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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 22:12

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Sous une apparence pseudo-scientifique, où les réalités - occupation de la Palestine, emprisonnement au-delà du temps de G.I Abdallah - disparaissent derrière les mots, cet article, odieux, paru dans libération, est un acte de plus de ce journal contre des luttes, qu'il dénonce depuis plus de quatre décennies avec les mêmes moyens et le même acharnement.


Il nous a été transmis par un camarade.

 


Mercredi 12 février 2014


LE TERRORISME MYTHIFIÉ


L’un des effets pernicieux du terrorisme consiste à distordre l’espace et le temps. Des organisations terroristes comme les Brigades rouges et Action directe justifiaient leurs assassinats par la continuité d’une lutte collective à travers l’Histoire (partisans italiens d’un côté, républicains espagnols de l’autre). Enfin, la Fraction Armée rouge (RAF) entendait « en finir avec la génération qui avait créé Auschwitz ». Cette volonté de dévoyer la mémoire collective est sous-estimée par les spécialistes.


Lorsqu’en décembre 2013, le maire de Bagnolet, Marc Everbecq, décide d’accorder la citoyenneté d’honneur au terroriste Georges Ibrahim Abdallah (1) et refuse de recevoir une délégation de l’Association française des Victimes du Terrorisme, il n’exprime pas autre chose que son adhésion au discours mythique du terrorisme et, dès lors, au terrorisme lui-même. Ce discours s’articule selon une narration imaginaire qui transcende la réalité et exalte les aptitudes guerrières. Il ne peut souffrir de la moindre contradiction : les terroristes et les victimes sont ainsi mis en scène dans un théâtre de l’illusion car l’auteur d’un attentat ne s’y proclame pas « terroriste », tout comme il ne reconnaît pas le statut de « victime » à ceux qu’il frappe. Parce que le terroriste se définit comme étant lui-même une victime. Cet acte usurpateur est d’une violence inouïe. Or, Abdallah est bien un nouvel avatar de ce discours mythique qui l’érige au rang d’un « Colonel Fabien qui a combattu les nazis, un pistolet à la main », d’un « résistant communiste », d’un « héros arabe », d’un « militant anti-impérialiste ». Il nous paraît irresponsable de favoriser chez une partie de la jeunesse française des modes d’identification qui relèvent du pur fantasme. Ni la guerre civile au Liban, ni le conflit israélo-palestinien ne peuvent être instrumentalisés et être brandis comme des exutoires. Les tueries de Toulouse et Montauban en ont donné une illustration cruelle. Les réseaux sociaux et la multiplication des supports de diffusion aggravent ce constat : toute nuance, tout paradoxe, toute analyse approfondie, toute hiérarchisation se trouvent écrasés par la dialectique de l’amalgame. L’école peine à forger les outils qui permettent à des enfants et des adolescents de se projeter dans un modèle de citoyenneté. Le schéma paranoïaque du bouc émissaire se substitue à la représentation de la réalité chez de nombreuses personnes, furieuses de ne pas se percevoir comme appartenant à une communauté de citoyens. Les conséquences sont douloureuses : certaines familles voient leurs enfants quitter la France pour s’immiscer dans la barbarie de la guerre civile en Syrie. Ces enfants sont en recherche de sens et succombent, eux aussi, aux sirènes du discours mythique. La falsification de l’Histoire et la fabrication de héros imaginaires aux mains souillées comme Georges Ibrahim Abdallah relèvent bien du discours mythique du terrorisme et ne peuvent que favoriser la radicalisation. Ce n’est pas seulement offensant pour les victimes du terrorisme. C’est contribuer à la fabrication d’une bombe à retardement pour la société civile.

 

Par Pierre Conesa, Guillaume Denoix de Saint Marc, Michel Wieviorka

 

(1) Décision suspendue le 31 janvier 2014 par le tribunal administratif de Montreuil.


TRIBUNE PUBLIÉE DANS LA PREMIÈRE ÉDITION DE LIBÉRATION (page 21, « Rebonds »)


Télécharger le fichier pdf de l’article ici.

 

Pierre CONESA, Maître de conférences à Science Po
Guillaume DENOIX de SAINT MARC, Directeur général de l’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT.org)
Michel WIEVIORKA, l’Administrateur de la Fondation Maison des sciences de l’homme

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 18:01

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David CRONIN
L’Union Européenne a-t-elle fini par avouer qu’elle paie la facture pour l’occupation de la Palestine ?

C’est ce qu’a peut-être fait un de ses émissaires, de façon détournée. Lars Faaborg-Andersen, ambassadeur de l’UE à Tel Aviv, a mis en garde récemment sur les conséquences de la décision de l’Union de couper son assistance à l’Autorité Palestinienne dans le cas où les pourparlers de « paix » actuels se révélaient stériles.

« Je pense qu’en Israël on se rend compte que cet argent est crucial pour la stabilité de la Cisjordanie et à Gaza » a dit le Danois. « Si nous ne fournissons pas cet argent, je pense qu’il est fort probable qu’Israël devra fournir bien davantage ».

Le choix des mots de Faaborg-Andersen est instructif. Il semble croire que l’Union Européenne fait une faveur à Israël en procurant « de la stabilité » dans les Territoires occupés en 1967.

Pour autant que je sache il n’a pas développé ses commentaires. S’il l’avait fait, il aurait pu expliquer que le droit international oblige une puissance occupante à répondre aux besoins élémentaires d’un peuple sous occupation. En allongeant chaque année environ 460 millions d’euros à la Palestine, l’UE décharge Israël de ses responsabilités légales.

Interprétation

L’interprétation constamment donnée de cette aide est qu’elle améliore les conditions de vie des Palestiniens. Les déclarations et « fiches d’information » produites en quantités industrielles par les bureaucrates bruxellois n’expliquent pas qu’une partie finance directement l’infrastructure de l’occupation.

En 2012 par exemple, l’Union s’est targuée d’avoir donné 12 millions d’euros pour améliorer des équipement comme les machines à rayons-X et la technologie informatique utilisées à Karem Abou Salem, le passage réservé aux marchandises entre Gaza et Israël aujourd’hui.

Il y avait un gros oubli par omission dans l’annonce de ce « généreux » don. Karem Abou Salem - en hébreu Kerem Shalom – est contrôlé par Israël, qui a imposé des restrictions draconiennes sur le flux de marchandises entrant dans la bande de Gaza. En tendant la main à Israël, l’Union Européenne approuvait le siège illégal de Gaza. Ce n’était pas la première fois que l’UE facilitait pareille illégalité.

Ne nous dupez pas

Si vous lisez le français je vous recommande de lire d’urgence « Palestine, la trahison européenne ». Ecrit par Véronique De Keyser, membre du Parlement européen et par feu le défenseur des droits de l’homme Stéphane Hessel, ce livre prouve comment l’aide ostensiblement assignée aux Palestiniens profite en réalité à Israël.

Après que le Hamas eut remporté une élection démocratique en 2006, l’UE refusa de faire passer l’aide via une administration dirigée par ce parti. En mars 2006, Benita Ferrero-Waldner, alors commissaire de l’UE aux affaires étrangères, décida que 40 millions d’euros seraient payés directement à Israël afin que les entreprises israéliennes puissent fournir le carburant à Gaza.

Je n’ai jamais dit que l’UE devrait cesser de donner de l’argent à la Palestine. Cela priverait bien trop de gens d’éducation, de soins médicaux et d’énergie. Mais ce que j’ai exigé, c’est de l’honnêteté et de la responsabilité.
Les contribuables européens ne devraient pas être trompés par l’idée que notre argent a toujours été dépensé sur un mode aimable. Nous devrions nous entendre dire carrément que c’est aider une occupation. Si Israël refuse d’accepter ses responsabilités légales, alors il incombe à l’UE d’envoyer ses factures d’aide à Israël et d’insister pour obtenir le remboursement. Et si Israël détruit des projets financés par l’UE – comme il l’a fait à de nombreuses occasions – l’UE doit traîner Israël devant les tribunaux. C’est la honte des représentants de l’Union Européenne d’avoir toujours été trop lâches pour poursuivre Israël.

Sinistre

Les données récentes d’un rapport officiel de l’UE sur le commerce des armes révèle quelque chose d’encore plus sinistre. Il indique que la valeur des licences d’exportation d’armes émises par les gouvernements européens ont augmenté de 290 % entre 2011 et 2012 : de 157 millions d’euros à 630 millions d’euros.

Ces chiffres ne donnent probablement pas un tableau complet de la coopération qu’ils impliquent. La Grande-Bretagne (membre de longue date de l’UE) a publié l’an dernier des chiffres indiquant que la vente d’équipements militaires à Israël se mesure en milliards plutôt qu’en millions. Néanmoins ils indiquent que l’UE ignore allègrement ses propres lois sur le commerce des armes. Le droit interdit les exportations d’armes si celles-ci sont susceptibles d’être utilisées pour la répression ou pour exacerber des tensions régionales.

Bien sûr, c’est un motif connu : Israël est traité comme s’il était au-dessus des lois.

David Cronin

David Cronin est le correspondant de l’agence de presse Inter Press Service. Né à Dublin en 1971, il a écrit pour diverses publications irlandaises avant de commencer à travailler à Bruxelles en 1995. Son dernier livre, " Corporate Europe : How Big Business Sets Policies on Food, Climate and War " est publié en août chez Pluto Press www.plutobooks.com.

Traduction : Info-Palestine.eu - AMM

»» http://www.info-palestine.net/spip.php++cs_INTERRO++article14390
URL de cet article 24351

http://www.legrandsoir.info/comment-l-europe-finance-l-occupation-de-la-palestine.html
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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:15

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A lire sur le site du bds

 

Angela Davis parle avec précision et infiniment de sensibilité et de compréhension politique de Mandela, elle analyse cet autre apartheid, celui imposé en Palestine, elle dénonce ici une entreprise israélienne de "sécurité" G4S.

 

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  "C’est dans ce contexte que je voulais me joindre à vous, une fois encore, pour intensifier les campagnes contre un autre régime d’apartheid, et en solidarité avec les luttes du peuple palestinien."

