Par luxemb
L’AMBIANCE était morose au dernier raout de l’OTAN, à Bucarest. Il faut dire que le menu proposé aux convives était peu ragoûtant : en entrée, macédoine de désaccords sur le bouclier antimissiles et sur l’extension de l’alliance. En plat de résistance, cauchemar afghan aux pruneaux. Au dessert, intrigues pour rafler les emplois, ô combien rémunérateurs, qu’offre la bureaucratie otanienne.
À l’heure du café, les convives ont mégoté pour régler l’addition des ambitions hégémoniques de l’Occident. Mais au final, chacun a fait un petit geste sur l’Afghanistan. En première ligne dans le bastion taliban du Sud, les Canadiens demandaient des renforts. Ne voyant rien venir, ils sont passés de la râlerie diplomatique à la menace de rentrer à la maison. Le sort de la guerre étant en jeu, les membres du club s’engagent donc à accroître leurs effectifs, à partager l’ardoise et à déverrouiller les limitations à l’usage de la force.
Le Coq gaulois, dressé sur ses talonnettes, a décidé d’envoyer un bataillon, ce qui coûtera 400 millions par an. Les 800 soldats français seront déployés dans l’Est, moins turbulent, ce qui permettra aux Yankees de transférer des troupes dans le Sud pour épauler les Canadiens. Leur tâche sera exaltante, mais pas facile : faire comprendre aux Afghans que les mêmes intégristes labelisés « combattants de la liberté » lorsqu’ils harcelaient un gouvernement laïque et son maître soviétique se sont transformés en monstrueux terroristes parce qu’ils combattent un gouvernement féodal et ses maîtres occidentaux. Qu’importe, l’essentiel est que Sarko conserve son titre de caniche de Bush.
Article publié dans CQFD n° 55, avril 2008.
Carte des mes membres de l'OTAN - significative!
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