"Je regrette sincèrement ces deux morts. Quotidiennement, les deux victimes ont appelé le peuple aux armes afin de renverser le gouvernement. Et voici que leur propre tactique terroriste les a eux-mêmes frappés."
Pour ceux qui décrypterait mal,Gilbert Badia qui publie cette déclaration dans son livre les Spartakistes - 1918, l'Allemagne en révolution, paru en 1966, écrit dans une note : Cette formule "revient en fait à absoudre les meurtriers et à rendre les victimes responsables de leur mort".

Cela revient aussi bien sûr à condamner la révolution que l'on taxe bien entendu, dès cette époque, de terrorisme. Et c'est bien le propre parti de Rosa Luxemburg qui mène le combat contre la révolution et pour la bourgeoisie, comme il s'était rallié à la guerre après avoir fait croire durant des décennies qu'il la combattait.
Réformisme ou révolution!
(D'abord journaliste, puis député SPD au Reichstag, Scheidemann, socialiste "modéré" est partisan de la guerre 14-18. Il devient ministre sans portefeuille dans le dernier gouvernement impérial. C'est lui qui proclame la République en novembre18).
Illustration de Tardi et collage de Joëlle Aubron