 

Angela Davis :


Tout d’abord, merci pour ce merveilleux accueil (à Londres). Et merci à Brenna pour son excellente introduction. Je vois que je suis le professeur ce soir. Et merci à vous, Rafeef, et à vous, Frank.


Et merci à toutes celles et ceux qui sont venus ce soir. C’est une rencontre importante, en un sens, un début important. Je suis heureuse de voir que tant de personnes déjà impliquées dans la campagne contre G4S sont présentes aussi ce soir. Vous nous motivez pour continuer notre action.


Il m’a été demandé, pour la première fois, de participer à cette rencontre en soulignant l’importance du boycott de la société transnationale de sécurité G4S. Je ne pouvais pas savoir que cette réunion allait coïncider avec le décès et la commémoration de Nelson Mandela. Et alors que je songe à l’héritage des luttes que nous associons à Mandela, je ne peux pas ne pas rappeler ces luttes qui ont contribué à forger la victoire de sa liberté, et donc l’arène sur laquelle l’apartheid sud-africain a été démantelé.


Et ainsi, je me souviens de Ruth First et de Joe Slovo, et je me souviens de Walter et d’Albertina Sisulu, et de Govan Mbeki, et d’Oliver Thambo et Chris Hani, et encore de beaucoup d’autres qui nous ont quittés. En accord avec l’insistance de Mandela à toujours se placer dans un contexte de lutte collective, il convient, je pense, d’évoquer les noms de ces autres qui ont joué un rôle important dans la destruction de l’apartheid.


Bien qu’il soit émouvant d’assister à cette effusion unanime et continue d’éloges pour Nelson Mandela, je pense que nous devons aussi nous interroger sur le sens de cette sanctification.


Je sais que lui-même aurait insisté pour ne pas être élevé à cette sorte de sainteté laïque, en tant qu’individu unique, et qu’il aurait toujours demandé un espace pour ses camarades de lutte et qu’ainsi, il aurait sérieusement contesté ce processus de sanctification. C’est vrai qu’il était extraordinaire, mais en tant qu’individu, il était surtout remarquable parce qu’il s’insurgeait contre l’individualisme, lequel l’aurait mis en avant au détriment de toutes celles et ceux qui étaient toujours à ses côtés.


Et je pense que sa profonde individualité résidait précisément dans son refus critique d’adopter l’individualisme qui une composante idéologique si centrale du néolibéralisme. Et, par conséquent, je voudrais profiter de l’occasion pour remercier les innombrables personnes, ici au Royaume-Uni, et notamment les nombreux membres alors en exil de l’ANC et du Parti communiste d’Afrique du Sud, qui ont construit un mouvement anti-apartheid vraiment puissant et exemplaire dans ce pays.


Étant venue ici à de nombreuses occasions durant les années soixante-dix et quatre-vingt pour participer à toute une série d’évènements anti-apartheid, je remercie les femmes et les hommes qui étaient inébranlables dans leur engagement pour la liberté, comme l’a été Nelson Mandela. Et je veux dire que cette participation dans ces mouvements de solidarité ici au Royaume-Uni a été au cœur de ma propre formation politique, peut-être plus même que les mouvements qui m’ont sauvé la vie.


Et alors que je pleure la disparition de Nelson Mandela, j’exprime ma profonde gratitude à toutes celles et ceux qui ont maintenu vivante la lutte anti-apartheid pendant tant de décennies, toutes ces décennies qu’il a fallu pour débarrasser le monde de l’apartheid. Et je voudrais évoquer l’esprit de la Constitution sud-africaine et son opposition au racisme et à l’antisémitisme, de même qu’au sexisme et à l’homophobie.


C’est dans ce contexte que je voulais me joindre à vous, une fois encore, pour intensifier les campagnes contre un autre régime d’apartheid, et en solidarité avec les luttes du peuple palestinien. Comme l’a dit Nelson Mandela, nous savons trop bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens.


L‘évolution politique de Mandela s’est faite dans le contexte d’un internationalisme qui nous a toujours exhorté à relier les luttes pour la liberté, le combat des Noirs dans le sud des États-Unis et les mouvements de libération africains, ceux par exemple conduits par l’ANC évidemment en Afrique du Sud, mais aussi par le MPLA en Angola, la Swapo en Namibie et le Frelimo en Mozambique et le PAIGC en Guinée-Bissau et au Cap-Vert. Et ces solidarités n’ont pas existé seulement parmi des populations d’origine africaine, mais aussi dans des luttes en Asie et en Amérique latine, continuant la solidarité avec la révolution cubaine. Et bien sûr, la solidarité avec le peuple qui luttait encore contre l’agression militaire états-unienne au Vietnam.


Et ainsi, presque un demi-siècle plus tard, nous avons hérité de ce que nous ont transmis ces solidarités, et même si certaines luttes spécifiques ont pu plus ou moins bien se terminer, ce sont ces solidarités qui ont généré espoir et inspiration. Et qui ont contribué à créer les conditions réelles pour avancer.


Donc, maintenant, il nous revient à nous d’agir pour aider nos sœurs et nos frères en Palestine, alors qu’ils se battent contre l’apartheid israélien. Leurs luttes ont de nombreuses similitudes avec celles menées contre l’apartheid sud-africain. L’une des plus saillantes étant la condamnation idéologique de leurs efforts pour leur liberté sous la désignation de terrorisme. Et je comprends qu’une preuve existe sur la collaboration historique entre la CIA – eh oui, nous savions que la CIA collaborait avec le régime d’apartheid sud-africain –, et il apparait que c’est un agent de la CIA qui a donné aux autorités sud-africaines l’endroit où se trouvait Nelson Mandela en 1962, et qui a conduit directement à sa capture et à son emprisonnement.


Et il a fallu attendre l’année 2008 – ça fait cinq ans, d’accord ? – pour que son nom soit retiré de « liste des terroristes à surveiller ». Quand George W. Bush – peut-être vous rappelez-vous de lui – a signé un projet de loi qui enfin l’en retirait ainsi que d’autres membres de l’ANC… autrement dit, quand Mandela s’est rendu aux États-Unis à plusieurs reprises après sa libération en 1990, il était encore sur la liste des terroristes, il devait y être, mais l’obligation lui interdisant d’entrer aux États-Unis avait dû être expressément écartée.


Le point que je soulève c’est que pendant très longtemps, lui et ses camarades ont partagé le même statut que de nombreux Palestiniens aujourd’hui. Et de la même manière que les États-Unis ont collaboré explicitement avec le gouvernement de l’apartheid sud-africain, ils soutiennent, et continuent de soutenir aujourd’hui l’occupation israélienne de la Palestine sous la forme d’une aide militaire, quotidienne, de 8,5 millions de dollars. L’occupation ne serait pas possible sans la collaboration du gouvernement états-unien. Et c’est l’un des messages que nous devons transmettre à Barack Obama.


C’est un honneur de participer à cette rencontre, spécialement en tant que membre du Comité international des Prisonniers politiques qui vient d’être créé au Cap, et également membre du jury du Tribunal Russel sur la Palestine.


Et bien sûr, j’aimerais remercier l’organisation War on Want (Lutte contre la pauvreté) pour son parrainage de cette réunion. Et SOAS (Écoles des études orientales et africaines), et particulièrement l’élément progressiste qui nous a permis d’être ici ce soir.


Le rassemblement de ce soir se concentre spécifiquement sur l’importance qu’il y a à étendre le mouvement BDS – mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions – qui a été ouvré en droit fil de la puissante dynamique du mouvement anti-apartheid concernant l’Afrique du Sud.


Même s’il existe de nombreuses sociétés transnationales à avoir été identifiées comme cibles du boycott – Veolia par exemple, et je sais que vous connaissez très bien Veolia ici -, il y a aussi Sodastream, et Ahava, et Caterpillar, et Boeing et Hewlett-Packard, et je pourrais continuer encore et encore, mais je vais m’arrêter là, mais je dirai aussi que G4S est particulièrement importante parce qu’elle pariticipe de façon flagrante, directement, ouvertement, au maintien et à la reproduction des appareils répressifs en Palestine. Nous parlons là des prisons et des checkpoints, et du mur de l’apartheid.


G4S représente l’insistance grandissante sur ce que l’on appelle la « sécurité » dans un État libéral. Et bien sûr, Ginja a exposé une critique de cette notion de sécurité en suggérant que des alternatives féministes pourraient être utiles alors que nous essayons de re-conceptualiser le sens de la sécurité. Les idéologies de la sécurité représentées par G4S ne font pas qu’encourager la privatisation de la sécurité, mais aussi la privatisation de l’emprisonnement, de même que la privatisation du bien-être, la privatisation de la santé et la privatisation de l’éducation.


G4S est responsable du traitement répressif des prisonniers politiques à l’intérieur d’Israël, nous le savons par l’organisation Addameer, dirigée par Sahar Francis, laquelle est absolument étonnante, et certains d’entre vous ont pu avoir l’occasion de l’entendre. Mais elle se déplace à travers tout le pays et elle et son organisation Addameer nous fournissent les informations sur ce qu’il se passe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons.

 

Nous avons appris l’univers terrifiant de la torture et de l’emprisonnement auxquels sont confrontés de nombreux Palestiniens, mais nous avons appris aussi leur esprit de résistance, nous avons appris leurs grèves de la faim et les autres formes de résistance qui continuent d’être pratiquées derrière les murs.


Je pense que Rafeef a souligné que G4S est la troisième société privée par ordre d’importance dans le monde. Laquelle est la première ? Quelle est la société privée la plus grande du monde ? C’est Wal-Mart. Et le numéro deux, c’est Foxconn, qui fabrique des appareils comme les iPad, et cetera, et cetera. Alors je suis allée sur le site de G4S. C’est vraiment intéressant de voir comment ils se présentent. Et ils mettent en évidence tout ce qu’ils protègent. Et parmi tout ce qui fait l’objet de leur protection, vous trouvez les stars du rock et les stars du sport, et des personnes et des biens. Je lis directement sur leur site : « s’assurer que les voyageurs vivent une expérience sûre et agréable dans les ports et aéroports à travers le monde… pour assurer la détention et l’accompagnement des personnes qui ne sont pas légalement autorisées à rester dans un pays. »


Ils vous disent exactement ce qu’ils font. Et encore une fois je cite : « De bien plus de façons que vous pouvez le penser… G4S sécurise votre monde ». Et nous pourrions ajouter : de bien plus de façons que nous pourrions le penser, G4S s’est incrusté dans nos vies sous couvert de la sécurité et de l’état de la sécurité, de ces moyens que les Palestiniens expérimentent avec l’incarcération politique et la torture jusqu’aux technologies racistes de la séparation et de l’apartheid, du mur en Israël aux écoles-prisons et au mur qui longe la frontière USA-Mexique.


