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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 23:01

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Ça c'est passé un 15 janvier :

  TEXTE

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts.

Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre.

Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait.

Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.


Après les millions de morts prolétaires de la guerre 14-18, comme elle, d'autres militants furent assassinés, ainsi Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.


Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?


Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs  et des militants révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

 

linter - 15 janvier 2009

 

(Article de linter en 2009 Jeudi 15 janvier 2009)


La manifestation a rassemblé cette année encore plus de 10 000 personnes écouter-voir

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 23:22

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Audience comme tout au long de ces interminables procédures, difficile.

Et de nouveau l'attente.

La libération conditionnelle pour les prisonniers d'Action directe reste un parcours du combattant. Epuisant pour les prisonniers.

Epuisant pour Jean-Marc Rouillan.

Nous restons cependant confiants.

 

linter

 

23022008-002-.jpg

 

liberté

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 10:56

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A la suite de la publlication d'un article sur le site "legrandsoir", sur la situation de prisonniers  noirs américains, trente-cinq années après leur arrestation pour certains, nous avons entamé la publication des textes publiés en 1983 dans l'Internationale: ici la déclaration d'Hermann Bell, membre de la Black Liberation Army. Elle est précédée de la présentation du dossier par le journal.


"Luttes révolutionnaires aux USA, les Noirs américains". Du dossier de linter en 1983 à l'article sur le site "legrandsoir"

 

Document 1:  Présentation du dossier de l'Internationale

 

Il y a deux Amériques*

 

L'une érigée sur le génocide, l'esclavage, et aujourd'hui, l'exploitation capitaliste.L'autre qui lutte pour sa vie, sa

libération, et aujourd'hui souvent, pour une société socialiste, libérée de toute exploitation du capitalisme.

 

La première est l'Amérique qui a pratiquement exterminé toute la population aborigène (natif): les Indiens qui maintenant s'organisent pour lutter contre l'Amérique triomphante. L'Internationale en parlera dans un prochain numéro.

 

C'est l'Amérique qui a enlevé d'Afrique et importé comme du bétail d'autres hommes et qui a bâti une grande partie de sa richesse sur l'esclavage: "le capital arrive, suant le sang et la boue par tous les pores ... Il fallait pour piédestal à l'esclavage dissimulé des salariés en Europe, l'esclavage sans fard dans le Nouveau Monde.", disait Marx., en montrant comment le travail esclaver pouvait se transformer en capitaL. Les scènes de rapt et de vente sont toujours dans nos mémoires et nous feront toujours vomir.

 

C'est l'Amérique qui exploite sur son sol des minorités diverses qui ont été contraintes à l'exil et qui forment avec les Indiens et les Noirs la plus grande partie du prolétariat des USA. Nous avons publié dans le numéro 1 de l'Internationale des textes de la lutte portoricaine.

 

De l'autre Amérique, les Noirs sont une force essentielle. Il faut dire qu'ils forment la communauté la plus importante - plus de 25 millions pour une population de 200 millions d'habitants  - la plus ancienne après les Indiens - et qu'ils sont exploités au plus haut point: 72% des jeunes Noirs sont au chômage. La mortalité infantile est telle que vue sous cet angle, l'Amérique noire se classe parmi les pays sous-dévelopés. Il en est de même si l'on considère le taux d'analphabétisme et le niveau de vie (si l'on peut encore parler de niveau dans la mesure où une partie de la population vit en deça du revenu minimal).

 

Quant aux prisons, plusieurs centaines de milliers de jeunes la connaissent sous les formes prévues pour les jeunes de 8 à 15 ans et les centres pénitentiairess sont remplis des "frères" de Jackson.

 

Mais les Noirs américains ne sont pas les éternelles victimes. Bien au contraire. Depuis les luttes contre l'esclavage jusqu'aux luttes d'aujourd'hui, et en particulier de la Black Liberation Army - dont nous publions aujourd'hui les textes - les révoltés des prisons et des ghettos, les Noirs sont à la pointe des combats dans les Etats-Désunis

 

Ainsi , lors de la guerre du Vietnam, ils ont été les premiers à lutter contre celle-ci. Et la BLA, poursuivant cette tradition, ne manque jamais de se référer aux luttes portoricaines, chicanos ou indiennes.

 

Les Black Panthers ont constitué le moment le plus important de l'organisation de la lutte des Noirs américains. Ils avaient pour but l'autodéfense et l'organisation des ghettos. Pour détruire cette organisation, l'Etat américain a employé toutes ses forces, 38 dirigeants ont été assassinés, 100 sont emprisonnés. Mais les Black Panthers restent un moment essentiel des luttes dans le monde. Le BPP, c'est aussi Jackson, arrêté pour vol, condamné à la prison, pour un an ou à vie, et qui a passé onze ans en taule pour 80 dollars avant d'être assassiné.... parce qu'il était un révolutionnaire. Et, c'est Jonathan, tué pour avoir libéré son frère dont il comprenait l'engagement politique.

 

Aujourd'hui, certains voudraient voir la lutte des Noirs américains intégrée à la lutte parlementaire. Même le Monde diplomatique ne parle dans son récent dossier que de "la marche dans les institutions";

 

En fait, la lutte des Noirs, c'est encore et toujours la révolte, dans la tradition des luttes anti-esclavagistes, des révoltes des taules et des ghettos.

