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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 11:10
L'Inter avait donc décidé de publier dans ses numéros neuf et dix un certain nombre de textes du front anti-impérialiste. Parmi ceux-ci ce premier communiqué d'Action directe paru dans  dans l'Inter 9. Ce n'était ni facile, ni évident mais cela correspondait à la volonté du journal de témoigner des luttes. Aujourd'hui, il est utile de les connaître, pour mieux comprendre contre quoi, pour quoi et comment se battaient ces camarades.

L'Inter indique en préambule: "nous avons reçu à l'adresse du journal ces communiqués, nous les publions intégralement comme contribution au débat. Joints au communiqué, nous avons reçu quelques documents en annexe. Le listing comptable de l'Institut ainsi que des brouillons de lettre. Nous les reproduisons dans leurs extraits les plus significatifs, ceux qui démontrent l'interdépendance entre l'Institut Atlantique et l'OTAN Ils prouvent entre autres la participation importante de l'OTAN au financement de l'Institut Atlantique et son engagement en faveur de l'implantation des euromissiles en particulier et de la politique belliciste en général." (ces documents illustrent l'article).

Communiqué:

Nous avons attaqué l'Institut Atlantique, cellule de réflexion et de propagande d'articulation impérialiste.

Son importance n'est pas à démontrer: nous l'avons choisi pour initier une nouvelle aire d'offensive politico-militaire, car bien plus que la Commission Trilatérale qui n'insère pas au sein de ses réflexions l'aspect matériellement militaire, l'Institut est un point de convergences pratiques entre les divers secteurs du capital international, la recherche dite scientifique et son application militaire.
 
Toute son infrastructure dirigeante est une preuve de cette affirmation. La direction est entièrement américaine, inféodée à l'OTAN. Au plus haut niveau des structures de cet institut, on retrouve des représentants du capital transnational, c'est ainsi que l'Italie est représenté par Agnelli, PDG de la Fiat. Le financement est opéré par des entreprises privées et par des entreprises étatiques, telles que le Crédit agricole, Elf Aquitaine ou la Régie Renault, mais c'est surtout l'OTAN lui-même qui assure le financement principal.

Les listings comptables, tous les brouillons de lettres que nous avons trouvés en deux ans de surveillance, démontrent que cette officine de l'OTAN est l'une des plus importantes courroies de transmission en Europe de l'Ouest.

les derniers travaux de l'institut révèlent les préoccupations de l'OTAN en Europe: restructuration industrielle, implantation des missiles, unification d'une Europe militaire et économique sous l'égide de l'OTAN.

Le simplisme qui ne veut voir l'impérialisme que comme un système global de surpuissance dominant tout, centralisé en un commandement général, que ce soit Washington, New York ou Disneyland, ou l'analyse contraire qui ne comprend l'impérialisme que comme une machine n'ayant des incidences ou ne pouvant être résolue qu'au quotidien, constituent les deux pièges qui conduisent à un renforcement de l'impérialisme par une fausse praxis.

Abattre aujourd'hui le système de domination impérialiste - celui du capitalisme à son stade de développement actuel, implique la nécessité impérative de l'organisation politique et militaire internationale des éléments conscients de la classe - afin d'attaquer et de désarticuler à tous les niveaux de commandement, le système impérialiste.

De la capacité à s'organiser des éléments avancés du prolétariat des métropoles dépend la réalisation ou l'échec des projets de l'impérialisme: surexploitation, guerres, anéantissement, mais de cette organisation communiste dépend aussi la possibilité pour le prolétariat de sa libération dans la guerre de classes vers une société communiste.

La révolte ou la résistance individuelle ou de mini-groupes ne peut se comprendre que comme le reflet partiel de l'antagonisme de classe et non comme transformation collective du rapport de forces dans cet antagonisme; de même que toute apparition ponctuelle - même militaire n'est pas un élément qui peut déterminer un affrontement réel, c'est-à-dire politique s'inscrivant dans une stratégie de lutte des classes.

Aujourd'hui, s'organiser, ce n'est pas seulement lier les individus et les pratiques antagonistes dans un système informel ou formel d'apparitions ponctuelles.

S'organiser, c'est unifier toujours plus les pratiques différentes dans une analyse et une stratégie concrètes d'attaque, de destruction/construction, c'est dépasser les errements et la désorientation individuelle, mini-collective, dilettante, engendrée par le caractère contradictoire des rapports de domination impérialiste, par un développement analytique, pratique et commun. C'est construire sur le terrain de l'affrontement par la pratique, le débat, la réflexion, la confrontation, la ligne politique qui permette à chacun et à tous d'être les éléments conscients et responsables au sein de l'organisation, de la globalité de l'affrontement. D'en être les germes et les fruits.

L'organisation dans les métropoles aujourd'hui sert les éléments communistes qui oeuvrent ensemble afin d'unifier un maximum de réalités antagonistes, par une stratégie révolutionnaire véritablement capable d'armer le prolétariat de la volonté de s'armer.

Le rôle historique du prolétariat ne réside pas tant seulement en ce qu'il est, comme producteur collectif, le pilier de ce système, mais aussi en ce que comme producteur collectif, chacune de ses erreurs, chaque repli, chaque défaite alourdisse le poids de ses chaînes et renforce le pouvoir qu'il aura plus tard à subir et à vaincre.

