et échanges avec les automobilistes et les passant-es qui ont vite compris de quoi il s'agissait. Les Egyptien-nes profitent de notre visible présence  pour exprimer leur soutien à leurs voisin-es palestinien-nes et dire ce qu'elles-ils endurent au quotidien = les lois d'un régime militaire et dictactorial (l'etat égyptien a décréte l'état d'urgence depuis 1981 et la mort de Sadate).
 
Autrement dit , ce qui se passe ici est du rarement vu. L'état égyptien est déstabilisé et notre détermination le 'desarme'. Hosni Moubarak s est senti oblige de dénoncer l embargo qui pèse sur Gaza et au quotidien , la presse égyptienne relaie nos actions (meetings , actions a la pyramide de Gizeh et au musée national égyptien , présence de 1400 internationaux dans les hôtels et les rues de la capitale).
 
J + 5 , la fatigue est toujours  là  mais,quand on sort d'une nouvelle manifestation ( voir l' information ci-jointe ) , on retrouve de l'énergie .Et on continue à se dire que d'avoir fait parler internationalement d'un injuste et ignoble blocus imposé par un état sioniste et raciste - celui d'Israel-à toute une population =  on n'en attendait pas moins d'un tel deplacement.
 
Hier,  en fin de journee , j,ai voulu quitter les beaux quartiers de l,Ambassade pour aller voir le vieux-Caire. Je suis tombé , nez à nez , entre d un côté,une file impatiente de touristes internationaux venus pour assister a un spectacle de danse de derwishs tourneurs et de l'autre , une pauvrete qui s'affichait à  chaque coin de rue. D'un tel constrate vu , on ne sort pas insensible , froid-indifférent ou résigné.On se dit que décidément ce monde-là , il faut le changer / il faut le changer !
 
Free Mumia
Free Palestinia
ON A MOVE
 
un particulier salut de fraternité à ces internationaux que sont = Barbara de Berkeley (USA) , Isabelle de France (Paris 11em) , Enrico d,Italie ,Karina et Michelle de Caroline-du-sud , Delphine et Zahia de Paris 20em , Josie (USA) ,Djamila de Nanterre-ville (Ah ! Djamila son sourire ! ) , AbdelRahman H. etudiantcairote , Olivia-Nicolas , Mourad , Nabil , Sarah , Valerie , Alice , .... ....  ..... .....
 
de chaleureuses pensées
(entre 19 et 23 degrés - tout de même - au Caire )
et sourires ,
Mus
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:09
Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

Rassemblement jeudi 31 décembre 2009 à 12H30 -
Ministère des affaires étrangères - Quai d'Orsay - M° Invalides

Les nouvelles sont très mauvaises pour les marcheurs. Bien qu'il y ait eu un bus de 82 Américains qui a pu rentrer à Gaza pour des raisons humanitaires, les Egyptiens ne veulent pas faire plus, et nous devons continuer à mobiliser pour que l'on puisse obtenir une proposition plus intéressante.

Dans ce sens nous organisons une délégation pour le Quai d'Orsay demain, pour nous soutenir dans notre démarche, c'est la dernière chance.

Voici l'appel

Rassemblement jeudi 31 décembre 2009 à 12H30 - Ministère des affaires étrangères - Quai d'Orsay - M° Invalides


Un an après l'agression israélienne sur Gaza, en soutien aux manifestations qui se tiendront à Gaza le 31 décembre, en soutien aux 1400 participant-e-s de 43 pays différents à la Marche pour la liberté et en soutien à la délégation du Collectif qui a demandé à être reçue au Ministère, les organisations du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, appellent à un rassemblement devant le Ministère des affaires étrangères ce jeudi 31 décembre 2009 à 12H30 pour exiger des autorités françaises qu'elles interviennent de toute urgence :


- pour le passage à Gaza des Marcheurs et Marcheuses de la liberté

- pour la levée du blocus de Gaza

 

Collectif national pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens.

>>

Merci à celles et ceux qui peuvent de faire l'effort, même si nous savons que l'heure est difficile et le jour se prête plus à la fête qu'à l'action politique.
Merci de transmettre très largement à vos contacts parisiens et de continuer à "pétitionner".


http://www.urgence-gaza.net

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2