 

Et c'est aussi la lutte de la Black Liberation Army et la revendication de la nation noire. En 1968 se créait en effet le gouvernement provisoire de la Nouvelle Afrique qui revendiquait cinq Etats du Sud: la Louisianne, le Mississipi, ll'Alabama, la Géorgie et la Caroline du Sud. Ce gouvernement lutte pour une Afrique nouvelle, indépendante et socialiste.. Il soutient le mouvement d'indépendance portoricain et les luttes dans les territoires annexés à la frontière mexicaine; Cette revendication a son origine dans l'histoire même de l'esclavage et des luttes contre celui-ci. Elle est reprise par les militants les plus conséquents et liée à l'aspiration à la libération et donc à la libération même du capitalisme. Les textes publiés dans ce deuxième dossier sur les luttes des révolutionnaire aux USA doivent permettre de mieux comprendre les idées, la pratique, l'histoire et les militants de cette organisation qui se définit dans la continuité de la lutte des Blacks Panthers.

 

"Je me conçois comme un Noir et un Africain, mais je ne serai pas content de moi tant que je ne serai pas devenu un vrai communiste, un vrai révolutionnaire ..." Jackson

 

* Nous n'employons ici le mot Amérique, mot abusif pour désigner les USA, que par commodité de formulation.

 

Document 2:  Déclaration de Hermann Bell

 

Pour commencer, je suis membre de libération noire (BLA).

 

Une répression brutale menée par les fonctionnaires fédéraux a presque complètement détruit le Parti des Panthères noires. (BPP) et la conséquence de cela est l'apparition de la BLA, qui a en quelque sorte succédé au BPP; on peut dire aussi que de cette façon les anciennes Black Panthers revivaient. La ligne politique est très semblable à celle du Parti des Blacks Panthers.

 

Ce qui est caractéristique de la Black Liberation Army, c'est que c'est un front militaire et politique. Militaire dans le sens que nous exerçons nous-mêmes notre défense à l'intérieur de la communauté contre les attaques policières racistes ou colonialistes contre les Noirs. Dautre part, nous voyons dans la lutte armée le seul moyen de pouvoir obtenir avec les Noirs et les pauvres en général leur libération. Les Noirs des USA veulent obtenir leur indépendance économique et politique et ils veulent se débarrasser une fois pour toutes de l'impérialisme américain et de sa domination coloniale.

 

Tout comme auparavant les Blacks Panthers, nous voulons être responsables nous-mêmes et dans le cadre de la communauté, de notre environnement et en même temps nous libérer de tous les parasites qui se sont engraissés en exploitant notre peuple. Les capitalistes qui ont pris tout ce qui avait de la valeur dans notre communauté et ne nous rendent rien; qui ont fait de notre peuple un peuple de mendiants, et qui le confinent dans des lieux où il est impossible de vivre. De même, cette relation économique faussée est la cause de la terrible misère des Noirs, qui s'exprime de la manière la plus claire, par les meurtres de Noirs par des Noirs et par la prostitution des femmes. D'autres caractéristiques de cette situation coloniale fausse sont les conditions de logement insupportables, les mauvaises conditions de soin,  les institutions scolaires inadéquates, de même qu'un chômage chronique, etc. Tout ceci crée des conditions de vie précaires et inacceptables pour la colonie noire.Et ce qui est le plus dangereux, ce sont les forces de police colonialistes qui patrouillent dans notre communauté  au nom de l'ordre capitaliste. Du fait de leur fonction particulière et de leur mode brutal d'intervention dans notre communauté, le nom de porcs qui les qualifie est tout à fait adéquat. Nous les ressentons comme une armée d'occupation dans notre communauté et la communauté noire est une colonie. Ces forces stationnent dans la communauté noire pour réprimer la rebellion, pour protéger la propriété des colonialistes et pour intimider les Noirs et les pauvres en général. La police et le système judiciaire travaillent pour le maintien de la division sociale injuste existante, entre possédants et pauvres, entre la classe capitaliste dominante et la classe ouvrière.

 

Vue comme cela, l'accusation de hold up portée contre moi prend une signification plus profonde, parce que nous sommes décidés, nous, membres de la Black Liberation Army, à débarrasser notre communauté de tous les parasites et de tous les rapaces qui vivent aux dépens de notre peuple et qui ne produisent rien. Et nous sommes prêts à employer tous les moyens, y compris la lutte armée, pour confisquer et exproprier les capitaux acquis illégalement ... La Black Liberation Army mène la guerre contre l'Etat capitaliste sous la forme de la guérilla urbaine. A la suite de la campagne contre-insurrectionnelle du gouvernement, beaucoup de camarades ont été tué(e)s ou fait(e)s prisonnier(e)s. Beaucoup d'autres ont été contraint(e)s à rentrer dans la clandestinité.

 

J'ai été arrêté le 2 septembre 1973, en raison d'un mandat d'arrêt émis contre moi pour hold up et le meurtre de deux policiers coloniaux. Je vivais dans la clandestinité et le seul fait qui mena à mon arrestation est la torture brutale exercée contre trois camarades prisonniers au quartier-général de la police de New Orléans. Le Département de la police de New Orléans, le FBI, le Département de police de New York et le Département de police de San Fransisco - tous ont pris part à l'arrestation et à la torture de mes camarades et ils apprirent où je me trouvais. Laissez-moi vous dire: la torture physique est en soi toujours douloureuse, mais elle est vraiment inhumaine quand on attache un "cattle prod" à vos organes génitaux ou quand on enfonce sans cesse dans votre pénis une aiguille à coudre. Et pouvez-vous vous imaginer la tête recouverte d'un sac sale, fermé au niveau du cou et comme point culminant, que l'on enfonce un objet inconnu dans la gorge  jusqu'à ce que vous vomissiez, tout cela accompagné de coups brutaux et ce durant toute une  semaine.et ce n'est là qu'une partie de ce que les policiers, qui ne font qu'appliquer la loi, ont fait subir à mes camarades dans le quartier-général de la police de New Orléans, pour savoir seulement où je me trouvais.