L'historicité de son rôle réside en ce que dans l'alternative de construire un monde qui lui est étranger, même avec les avantages partiels que le capital lui concède, son choix est - soit de décider de le détruire pour s'émanciper et vivre comme des êtres humains, soit de s'enchaîner en participant consciemment ou non à l'extermination de ce monde par l'impérialisme.

Pour nous, en tant que communistes - fraction organisée et combattante du prolétariat - c'est consciemment que nous avons choisi en refusant toute suprématie et détermination extérieure à la classe.

Rompre les chaînes pour articuler nos forces en pratiques concrètes d'attaques Nous sommes tout aussi conscients qu'étant partie de la classe, ce n'est qu'en développant simultanément la force de la classe et ses victoires que nous développerons la conscience nécessaire à son organisation pour d'autres victoires.

Mener le combat dans les métropoles avec les révolutionnaires d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie
Construire l'organisation à partir des usines et des quartiers
Guerre de classe contre guerre impérialiste
Solidarité avec tous les révolutionnaires emprisonnés
Pour l'unité des communistes dans l'offensive contre le capital - celui des multinationales, de l'OTAN
Unité stratégique des organisations communistes combattantes dans le développement de la guerre de classe

Le 11 juin 1984
Unité combattante Ciro Rizatto
Action directe
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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 17:02
Un dernier texte est publié dans le dossier de L'Internationale No 6: Il est en fait une interview au Monde qui part de l'identité de l'organisation et des faits marquants de 1982, pour affirmer son rejet des attentats-massacres ayant eu lieu en France et de l'amalgame tenté par l'Etat et qui analyse deux faits essentiels: le sommet de Versailles et  la guerre au Liban (le texte est publié en deux parties sur le blog).

82, du sommet de Versailles au Liban


Action Directe n'est pas apparue par génération spontanée. Des individus ou des groupes ayant eu des expériences diverses de propagande armée ont ressenti la nécessité, au-delà d'actions ponctuelles ou de campagnes politiques (comme en 1997 après l'assassinat des camarades de la RAF, comme les campagnes sur le nucléaire ...), de se donner un instrument afin de promouvoir une stratégie communiste.

But et historique

Dès le début de notre apparition, nous avons été une guérilla communiste, défendant la lutte anti-impérialiste, sur une position de classe. La conséquence: une compréhension pratique de la nécessité de l'illégalisme révolutionnaire.
C'est le début de ce combat communiste qui a déterminé les instruments de lutte que nous avons créés. Nous pensons que ceux-ci peuvent amener une confrontation, un dépassement de l'expérience prolétaire, vers l'implantation d'une guerre révolutionnaire prolongée.
Nous ne pouvons faire ici un historique précis des actions entreprises par nos groupes. Nos objectifs délimitent clairement notre intervention politique.
Jamais nos actions n'ont pu prêter à confusion. Les moments et les cibles choisis apportent eux-mêmes la preuve de nos lignes fortes: guerre de classe et anti-impérialisme.
Nous avons lutté fort, et avons été réprimé fort.
Nous avons eu des camarades assassinés, nous avons connu des Q.H.S. dans le silence et l'arbitraire le plus total.
Pourtant, après quatre années d'existence, notre continuité politique n'a jamais été mise en danger. Nous posons toujours les mêmes questions.