G4S-Israël a apporté des technologies sophistiquées pour le contrôle de la prison de Hasharon qui compte des enfants parmi ses détenus, et de la prison de Dimona où sont incarcérées des femmes, mais examinons un instant dans quelle mesure G4S est également impliquée dans ce que nous pouvons appeler le plus grand complexe carcéral industriel. Et je ne parle pas de son implication dans les prisons – elle gère, possède et exploite ses propres prisons privées à travers le monde, et si j’ai encore du temps par la suite, je vous vous en parlerai, mais dans l’immédiat, je vais vous parler des écoles.


Aux États-Unis, les écoles, particulièrement dans les communautés pauvres, dans les communautés pauvres de couleur, sont si minutieusement empêtrées dans ce complexe carcéral industriel que quelquefois nous avons du mal à faire la distinction entre écoles et prisons. Les écoles ressemblent à des prisons, et elles utilisent les mêmes technologies de détection, et elles utilisent souvent les mêmes responsables en charge de la répression. Nous avons des écoles élémentaires aux États-Unis dont les salles sont effectivement sous la surveillance d’agents armés.


D’ailleurs, une récente tendance a conduit à armer des enseignants. Spécialement dans les districts scolaires qui ne peuvent se payer G4S. Donc, s’ils ne peuvent se permettre une sécurité privée, alors ils apprennent à tirer à leurs enseignants, et ils leur donnent des armes à feu. Je ne plaisante pas.


Si vous allez sur un site appelé « Grandes écoles », et que vous recherchez une école en Floride qui s’appelle l’Académie centrale de filles de Pasco à Land-o-Lakes, vous apprendrez seulement que c’est une petite école publique alternative. Mais si vous allez sur la page « Installations » du site de G4S, vous découvrirez cette entrée : l’Académie centrale de filles de Pasco accueille des jeunes filles à risque modéré, de 13 à 18 ans, et dont on estime qu’elles ont besoin de services de soins intensifs de santé mentale. Et ils vont jusqu’à écrire sur la façon dont ils utilisent les « services adaptés aux femmes ». Et ils abordent les violences sexuelles et la toxicomanie, et cetera.


Maintenant, la portée du complexe carcéral industriel va bien au-delà de la prison elle-même. Et dans ce contexte, nous pourrions aussi penser à d’autres moyens par lesquels une firme comme G4s se rend complice des autres aspects du système d’apartheid d’Israël. Et le fait qu’elle fournit l’équipement et les services sur les checkpoints. Et qu’elle fournit les services concernant le tracé du mur illégal, et ainsi de suite. Et il est intéressant de voir G4S le long du mur en Israël, mais aussi de voir G4S assurer le transport d’expulsés – et je vais parler du Royaume-Uni dans un instant –, mais je vais évoquer maintenant les services de transport utilisés pour conduire les immigrants sans-papiers des USA vers le Mexique, dans une connivence entre la loi répressive sur l’immigration et les pratiques à l’intérieur des États-Unis.


Mais bien sûr, c’est ici, au Royaume-Uni, que l’un des actes répressifs les plus flagrants a eu lieu au cours d’un transport de sans-papiers. La dernière fois que je me trouvais à Londres, ce qui était en fait il n’y a pas si longtemps, c’était en octobre, j’ai eu l’occasion de rencontrer Deborah Coles, qui est directrice de Inquest (L’Enquête) qui m’a parlé du cas de Jimmy Mubenga, l’enquête ayant eu lieu l’été dernier. Et elle a expliqué comment il était mort, et cette technique qui avait été utilisée par les employés de G4S pour empêcher ses cris d’être entendus dans l’avion alors qu’il était expulsé sur un avion de British Airways. Et apparemment, il était menotté, les mains derrière le dos, il avait sa ceinture de sécurité, et il a été poussé par les gens de G4S contre le siège devant lui, lui faisant ce qu’ils appellent un « tapis de karaoké », c’est-à-dire qu’il ne pouvait crier que dans la housse du siège devant lui.


C’est incroyable, n’est-ce pas, qu’ils aient une formule pour cela – apparemment ce n’est pas censé être légal, mais ils l’utilisent de toute façon – et il a été maintenu ainsi pendant quelque chose comme 40 minutes, et personne n’est intervenu. Et bien sûr, avant qu’on ait tenté de lui apporter les premiers secours, il était mort.

Et je pense que ce traitement flagrant des immigrés sans-papiers venant des États-Unis vers le Royaume-Uni nous oblige à faire un lien avec les Palestiniens qui se retrouvent transformés en immigrants, immigrants sans-papiers, sur leur propre terre. Sur leur propre terre. Et des sociétés comme G4S fournissent les moyens techniques de mettre en œuvre ce processus.


Et puis bien sûr, G4S est impliquée dans le fonctionnement des prisons partout dans le monde, notamment en Afrique du Sud. Et le Congrès des syndicats sud-africains, le COSATU, s’est récemment exprimé contre G4S qui gère un centre correctionnel dans l’État libre. Apparemment, c’était à propos de tirs sur quelque 300 membres du syndicat de la police parce qu’ils partaient en grève. Et permettez-moi de vous lire un court passage de la déclaration du COSATU : « Le modus operandi de G4S est révélateur des deux aspects les plus inquiétants du capitalisme néolibéral et de l’apartheid israélien : l’idéologie de la ‘sécurité’ et la privatisation croissante de ce qui était traditionnellement des secteurs gérés par l’État. La sécurité dans ce contexte ne signifie pas la sécurité pour tout le monde. Mais plutôt, quand on regarde les gros clients de la sécurité de G4S, les banques, les gouvernements, les grosses entreprises, et cetera, il devient évident que quand G4S dit qu’elle ‘sécurise votre monde’, comme l’affirme le slogan de la société, elle parle du monde de l’exploitation, de la répression, de l’occupation et du racisme. »


Quand je suis allée en Palestine, il y a deux ans, et Gina a souligné que c’était avec une délégation d’autochtones et de femmes militants universitaires de couleur, c’était en fait le premier voyage, la première visite en Palestine pour nous tous. Et la plupart d’entre nous étaient impliqués depuis des années dans l’action de solidarité avec la Palestine. Mais nous avons tous été totalement choqués par la nature flagrante de la répression, associée au colonialisme de peuplement. L’armée israélienne n’a fait aucune tentative pour dissimuler ou même atténuer le caractère de la violence qu’elle était amenée à infliger à la population palestinienne.


Des hommes et des femmes militaires, portant des armes, étaient partout. Et certains semblaient avoir seulement 13 ans. Je sais, quand on prend de l’âge, on voit les autres plus jeunes. Mais ceux-ci étaient vraiment des jeunes qui se promenaient avec d’énormes fusils. C’était, je l’ai vécu ainsi, comme un cauchemar. Comment cela peut-il être possible ? Le mur, le béton et les barbelés partout nous renvoyaient l’impression que nous étions en prison. Nous étions déjà en prison. Et bien sûr, s’agissant des Palestiniens, un faux pas et le Palestinien pouvait être arrêté et jeté en prison. D’une prison à ciel ouvert à une prison fermée.

G4S, me semble-t-il, représente ces trajectoires carcérales qui sont si manifestes en Palestine, mais cela caractérise de plus en plus des politiques, motivées par le profit, des sociétés multinationales, associées à la montée d’une incarcération massive aux États-Unis et dans le monde.


Aux États-Unis, il y a environ 2,5 millions de personnes dans les prisons locales et dans celles de l’État, dans les prisons militaires, les prisons du Pays indien (territoires des Amérindiens), et dans les centres de détention pour immigrants – cela signifie qu’à un jour donné, il y a 2,5 millions de personnes en prison, environ. Il s’agit d’un recensement quotidien, aussi il ne prend pas en compte le nombre des personnes qui passent par le système, chaque semaine, chaque mois ou chaque année.


La majorité de ces personnes sont des gens de couleur. Le secteur qui augmente le plus vite est celui des femmes, des femmes de couleur. De nombreux prisonniers sont homosexuels, et transsexuels – d’ailleurs, les transsexuels de couleur sont le groupe de personnes le plus susceptibles d’être arrêtées et mises en prison. Le racisme alimente le maintien, la reproduction et l’expansion du complexe carcéral industriel. Et ainsi, si nous disons, comme nous le faisons, qu’il faut abolir le complexe carcéral industriel, nous devons aussi dire qu’il faut abolir l’apartheid. Et mettre fin à l’occupation de la Palestine.


Quand, aux States, nous avons décrit la ségrégation en Palestine occupée, qui reflète si clairement l’apartheid historique du racisme dans le sud des États-Unis d’Amérique, et spécialement quand nous parlions du peuple noir, la réponse a souvent été : « Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé de cela avant ? Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé des panneaux en Palestine occupée ? Et des autoroutes séparées ? Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé avant ? »


Et si, tout comme nous disons « plus jamais » à propos du fascisme qui a produit l’Holocauste, nous disions aussi « plus jamais » quand il s’agit de l’apartheid, dans les sud des États-Unis. Mais cela signifie, d’abord et avant tout, que nous avons à élargir et approfondir nos solidarités avec le peuple de Palestine. Avec les personnes des deux sexes de toute sexualité. Avec les personnes à l’intérieur et à l’extérieur des murs de prison. À l’intérieur et à l’extérieur du mur d’apartheid.

 

Boycottez G4S, soutenez le BDS, et enfin, la Palestine sera libre. Merci.


