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Peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires. Non! Georges Ibrahim Abdallah, le premier sous le coup de la rétention de sûreté.

Pour consulter le blog : linter.over-blog.com

Une dépêche de l'AFP résume pour une fois de manière assez précise pour des médias nationaux le risque de peine infinie qui pèse sur les militants révolutionnaires dès maintenant. Alors même que pour la première fois des militants avaient pu accéder à une liberté - même encore partielle -, Filipe Bidart, Nathalie et Jean-Marc, une nouvelle loi risque de mettre en cause la possible libération des autres prisonniers révolutionnaires. Un article  de la loi sur la rétention de sûreté s'applique dès maintenant à eux. C'est le cas pour Georges Ibrahim Abdallah, c'est aussi le cas pour Georges Cipriani.



Le cas d'Ibrahim Abdallah, le premier sous le coup de la loi rétention de sûreté

Le cas du révolutionnaire libanais Georges Ibrahim Abdallah a été le premier frappé par une disposition de la loi sur la rétention de sûreté soumettant toute demande de libération conditionnelle d'un condamné à perpétuité à l'avis d'une commission appréciant sa dangerosité, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Actuellement à Paris cette commission pluridisciplinaire - réunissant psychologues, magistrats, avocats etc - est saisie au total de trois cas et "va l'être prochainement de deux autres", selon cette même source, qui ne cite pas de nom.
Concernant le Libanais, cela devrait avoir pour conséquence de repousser au-delà de l'été l'examen en appel d'une demande de libération rejetée en première instance en octobre 2007, a dénoncé auprès de l'AFP Jerôme Baize, militant d'un collectif de soutien.
Ibrahim Abdallah est incarcéré en France depuis 1984. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité à Paris en février 1987 pour complicité dans les assassinats en 1982 de deux diplomates, l'Américain Charles Robert Day et l'Israélien Yacov Barsimantov.
Jérôme Baize a regretté que s'applique "aux prisonniers politiques" la loi de Rachida Dati initialement destinée aux auteurs de crimes sexuels.
En réalité la loi du 25 février 2008 prévoit la possibilité de retenir dans des centres fermés tout détenu jugé encore dangereux en fin de peine, dès lors qu'il a été condamné à 15 ans de prison et plus.
Le Conseil constitutionnel ayant refusé que cette disposition soit rétroactive, elle ne pourra pas s'appliquer avant 15 ans.
En revanche l'article 12 --stipulant qu'un condamné à perpétuité ne peut bénéficier d'une libération conditionnelle qu'après avis consultatif de la commission pluridisciplinaire-- est immédiatement applicable, comme l'a rappelé Mme Dati le 29 février dans une circulaire aux chefs de juridiction.
D'après cette circulaire, dont l'AFP a obtenu une copie, la commission peut choisir de ne se prononcer qu'après "au moins six semaines", période pendant laquelle la dangerosité du détenu sera évaluée au centre national d'observation de Fresnes (Val-de-Marne).
Outre Ibrahim Abdallah, Georges Cipriani, ancien du mouvement armé d'extrême gauche Action Directe, va souffrir de la disposition, estiment M. Baize et son avocat Me Jean-Louis Chalanset.
Cipriani, incarcéré depuis 1987, a déposé en novembre 2007 une demande de libération conditionnelle que le tribunal de l'application des peines de Paris n'examinera vraisemblablement pas avant septembre.
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