Répression et amalgame

Nous n'avons jamais eu d'illusion sur le nouveau pouvoir, nouvelle gestion du Capital et tentative de réponse du système impérialiste en France.
Nous savons ce que signifie un gouvernement social-démocrate pour les prolétaires. En France, la répression de la grève des mineurs en 1948; dans les pays dépendants, les massacres de Sétif, le massacre de 80 000 personnes à Madagascar, les bombardements d'Hanoï, le coup de Suez ...
Mais nous avons essayé d'utiliser cette période d'euphorie et d'illusion pour tenter d'ouvrir de nouveaux fronts avec de nouvelles méthodes: lutte dans les prisons pour la fermeture des Q.H.S., lutte lors de l'manistie pour la libération des révolutionnaires emprisonnés, lutte avec les travailleurs immigrés pour le logement dans le quartier de la Goutte d'Or (occupation de six immeubles), travail d'information et de propagande écrite sur notre mouvement.
Face à nous, la force tranquille a dévoilé son vrai visage: provocation, diffamation, paternalisme, intimidations physiques, attentats contre nos squatts etc.
Plus de 1800 personnes ont été raflées en 4 mois, pressions sur les employeurs, tabassage de camarades, chantage sur la régularisation des papiers des camarades immigrés. Il a donc été difficile pour nous de sombrer dans "l'état de grâce".
Il était évident que les socialistes n'accepteraient aucune lutte ne s'intégrant pas à la contestation institutionnalisée et au soutien critique.
Le mois de juin 1982 a vu les enjeux de politicaillerie nationale dépassés par un événement déterminant: la venue de Reagan en Europe.
A l'ordre du jour dans les salons de Versailles:resserrer l'alliance impérialiste de l'O.T.A.N. à l'heure de la démocratie des droits du citoyen. Les marchandages qui portent sur les préparatifs d'une "guerre nucléaire tactique" en Europe, la fabrication de la bombe à neutrons française, le soutien ou non à des conflits dits " pérphériques", tel celui des Malvinas, sont soigneusement tenus secrets.
Reagan, en agitant le spectre de la guerre, a rencontré sur son passage un vaste mouvement de protestation dont l'ampleur ne s'était pas vue en Europe depuis une dizine d'années, mouvement majoritairement pacifiste qui, telle l'autruche, en se fermant les yeux et en invoquant la paix, croit pouvoir exorciser et retenir à sa porte un monstre informe déjà là. Dans le même temps se déclenchait l'invasion israélienne au Liban ...
Mais désormais la logique d'acier de la guerre impérialiste pénètre aussi les "pays développés", les métropoles.
La "crise", c'est-à-dire la restructuration du capital, cela veut dire des millions de chômeurs, des conditions de vie de plus en plus précaires. La menace brandie, c'est la répression sous toutes ses formes et c'est aussi l'anéantissement, le génocide séletif. Voilà la solution que propose Reagan.
Nous devons combattre les complots qui se trament. Ne pas nous limiter au catastrophisme, mais combattre. C'est dans ce combat que nous avons lancé une campagne limitée visant des objectifs américains et israéliens.
Nous sommes convaincus que des attentats-massacres tels que Marbeuf, Copernic ou la Rue des Rosiers, sont concertés et planifiés, de façon systématique, par des groupes de pression, et particulièrement les services secrets.
Des intentions politiques précises et des conflits inter-Etats se cachent derrière ces actes. Désamorcer toute opposition éventuelle, même d'autodéfense, devant la politique économique et militaire créée par les Etats, tel est le véritable but de ces attentats.
Bologne, Munich sont évidemment des faits d'Etats et non de guérilla. Il est affligeant que 13 ans après l'attentat de la Piazza Fontana, qui précède la tentative de coup d'Etat du prince Borghese, des gens marchent encore dans ce genre de panneaux.
Mêler comme le fait une certaine presse, les groupes de guérilla à ces actes, c'est leur donner le prolongement politique qu'attendent leurs instigateurs. Suffira-t-il de manipuler un déséquilibré qui mettra une bombe à 6 heures dans la gare Saint-Lazare, et de signer Action directe pour que l'on demande nos têtes?
L'après-midi de la Rue de Rosiers, alors qu'il était évident pour le gouvernement que nous n'étions, ni de près ni de loin, liés à ce massacre, Monsieur Deferre est intervenu personnellement pour faire arrêter tous les militants légaux d'A.D. Autrement dit, nous pensons que le gouvernement connaît virtuellement ceux qui ont téléguidé le massacre, mais qu'il est totalement impuissant.
Masquer cette impuissance en favorisant l'amalgame, c'est objectivement appeler au lynchage.
Les interminables discussions Est-Ouest pour savoir où et comment stocker les missiles nucléaires, les dialogues Nord-Sud arrachant aux pays dépendants leurs mains-d'oeuvre et leurs matières premières à bon prix, le diktat des multinationales de l'agro-business et des organismes de financement sur les pays affamés, les concertations patronales pour plus de rentabilité dans l'extraction de la force de travail, les décisions des Etats augmentant sans arrêt les effectifs et les moyens policiers, faisant à présent, comme en France, appel au contingent pour garantir la paix sociale.
Voilà une partie de la terreur quotidienne. A tel point qu'elle est banalisée et ressentie non plus comme violence mais seulement comme état de fait.
Par l'impact qu'ont les massacres sur les gens, en les amalgamant avec les guérillas métropolitaines, on cherche à provoquer un rejet qui, s'il aboutissait, conduirait  au renoncement à tout combat et à l'abandon de toute espérance de libération humaine.
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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 16:24
(suite du texte: 82, du sommet de Versailles au Liban)

Le Liban

La guerre au Liban est indissociable d'une guerre rampante et généralisée au Moyen-Orient.
De Beyrouth à Kaboul, d'Asmara à Koramchar, le jeu de la stratégie impérialiste se déroule au-dessus des peuples, qui en sont les victimes. Les seules forces populaires qui s'insurgent les armes à la main contre cet état de fait subissent la plus terrible répression.
Sabra et Chatila entrent dans la logique de massacre et de pacification entreprise par l'impérialisme américain, européen et sioniste. L'enjeu est de forcer les Palestiniens à accepter le plan Reagan avec l'aide des pays arabes les plus réactionnaires.
On ne peut résoudre le "problème" israélo-palestinien en restant dans une logique d'Etat. Seule une guerre de classe permettrait d'entrevoir la possibilité d'une cohabitation judéo-arabe dans un Proche-Orient débarrassé des requins, des valets et de l'oligarchie corrompue. Pour l'heure, les socialistes ont participé au replâtrage actif d'un Etat libanais moribond, mettant en selle l'extrême-droite religieuse phalngiste, dont ils ont bien vite "oublié" qu'elle puise ses racines dans le courant national-socialiste des années trente. Voici quelles sont les forces souillées de sang qui vont dans les mois à venir assurer la paix et la sécurité des citoyens libanais!
Alors? Après que la FINUL se soit ridiculisée sur la frontière israélo-libanaise, que les peuples libanais et palestinien aient subi plusieurs mois de massacres, que des milliers de prisonniers, dont le seul crime est d'être Palestinien, croupissent dans les camps de concentration où les organismes internationaux n'ont pas accès, c'est vraiment prendre les gens pour des cons que de leur faire croire que l'armée française part là-bas pour maintenir la paix, pour remplir une mission humanitaire dans un pays confié à la gestion d'un parti fasciste.

