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Mayotte - Entre colonialisme et mondialisme - La lutte de l'Etat français contre ceux qu'il appelle clandestins

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

L'image “http://tempsreel.nouvelobs.com/file/412382.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Par l'intermédiaire des listes circulent des informations que nous entendons à peine ou pas du tout.
Ainsi sur Mayotte, que le blog de linter suit avec attention. Tant y sont imbriqués colonialisme à la française, mondialisme, avec tous les cortèges de répression, d'exploitation, les situations hautement inhumaines, les habitudes de la françafrique  .

linter avait publié un article (lire) sur les morts multiples entre deux îles qui font partie de la même histoire et qui sont maintenant séparées par le mur impitoyable de la politique française face aux "clandestins". Le blog avait aussi signalé le livre exemplaire, d'une grande facilité de lecture, aussi précis que concis publié chez Agone (lire).

Alors aujourd'hui, il continue son information en donnant la parole à ceux qui sur les listes nous informent. Cela va des témoignages live de camarades vivant à Mayotte aux articles nous informant sur la politique officielle.

Nous partageons cette information en trois parties:
. La lutte de l'Etat français contre ceux qu'il dit clandestins.
. L'affaire inouïe encore de Bacar, dictateur en fuite, maintenant à la Réunion
. Le chemin vers la "départementalisation". Alors que Césaire vient de mourir, qui avait prôné cette solution, cela permet de nouveau de réfléchir sur ce que cela représente en terme de néo-colonialisme.

LA LUTTE DE L'ETAT FRANCAIS CONTRE CEUX QU'IL APPELLE CLANDESTINS

Les articles font référence
. Aux derniers morts du lagon entre Anjouan et Mayotte
. A la décision unique d'un Etat de refuser les reconduites. Il faut dire qu'elles se comptent en milliers

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 Mardi 15 Avril 20 
Deux morts, quatre rescapés et une quarantaine de disparus : une fois encore la traversée d'Anjouan vers Mayotte a fait des victimes.

Autour de Domoni, la côte est très découpée. Seules quelques petites plages permettent d'embarquer. C'est dans la soirée du samedi 12 avril, vers 19 heures, qu'une embarcation a quitté les côtes de Papani, au sud de Domoni, avec à son bord cinquante candidats à la migration. Les hommes, femmes et enfants qui se partageaient les places dans la vedette n'auront même pas parcouru deux cent mètres avant que celle-ci ne chavire. C'est une passagère originaire de Mwali qui aurait nagé jusqu'à la terre ferme pour annoncer le naufrage. Après trois quarts d'heure, les premiers secours -des habitants de Domoni- arrivent sur les lieux.

"On a entendu le ronflement des moteurs et une minute après c'était le silence, on a cru qu'ils avaient oublié quelque chose. Il faisait déjà noir et on a pas su que la vedette avait chaviré, mais tout à coup, on a entendu derrière! nous que vite, il faut sauver les gens dans la vedette, et on a couru", raconte Kadafi, qui avait assisté au départ de son ami.

Un homme de 26 ans qui tenait dans ses mains un bébé de six mois qui n'était pas le sien, a été secouru, de même qu'un autre naufragé qui était resté dans le kwassa, et qui a sauvé la vie d'un enfant de deux ans et demi. Les secours ont aussi retrouvé le corps d'une femme d'environ 45 ans, décédée avant leur arrivée.

Au cours de cette nuit, seules ces six victimes - cinq rescapés et deux défunts- ont été repêchées. Ni les autorités, ni les pêcheur, n'ont essayé d'organiser d'autres recherches. "Vu le manque de carburant qui frappe Anjouan, on ne peut pas aller au large", a affirmé un collectif de pêcheurs.

On peut penser que la quarantaine d'autres passagers ont été emportés par le courant de Papan! i, l'une des plages les plus agitées de la région. On ignore ! s'il existe d'autres rescapés. Le lendemain du naufrage, dimanche vers 15 heures, le hasard a fait transporter un autre corps au large de Domoni, celui d'une femme âgée d'une trentaine d'années. Les deux passeurs n'ont pas été retrouvés.
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21 avril 2008

Voici l'avis très intéressant de la Commission nationale de déontologie de la sécurité qui avait effectué une visite à Mayotte suite au naufrage du mois de décembre.