17 Janvier 2014 - The Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/blogs...

traduction : JPP pour CCIPP

 

 



Rappelons aussi qu'Angela Davis avait exprimé sa solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah
lors de sa venue à Bordeaux il y a quelques mois
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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 09:57

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Samedi 18 janvier à 16h à L’Insoumise 10 rue d’Arras Lille
Métro porte de Douai/porte d'Arras
 
Présentation critique du « complexe militaro-informatique »
 
C'est la course. Quelques mois avant « l'affaire Snowden », le Pentagone prévoit une multiplication par cinq de ses effectifs voués à la cybersécurité. Le soufflet des révélations sur la NSA n'a pas le temps de retomber que le gouvernement français nous fait ce doigt d'honneur : la Loi de programmation militaire votée en décembre 2013 augmente les capacités humaines et technologiques de surveillance. Cette escalade est mondiale, alimentée par des États et des industriels se soutenantmutuellement.
 
Au cœur de ce dispositif technologique, on trouve le renseignement. À des fins de contrôle publicitaire et policier des populations ; mais surtout au profit d'une guerre des connaissances scientifiques et techniques : vol de secrets industriels d'un côté, défense face aux intrusions de l'autre.
 
Ensuite vient la protection des « intérêts vitaux de la nation » – centrales nucléaires et usines Seveso, aéroports, usines d'armement, raffineries et plates-formes pétrolières – de plus en plus adossés à des
infrastructures numériques, et donc soumises aux attaques informatiques.
 
Enfin, les technologies numériques et électroniques modifient l'art de la guerre de la même façon  qu'elles modifient la société entière – la Défense française étant le plus gros investisseur public. À la « numérisation de l'espace de bataille », la guerre « intelligente » et les combattants « augmentés » répondent, dans le « civil », la « numérisation de l'espace de travail », la ville « intelligente », les piétons « augmentés ». Cette guerre économique et militaire, au centre de laquelle se trouve le progrès technologique, se mène entre États, et donc contre nous.
 
Contrairement aux militants d'un encadrement juridique des technologies de l'information, nous souhaitons la disparition de cette filière« militaro-informatique ». Autant pour ce qu'elle est que pour ce qu'elle défend.
 
***
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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 18:44

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Vingtième anniversaire de la rébellion du Chiapa. « Le goût de la liberté des zapatistes »
entretien avec Jérôme Baschet
sur http://lavoiedujaguar.net/Vingtieme-anniversaire-de-lamercredi 1er janvier 2014, par Bernard Duterme, Jérôme Baschet

 

Historien médiéviste, Jérôme Baschet vit entre Paris et San Cristóbal de Las Casas depuis plus de quinze ans. Il a consacré au mouvement zapatiste de multiples travaux, dont La Rébellion zapatiste. Insurrection indienne et résistance planétaire (Flammarion, 2005). En 2013, il a préfacé Éthique et politique et Eux et nous (Éditions de l’Escargot), ouvrages rassemblant les textes récents des sous-commandants Marcos et Moisés.


En janvier 2014 sera publié son nouveau livre, largement fondé sur l’inspiration zapatiste, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien-vivre et multiplicité des mondes (La Découverte).


En ce vingtième anniversaire du soulèvement indigène du 1er janvier 1994, la dynamique zapatiste est-elle toujours à ce point porteuse de sens et d’espoir pour les résistances altermondialistes et les luttes d’émancipation dans le monde ?


Au cours des années récentes, principalement de 2007 à 2011, il était courant d’entendre dire que le mouvement zapatiste s’était épuisé. Au Mexique, les médias et certains intellectuels plutôt hostiles entretenaient les rumeurs sur la débandade au sein de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) ou sur la mort du sous-commandant Marcos. Pour tous ceux-là, et à dire vrai pour tout le monde, la mobilisation massive du 21 décembre 2012, le « jour de la fin du monde », a été une surprise totale : plus de 40 000 zapatistes ont occupé, dans un silence impressionnant et de manière aussi ordonnée que pacifique, cinq villes du Chiapas (presque les mêmes que le 1er janvier 1994). Cela a constitué un démenti cinglant à toutes les rumeurs, démontrant que la relative discrétion des années précédentes ne signifiait pas un déclin, mais la préparation silencieuse d’une nouvelle étape de la lutte. Depuis, la « petite école zapatiste » a constitué une impressionnante démonstration de force et d’inventivité politique. Parmi les autres initiatives annoncées dans la série de communiqués intitulée « Eux et nous », il y a l’appel à constituer un réseau planétaire de luttes, appelé « la Sexta » (en référence à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona). Pour cela, les zapatistes soulignent qu’il ne s’agit plus de faire la liste, connue jusqu’à la nausée, des NON de ce que nous refusons, mais d’élaborer collectivement les OUI qui caractérisent les mondes que nous voulons. En matière de construction de ces mondes alternatifs, il me semble que les zapatistes ont développé une expérience qui, sans nullement constituer un modèle, est l’une des plus importantes que l’on puisse observer aujourd’hui. Il serait très dommage, pour tous ceux qui ne désespèrent pas d’un véritable projet d’émancipation, de ne pas tourner le regard vers cette expérience, pour apprendre d’elle ce qui peut l’être, y chercher une possible source d’inspiration et, à tout le moins, un regain d’énergie et d’espérance.


En 2013, les zapatistes ont lancé une nouvelle invitation aux « zapatisants » du monde entier à venir se frotter de près aux réalités de la vie quotidienne des communautés rebelles autonomes, durant ce qu’ils ont appelé la « petite école zapatiste » (dont une première session a eu lieu en août, une deuxième et une troisième autour de ce 1er janvier 2014). Vous y avez participé : quel bilan tirent ces communautés et quel bilan tirez-vous vous-même de la situation d’« autonomie de fait » qu’elles ont construite depuis plus d’une décennie (en réaction au non-respect gouvernemental des accords de San Andrés censés précisément officialiser une certaine forme d’autonomie indigène) ?


La « petite école » du mois d’août, qui a permis à près de 1 500 personnes de partager, une semaine durant, la vie de familles zapatistes, a été une expérience exceptionnelle et parfois bouleversante, y compris sur le plan émotionnel. Cela a également été, pour les zapatistes eux-mêmes, l’occasion de faire une évaluation collective de l’autonomie, qui a été consignée dans quatre élégants fascicules remis aux participants de la « petite école ». Ce bilan est d’une grande honnêteté ; il fait une large place aux difficultés, aux tâtonnements de ceux qui, au moment de se constituer en autorités, savaient n’être pas préparés pour cela et ont dû « cheminer en questionnant » ; de nombreuses lacunes et des erreurs parfois graves sont également reconnues. Néanmoins, ce qui a été réalisé est remarquable. Prenant appui sur les traditions indiennes tout en les renouvelant profondément, un système d’autogouvernement a été mis en place, au niveau des villages, des communes et des régions. Cinq « conseils de bon gouvernement » fonctionnent, rendent la justice, organisent la prise de décision collective sur la base d’un mécanisme complexe de consultation des assemblées locales, communales et régionales. Un système de santé autonome a été mis en place ; des centaines d’écoles autonomes ont été créées et plus d’un millier d’enseignants ont été formés. Et cela sur la base d’un refus absolu de toute aide gouvernementale. Ce que les zapatistes ont créé peut être considéré comme un autogouvernement de démocratie radicale. Ils démontrent que la politique n’est pas une affaire de spécialistes et que les gens ordinaires (que nous sommes aussi) sont capables de s’emparer des tâches d’organisation de la vie collective. Ils appellent cela l’autonomie, terme qui, pour eux, n’a rien à voir avec une simple décentralisation des pouvoirs de l’État, mais désigne une démarche clairement antisystémique, à la fois construction d’une autre réalité sociale et mise en place d’une forme non étatique de gouvernement, dans laquelle la séparation entre gouvernants et gouvernés tend à se réduire autant que possible. C’est cela le « bilan » du zapatisme, vingt ans après le ¡Ya basta ! de 1994, et ce n’est pas rien.


Quelle est la viabilité sociale d’une telle expérience émancipatrice dans un contexte politique, militaire et économique toujours aussi adverse ?


La situation des communautés rebelles est certes moins dramatique qu’elle ne l’était entre 1997 et 2000 (paramilitarisation orchestrée par le gouvernement fédéral, dizaines de milliers de déplacés, massacre d’Acteal en décembre 1997). Néanmoins, l’hostilité contre-insurrectionnelle reste aujourd’hui manifeste. Elle agit surtout par l’intermédiaire de groupes et organisations que les autorités incitent à harceler les communautés zapatistes, notamment afin de leur soustraire des terres récupérées en 1994 et que celles-ci cultivent depuis lors (elles n’ont pas été légalisées, faute d’un accord de paix mettant fin au conflit). Il y a actuellement plusieurs communautés zapatistes qui ont dû abandonner leurs villages à la suite d’actions de ce genre, menées les armes à la main. Autre exemple, dénoncé l’an dernier : une organisation non zapatiste avait reçu une aide gouvernementale ; l’accord prévoyait que le projet ainsi financé devait utiliser un hangar dont les zapatistes font usage depuis les années 1990 pour y entreposer leur récolte de café.


Si l’EZLN répondait à la violence par la violence, ce serait le prétexte idéal pour une intervention de l’armée fédérale. Poursuivre la construction de l’autonomie suppose donc d’avoir assez de sang-froid pour ne pas « répondre à la provocation ». Cela dépend aussi de la vigilance de la « société civile » mexicaine et internationale, qui est essentielle, car elle rappelle aux autorités fédérales que les zapatistes ne sont pas seuls.


Dans certaines régions et communautés du Chiapas, la population indigène elle-même est hostile à la rébellion zapatiste. Comment ces clivages, parfois violents, évoluent-ils aujourd’hui ?


Hormis ces situations de conflit ouvert, presque toujours induits ou encouragés par les autorités, zapatistes et non-zapatistes sont tout à fait capables de coexister pacifiquement. C’est ce qui se passe dans la plupart des villages du Chiapas. Une grande partie de la population indigène, sans être zapatiste, ne leur est pas hostile et leur témoigne souvent un véritable respect.