Stratégie

Après le cycle classique provocation-amalgame-répression, le gouvernement socialiste va pouvoir accomplir ce que le gouvernement précédent n'avait pas les moyens politiques de mettre en place:
. La modernisation de l'appareil répressif d'Etat s'intégrant dans le vieux projet de coordination opérationnelle des Etats européens (la RFA étant le maître d'oeuvre)
. L'informatisation donnera la possibilité à tout moment de centraliser la répression internationale permettant aux Etats d'écraser dans l'oeuf toute tentative de soulèvement contre son Ordre et sa réalité.
Au niveau national, le gouvernement, qui s'était taillé une réputation de "démocratie" en manifestant l'intention de supprimer les brigades spéciales, n'a fait en réalité que les maintenir et en créer de nouvelles plus performantes avec l'aide de la B.R.I., des super-gendarmes, des super-espions, gang d'assassins du groupe "Action" de la D.G.S.E.. Le résultat? La création d'une police politique plus puissante que jamais, dont l'activité est dirigée essentiellement contre le mouvement révolutionnaire.
Que redoute tant l'Etat pour développer un tel appareil?
L'impérialisme n'est pas un monstre abstrait, trônant au sommet de la pyramide sociale. L'impérialisme, c'est le système d'exploitation capitaliste qui a étendu ses rets sur toute la planète et qui domine tous les rapports sociaux. C'est un système totalitaire et sa guerre sera totale.
Dans les démocraties occidentales comme dans les pays dépendants, l'impérialisme ne peut défendre sa logique interne qu'en développant une guerre sans merci contre ses ennemis, n'hésitant pas à balayer les acquis des luttes du prolétariat: droit au travail, formes de protection de la reproduction des forces de travail (santé, logement, éducation).
Les luttes quotidiennes qui s'épuisent en formes multiples et éclatées sont l'expression de la résistance à l'ordre impérialiste.
Etre révolutionnaire aujourd'hui, c'est établir des lignes stratégiques, liens entre ces luttes parcellaires et leur volonté d'émancipation, de libération totale de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Cette lutte sera internationale ou ne sera pas.
Dans les quartier, les usines, les régions, doit se développer une guérilla périphérique qui permettra l'encerclement de l'ennemi. Ce combat, nous le mènerons jusqu'à la victoire.
Octobre 1982
Action directe
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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 08:44
L'Inter a donc publié, dans son numéro 6, des textes d'Action directe, expliquant sa démarche, sa pratique, son histoire en train de s'écrire. Ils ne sont pas toujours aisés à suivre du fait du manque pour certains, plus jeunes, de repères historiques de l'époque. Mais pour tous  ceux qui s'interrogent sur les pratiques révolutionnaires, il est sans nul doute possible d'entrer dans ces textes. Celui-ci se nomme "Continuité d'un projet communiste".