La Commission condamne les méthodes de police en mer qui laisse dériver le bateau feux éteints, cette méthode est contraire aux règles internationales de navigation et "la Commission estime que les risques pris par les fonctionnaires de police, lors de tels abordages en mer, ne sont pas proportionnés au but poursuivi par une telle opération: un contrôle d'identité de personnes soupçonnées d'être en situation irrégulière."

Toutes les remarques sur les conditions matérielles de rétention et sur les conditions d'exercice des droits renforcent ce que nous avions déjà relevé.

Vous ne manquerez pas de lire dans les recommandations:
"Les conditions de vie au centre de rétention administrative de Mayotte portent gravement atteinte à la dignité des mineurs retenus. La Commission demande que les mineurs ne soient plus placés en rétention dans l'actuel centre de rétention administrative de Mayotte, conformément à la réglementation française et internationale en vigueur."

Pour lire cet avis, consultez :
http://www.gisti.org/spip.php?article1128
 (Transmis par S. D. de la Cimade)
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Les circonstances de l'accident
Alors qu'une enquête judiciaire est en cours pour déterminer les responsabilités du passeur et de la police dans ce naufrage qui avait provoqué la disparition de plusieurs personnes, dont un enfant de 12 ans, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007, la CNDS évoque les circonstances de l'accident dans son rapport. Il ressort du document que le passeur aurait transmis la barre du kwassa au dernier moment à un jeune passager, qui n'aurait su que faire ; dans le même temps, le pilote de la vedette de la PAF qui naviguait tous feux éteints n'aurait vu qu'au dernier moment l'embarcation. "Nous voulions, comme toujours, aborder l'embarcation qui transportait des clandestins en nous positionnant en parallèle par tribord arrière.
J'ai soudain constaté la présence d'une masse noire sur notre bâbord avant, sous nous. J'ai ordonné au barreur - et il l'avait déjà fait en réflexe -, de mettre en marche arrière toute, mais la collision a eu lieu tout de suite", a indiqué un membre de la PAF présent. Au même moment, indique lerapport, à la suite d'un choc violent, "les passagers du kwassa-kwassa, dont certains dormaient, sont projetés à la mer. Peu d'entre eux savent nager ; pris de panique, tous ceux qui le peuvent tentent de s'accrocher à ce qu'ils trouvent : au bateau éventré ou à d'autres naufragés." Dans la journée du 4 décembre, vingt-six personnes, dont six mineurs, furent placées au centre de rétention de Pamandzi, avant d'être remis en liberté pour lebesoin de l'enquête.
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Alors que les autorités comoriennes refusent toujours –ce depuis leur retour effectif à Anjouan le 25 mars- les expulsions de Comoriens sans-papiers français depuis Mayotte, les interceptions de kwassa se multiplient dans le lagon.
Mardi 22 avril en fin de matinée, la vedette de la Brigade nautique de la gendarmerie de Mayotte a intercepté une embarcation à l’extérieur du lagon, pilotée par un passeur d’origine comorienne, qui transportait 39 passagers.
Lundi 21 avril en milieu d'après-midi, la vedette de la Brigade nautique de la gendarmerie de Mayotte a intercepté une embarcation à l’intérieur du lagon. Le kwassa, piloté par deux passeurs, transportait 18 passagers. La veille, deux embarcations avaient déjà été arrêtées dans la matinée, toutes deux à l! 'extérieur du lagon. La première transportait 15 passagers et était conduite par un passeur ; la seconde 32 passagers. Samedi 19 avril, une autre vedette avait été interceptée à l'intérieur du lagon, transportant 20 personnes dont deux passeurs.
Dans tous les cas, les passagers ont été libérés. Les passeurs ont quant à eux été mis en examen pour "mise en danger de la vie d’autrui" et "aide à l’entrée irrégulière". Les barques et moteurs ont été saisis en vue de leur éventuelle destruction, comme d'habitude.
La semaine dernière, la Police aux frontières avait intercepté quatre kwassa transportant respectivement 28, 29, 38 et 13 passagers. Depuis le 25 mars et le retour effectif des autorités de l'Union des Comores à Anjouan, le gouvernement comorien refuse d'accueillir les Comoriens refoulés du sol mahorais.
 LIVE
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Inacceptable selon nos ministres ! Les rafles ne servent plus à rien car les Comoriens refusent les reconduites. Certes il s'agit de la part des Comores d'une pression pour l'extradition du colonel Bacar, homme fort d'Anjouan récemment évincé. Mais il s'agit aussi d'une affirmation par les Comores de leur indépendance et de leur droit à refuser que, chaque année depuis 2006, 16000 ressortissants de leur Etat soient raflés et renvoyés.