 

Après mon arrestation, ils m'ont interrogé au quartier-général de la police. Cela n'aurait aucun sens, et ce serait me répéter que de décrire comment j'ai été traité là-bas. Je peux simplement dire que les tortures qui me furent infligées ont encore dépassé  en cruauté celles infligées à mes camarades. Ils tremblaient d'excitation de pouvoir me toucher.;

 

Finalement, j'ai été enlevé de la prison de New Orléans par le Marshall fédéral et conduit à New York au mépris le plus total de mes soi-disants droits garantis par la constitution d'être entendu dans le cadre d'une procédure d'extradition. A New York, j'ai  été accusé du meurtre de Waverly Jones et de Joseph Piagentini, deux policiers coloniaux particulièrement brutaux travaillant dans la communauté noire. L'Accusation triompha. C'était comme si le Parquet, pendant que la police me recherchait, lui avait donné un chèque en blanc pour présenter ses trois témoins vedettes - des dénonciateurs payés qui travaillaient depuis trois mois pour elle. C'était des témoins professionnels et le prix de leurs services - cela a été admis par le Parquet - se montait à 400 000 dollars. Avec des témoins très bien payés, un juge choisi et un juge qui était du côté de l'Accusation, la question n'était pas de savoir si j'allais être condamné, mais à quelle rapidité cela allait se passer. Mais malheureusement, dans le jury, il y avait quelques âmes courageuses et sincères qui se refusèrent à se laisser abuser par les larmes de crocodiles et les plaintes simulées du Département de la Police ou par les menteurs rétribués, bien que le Parquet parlât d'eux en termes élogieux et donnat d'eux l'impression qu'ils étaient nés pour ce boulot. Grâce au courage et au sens de l'honneteté des membres du jury, le procès se termina sans résultat. Ils refusèrent tout simplement de me condamner et c'est ainsi qu'un deuxième procès commença. Entre-temps je fus emmené à San Fransisco et accusé de hold up.

 

Lorsque j'arrivai au tribunal, on me proposa une transaction: quinze années si je me reconnaissais coupable, sinon je risquais une peine maximale de vingt-cinq ans. Ma réponse fut que l'on cherche douze membres pour le jury et que l'on recommence. C'est ce que l'on fit et l'on trouva même un juré noir pour montrer qu'ils n'étaient pas racistes. Les autres étaient blancs et des classes moyennes.. Le Parquet se donna encore deux fois plus de mal pour donner l'impression qu'il était "beau joueur";

 

Mais après qu'ils m'aient recherché pendant trois ans, les témoins de l'Etat n'avaient plus des faits et des visages que des souvenirs confus. C'est pourquoi le Parquet avait fait asseoir tous ses témoins sur le dernier rang dans la salle du tribunal lorsque j'apparus, pour être absolument sûr qu'ils puissent m'identifier comme l'un des auteurs du hold up. Naturellement après un procès aussi honnête, je fus condamné à vingt-cinq ans de prison. Lorsque cette procédure fut terminée, les services de New York m'attendaient pour un autre tour devant les tribunaux. Je fus condamné avec mes deux camarade de la Black Liberation Army, Albert Washington et Anthony Bott pour le meurtre des deux policiers Jones et Piagentini à deux fois vingt-cinq ans de prison, avec la clause supplémentaire que nous ne pourrions bénéficier d'une libération conditionnelle qu'après vingt ans complets passés en taule. Nous avons été condamnés à New York, dans une véritable atmosphère de lynchage. La presse de Rockfeller criait  "à la mort" pour la Black Liberation Army et à la prison à perpétuité pour nous, "assassins" de policiers et "terroristes". Ils espéraient que les gens et en particulier les Noirs, croiraient que nous frappions aveuglément au lieu de frapper seulement les porcs qui sont responsables de notre exploitation et ceux qu font leur sale boulot de soldat comme Jones et Piagentini.

 

Je pense qu'il est clair pour la plupart des Noirs que nous sommes les victimes permanentes d'une conspiration nationale qui viole nos droits humains et constitutionnels et notre droit à l'autodétermination politique et économique.Parce que le travail, ou au moins l'espoir de travailler est un élément essentiel pour discipliner la plus grande partie de la population et parce que les Noirs sont exploités par des structures économiques et sociales actuelles aux Etats-Unis, la réponse des Noirs à cette injustice flagrante de la présence d'une armée coloniale (sous la forme des départements de police) qui contrôle la colonie noire et la tient en échec, est nécessaire. Mais, ni l'armée la plus puissante équipée des armes les plus sophistiquée, ni les lois les plus répressives ne peuvent nous arrêter sur le chemin de la liberté ... vers l'indépendance économique et sociale totale. Ce serait un mensonge de dire que le peuple noir et le département de la police politique ont quelque chose de commun. J'aimerais terminer par une citation du livre de James Baldwin "The fire next time"

 

"En tout cas, les Blancs qui ont volé leur liberté au peuple noir, et qui ont profité de ce vol à chaque minute qu'ils ont vécu, n'auraient pas un point de vue moral. Ils avaient des juges, des jurés, des armes, la loi, en un mot le pouvoir. Mais  ce n'était qu'un pouvoir criminel que l'on craint  mais que l'on ne peut respecter et que l'on doit tromper de toutes les façons possibles.".