Du reste, les cliniques zapatistes sont ouvertes aux non-zapatistes, qui savent qu’ils y seront mieux traités que dans les hôpitaux publics où règnent racisme et inefficacité (nombreux cas récents de femmes indigènes ayant accouché à l’entrée d’hôpitaux publics sans être prises en charge). Il est également fréquent que des non-zapatistes fassent appel à l’un des « conseils de bon gouvernement » pour résoudre une question juridique. Ils bénéficient là d’une justice gratuite, rapide et exercée par des personnes qui connaissent la réalité indienne, ce qui n’est pas le cas des instances constitutionnelles, dont la corruption est profonde. L’un des cinq « conseils de bon gouvernement » s’est récemment inquiété d’avoir trop de cas de non-zapatistes à traiter : il a simplement décidé, sans revenir sur le principe de gratuité, de demander que soient couverts les modestes frais de déplacement (en microbus) des personnes en charge de la justice, lorsque celles-ci devaient se rendre sur les lieux de l’affaire !


Sur le plan national, les zapatistes ont relancé dernièrement la dynamique du Congrès national indigène (CNI), qui fédère les luttes des peuples indiens du Mexique contre l’exploitation de leurs territoires. Au-delà, quelles sont les relations de l’EZLN avec les diverses composantes de la gauche mexicaine ?


Fondé en 1996, le Congrès national indigène rassemble des organisations de la plupart des ethnies du pays (plus de cinquante au total). Sa dernière réunion générale, en août dernier, a été convoquée à l’initiative de l’EZLN et a pris le nom de « chaire Tata Juan Chavez », en l’honneur de l’un des fondateurs du CNI, récemment décédé. Des centaines de délégués des organisations indiennes de tout le pays y ont dressé l’effrayante liste des attaques contre leurs territoires et leurs formes d’organisation communautaire, depuis le détournement illégal de l’eau du fleuve Yaqui dans l’État de Sonora jusqu’à l’implantation massive d’éoliennes détruisant l’écosystème lagunaire dont vivent les pêcheurs de l’isthme de Tehuantepec, sans oublier les récentes attaques contre la police communautaire des régions montagneuses du Guerrero. Le CNI est le lieu de convergence et d’appui mutuel entre ces multiples luttes indiennes.


Les zapatistes ayant dit et répété qu’ils rejetaient totalement la politique d’en haut, celle de l’État et du système des partis, leurs relations avec le Partido de la Revolución Democrática (mais peut-on encore le dire « de gauche » ?) ainsi qu’avec López Obrador, qui tente de fonder un nouveau parti, sont inexistantes. Pour les zapatistes, ce qui importe c’est de tisser des liens avec les organisations dont la lutte ne s’inscrit pas dans une perspective électorale, ainsi qu’ils l’ont fait dans le cadre de l’Autre Campagne.


On se souvient que le jour du soulèvement indigène zapatiste du 1er janvier 1994 fut aussi celui de l’entrée en vigueur des Accords de libre-échange nord-américain – Alena (Mexique, États-Unis, Canada). Vingt ans plus tard, quel bilan les zapatistes dressent-ils de cette ouverture du marché mexicain aux grands voisins du Nord ? Quelle influence a-t-elle eu sur leur propre lutte ?


Pour les zapatistes, il est clair que l’Alena, signé entre des puissances aussi manifestement inégales, fait partie de la « quatrième guerre mondiale » qui, en soumettant peuples et États à la logique néolibérale, tend à les détruire. De manière plus spécifique, l’Alena a fonctionné comme « arme de destruction massive » contre la paysannerie mexicaine. Dans les années 1980, le Mexique était autosuffisant pour sa production de base ; aujourd’hui, il importe la moitié du maïs consommé, pour ne rien dire des autres céréales. L’abandon pur et simple du monde rural faisait explicitement partie du projet du président Salinas de Gortari lorsqu’il a signé l’Alena. Il s’agissait de vider les campagnes et de mettre fin à un mode de vie archaïque dont la logique technocratique se plaît à souligner qu’il n’apporte presque rien au PIB national. Le résultat est catastrophique : migrations, déstructuration des communautés, baisse de la production, imposition de nouvelles formes de consommation, dépendance accrue à l’égard du marché, etc. Aux côtés d’autres organisations qui défendent une agriculture paysanne et promeuvent la souveraineté alimentaire, l’autonomie telle qu’elle se construit en territoire zapatiste se présente comme une alternative au désastre rural mexicain.


Quelles sont, à vos yeux, les perspectives de la dynamique zapatiste (« anticapitaliste, en bas à gauche ») comme critique en actes du modèle dominant et d’un certain rapport au politique ?


Le mouvement zapatiste (notamment « la Sexta ») se définit à la fois par un anticapitalisme conséquent et par un refus de la politique d’en haut, celle qui est centrée sur le pouvoir d’État et le jeu des partis. Ce second point renvoie évidemment à une question sensible, qui provoque malheureusement bien des divisions au sein des gauches mondiales. Pour les zapatistes, cette posture est le résultat d’une histoire jalonnée de trahisons (accords signés par le gouvernement mais jamais respectés, vote des parlementaires de tous les partis contraire au projet de réforme constitutionnel issu des Accords de San Andrés). Elle repose aussi sur le fait que le choix de la conquête du pouvoir d’État conduit, dans un monde dont la globalisation est irréversible, à une soumission, plus ou moins maquillée, aux logiques systémiques et, de plus, à une accentuation de la séparation entre gouvernants et gouvernés. Sur cette base, il n’y a pas d’autre option que de multiplier les espaces permettant d’amorcer la construction de formes d’organisation collective alternatives. Mais, attention, les zapatistes ne prônent pas la stratégie de la désertion et il ne s’agit pas, pour eux, de créer quelques îlots de paix supposément protégés du désastre capitaliste. Ils savent fort bien que, pour construire, il faut une force collective organisée. Et, même si l’autonomie qu’ils ont construite est sans doute l’un des « espaces libérés » les plus amples actuellement existants, ils savent aussi qu’une telle autonomie doit être défendue en permanence contre de multiples agressions et qu’elle demeure nécessairement partielle, vu son environnement systémique. De ce fait, construire et lutter contre doivent être conçus comme deux démarches indissociables. Durant la « petite école », l’un des maestros zapatistes nous a demandé à tous : « Et vous, est-ce que vous vous sentez libres ? » Pour eux, la réponse est claire. Malgré des conditions de précarité extrêmes, ils ont fait le choix de la liberté ; ils décident eux-mêmes de leur propre manière de s’organiser et de se gouverner. C’est sans doute ce goût de la liberté et la dignité qui en découle que l’on perçoit dans la manière d’être si singulière des zapatistes.

Propos recueillis
par Bernard Duterme

Source : CETRI
Centre tricontinental


 La déclaration du 1er janvier 1994


Contes rebelles, récits du sous‐commandant Marcos
vendredi 27 décembre 2013 par  Jean-Paul Le Marec
http://lepcf.fr/Contes-rebelles-Recits-du

Depuis mon voyage au Chiapas en décembre 2011, je m’intéresse à l’expérience zapatiste dont vous n’entendez peu parler dans les médias. Par exemple, le 21 décembre 2012, 40.000 Zapatistes ont occupé en silence 5 villes du Chiapas dans l’indifférence totale des médias français. Vingt ans ont passé depuis leur soulèvement armé du 1er janvier 1994 et les Zapatistes sont toujours là !

 

Le sous-commandant Marcos, figure emblématique de la révolution zapatiste, a écrit de nombreux contes, à la fois poétiques et politiques. Le collectif "Grains de sable" a décidé de traduire ces textes en français et de les éditer sous forme d’un livre-CD avec les voix de John Berger, Carmen Castillo, Manu Chao, Serge Pey, Daniel Pennac... Je vous propose d’acheter dès maintenant ce livre-CD en utilisant le bulletin de souscription en PJ.

Je vous invite également à participer aux nombreux évènements (films, débats, lectures, musique, manifestation...) qui se dérouleront pendant la "Semaine zapatiste" du 11 au 18 janvier pour fêter les 20 ans de la Révolution zapatiste (consulter le programme complet sur le site www.cspcl.ouvaton.org).

Contes rebelles

Récits du sous‐commandant Marcos

Un livre CD pour fêter les 20 ans du soulèvement zapatiste du 1er janvier 1994.


• 12 contes et récits • 20 photographies couleurs des communautés zapatistes • un CD contenant les textes du livre lus par John Berger, Bonga, Carmen Castillo, Manu Chao, D’ de Kabal, Jolie Môme, Denis Lavant, Les Ogres de Barback, Daniel Pennac, Serge Pey, Tamérantong.


Ce livre, coordonné par le collectif « Grains de sable », est une réalisation solidaire dont les bénéfices seront versés aux communautés zapatistes.


Vingt ans après le 1er janvier 1994, les zapatistes sont toujours là. Entre‐temps, ils ont construit une autre réalité sociale et une démocratie radicale d’autogouvernement. Mais l’histoire du zapatisme, c’est aussi la profusion des histoires que le sous‐commandant Marcos ne cesse de raconter : celles du vieil Antonio – porte‐parole d’un imaginaire indien déconcertant –, du scarabée Durito – infime insecte se prenant pour Don Quichotte –, ou encore de ces enfants intrépides qui infligent défaite sur défaite au stratège de l’EZLN. Ces contes nous invitent à écouter la parole de ceux que l’on n’écoute pas. Ils sont portés jusqu’à nous par la personnalité et la voix de 12 lecteurs et lectrices, pour intensifier le plaisir de les savourer, enrichir notre propre imaginaire et interroger nos principes de vie.


MERCI POUR VOTRE SOUTIEN


En souscrivant avant le 31 janvier 2014, vous bénéficiez d’un tarif préférentiel de 12 euros TTC (+ frais d’expédition) au lieu de 19 euros TTC/exemplaire (prix à compter du 1er avril 2014).

Documents joints
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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 17:17

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Message de Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’Université Al Aqsa de Gaza – 24 décembre 2013


Gaza de nouveau bombardée ce soir


Depuis ce matin, l’armée israélienne bombarde la bande de Gaza, plus de 12 raids israéliens jusqu’à ce soir, avec des bombardements intensifs partout du nord au sud de la bande de Gaza.

Une fille de 3 ans a trouvé la mort et 14 autres sont blessés, dont deux en état grave.

Gaza sous blocus subit de nouveau les bombardements israéliens.