C'est dans l'histoire des luttes des prolétaires contre l'exploitation et l'oppression capitaliste que se situe pour nous la continuité du projet communiste d'Action directe.
Action directe se forme à la suite de la deuxième phase de la guérilla en Europe de l'Ouest.
La première phase est constituée - avec l'action d'Heidelberg menée par la RAF - par l'apparition de la nécessité et de la possibilité de la lutte armée révolutionnaire, qui lie la volonté de libération des peuples du tiers monde et des prolétaires des métropoles.
La deuxième phase, avec les actions Schleyer/Moro, est marquée par l'anticipation de la lutte armée en tant que détermination de la dialectique construction/destruction. C'est dans et comme expression de cette phase que se forme durant l'été/l'automne 1978, Action directe.
Suit alors une phase d'actions, conçues par rapport à la situation politique, et la nécessité stratégique et tactique de l'implantation de la lutte armée, et liant l'organisation à la lutte de masse contre les symptômes, particuliers à la France, de l'impérialisme.
Contre l'interventionnisme impérialiste de la France dans les pays du tiers monde: des actions sont menées contre les centres de gestion de cette politique, le ministère de la Coopération et l'Ecole de guerre. Contre la politique sociale de l'Etat: l'attaque du siège CNPF, des bureaux de la Délégation à l'Emploi, de la Direction de l'Inspection du Travail, des ministères du Travail et de la Santé. Contre la répression des luttes des travailleurs immigrés: la destruction du siège de la Sonacotra et de deux officines chargées de l'expulsion de locataires dans les ghettos, l'attaque contre l'antenne de la DST, chargée de la surveillance des activités des organisations de travailleurs immigrés en France.
A cette phase d'implantation de la lutte armée succède celle de la construction révolutionnaire au sein de la classe et le refus de se laisser désarmer par la troisème voie. Alors que la première phase tendait à l'implantation de la stratégie à l'intérieur des ghettos prolétaires, la seconde phase partait de ceux-ci en renouant avec les lignes du développement global de la stratégie.
Des bâtiments occupés de Barbès, de cette lutte nous ayant apporté l'indispensable compréhension dialectique classe/mouvement révolutionnaire/organisation communiste et malgré son caractère parcellaire, est née la nécessité du saut qualitatif vers la globalisation de la rupture et l'optique résolument internationaliste de notre développement.
Dans les ghettos, nous avons compris, pratiquement, que la conscience prolétarienne ne pouvait accepter aucune séparation. Que la réhomogéniéisation de la classe passait par l'internationalisation, autant dans les métropoles que dans son développement dans le tiers monde.
Nous ne cherchions nullement des contacts internationaux, mais pratiquions à travers nos actions l'internationalisme ici. Que ce soit par nos interventions politico-militaires avec les organisations communistes turques ou notre concours aux projets révolutionnaires de nos camarades italiens etc. Cette phase se concluait par nos interventions contre la Banque Mondiale, le FMI et la Chase Manhattant Bank.
La phase actuelle est le saut de l'organisation dans la lutte contre la globalité de l'expression de l'impérialisme, aussi en France, par la campagne contre l'invasion et les massacres sionistes au Liban, le point de rupture avec toutes les formes partielles de pacification qu'emploie actuellement l'impérialisme.
Celle-ci est compréhension et pratique agissante de l'idée et de la nécessité du combat communiste international contre toutes les formes que prend l'impérialisme pour imposer son hégémonie.
Nullement retrait du terrain de la dialectique révolutionnaire contruction/destruction, elle est au contraire construction dans la rupture que signifie l'organisation révolutionnaire communiste et destruction de la pacification/et des ruptures établies au sein de la classe.
Actuellement ce qui fait toujours espérer la mise à mort d'Action directe et ce qui l'a desservie, c'est l'histoire des organisation communistes qui l'ont précédée depuis 1968: la NRP et la GP, qui s'est dissoute en 1973 dans un grand mélo quotidienniste-réformiste.
La volonté révolutionnaire des militants de ces organisations a été conduite, par le gauchisme immédiatiste, dans l'impasse. Toute une génération porte en elle l'incapacité de dépasser cette défaite.
les GARI, victimes de leur lutte parcellaire, à la limité de l'antifascisme, ont été dans l'incapacité de transformer en mouvement de rupture, l'énorme soutien dont ils bénéficiaient.
Les Brigades Internationales, qui ont assuré une tâche spécifique, vu leur composition et leurs actions, furent elles aussi dans l'incapacité de construire un pôle réel de lutte révolutionnaire.
les NAPAP, organisation communiste, n'ont jamais pu durant leurs quelques mois d'existence, construire sur les acquis de leurs actions politco-militaires.
Les groupes autonomes libertaires (CLODO, Groupe Ulrike Meinhof-Puig Antich etc ...), l'une des composantes du mouvement potentiellement la plus forte par ses capacités d'actions et l'importance de ses bases militantes, mais sempiternellement victime de ses manques de stratégie, dus au caractère partiel de son analyse immédiatiste, parce quils n'agissent toujours qu'en réponse ou afin de faire pression sur des problèmes partiels. A cela s'ajoute une vision individualiste entraînant une désorganisation permanente par le sectarisme, le localisme, le personnalisme etc ...
Le refus de s'organiser structurellement, de développer une stratégie d'attaque cohérente, qui se fonde sur une croyance en une continuité mécaniste dans le temps, laisse toujours celui-ci (le temps) aux stratégies développées par le capital, de les récupérer.
En d'autres termes, leurs non ruptures totales les emprisonnent dans les limites du "no mans land" de la confrontation entre la construction combattant et l'Etat.
Il a été très difficile à Action directe de dépasser les limites de ces expériences antérieures, car le mouvement révolutionnaire ne croyait plus à la construction possible d'un pôle révolutionnaire réellement offensif. Les échecs répétés auxquels le mouvement était habitué entraînèrent des ruptures partielles et ponctuelles des gens qui s'engageaient dans le processus organisationnel.
D'autre part, à la différence des mouvements révolutionnaires en Italie ou en Allemagne, qui eurent une détermination pratique à la lutte par le processus qu'instaurèrent les organisations de lutte armée, le mouvement français, lui, s'est trouvé limité - du fait d'une politisation idéologique - à une compréhension partielle de la pratique nécessaire au dépassement des situations.
Aujourd'hui, il est nullement nécessaire de copier tel ou tel schéma mais bien de comprendre les erreurs, de les dépasser pratiquement ou de continuer à s'enfermer dans la sclérose en laissant le terrain inoccupé devant les stratégies d'attaque développées et employées par l'impérialisme dans tous les domaines de la vie.
L'anticipation de "l'échec de la social-démocratie" s'est faite dans le caractère quotidien de la répression dans les ghettos, dans la politique pro-sioniste et toujours plus ouvertement atlantiste des socialistes, leurs interventions militaires sans cesse intensifiées en Afrique, tandis qu'à l'intérieur, la restructuration impérialiste nécessitait le développement des forces armées, une politique internationale offensive et guerrière, le développement des industries d'armement sous l'angle aussi de l'industrie de pointe compétitive, la militarisation du corps social qui doit soutenir l'effort guerrier
Ce que la petite-bourgeoisie n'a pas vu dans ses espoirs déçus de troisième voie, c'est que  l'attachement à la bombe et à l'OTAN a toujours été une condition fondamentale de l'accession au pouvoir d'un parti dans une démocratie parlementaire européenne et que les enjeux se sont durcis dans le contexte international.
La gauche est certes bien outillée pour faire passer une politique belliciste et une politique d'austérité, en les travestissant pour gagner du temps et éviter l'affrontement de classe. Pour cette politique, la passe est cependant étroite. Et la gauche au pouvoir sait qu'elle creuse sa propre tombe, condamnée à offrir l'édifice restauré à une droite qui recompose ses alliances avec les "déçus du socialisme". De là, le frisson sur le danger fasciste qui parcourt la petite-bourgeoisie effrayée par la montée des forces qu'elle-même produit.
Dans cette situation, la nécessité pour le gouvernement social-démocrate d'étendre à la France la pacification comprend la répression toujours plus poussée contre les fractions organisées de la classe. Sa tentative, et elle nous sait partie de cette classe, est de désarmer celle-ci pour la soumettre au destin de ses fausses alternatives.
C'est aussi dans ce contexte de pacification que beaucoup disent "Que faire?". Il n'y a pour nous aucune limite à l'initiative révolutionnaire. Dépasser les fausses séparations, réhomogénéiser la classe. C'est en partant des secteurs spécifiques à chacun, aller au-delà de ceux-ci en combattant les pratiques de partialisation qui se font jour en eux. Faire circuler et rendre vivant par la pratique les messages révolutionnaires. Construire et organiser les énergies, non pas seulement en réponse, mais en stratégie d'interrogation et d'attaques.


