Par luxemb
Bruno
En 1996, Tu as choisi de vivre chez nous en Euskal herri parce que tu connaissais des militants basques depuis plus de dix ans. Tu avais en effet rencontré des militants d’Iparretarrak, à Fresnes en 1984, puis dès ta libération tu avais hébergé des familiers de prisonniers et des militants assignés à résidence à Paris. Tu as très vite participé à notre lutte et tu as organisé nombre de conf de presse à Paris lors des procès dans les années 80-90 , tu es venu à notre demande au Pays basque participer au nom de la Copel (comité des prisonniers en lutte) à des rencontres en soutien aux militants incarcérés. Oui, Bruno, quand tu es venu vivre ici tu étais déjà notre ami depuis plus de 10 ans.
Avec nous tu as fait un bout de chemin, et dans notre histoire militante et personnelle tu as apporté ton histoire, ton expérience, ta réflexion. Merci Bruno.
Nous avons été les témoins impuissants au cours de ces dix dernières années de ta souffrance. Tu avais du mal à vivre dans ce monde tellement changé, tu souffrais cruellement de n’avoir pu avec tous les camarades de lutte, renverser la logique de pouvoir et de profit et redonner à la classe ouvrière tous ses droits. « Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que nos mères qui pleurent » disais-tu souvent en pensant douloureusement à la dure vie de ta mère.
Tes camarades de lutte détenus, malades, disparus étaient présents dans ton esprit et leur enfermement, leur souffrance, leur disparition te minait.
Mais ces derniers mois, une lueur d’espoir, tu avais repris contact avec des camarades détenus ou non, des camarades avec qui tu voulais travailler sur des projets. Ils en sont témoins.
Et voilà ton corps n’a pas suivi. Fatigué, abimé, il t’a lâché, et tu nous a quittés.
Bruno, tu avais choisi de vivre chez nous en Euskal herri, tu étais ici chez toi, toi, Jules et toute ta famille. Jules, il faut que tu saches que nous ne supporterions pas que tu oublies le Pays basque et que tu n’y reviennes pas, quand tu veux, et tu diras à toute ta famille et aux amis de Bruno qu’ils seront toujours les bienvenus ici, chez lui ;
Je terminerai par la phrase que Bruno nous laisse en testament :
De moi, je veux que l’on ne conserve que le souvenir du militant communiste révolutionnaire internationaliste que j’ai, tant bien que mal, essayé d’être durant toute ma vie, avec sa richesse et ses erreurs.
Nous continuons.
Vendredi 13 juillet 2007
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