 

Publié le 1er mai 210

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 20:39
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bruno23-1.jpg

Certains nous insultent,
D'autres nous taisent.
l--internationale--6-avril-1984.jpg
Pourtant, nous ne voulons rien d'autre
Que d'être nous-mêmes
Avec nos combats passés et présents
Nos convictions, nos idées.

Nous ne nions pas les combats des autres
Ils sont partie de nous-même.
Nous ne cherchons pas les pouvoirs,
Nos vies ont le pouvoir de ce que nous avons fait
Et de ce que nous faisons.

questions-tordues.jpg

Mais nous revendiquons ce qui nous a
amenés aussi loin que possible
dans nos actes,
que nous assumons encore et toujours aujourd'hui.
Les actes et leurs conséquences sur nos vies.

A Joëlle
A Bruno
aujourd'hui disparus
A nos camarades toujours emprisonnés.

collage-compress-.jpgbruno11-1-copie-1.jpg

A tous ceux qui luttent

Et ceux qui sont opprimés.

Contre le capital
Contre l'impéralisme
Pour le communisme

linter


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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 20:13

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C'est demain, et les heures sont d'une extrême longueur.

Parce que nous ne voulons pas imaginer que Jean-Marc puisse passer

Après ces vingt années de prison passées,

Sans raison,

Un jour de plus en prison.


Rappelons  deux choses essentielles pour linter.


Tout d'abord, il n' y a pas de raison juridique pour cette révocation.

L'interview ne dit rien de plus

Que ce que tout un chacun

Militant et conscient

Qui réfléchit à la société d'aujourd'hui et aux moyens de combattre

l'exploitation, l'oppression

a pu dire ou pourrait dire.

Liberté d'expression , mais surtout liberté de pouvoir

réfléchir et dire cette conscience, son engagement.


En ce sens, il est essentiel que tous ceux qui sont parcelles

d'un combat aujourd'hui puissent se sentir et se montrer solidaires

Lors du rassemblement de demain.


Et pour ceux qui ne peuvent être présents.

Parce que trop éloignés

Parce qu'au travail ou autre

Par des messages de solidarité qui pourraient être lus ou publiés.


D'autre part, c'est Jean-Marc Rouillan que l'on cherche à enfermer

Pour ce qu'il est, pour ce qu'il représente.

Parce qu'il signfie pour le pouvoir une conscience et une volonté

qu'on doit réduire au silence.

Car, comme d'autres prisonniers politiques, c'est sans voix et sans conscience

qu'on accepte de les voir dehors.

Qu'on tolère de les voir dehors, tant il est clair

que le contrôle des peines d'aménagement de peine

a été et n'est qu'une pression continuelle pour les réduire au silence et à l'in-action.


Aussi est-il essentiel d'être auprès de chacun d'eux

Et aujourd'hui auprès de Jean-Marc

Pour affirmer ce "droit à la liberté"!

Et que s'arrêtent ces mesures d'exception qui accompagnent

Depuis leurs arrestations chacun de leur moment de vie.


linter.


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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 18:11
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. "Quant à la réflexion apportée par le film sur les événements, elle semble légèrement naïve. Elle présente en effet la RAF comme un groupe stylé et sexy d’adolescents attardés, gavés de concepts marxistes, qu’ils n’arrivent pas à digérer avec suffisamment de discernement… face à Horst Herold (Bruno Ganz), l’homme chargé par le gouvernement de mettre un terme au terrorisme de la RAF, et dont le réalisateur fait un homme d’une extrême intelligence politique, qui tente toujours de comprendre les causes de la révolte plutôt que d’appliquer la répression pure. En a-t-il réellement été ainsi?" (site : ce que tu lis)

Cet extrait d'une critique du film sur la RAF est de loin  le plus différencié que l'on puisse trouver!!

. La plupart des critiques emboite en effet sans problème ni état d'âme l'image des militants véhiculée par le film.


Sans se demander quels liens les auteurs ont avec le pouvoir d'aujourd'hui et de l'époque. Sans aller eux-mêmes aux sources historiques qui leur permettraient de relativiser l'image qui leur est proposée.

Voir sur le blog dossier octobre 1977 - octobre 2007 :  lire

. Comme ils le font systématiquement, les médias martèlent la même vision destructrice de tous ceux qui luttent, ont lutté, pourraient être des repères.

Ils ne le font pas politiquement, par la discussion des causes de l'engagement, des références de ces militants mais en construisant des images destructrices, les plus destructrices possibles, pour masquer au maximum la réalité de ces femmes et de ces hommes.

Faut-il cependant que la réalité militante de ce groupe soit dérangeante, dangereuse pour le pouvoir aille si loin dans la déformation.

. Face à cette entreprise de dépolitisation systématique, nous ne pouvons que reprendre ce qu'indique Ron Augustin dans son article.

le texte de Ron Augustin: lire

C'est à nous qu'il revient d'informer, de donner accès aux sources, d'expliquer. C'est pourquoi sont si importants nos blogs, nos sites , nos initiatives, nos actions. Car, nous ne pouvons compter que sur nous seuls pour transmettre notre expérience.
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 20:18
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Comme souvent indiqué sur le blog, l'Internationale publié en 1982-1983 reprenait le titre du journal publié par Rosa Luxemburg et le courant révolutionnaire au sein du SPD.
Il affirmait par là une filiation. Celle d'un courant prenant conscience de ce que représentait de danger le réformisme et qui s'appuyant sur une conception marxiste, savait dépasser le nationalisme pour distinguer derrière, les forces du capitalisme dans la phase d'internationalisation que l'on a appelé impérialisme. Il constituait aussi  l'un des premiers acte de rupture ouverte et organisée avec la politique du parti social-démocrate et l'Internationale qui avaient rallié les unions sacrées.
Dans la biographie que Paul Fröhlich a consacrée à Rosa Luxemburg, on trouve ce chapitre décrivant l'histoire de cette revue au numéro unique mais qui préfigue ce que sera le spartakisme.