Gaza sans électricité ni carburants de nouveau sous les bombes israéliennes. L’armée israélienne a décidé de fermer les passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

Peut-être ces bombes israéliennes envoyées à Gaza ce soir sont le cadeau de Noël aux habitants de cette région sous blocus, et en particulier aux Chrétiens de Gaza, qui sont interdits d’aller à Bethléem pour célébrer la Messe de Noël par ordre militaire israélien.

.Avec l’impunité de cet Etat d’occupation, Israël va poursuivre ses agressions contre les civils de Gaza.

On ne sait pas encore comment les choses vont évoluer dans cette région en souffrance permanente, mais notre population est toujours confiante malgré toutes les menaces israéliennes.

Gaza sans électricité, Gaza sans carburant, Gaza sans eau potable et Gaza sous les bombes de l’armée israélienne, continue d’exister, de résister et de persister, mais surtout continue d’espérer.

Notre message est clair : malgré tous les bombardements israéliens, les Gazaouis fêtons Noël ce soir et le nouvel an dans cinq jours.

Source : Agence Media Palestine

 

http://millebabords.org/spip.php?article25101

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 21:07

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Un texte pour réfléchir

 

L’Algérie et le « printemps arabe »* 

Cas singulier ou exemple précurseur ?

 capitalisme---imp-rialisme-1601.JPG

 

Pour tenter de cerner objectivement le rapport de l’Algérie au « printemps arabe », il convient impérativement de commencer par préciser ce que recouvre cette expression.

 

1. Plusieurs thèses s’opposent à ce propos : « Printemps démocratique » visant à instaurer des régimes parlementaires bourgeois et hisser ainsi les Etats arabes aux normes démocratiques édictées par l’UE et les Etats-Unis pour les uns. Certains y voient une révolution socialiste alors que d’autres l’appréhendent comme « hiver islamiste », sans oublier ceux qui considèrent que le « printemps arabe » n’est qu’un immense complot ourdi depuis Washington.

 

2. Aucune de ces thèses ne sous semble satisfaisante car elles sont teintées de subjectivisme. Pour nous, il s’agit d’une crise révolutionnaire prolongée, inégale et combinée du système de domination impérialiste sur le monde arabe.

 

3. Crise révolutionnaire où, comme l’indique Lénine, ceux d’en bas n’acceptent plus la domination de ceux d’en haut et où ceux d’en haut n’arrivent plus à exercer leur domination sur ceux d’en bas.

Cette crise s’est matérialisée par l’irruption des masses sur la scène politique extra-institutionnelle en vue de poser et de résoudre la question du pouvoir, ce qui a eu pour effet d’exacerber les contradictions au sein des régimes en place et de les paralyser.

A un certain stade de développement de la crise, la fusion de l’action des masses populaires et des contradictions au sein de ces pouvoirs a provoqué la chute des dictateurs. Ainsi, Ben Ali, Moubarak et Saleh n’ont pas été renversés par un coup d’Etat ou par une intervention militaire étrangère, mais par des mobilisations populaires qui ont poussé à leur lâchage par des secteurs des pouvoirs en place et même par les puissances impérialistes.

 

4. Cette crise a un caractère prolongé. Elle dure depuis trois ans et se poursuivra encore pendant des années voire des décennies.

Les pays du monde arabe sont de toute évidence entrés dans une nouvelle ère de révolutions qui ne prendront fin qu’avec l’accomplissement de leur tâche historique et ce, en dépit de leurs reculs voire de leurs échecs momentanés. Voilà pourquoi il s’avère plus juste de parler de processus révolutionnaire pour désigner cette nouvelle révolution arabe.

 

5. Cette crise est inégale. Elle se décline de façon singulière en fonction de la place spécifique que chaque pays occupe dans l’ordre politique régional.

 

6. Enfin elle est combinée car elle affecte l’ensemble de l’ordre politique régional et non simplement tel ou tel pays.

                                                          

7. C’est donc contre cet ordre politique régional que les masses populaires se sont révoltées à compter de décembre 2010. Ce n’est pas la « main de l’étranger » mais l’existence de cet ordre politique régional qui explique fondamentalement l’extension à d’autres pays arabes du processus révolutionnaire surgi en Tunisie.

 

8. Cet ordre politique régional ou système de domination impérialiste sur le monde arabe  a connu trois phases historiques :

- La phase de la domination directe au moyen de la colonisation.

- Une première vague d’émancipation des peuples de la région (1919-1962) ayant abouti à l’instauration d’Etats indépendants, la domination s’exercera essentiellement, au cours d’une seconde phase, de façon indirecte par le biais d’interventions militaires ponctuelles des grandes puissances (Egypte, Liban en 1958…), d’interventions militaires menées par Israël et par le biais de régimes réactionnaires dictatoriaux arabes.

- La victoire mondiale de l’impérialisme dans les années 1980 amorcera la troisième phase marquée par une tendance au retour à une domination de plus en plus directe (Irak, Libye…).

 

9. Ce système de domination impérialiste qui a pour fonction de contrôler cette région stratégique pour le capitalisme mondial repose sur trois piliers :

- Les grandes puissances capitalistes du centre (G7),

- Israël,

- Les régimes arabes réactionnaires dictatoriaux au premier rang desquels se trouvent les monarchies.

 

10. Mais parce que « là où il y a oppression, il y a révolte », on assiste à une résistance de trois acteurs :

- Les mouvements de libération et les résistances armées nationales : Palestine, Sahara Occidental, Liban, Irak…

- Les mouvements démocratiques et sociaux qui résistent aux injustes et douloureuses politiques néolibérales menées de façon dictatoriale par les régimes en place au profit du capitalisme du centre et de bourgeoisies compradores locales,

- Les régimes rebelles qualifiés d’« Etats voyous » (Irak, Syrie, Libye, Soudan…), par les grandes puissances occidentales parce qu’ils résistent plus ou moins à l’ordre impérialiste régional.

 

11. Jusqu’à janvier 2011, les mouvements de libération, les résistances armées nationales et les « régimes rebelles » formaient l’aspect principal de la résistance à l’ordre impérialiste. Mais les luttes démocratiques et sociales qui avaient pris un essor réel bien qu’inégal à compter du début des années 2000 vont ravir la première place avec le processus révolutionnaire ouvert en Tunisie en décembre 2010.

 

12. Ces trois acteurs forment les trois segments de la nouvelle révolution arabe comprise comme révolution nationale à caractères démocratique et social. Cela signifie que le combat pour la démocratie et le combat contre les politiques néolibérales possèdent directement une dimension anti-impérialiste. Dans nos pays, la démocratie s’édifiera contre l’impérialisme et la bourgeoisie compradore et non à leur initiative.

 

13. Cette compréhension du système de domination impérialiste sur la région et de la résistance puis de la révolte des trois acteurs cités plus haut permet seule de saisir objectivement :

- le caractère révolutionnaire de la crise ouverte en décembre 2010 en Tunisie,

- le contenu anti-impérialiste de ce processus,

- la relation complexe qui unit et oppose à la fois les trois segments de la nouvelle révolution arabe,

 

14. En effet, les régimes rebelles possèdent une double nature.

D’un côté, ils sont intégrés à l’ordre impérialiste régional par le fait :

- qu’ils appliquent des politiques économiques profitant au capitalisme international au détriment de leurs propres peuples et du développement économique de leurs pays,

- qu’ils empêchent par la force ces peuples de se révolter,

- qu’ils aident économiquement, politiquement, diplomatiquement et parfois même militairement les grandes puissances impérialistes contre leurs peuples et les mouvements de libération et de résistances armées nationales voire, parfois même, contre d’autres régimes rebelles.

Intégrés à l’ordre impérialiste régional, ces régimes refusent cependant d’abdiquer totalement. Ils s’opposent parfois à l’impérialisme et au sionisme et deviennent de ce fait la cible des grandes puissances.

 

15. La prise en compte de ces trois segments de la nouvelle révolution arabe et de la relation d’unité et de lutte qu’ils entretiennent entre eux permet d’éviter de sombrer dans des visions policières de l’histoire (théorie du complot) ou, à l’inverse, dans des visions romantiques qui idéalisent tel ou tel segment : les « masses populaires », les mouvements de libération nationale ou les « régimes rebelles ».

 

16. Deux exemples pour illustrer la nécessité d’une analyse concrète et objective d’une situation complexe et mouvante, particulièrement en situation révolutionnaire où les événements se bousculent et où les acteurs évoluent et se transforment même parfois en leur contraire. En 1976, l’intervention de l’armée syrienne au Liban brisa l’élan conjoint du mouvement national libanais dirigé par Kamel Djoumblatt et de la résistance palestinienne qui étaient sur le point d’écraser les forces d’extrême-droite libanaise. Le régime syrien joua alors un rôle contre-révolutionnaire au profit de la réaction libanaise, d’Israël et de l’impérialisme. Six ans plus tard, l’invasion du Liban par Israël transformera ce même régime syrien en arrière sûr de la résistance nationale libanaise à l’occupation israélienne.

En mars 2011, la révolte d’une partie de la population et d’une partie sincère de l’opposition syrienne contre le régime dictatorial et néolibéral de Bachar El Assad était légitime. Au fil des mois cependant, l’obstination de cette opposition sincère à considérer le départ d’El Assad et de son régime comme un préalable scellé et non négociable, alors même qu’elle ne disposait pas des moyens de sa politique, va la pousser progressivement à s’intégrer à l’agenda de l’impérialisme et de la réaction régionale (Arabie saoudite, Qatar et Turquie) et à s’allier aux takfiristes qui constituent pourtant le pire ennemi du projet anti-impérialiste, démocratique et social.

C’est alors le régime et la partie de l’opposition syrienne qui refusait de se laisser intégrer à l’agenda de l’impérialisme et de la réaction régionale qui représenteront objectivement le processus révolutionnaire anti-impérialiste dans ce pays.

 

****

On peut, une fois précisée la nature des évènements qui secouent le monde arabe depuis la fin 2010, revenir au cas particulier de l’Algérie.

17. L’année 2011 va débuter par une explosion sociale provoquée par une augmentation des prix de produits de première nécessité dans un contexte marqué par une chute de 20% de la valeur du dinar. Cette explosion sociale sera suivie au mois de mars par un puissant mouvement de grèves pacifiques touchant les travailleurs de la fonction publique, du secteur économique d’Etat et du privé étranger et même les chômeurs et travailleurs précaires.

