Ne me dis pas : Ah! si j'étais vendeur de pain en Algérie, Je chanterais avec les rebelles!
Ne me dis pas : A! si j'étais berger de bétail au Yémen Je chanterais aux secousses du temps!
Ne medis pas : Oh si je pouvais être serveur dans un café de la Havane Pour chanter les victoires des humiliés!
Ne me dis pas : Oh! si je me trouvais petit portefaix à Assouan! Je chanterais les rochers!
Ami, le Nil Ne se jette pas dans la Volga, ni le Congo Ou le Jourdain dans l'Euphrate! A chaque fleuve sa source, son cours et sa vie. Ami, notre terre n'est point stérile. Chaque terre a son jour de naissance. A chaque aurore l'instant de son explosion!
Ce poème fait partie du même ensemble "Feuilles d'olivier" que le poème "Identité". Ecrits en 1964 à Haïfa. Il a été publié dans le recueil Poèmes palestiniens, aux Editions du Cerf -(P82)