Dans sa biographie de Rosa Luxemburg, Paul Fröhlich consacre un chapitre à l'Internationale. On y trouve des extraits des articles de Rosa Luxemburg et le contexte dans lequel fut conçu ce journal qui ne compta qu'un exemplaire et qui fut tant compris comme une déclaration de guerre par le pouvoir, qu'aussitôt celui-ci lança une accusation de haute-trahison contre ses auteurs! (maspéro 1965)

"... A la longue cependant, un travail d'explication répondant uniquement aux besoins du jour ne pouvait suffire. Il fallait aller à la racine des problèmes et la mettre à nu pour un public plus large. Pour cela, il fallait une revue. Après bien des efforts et des déboires, la maison du parti à Düsseldorf put être gagnée à cette entreprise audacieuse. Au printemps de 1915, l'Internationale parut, sous la direction de Rosa Luxemburg et Franz Mehring. Les collaborateurs en  étaient Clara Zetkin, August Thalheimer, Käte Duncker, Paul Lange et Heinrich Ströbel. Le  niveau intellectuel de la revue était très élevé. Mehring y étudiait l'attitude de Marx et Engels  sur les questions des guerres et en tirait des conséquences pour la guerre présente. Zetkin traitait de la position des femmes face à la guerre. Lange analysait la politique d'union sacrée des syndicats. De même que dans toutes les publications légales de l'opposition, la lutte contre la guerre était menée principalement à travers la politique de guerre du parti, pour se mettre à l'abri des poursuites de la censure. Rosa Luxemburg écrivit un article sous son nom, La reconstruction de l'Internationale, et un autre sous le pseudonyme de Mortimer, Perspectives et projets, qui faisait la critique d'un livre de Kautsky.

Dans le premier article, Rosa Luxemburg constate que la social-démocratie allemande a abdiqué politiquement le 4 août, en même temps que l'Internationale s'effondrait, effondrement sans précédent dans l'histoire de tous les temps. L'alternative: socialisme ou impérialisme résumait de façon exhaustive l'orientation politique de la classe ouvrière. Mais au moment où, de tendance historique, cette alternative est devenue une réalité politique, la social-démocratie a baissé pavillon et a capitulé sans combat devant l'impérialisme. Kautsky, représentant du "centre marxiste", théoricien du marais, a apporté une contribution essentielle à cet effondrement. Quand Kautsky expliquait que l'Internationale n'était pas une arme pour le temps de guerre, quand Friedrich Adler disait avec résignation que, pendant la guerre seul le silence convenait au socialisme, c'était là une castration volontaire. En termes clairs, cela voulait dire qu':

"En temps de paix, on serait pour la lutte de classes à l'intérieur de chaque pays et la solidarité internationale à l'extérieur; et en temps de guerre, on serait pour la solidarité de classes à l'intérieur et pour la lutte entre les travailleurs des différents pays à l'extérieur. L'appel historique du Manifeste Communiste reçoit un complément important et proclame désormais après avoir été corrigé par Kautsky : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vour en temps de paix et tranchez-vous la gorge en temps de guerre". Donc aujourd'hui: "A chacun son Russe, à chacun son Français!" et demain une fois la paix conclue: "Etreignez-vous, millions d'hommes, ô baiser de l'Univers!" Car l'Internationale est "essentiellement un instrument de paix, mais elle n'est pas un outil efficace dans la guerre"."

L'amertume de Rosa Luxemburg se traduit ainsi en sentences très dures, caractéristiques de tous ses articles en temps de guerre. Mais en même temps, elle trace des perspectives pour le futur. Il serait absurde de croire que l'Internationale pourra redevenir après la guerre l'organisation de la lutte de classes, si elle ne commence pas dès la guerre à renaître sur le terrain de cette lutte. Il lui faut, soit réviser complètement aussi à l'avenir son ancienne politique de paix, proclamer l'harmonie entre les classes et défendre les intérêts impérialistes de la bourgeoisie, soit liquider toute sa tactique depuis le 4 août. Le premier pas dans ce sens, c'est la lutte pour la paix. Mais une lutte effective, et non des déclarations solennelles "contre toute politique de conquêtes", tandis que la propagande belliciste continue. Etablir de beaux programmes d'avenir sur le désarmement, la suppression de la diplomatie secrète, la liberté générale du commerce avec les colonies et la société des nations, cela n'a rien à voir avec la lutte pour la paix.

"Si l'effondrement du 4 août a prouvé quelque chose, c'est la vérité historique universelle de cet ensegnement que la garantie efficace de la paix, le rempart effectif contre les guerres ne résident ni dans les voeux pieux, ni dans d'astucieuses recettes ou des revendications utopiques que l'on adresse aux classes dirigeantes, mais uniquement dans la ferme volonté du prolétariat de rester, à travers tous les assauts de l'impérialisme, fidèle à sa politique de classe, à sa solidarité internationale ... Ici aussi, il n'y a qu'une alternative : ou Bethmann-Hollweg ou Liebknecht. Ou l'impérialisme, ou le socialisme, au sens où Marx l'entendait."