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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 07:58
Dans son dossier, l'Inter 6, avril 1984, publie ce texte d'Action directe sur les stratégies de guerre et de restructuration capitaliste.
C'est l'époque où s'est développé le mouvement antimissiles et le texte analyse le mouvement pacifiste, son utilisation par ceux-là mêmes qu'il veut combattre et en quoi ce type de mouvement peut être instrumentalisé et donc condamné à l'échec.
Parallèlement, il analyse le développement du capitalisme et là encore il faut se souvenir qu'on est en plein processus de restructuration du capital, cette restructuration qui conduira à la crise de la sidérurgie par exemple, à l'abandon du textile, à la crise de l'industrie automobile, tous signes avant-coureurs de ce que nous nommons aujourd'hui la mondialisation, mais qui peut s'inscrire dans l'analyse générale commencée par le marxisme de l'accumulation capitaliste, c'est à dire sa tendance à s'étendre toujours plus loin, à élargir son emprise au-delà des frontières et aujourd'hui au niveau mondial.
Relire ce texte, là encore, même si l'on doit faire l'effort de rentrer dans ses formulations, c'est sans aucun doute mieux comprendre ce pour quoi et contre quoi luttaient à l'époque ces militants..


GUERRE ET RESTRUCTURATION

Comme toujours, face à la prise de conscience des masses, des conditions qui leur sont réservées dans le capitalisme, les Etats européens ont, en interaction avec la politique agressive des USA, globalisé et mercantilisé les gestes de révolte et de désespoir qui s'élevaient contre leurs menées.

La pacification des esprits

    Dans une logique qui est propre à leur système de production, ils ont, en valorisant à l'extrême les gestes de refus de leur politique hégémonique, partialisé, atomisé, rendu inflationniste un mouvement qui portait en son sein les notions d'internationalisme.
    En fin de compte, l'analyse et la critique concrète de ce qui se passe et de ce qui s'est passé, n'a jamais été exprimé clairement. Alors que partout en Europe se développait un mouvement d'attaque, chacun, à l'intérieur de ses frontières, refusait le sort maintenant bien ancré, de la réalité impérialiste, par refus de missiles interposés.
    Par décret étatique affirmant que "l'automne sera chaud", chacun et tous se virent concernés et naturellement chacun et tous réagirent avec la passion exacerbée de leurs habitudes quotidiennes: la révolte ou le désespoir, la violence ou la non-violence. L'habitude d'agir en être non concerné déploya sur le terrain les habitudes de gens concernés: la soumission, la peur, le désespoir et le besoin de survivre, en les canalisant à l'intérieur du mouvement, les opposant concrètement à toutes les intentions de construction révolutionnaire réelle.
    Très peu virent ou voulurent voir qu'il s'agissait d'un mercantilisme orchestré par les Etats contre tout désir de résistance dans l'avenir.
    Qu'ils s'agissait pour les Etats européens de séparer et d'isoler toute volonté de construction révolutionnaire radicale, violente. De mobiliser et d'idéologiser les êtres des différents Etats pour les soumettre aux conséquences agressives de leur politique, en les liant au fait établi de leur hégémonie.
    De neutraliser et de désespérer par la multitude des attitudes de soumission, la qualité qu'exprime la construction révolutionnaire radicale.
    L'automne chaud fut le moment d'une guerre psychologique menée par l'Etat et dont le but était de contrecarrer la possibilité de construction d'un pôle révolutionnaire radical.
    