On assistera en parallèle à la poursuite de révoltes sociales locales portant sur les conditions de vie : logement, routes, santé…

 

18. Le gouvernement arrivera à contrôler la situation en :

- satisfaisant les revendications sociales (augmentations de salaires) et en accordant des crédits et autres avantages aux jeunes sans emploi désireux de créer leur entreprise.

- maintenant la contestation sur un terrain essentiellement social par une gestion pacifique des rassemblements évitant tout dérapage qui aurait transformé des conflits sociaux en révoltes politiques.

- découplant la fronde sociale de l’opposition politique,

- en prenant des mesures politiques pour calmer l’opposition :

            + levée de l’Etat d’urgence en vigueur depuis 1992,

+ autorisations de réunion attribuées plus facilement aux partis, syndicats et associations.

+ lancement d’un cycle de consultation des partis, personnalités et membres de la société dite civile avec promesse de réformes afin d’approfondir le processus démocratique.

 

19. Laminée, divisée, sans ancrage populaire et sans alternative crédible, aventuriste ou purement velléitaire, l’opposition sera incapable de trouver une réponse politique efficace.

 

20. On peut en conséquence affirmer que l’Algérie s’est singularisée vis-à-vis des autres pays de la région en ce sens qu’il n’y a pas eu d’ouverture d’un processus révolutionnaire posant la question du pouvoir.

 

21. Cette spécificité tient au fait que l’Algérie constitue effectivement un exemple précurseur. Contrairement à la plupart des autres pays arabes, le régime algérien n’est pas dictatorial. La révolte populaire d’octobre 1988 a ouvert la voie à une transition démocratique. Et en dépit de limites et de reculs réels et inquiétants, l’existence de libertés démocratiques permet au régime d’absorber une bonne partie de la contestation sociale et politique. La décennie 1990 pèse par ailleurs encore sur les consciences. La volonté de changement politique reste de ce fait limitée au niveau populaire.

 

22. Une autre particularité réside dans le fait que le régime algérien n’est pas un valet des grandes puissances impérialistes. Il n’a pas soutenu l’intervention de l’OTAN en Libye, a refusé d’envoyer des troupes au Mali, refusé de cautionner la décision de la Ligue arabe d’octroyer le siège de la Syrie à l’opposition et la menace d’intervention militaire américano-française contre cette même Syrie.

 

23. Dernière particularité de l’Algérie, les moyens financiers substantiels et les divergences au sein du régime – reflets d’une contradiction entre les fractions compradore et intérieure de la bourgeoisie – font que le passage à l’économie de marché, à l’infitah, n’a pas pris la forme d’un passage en force. Cela a quelque peu atténué le coût social de cette transition.

 

24. L’Algérie constitue ainsi à la fois un cas singulier et un exemple précurseur. Cela lui a permis « d’échapper au printemps arabe ». Certains s’en plaignent, d’autres s’en félicitent.

 

25. Ce statu quo s’avère cependant trompeur, car l’Algérie se trouve confrontée à trois grandes contradictions :

- Si elle n’est plus dictatoriale, elle n’est toujours pas démocratique. On assiste même à un important recul illustré par les lois adoptées ces dernières années sur les élections, les partis, les associations, etc. Des attaques et entraves aux libertés syndicales sont régulièrement constatées, les rassemblements toujours interdits dans la capitale ou soumis à autorisation préalable ailleurs. Les élections n’ont quant à elles aucune crédibilité comme le démontre l’ampleur de l’abstention.

Le pouvoir pilote la transition depuis 1988. Il l’accélère ou la freine en fonction du seul impératif de sa survie. Le régime autoritaire à façade démocratique donne des signes inquiétants de fermeture.

- Par ailleurs, s’il n’est pas valet de l’impérialisme, le régime ne conteste plus la domination de ce dernier. L’infitah a entrainé l’intégration/soumission au capitalisme international, ce qui signifie un renoncement à tout développement économique souverain et acceptation de l’ordre politique impérialiste sur la région et le monde. Cela se traduit par une coopération avec l’OTAN, un soutien tacite à l’intervention impérialiste française au Mali, le refus d’un soutien franc et massif à la Syrie pourtant confrontée à une agression de l’impérialisme et de la réaction régionale, renflouement du FMI qui étrangle les peuples comme nous le savons pour l’avoir subi…

Le régime ne conteste plus l’ordre mondial, mais l’accepte et cherche simplement à y trouver une place de puissance régionale.

- Enfin le gouvernement refuse « l’ultra-libéralisme », mais renonce parallèlement à la perspective d’un développement autocentré et conserve fermement le cap sur le libéralisme. Cette attitude empêche toute perspective sérieuse de développement et se paie de plus en plus cher sur le plan social.

 

26. Voilà pourquoi la singularité de l’Algérie par rapport au reste du monde arabe est trompeuse. Le pays reste dans l’œil du cyclone, non pas tant à cause d’un cabinet noir qui ourdirait un complot à partir de Washington, Londres, Paris et Bruxelles, que du fait que notre peuple et notre Etat n’ont pas été en mesure, à ce jour, de résoudre ces trois contradictions. Ce danger est d’autant plus grand que la crise mondiale du capitalisme aiguise les contradictions inter-impérialistes et pousse les grandes puissances à redoubler d’agressivité pour déstabiliser les pays qui leur résistent.

 

Alger, le 6 novembre 2013                                                             Hocine Belalloufi

 

* Intervention au Focus sur « l’actualité du monde arabe » au  18e Salon international du livre d’Alger

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 22:33

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Aux editions Aden est paru en 2006  la troisième édition, imposée alors par l'actualité en Irak, d'un petit livre Retour sur "La question", composé d'entretiens avec Gilles Martin. (http://www.aden.be/index.php?aden=retour-sur-question). Au moment où l'on envisagerait en France de panthéoniser Camus, il est utile de relire cette réflexion d'Henri Alleg, qui vient de disparaître et qui a été lui si indignement maltraité.

 

Cet article était paru dans linter en novembre 2011


"Il n'a été ni anti-impérialiste ni partisan conséquent de l'indépendance des peuples". Henri Alleg et la position d'A. Camus sur l'Algérie 

Retour sur « La Question »

 

Effectivement. Mais pour ceux qui connaissent la position ambigüe qu'a toujours eue Camus à propos de l'Algérie, il n'y a rien là de surprenant. C'est une légende, entretenue volontairement par les silences de Camus, que sa prétendue adhésion à l'idée d'une Algérie indépendante.

 

Certains - jusque dans des biographies récentes - laissent croire que, membre du Parti communiste à Alger dans les années 30, il en sortit parce que le PCA ne prenait pas suffisamment en compte les aspirations nationales des Algériens. C'est tout le contraire. Il quitte les communistes au moment justement où le Parti s'engage dans un sens de plus en plus "algérien" et unitaire avec les différentes forces nationalistes.

 

Cette orientation de Camus se manifestera clairement lorsqu'éclatera l'insurrection et pendant toute la guerre. Certes, il souffre de ses conséquences dramatiques, appelle de ses voeux l'arrêt des violences, mais renvoie dos à dos les patriotes qui combattent pour l'indépendance de leur pays et l'armée coloniale. Et, pour conclure, il se tait.

 

Pas seulement sur la question algérienne dans son ensemble, mais sur les méthodes utilisées pour briser la résistance populaire. En fin de compte, malgré ses articles courageux parus dans Alger républicain en 1939 pour dénoncer la misère des populations ou les manoeuvres frauduleuses de l'administration française, compllce des gros colons, il n'a jamais attaqué la légitimité du système colonial lui-même.

 

Il n'a jamais non plus mis en évidence l'existence d'un problème national en Algérie. En ce sens, sa position rejoint celle de nombreux pieds-noirs libéraux, sincèrement scandalisés par la condition faite aux Algériens et partisans d'une réelle égalité entre ceux-ci et les Européens, mais n'allant pas jusqu'à comprendre et encore moins à accepter l'idée d'indépendance.

 

Que sait-il d'ailleurs de cette Algérie coloniale? A le lire, on pourrait croire qu'entre la fin de la Tipaza romaine et la conquête du pays par la France, il ne s'y est rien passé. Il ignore les siècles glorieux de cette civilisation arabe qui a si profondément imprégné l'Algérie.

 

Et, dans ce pays où il est né et qui sert de cadre à certaines de ses oeuvres, les Algériens, quand ils sont présents, apparaissent presque comme des étrangers. Pour me résumer, et, pour utiliser un vocabulaire marxiste qui ne plaît pas à tout le monde (mais tant pis), il n'a été ni anti-impérialiste ni partisan conséquent de l'indépendance des peuples.

 


Henri Alleg
Retour sur « La Question »

2ème édition revue et augmentée

L’usage de la torture en Irak par l’armée américaine et l’exhumation d’une loi de 1955 (qui servit à imposer l’État d’urgence pendant la guerre d’Algérie) pour maintenir l’ordre dans les banlieues françaises montrent que les blessures issues du colonialisme ne sont pas refermées. Dans ce livre, Henri Alleg explique qu’« il n’est pas exclu que surgissent d’autres conflits comme l’Algérie où l’on appelle de jeunes Français à intervenir pour “combattre le terrorisme”, “sauver la démocratie” et “défendre la liberté”, alors que le vrai motif d’intervention sera d’exploiter gisements de pétrole, de gaz, de minerai, de diamants et d’empêcher tel peuple de se libérer. »

La Question est un livre clé de l’histoire de la guerre d’Algérie. Alleg y raconte les tortures qu’il a subies de la main de l’armée française. Il y raconte sa résistance, son refus de céder face à l’inacceptable. Aujourd’hui, plus de quarante ans après les faits, Henri Alleg revient grâce à ce livre sur cette guerre. Il montre comment les différents gouvernements français ont organisé l’amnésie dans la population pour mieux cacher leurs crimes. Comment le colonialisme fut l’école du racisme pour des centaines de milliers de français et comment nous en payons encore le prix. Les scores électoraux de Le Pen ou les discours de Sarkozy ne nous démentiront pas.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 19:33

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Merci de cette contribution: nous sommes tout à fait conscients des manipulations de tous les projets faits soi-disants avec les prisonniers, pour les avoir refusés avec constance derrière les murs. Et nous vous remercions pour cette contribution qui remet bien les choses en place.