A la fin de son article, Rosa Luxemburg indique la cause la plus profonde de la faillitte de la social-démocratie, le facteur décisif d'une renaissance de l'Internationale :

"Placée devant la grande épreuve historique qu'elle (la social-démocratie) avait en outre prévue avec la rigueur d'un savant étudiant la nature et dont elle avait annoncé tous les aspects essentiels, elle fut complètement privée du second élément vital du mouvement ouvrier: la volonté agissante non seulement de comprendre l'histoire, mais encore de la faire. Avec toutes ses connaissances théoriques exemplaires et toute la puissance de son organisation, elle fut prise dans le tourbillon du fleuve de l'histoire et transformée en un rien de temps en une épave sans gouvernail livrée aux vents de l'impérialisme contre lesquels elle aurait dû lutter pour rejoindre l'île du salut, le socialisme ... C'est un effondrement historique d'une portée universelle et qui complique et retarde dangereusement la libération de l'humanité de la domination capitaliste ... L'Internationale, de même que la paix répondant aux intérêts de la classe prolétarienne, ne peuvent voir le jour que si le prolétariat exerce son autocritique, s'il prend conscience de sa propre puissance ... Le chemin qui mène à cette puissance est en même temps le chemin de la paix et de la reconstruction de l'internationale."

Cet article est d'une extrême importance pour apprécier la position tactique prise par Rosa Luxemburg à cette époque. Tous les arguments politiques ont manifestement été pesés minutieusement, tant pour mesurer la marge de liberté laissée par la censure que pour dire le juste nécessaire, ce à quoi les éléments radicaux étaient réceptifs à ce moment. C'est pourquoi Rosa n'exprime absolument pas le fond de sa pensée. Elle constate l'effondrement de l'Internationale. En quelques phrases, elle passe sur le gros des dirigeants du parti, sur les social-impérialistes. L'essentiel de son attaque se concentre sur Kautsky. Il en ressort clairement qu'elle considère la scission d'avec les socialistes de guerre comme inévitable, tant sur le plan national qu'international. Mais elle n'est pas disposée à bâcler les choses. Elle exhorte les impatients à ne pas se laisser guider par leurs impressions du moment. Tant qu'il y a encore une certaine liberté de mouvement et des possibilités d'action à l'intérieur du parti, il faut les exploiter. La grande tâche maintenant, c'est un inlassable travail d'explication pour regagner des fractions aussi larges que possibles de la base du parti à une politique animée par l'internationalisme. Un tel travail d'explication est beaucoup plus efficace de l'intérieur même du parti que de l'extérieur. Rosa croyait alors que la clarification décisive ne viendrait qu'après la fin de la guerre, après le retour des camarades qui étaient au front. Il n'en fut rien parce que le bureau du parti répondit à la résistance croissante des militants par la suppression progressive de toute démocratie intérieure. Dans ces premières années de guerre, la démarcation, même à l'intérieur de la direction du parti, n'était pas claire du tout. l'attitude de Kautsky ne cessait de confirmer Rosa Luxemburg dans la conviction qu'il était perdu pour le futur parti révolutionnaire. Mais parmi les cadres dirigeants et même parmi les députés, il y avait beaucoup d'indécis, encore capables d'évoluer à gauche sous la pression des événements; aussi Rosa recherchait-elle l'alliance avec le groupe de Georg Ledebour, Hugo Haase, Adolf Hoffmann, bien que ces derniers se refusassent, sur bien des points, à tirer des faits les conséquences qu'elle-même estimait nécessaires. Il fallait, pour pratiquer une telle politique de recul des échéances, être prêt à des concessions sur les questions d'organisation, il fallait évenuellement renoncer à certaines actions politiques, à la condition absolue cependant de n'accepter aucune limité dans l'activité de propagande, de combattre sans réserve la politique belliciste du bureau du parti, mais aussi de démasquer publiquement toute irrésolution dans les rangs de l'opposition. Pour l'essentiel, Lénine était d'accord avec cette position.

Dans l'orientation générale de la propagande, il semblait cependant avoir des divergences entre Lénine et Rosa. Lénine rejetait résolument le mot d'ordre de "paix", Rosa le mettait au contraire au centre de son action politique. Mais elle condamnait expressément l'appel aux classes dirigeantes, dans lequel lLénine voyait le piège de ce mot d'ordre. Rosa parlait seulement de lutte de classe, et non de révolution ni de guerre civile comme Lénine. Mais il ressort clairement de sa position qu'une paix correspondant aux intérêts de la classe prolétarienne" ne peut être obtenue que par la conquête du pouvoir.

Dans son article Perspectives et projets, Rosa met en pièces l'ouvrage de Kautsky ci-dessus mentionné, et en particulier ses idées sur l'impérialisme. Elle rejette résolument l'identification de la "démocratie moderne" et du régime parlementaire comme but socialiste: "la socialdémocratie n'a-t-elle pas toujours affirmé qu'une démocratie formelle" n'est concevable que lorsque l'égalité économique et sociale, c'est-à-dire un ordre économique socialiste, est réalisée et que par contre la "démocratie" de l'Etat national bourgeois est toujours en dernière instance plus ou moins un trompe-l'oeil?"

Le premier numéro de l'Internationale devait être le commencement d'une étude systématique de tous les problèmes posés au mouvement ouvrier par la guerre; et c'était un commencement plein de mordant. La censure militaire comprit cette déclaration de guerre et le procureur lança une accusation de haute-trahison contre Mehring, Luxemburg, Zetkin, l'éditeur et l'imprimeur."
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 20:54
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On se demande, on se dit.
Mais pourquoi donc s'est-il mis dans cette galère?
Il pouvait se taire.
Il pouvait attendre.