Non pas en tant que contre-mouvement mais au sein des masses.   
   Aujourd'hui, il reste au mouvement révolutionnaire à développer dans ses avancées au sein des masses, la construction de la révolution et non pas à se laisser déterminer par les escarmouches que lui livre l'Etat.
   
Aujourd'hui, comme nous l'avons exprimé dans notre texte "Une tâche révolutionnaire, le combat international", nous pensons que l'internationalisme réel et pratique est une nécessité stratégique et non un slogan idéologique.
    A travers des divergences et des oppositions, ce point de vue est commun à diverses organisations communistes et à divers prolétaires en Europe: " Il [l'internationalisme] est en synthèse, diffusion de la puissance des messages révolutionnaires, de la puissance de leur critique radicale des conditions sociales existantes; il est information pour combattre ensemble et unis pour vaincre" (Groupe d'Elaboration 16 mars, Palmi 1981).
    "La politique révolutionnaire ici est la stratégie qui conçoit l'ensemble de la résistance dans le cadre de la réalité quotidienne ici, comme processus de libération, et la comprend comme partie, secteur et fonction des luttes mondiales, dont seule l'action combinée permet d'atteindre le but." (RAF, mai 1982)
   
Voir aussi la revendication des BR pour la construction du PCC à propos de l'exécution de Hunt.
    Le pacifisme, lui, dans l'impossibilité, liée à ses origines sociales, de saisir la nature véritable des enjeux, l'ensemble de la stratégie impérialiste, de développer une ligne politique révolutionnaire constructive, porte en lui la raison même de son échec, et ceci s'est vérifié par son incompréhension des systèmes de valorisation mis en jeu pour l'éliminer.
    Partiel dans son expression, le pacifisme, par son échec, non seulement donne une justification idéologique à la pacification, mais il offre de plus, par sa propre pacification, la possibilité de globaliser et d'intensifier la tendance générale à la guerre.
    "Il faut éclairci tout de suite un point. Ce qui caractérise la phase actuelle par rapport au conflit de 1939/1945, ce n'est pas tant la puissance des moyens de destruction que l'extension, désormais mondiale de la guerre de classe, la présence de la guérilla communiste ou l'existence de conditions favorables à son développement dans chaque coin du monde et particulièrement dans les métropoles.", (Brigades rouges, "L'Abeille et le communisme", septembre 1980.)