 

De même, nous sommes conscients que les raisons qui amènent les prisonniers derrière les murs n'ont pas plus qu'ici un lien avec une prise de conscience.

 

Ci-joint cependant un lien vers un débat sur la prison: Prison - abolition. Un atelier sur la prison animé par J.M. Rouillan au festival de Jolie Môme, la Belle rouge. Information sur le procès contre C. Gauger, Sonja Suder, Georges Abdallah


J'ai pu lire que vous vous félicitiez qu'une phrase attribuée à Jean-Marc Rouillan soit cité dans un travail réalisé par un groupe de prisonniers de Majicavo. C'est bien entendu tout à fait votre droit et si ce n'était la clientèle de Majicavo on pourrait dire que c'est tout à son honneur.

 

Les choses ne sont pas aussi simples vu d'ici que peut être en métropole.

S'il ne faut aucun doute que la présence française à Mayotte relève du colonialisme et d'un enjeu à la fois politique, militaire et stratégique, la lecture politique qui en est faite ici relève du clientélisme au point que s'il existe deux députés, l'un de l'UMP et l'autre du PS, ce n'est pas qu'il puisse exister de différents entre eux car tous deux sont les représentants des deux plus grandes familles contrôlant l'île e comme on ne sait jamais qui demain sera au pouvoir et signera les chèques, tout le monde ou presque se satisfait de cette situation. C'est au point que le PCF a cru bon d'envoyer un sénateur et un député, ils n'ont trouvé personne qui soit intéressé à les rencontrer et ils sont repartis sans même avoir compris le pourquoi du comment.
Pour ce qui concerne Majicavo, la prison est perpétuellement surpeuplée mais il ne faut pas confondre le centre de rétention et les clandestins en instance d'expulsion et les détenus. Vols et cambriolages font parti de l'univers du quotidien et les maisons, appartements, terrasses, sans parler des entreprises et des boutiques sont construites avec des grilles et des portes grillagées comme dans vielles prisons napoléoniennes de l'hexagone.
Le plus jeunes cambrioleur interpellé il y a seulement quelques mois portait des couches culottes et la tranche d'âge la plus représentative de ces vagues de cambriolages et mêmes agressions se situe entre 15 et 18 ans. Contrairement à ce qui se raconte, la grande majorité d'entre eux  ne sont pas des clandestins. Comme bien souvent, ils ne savent guère lire et compter, quand ils atteignent l'âge de 18 ans, ils atterrissent à Majicavo.
Un autre fléau qui se développe de plus en plus au cours des week-end, ce sont les règlements de comptes entre jeunes de villages différents, généralement éloignés d'une dizaine de kilomètres, voire moins. Chaque semaine, les informations débutent par le nombre de morts ou de blessés transportés dans le coma à l'hôpital de Mamoudzou, la principale ville de l'île. A cela s'ajoutent les condamnés pour viol, vol avec agression. Ici, quasiment toute la population des campagnes circulent avec le "tchombo", sorte de petite machette qui sert à tout, ce qui fait que lorsque les situations dérapent il est généralement question de vies humaines. Je concède volontiers que la température et surtout l'humidité sont difficiles à supporter et que cela rajoute une peine à la peine mais très sincèrement je pense que vous vous faites une illusion quant au rapport de conscience politique des populations comoriennes et l'impact que pourrait avoir la lecture de l'ouvrage cité.

Pierre Banzet

osons lutter, osons vaincre
correspondant Radio Kayira
www.partisadi.net
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 22:43

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Le colonialisme du XIXème siècle, élément constitutif du développement de l'impérialisme, prétendait perdurer après la seconde guerre mondiale.

 

Aussi anachronique que criminel, il s'est trouvé dans la plupart des pays occupés, des femmes et des hommes pour se lever, s'organiser et le combattre.

 

Giap fut l'un de ces hommes qui dut passer par le pouvoir des armes pour faire triompher le pouvoir d'une idée, la libération d'un peuple.

 

linter, le 7 octobre 2013

 


Un article sur ses mémoires

 

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Les mémoires de combattant sont un genre à part entière. A mi-chemin entre documents d’archives et travail d’historien, elles sont précises sur les victoires et accumulent les excuses pour justifier les échecs; elles sont l’occasion de régler de vieux comptes, de préférence contre des homologues décédés; et elles sont le plus souvent écrites par les vaincus, qui doivent avoir plus de temps à leur disposition que leurs adversaires victorieux. A tout ceci, le texte de Giap est une exception: le glorieux général a vaincu la France puis les USA en 30 ans de campagne: toujours vivant, centenaire cette année, il n’a pas besoin de s’édifier une statue tellement la sienne est évidente. Son texte, publié dans les années 90, surprend par son ton posé, sa modestie, et sa pertinence.


Les Mémoires de Giap concernent seulement la guerre d’Indochine. Giap ne revient pas sur son enfance ni sa formation: il commence son récit en 1946, lors de l’insurrection du 19 Décembre contre toutes les implantations françaises. Ce premier volume décrit ensuite, à peu près dans l’ordre, les différentes phases de la guerre jusqu’en 1950: la durée des sièges initiaux à Hanoi ou Hué; l’ambitieuse campagne lancée par les français à l’automne 47 qui, si elle surprend le Viet-Minh, ne parvient pas à en réduire le sanctuaire; l’initiative passée aux communistes, d’abord par harcèlement des communications françaises puis par attaque des points fortifiés; enfin la préparation d’une grande campagne finale pour 1950, dont on sait qu’elle n’aura pas encore le succès escompté.


La grande qualité du livre tient à l’évolution de la doctrine viet-minh. Giap le rappelle en passant: l’Indochine est première défaite d’une armée moderne par une armée populaire. Les Vietnamiens n’ont pas d’exemple sur lesquels s’appuyer et, s’ils compulsent Engels et Clausewitz, il leur faut en fait tout inventer. En face, la France a une longue expérience coloniale pour jouer, à côté des armées, sur les aspects diplomatiques, économiques (pour assécher l’économie de la "zone libre") et politiques. Le viet-minh combine donc endoctrinement politique, pour souder le peuple au-delà des différences régionales, et développement militaire. Après l’insurrection surprise de fin 1946, la guérilla cherche "beaucoup de petites victoires pour en faire une grosse", mais ne se contente pas d’armer les milices villageoises: Giap organise aussi des bataillons mobiles, autonomes, pouvant s’infiltrer et s’embusquer en force chaque semaine à un endroit différent. Quand vient le temps d’attaquer les places fortes françaises, Giap nous rapporte le professionnalisme de son organisation: reproduction grandeur nature des lieux à assaillir, entrainement constant, test d’armes de pénétration pour briser les parois renforcées, enfin retour d’expérience systématique après les premières tentatives d’assaut. Le Viet-minh est modeste et pragmatique: il sait qu’il a à apprendre, que le combat est une excellente école, à condition de pouvoir formaliser ce qui fonctionne et corriger ce qui ne marche pas.


Même si cet aspect est ’facile’ a posteriori, Giap montre également comment le viet-minh s’est engagé dans la durée. A le lire, l’insurrection initiale ne visait pas à prendre le contrôle du pays, mais était d’abord une démonstration de la primauté du Viet-minh parmi les indépendantistes et de la capacité à battre, même temporairement, la puissance coloniale: une thèse probablement contestable. Toutefois, Giap montre comment formation militaire et industrie d’armement ont été d’emblée pensées pour la durée, et toujours selon une organisation dispersée et ultra-mobile. Le viet-minh organise des écoles de sous-officiers puis d’officiers, Giap ayant vite compris qu’il a là une lacune face aux français. Et il lance, sans autre ressources que ce qui est disponible dans les zones "libres", une industrie d’armement dont le principe est la spécialisation sur quelques armes (mines, grenades, bazooka) et le développement d’armes spécifiques pour détruire blindés et fortins. Faire des fusils, par exemple, n’est pas une priorité: il vaut mieux les récupérer à l’ennemi. Ces choix sont fondamentaux pour la conduite du conflit, et révèlent de nouveau la doctrine viet-minh; des petits pas obstinés plutôt que des brusques changements.


Le ton du texte surprendra les lecteurs ayant eu d’autres mémoires en main. Le "je" est singulièrement absent, à part pour quelques anecdotes: les décisions sont impersonnelles, même si on comprend bien que Giap en est la puissance motrice. Ho-Chi-Minh est bien sûr parfait, fin et exemplaire. L’admiration que Giap lui porte est toujours vive est sincère. La direction communiste est toujours unie et il ne transparait qu’exceptionnellement des divergences d’avis (sur des points techniques uniquement), jamais la moindre lutte politique. Et si l’extension de la "zone libre" s’accompagne de répression, tel n’est pas le sujet du livre. Ce texte ne contient aucun règlement de compte, aucune amertume. L’auteur veut laisser un texte fédérateur, pas partisan.


Enfin, le lecteur doit être prévenu que ces Mémoires sont un petit peu ardues pour qui n’est pas (très) familier de la géographie du Viet-Nam. Il y a bien 2 pauvres cartes, mais on y cherchera en vain la plupart des lieux du texte, ou encore une estimation de qui contrôle quoi. Alors que les axes routiers sont essentiels pour comprendre le conflit, que le texte mentionne régulièrement les zones de guerre viet-minh, le texte ne nous en donne aucune carte... Il faut se laisser porter par la narration, contraint et forcé. D’ordres de bataille ou de conséquences chiffrées des engagements, il n’en est guère sinon pour détailler des pertes françaises (mais au niveau tactique: 200 hommes et 50 véhicules dans telle embuscade, etc.), ou, occasionnellement, pour corriger ce qui a été lu chez des historiens ou mémorialistes français. Mais on se rend mal compte de la puissance effective du viet-minh, et encore plus mal des pertes subies lors des campagnes, que ce soit par combat ou à cause des conditions de vie.


Ceci dit, on trouvera peu d’équivalent à ces mémoires: un texte fin écrit par un leader insurrectionnel à la profonde intelligence, racontant le point de vue viet-minh sans abrutir le lecteur d’idéologie. Une œuvre suffisamment singulière pour la recommander.

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2