C'est vrai que pour beaucoup d'entre nous
L'engagement est un choix.
On balance les avantages, les inconvénients.
On parle de révolution
Et personne ne songe à nous en empêcher.
Car ce ne sont que des mots.
Si l'on est fatigué,
On peut se dire la lutte attendra.

Car souvent, nous ne sommes pas directement menacés,
Concernés.
C'est que nantis, nous pouvons attendre.
Ou croyons pouvoir attendre.

Mais il est d'autres façons d'être
De penser et d'agir

Il est des femmes et des hommes
Pour qui l'engagement n'est pas un "divertissement"
Un risque bien mesuré, bien inscrit dans une vie
Où l'on a tout balisé
Son travail, sa famille, sa retraite

Pour qui est impérative
la nécessité de développer une pensée
Pour que cesse cette exploitation
Par un système qui a conduit plusieurs fois
à l'extrême
Et qui au quotidien fait vivre
A une grande partie de la planête
la plus noire des exploitations

Et ces femmes et hommes,
Le pouvoir ne peut les voir libres.

Il n'y a rien dans l'interview de Jean-Marc
que n'auraient pu ou que n'ont dit tant d'autres.
Mais de lui, pour le pouvoir rien n'est acceptable
Si ce n'est le total silence.

linter

A propos de l'engagement, ce texte de Joëlle Aubron, prisonnière politique, militante d'Action Directe (2004 - repris sur le site action directe) Pour mémoire, et pour mieux dire ce qu'est l'engagement politique :
undefined Collage de Joëlle Aubron

L'engagement, s'engager nom commun ou verbe, le début de l'histoire est ce pourquoi on le fait. S'y entrelacent rejet des injustices et inégalités, vouloir y mettre terme, tenter un ici et maintenant différent et porteur d'avenir, circonstances et rencontres un flux inextricable d'émotions, des intimes, des collectives, dont la conscience se nourrit. Un processus et des alchimies. Les conditions historiques, les luttes et rêves collectifs de l'heure organisent les rencontres, les rencontres donnent de la matière aux premiers. Dans l'engagement, il y a spontanéité et décision mûrement réfléchie. La part de l'une et de l'autre est indéterminée. Elles augmentent ou diminuent en une tuyauterie communicante qui forge la détermination. L'engagement peut nous dépasser, exiger de nous bien au-delà de nos possibilités premières, de ce que l'on croit en savoir. Pour autant, avant tout, il nous porte. Il est courant de penser qu'on s'engagerait, sûr d'avoir raison. Je n'en crois rien. Je n'ai jamais pensé détenir la vérité, je me suis contentée d'espérer ne pas avoir tort. Ce n'est pas une réponse de Normande. Si d'hésitations en fulgurances, j'ai avancé, ce fut autour d'un questionnement. Plusieurs même où se décline de contribuer à élaborer un autre futur. La balance peut sembler mal équilibrée des choix aussi définitifs pour une contribution, simultanément, forte et incertaine. Cependant l'équilibre se fait.

D'un côté, une suite de choix, guidés par le soucis d'être cohérent, avec soi-même aussi. Dans le second plateau la lucidité sur l'éternelle incertitude elle-même compensée par la motivation et le sentiment de participer à une histoire commencée bien avant soi. Aujourd'hui, après 14 ans de prison dans des circonstances difficiles, cette aspiration ne m'a pas désertée. Il v a même des jours où je me demande si ce n'est pas la violence des hauts murs qui la conserve si vivante. La misère sociale, culturelle, humaine même parfois peut provoquer le sentiment d'impuissance. Mais, si rejeter l'impuissance est au coeur de l'élan vital ? Il y a un permanent aller-retour. Nous avons été vaincus et quand je dis nous ce ne sont pas seulement ceux d'A.D, c'est une génération entière de militants révolutionnaires, voir plusieurs un continuum d'engagements dont les rêves n'ont pas pu, pas su se matérialiser. Et alors ?.

Pourquoi en être découragé ? À l'instar de ceux et celles nous ayant précédé, nous avons appris et apprendrons encore. Le courage avait surgi de la nécessité.

La nécessité prenait sa source en deux dynamiques, inextricablement liées ce pourquoi et ce contre quoi l'on se bat. Le choix de la lutte armée n'est pas au centre. Elle est un moyen, la conséquence d'un moment historique le fruit d'un développement dans l'histoire réquisitionnaire. Néanmoins, risquer sa vie mais aussi assumer la violence dans nos sociétés développées peut paraître extrême. Et sans doute, plus encore la seconde implication. Justement parce que les représentations de "l'homme civilisé" s'acharnent à nier l'omniprésence d'une violence destructrice dans les rapports économiques et sociaux, et par là politiques.

Face à la violence brutale de l'ordre des choses tel qu'il est donné, seuls seraient admissibles les moyens dit démocratiques. Et l'impact du message de se renforcer encore dans le matraquage idéologique selon lequel le régime politique dominant serait le moins pire des systèmes possibles.

Je n'ai pas envie d'énumérer ici les guerres, les massacres, les destructions irrémédiables,... que produit ce prétendu moins pire. Pas seulement parce que ce serait fastidieux, c'est inutile l'histoire humaine n'est pas un bilan comptable. Mesurant l'inquantifiable, la comptabilité est irresponsable. Or l'engagement questionne la responsabilité. Contre les hypocrisies confortables, il déploie ses questionnements, met à nu les contradictions et repose sempiternellement la question des limites. La loi n'en est qu une parmi d'autres ; légalité n'est pas légitimité, les exemples ne manquent pas, du Code Noir aux Lois de Nuremberg.