Nécessités capitalistes de la restructuration

    "Plus la production capitaliste se substitue à des types de production rétrogrades, plus se resserrent les limites du marché imposées par la recherche du profit, contrecarrant les besoins d'expansion des entreprises capitalistes existantes" (Karl Marx).
    L'impossibilité pour le capital de connaître des phases de stagnation prolongées, la nécessité de l'accroissement des taux de profits, la crise de surproduction absolue dans les centres depuis plus d'une décennie, caractérisent l'actuelle phase historique par la généralisation de la crise.
    Sa loi, qui tend à la reprise de l'accumulation, de l'élargissement de sa production, le pousse à mettre la main sur les zones et les pays n'étant pas encore fondamentalement entrés ou étant partiellement sortis de l'aire de production capitaliste.
    En effet, malgré les divers systèmes politiques qui aujourd'hui partagent le monde, ce ne sont nullement des intérêts idéologiques qui sont en jeu, mais bien la réalisation de l'intérêt économique capitaliste et de la pénétration du monde par le mode de production capitaliste.
    Aujourd'hui, lorsque les oppositions sont exprimées sur fond politico-idéologique, elles n'expriment rien d'autre que les obstacles et les contradictions que le capitalisme rencontre dans sa politique agresive d'hégémonie. Elles expriment son insuffisance et la façon dont il transmet celle-ci à ses mercenaires et soldats, pour ouvrir de nouveaux fronts ou pacifier ses arrières en vue de la réalisation d'un nouvel ordre mondial de domination.
    Lorsque le capital est contraint de concrétiser par un saut qualitatif sa composition organique, lui permettant une valorisation maximale de la révolution technico-industrielle, il ne le fait qu'en détruisant "les forces de production superflues" et les moyens de production dépassés. Et cela tant en termes de valeur qu'en termes physiques.
    S
a lutte pour s'assurer la supématie sur le marché mondial est quotidiennement vécue par les masses planétaires, confrontées aux réponses technologiques et militaires qu'il apporte, aux limites infranchissables, inhérentes à son expansion. Et les masses vivent de plus en plus sous des formes de domination brutale et de pénurie, d'expropriation totale de tout moyen de survie: guerre, chômage, faim, paupérisation et pacification.
    Tandis que la généralisation de la crise dévoile toujours plus la symbiose démocratie-guerre (mondialisant la guerre comme condition objective de sauvegarde de la démocratie), pour la perpétuation de l'unilatéralité des échanges et de la domination du marché mondial par l'Occident, tout en accroissant la misère, cette misère "qui fait que le Lazare prolétaire sort de la tombe du manque de ressources pour entrer dans le bagne de la fabrique où il subit les tourments du sur travail et vice-versa. Et, si cette misère augmente, c'est parce qu'augmente sans cesse le nombre des prolétaires enfermés dans l'alternative impitoyable: ou bien s'échiner pour le capital ou bien crever de faim. C'est uniquement dans le mode de production capitaliste que le travailleur crée lui-mêrme les conditions de sa déchéance - du chômage croissant - au fur et à mesure qu'il développe les forces productives". (Marx).
    Dans la pratique, la multiplication de la sous-traitance, l'élargissement de la cordination par l'informatique des noyaux de fabrication, leurs modalités, l'intérim soulignent la perte en qualité de la force productive humaine nécessaire (les travailleurs); qualité transmise de fait au moyen de production en tant que capacité créatrice, mais génératrice pour l'homme, de manque, de besoins insatisfaits, condition nécessaire à l'accumulation du capital.
    Aujourd'hui, les deux axes de la restructuration sont : la réalisation simultanée de l'unilatéralité de l'accumulation et le développement d'une "économico-idéologie" de guerre, capable de perpétuer l'offensive guerrière des démocraties, développant parallèlement un projet politique de pacification et de collaboration, dans les centres et dans les périphéries, sous l'égide d'un nouvel ordre de domination mondiale.
    C'est dans ce but qu'est conçu le développement et l'utilisation du militarisme. Il permet de soumettre les moyens de production et les forces productives des pays périphériques, en concrétisant par les armes la recolonisation existant de fait par la dépendance économique et politique du tiers monde et des pays socialistes. Tandis que dans les métropoles, la pacification s'accompagne d'une colonisation des esprits et des corps en canalisant la "terreur sourde régnante" par une militarisation de l'économie.
    En fait, dans le mouvement que le capital impulse et dans ce que détermine le militarisme, il ne s'agit plus seulement de la simple reproduction du capital par celle de la force de travail (société de consommation, chûte des taux de profits par la stabilisation des forces et le développement antagoniste de leurs qualités), mais de la reproduction productive du capital par la consommation directe, l'attachement des forces productives à une nouvelle notion de quantité et de sécurité fondée sur la violence et la terreur quotidienne que le capital développe pour sa survie existentielle, par la guerre dans le tiers monde et la menace de nucléarisation des conflits économio-stratégiques.
    "La tendance à la guerre vit dans chaque aspect des rapports sociaux capitalistes jusqu'à arriver sous une forme contradictoire dans la conscience même des prolétaires", (BR, Colonne Walter Alasia).
    Le nouveau consensus ainsi recherché, tout en déplaçant la production hors de l'usine pour neutraliser les antagonismes de classes qui y étaient une dimension centrale, centralise alors la société comme unité et cause de production du militarisme: Décomposition et différenciation n'opérent pas seulement au niveau matériel, mais au contraire ont un objectif beaucoup plus ambitieux; transformer l'ouvrier en "homme du capital", pur appendice, sans vie et sans histoire, de la machine. Et cela n'est possible qu'en anéantissant la mémoire historique collective de la classe ouvrière" (BR, Colonne Walter Alasia).
   
OTAN, instrument d'unification politique et militaire du capital

    
Aujourd'hui l'OTAN est la forme particulière que prend l'impérialisme pour généraliser au travers de son mode de production, son hégémonie.
    L'impérialisme s'est doté d'un système transnational d'offensive extérieure et de contre-révolution intérieure. L'OTAN s'est l'instrument total et totalisant de la propagande du système absolu. Il agit comme coordination globale de la croisade du monde "libre", c'est-à-dire des intérêts fondamentaux multinationaux. Graduellement, l'OTAN a abandonné son rôle seulement militaire pour gérer des stratégies politiques et économiques.
    Aujourd'hui l'OTAN signifie guerre impérialiste et contre-révolution intérieure.
  
  L'OTAN est unité productrice de destruction des antagonismes de classe grandissants, face à "un monde de la richesse qui enfle devant l'ouvrier comme un monde qui lui est étranger et qui le domine à mesure qu'augmentent pour lui, pauvreté, gêne et dépendance." (Marx), et l'expression de la crainte que les capitalistes ont de ce que les incessantes guerres de l'ère impérialiste fassent entrer des millions et des millions d'hommes et de femmes dans la masse de ceux qui n'ont plus rien à perdre.
    En tant qu'unité de production destructrice, l'OTAN ne vise pas tant à la destruction par la guerre de structures étatiques étrangères que, plutôt et surtout, à la conquête de territoires nouveaux pour le mode de production capitaliste, et à la soumission des prolétaires du monde entier à celui-ci.
    La tendance à la guerre des Etats impérialistes s'exprime aujourd'hui par la nécessité de soumettre la classe prolétaire de plus en plus à son hégémonie, en mondialisant son mode de production. C'est la condition aujourd'hui de l'accumulation.
    Aussi, attaquer, aujourd'hui, l'OTAN, c'est anticiper l'émancipation prolétarienne de toutes les formes d'exploitation et d'oppression.




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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2