"Parade" organisée par plusieurs maires de Mayotte : menaces très violentes sur les Anjouanais -menaces de destructions des "bangas" (logements précaires), appel à partirvolontairement au plus vite sinon....! Un climat détestable.
 LIVE - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 
PARIS, 24 avr 2008 (AFP) - 19h56
Jégo souhaite action ferme de la France vis-à-vis des Comores .
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo a souhaité jeudi soir "une
action diplomatique ferme de la France vis-à-vis des Comores" pour qu'elle
puisse renvoyer dans l'archipel ses ressortissants en situation irrégulière.
"La situation de Mayotte devient extrêmement préoccupante au titre du nombre
d'étrangers en situation irrégulière qu'on ne peut pas renvoyer aux Comores
parce que le gouvernement des Comores refuse de reprendre ses propres
ressortissants", a déclaré M. Jégo à l'AFP.
Le secrétaire d'Etat, qui rencontrera vendredi le ministre des Affaires
étrangères Bernard Kouchner, a jugé "parfaitement inacceptables" les propos
du ministre de l'Intérieur des Comores affirmant qu'il n y a "pas de raison
que les Anjouanais n'aillent pas à Mayotte car Mayotte était une terre
comorienne et qu'elle avait vocation à le redevenir juridiquement".
Selon le président du conseil général de Mayotte, Ahmed Attoumani Douchina
(UMP), des dizaines d'Anjouanais arrivent chaque jour à Mayotte par la mer
et sont relâchés ensuite par la gendarmerie après un bref séjour au centre
de rétention, qui ne dispose que de 60 places.
La France n'est plus en mesure de les reconduire à la frontière et de les
renvoyer par avion, la liaison aérienne avec les Comores étant de nouveau
interrompue.
"On ne peut pas imaginer que Mayotte soit victime plus longtemps de cette
attitude qui n'est pas acceptable de l'Union des Comores, nous sommes
aujourd'hui en situation de tension extrême", a déclaré M. Jégo.
La préfecture de Mayotte a été "obligée d'ouvrir un centre de rétention
provisoire", a précisé le secrétaire d'Etat, qui a demandé lors de son
récent déplacement "qu'on accélère le projet de construction d'un autre
centre de rétention" (de 90 places).
La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a qualifié le
centre de rétention "indigne de la République", dans un avis rendu public
par la Cimade.
M. Jégo a confirmé que la France était "en train de mobiliser des moyens
aériens" contre l'immigration (un hélicoptère) et qu'"un troisième radar
doit être installé en juin, çà c'est une garantie".
Le secrétaire d'Etat a par ailleurs indiqué qu'il avait reçu jeudi avec MMe
Alliot-Marie une délégation mahoraise au sujet de la départementalisation
souhaitée par le conseil général, et qui passe par un référendum local.
"L'Etat sera neutre dans la campagne", leur ont dit les ministres. "Le
referendum aura lieu fort probablement au premier semestre de l'année 2009,
avant le 18 avril 2009", selon M. Jégo.
"Un groupe de travail va être mis en place" pour une "départementalisation
progressive et adaptée", avec "une campagne d'explication sur les avantages
et les bouleversements" qu'elle apportera.
"Si les mahorais refusaient la départementalisation, nous apporterions la
garantie que Mayotte restera une collectivité nationale importante et
qu'elle aura les moyens de son développement", a conclu M. Jégo.
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(Listes zpajol - résistonsinfo)
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