Plus essentielles, celles dont Sartre rend compte dans "Les mains sales", le moment où l'on accepte de se salir les mains, celui où l'on refuse, celui où l'on se soumet à une discipline supérieure - quelle qu'elle soit-, celui où le but ne transcende plus les moyens. Un nécessaire questionnement pour que reste toujours ouverte la contradiction et en éveil la conscience. Mon engagement politique fut toujours parcouru par les questions qui avaient surgi à celte lecture, adolescente. Contre la barbarie d'une organisation sociale prédatrice, balayant le dégoût et la haine la colère et la révolte ouvrent la perspective. A interpréter notre réalité selon le credo de nos maîtres à "penser" nos désirs et nos ambitions se calculeraient à la progression du CAC40 pour les uns, à la sortie des cases de l'exclusion pour les autres. La découverte des exclus a accompagné "l'avènement" d'une prétendue fin de l'histoire ce n'est pas un hasard. C'était il y a dix ans. Aujourd'hui, nous n'en sommes plus là ;les ambitions pour faire coïncider démocratie politique et démocratie sociale, la soif de justice, ..., les désirs d'en finir avec la tristesse de l'impuissance alimentent à nouveau la nécessité de cette perspective, celle d'un monde réconcilié avec les vivants. La lutte armée ne semble exceptionnelle que Si l'on perd de vue la longue histoire de luttes des exploités et autres bannis pour se construire un devenir digne de leur humanité. Je me suis engagée parce que cela me sembla évident. J'en avais l'opportunité, cela convenait à ma perception de ce qu'il fallait faire et de ce que je pensais possible. Le coût était approximatif, imaginé mais non vécu. Pour autant, n'est-ce pas le lot de chacun? "Être un homme, une femme, veut dire, joyeusement jeter sa vie entière dans la balance du destin, S'il le faut, mais aussi se réjouir d'une journée lumineuse, d'un beau nuage." En 1917, alors incarcérée, Rosa Luxemburg écrivait ces lignes à une amie dans la peine. Et puisque justement, contre les logiques mortifères du régime capitaliste, il s'agissait et il s'agit encore de "miser sur la vie " "(2), l'engagement est une manière de vivre. Elle a le fantastique avantage de nous faire sujet de notre destinée. "Les hommes font leur histoire eux-mêmes, même Si dans des conditions historiquement dêteminées" "(3) L'engagement, c'est à la fois le vieux mythe de Prométhée, volant le feu aux Dieux pour que les hommes ne dépendent plus de leurs forces aveugles et arbitraires, et la persévérance faisant des illusions perdues des forces d'avenir.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 08:41
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Sur le blog de linter, une semaine avec Brecht

Partir est le plus grand des crimes,
A quoi se fier chez ses amis? Pas à leurs actes.
Demain que feront-ils, on ne peut le savoir.
Pas à leur  facon d'être.
Celle-ci peut changer. Seul compte le fait qu'ils ne s'en
vont pas.
Qui peut partir est incapable de rester. Celui qui a son
titre de congé en poche
Restera-t-il quand l'ennemi déclenchera l'attaque? Peut-être que non?
Si ça va mal pour moi, il se peut bien qu'il reste. Si c'est
Pour lui
Que ça va mal, il est fort possible qu'il parte.
Ceux qui se battent sont des pauvres. Eux ne peuvent
Partir.
Une fois la lutte engagée, ils ne peuvent partir.
Celui qui reste, on le connaît. Connaissait-on celui qui est parti?
Ce qui est parti est d'une autre nature que ce qui était là.
Avant que nous allions nous battre, je dois savoir: as-u
en poche
Un passeport? Est-ce qu'un avion t'attend à l'arrière
des lignes?
Combien de défaites es-tu prêt à subir? Puis-je t'envoyer
loin d'ici?
Autrement, nous n'irons pas nous battre

(Traduction de Gilbert Badia et Claude Duchert)


Brecht aux Editions de l'Arche
Aux éditions de l'Arche, magnifique collection de poche en cinq tomes des poèmes de Brecht, dont certains sont peu connus comme celui-ci. Pourtant en ceux qui luttent, ces poèmes toujours aphoriques, écrits dans une langue on ne peut plus simple, résonnent formidablement.
Il est de multiples façons de partir
Ainsi dans ce poème publié sur le blog aujourd'hui, on imagine qu'il est de multiples manières de "partir", de s'absenter d'une lutte.
Beaucoup ont le choix de lutter
On sait qu'il existe toujours pour beaucoup en fait le choix de lutter
et de laisser seuls, les plus opprimés
Et donc de laisser un jour certains, les plus opprimés, ceux qui n'ont pas le choix, seuls dans les combats.
C'est un poème difficile car il place chacun devant lui-même
(linter)


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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 18:13
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COHERENCE

Ici le bandeau du blog qui n'a pas été choisi par hasard et qui reste le fondement des réflexions du blog.

"Parce que nous pensons que cette expérience révolutionnaire ne peut être dépassée que par une nouvelle expérience révolutionnaire, capable de prendre en compte, mieux qu'elle, les intérêts généraux de toute la classe, parce que nous savons à partir de quel patrimoine nous avons nous-mêmes expérimenté des voies nouvelles, parce que rien dans la réalité ne nous indique un changement de la donne, barbarie ou communisme, parce que jamais les "projets" d'un "capitalisme à visage humain" n'ont paru aussi vains, nous n'avons aucune raison de renoncer."  Joëlle Aubron 1996
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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2