Merci aux camarades qui ont adressé les différents textes et documents publiés sur le blog. Comme le dit celui-ci, intitulé le marxisme en examen :
Réussirons-nous l'examen? De toute façon, nous essayerons de prendre le ciel d'assaut, autant de fois qu'il faudra jusqu'à l'obtenir.
Il y a peu, une nouvelle de presse disait que les ventes du Manifeste Communiste ont augmenté de 900% depuis le commencement de l'actuelle crise du capitalisme. Depuis des mois nous lisons des commentaires sur la “vengeance de Marx”, “retour de Marx”, “résurrection de Marx”, etc., en conséquence du déclin économique mondial vers une crise d'accumulation qui sera si elle s'approfondit, qualitativement supérieure aux antérieures crises systémiques. Laissant de côté le composant sensationnaliste de certaines de ces affirmations, également le fait que d'autres proviennent de ceux qui jusqu'à récemment donnaient foi à “l'échec du marxisme”, il est vrai que pour comprendre ce qui arrive dans le monde il faut recourir à la méthode marxiste.
Il n'y a pas d'autre alternative. Mais ce n'est qu'une partie du problème, et la moins importante parce que l'autre, la décisive, c'est comment empêcher que l'humanité travailleuse paye les coûts de l'hécatombe, comment parvenir à ce que l'impérialisme ne sorte pas heureux, souriant et impuni, de la catastrophe que lui seul est en train de générer.
Il ne suffit pas de dire que “Marx avait raison”, que malgré le fait que certaines de ces “prophéties” ne se sont pas survenues, sa thèse basique sur l'irrationalité du capitalisme s'avère être vraie.
Ces autres phrases topiques, répétées mécaniquement, en plus de manquer de rigueur ne parviennent pas à la racine du problème qui n'est autre, qu'en ces moments, le fait que la marxisme s'oppose à nouveau à un examen spécial. Pour ce qui est de la praxis de la révolution communiste, le marxisme est soumis à examen à tout moment, de façon permanente, sans respiration ni trêve.
Il ne peut en être autrement, et il est bon et inévitable qu'il en soit ainsi. Il s'agit de ce que Lenine avait défini comme “le critère de la pratique”, qui consiste en ce que finalement, c'est la matérialité des faits historiques celle qui décide sur la correction théorique. Et malgré que les faits historiques sont interprétés de façons opposées dépendant des subjectivités et intérêts socialement antagoniques, il n'est pas moins vrai que, finalement, le matériel et l'immatériel termine en tournant autour de quelque chose de si inhumain comme est l'exploitation de la force de travail dans n'importe laquelle de ses formes par une minorité propriétaire des forces productives.
Cette vision scientifico-critique de l'histoire, c'est à dire, l'objectivité de l'exploitation, oppression et domination en marge de la capacité de le comprendre qu'aient les sujets qui la souffrent, est celle qui octroie au marxisme son originalité et supériorité qualitative par rapport à l'idéologie bourgeoise. Cependant, le constater ne cesse d'être une vaine consolation si l'on n'avance d'un pas supplémentaire, celui de savoir que contrairement à l'idéologie bourgeoise, de la sociologie par exemple, la théorie marxiste est sujette à plusieurs types d'examen selon la gravité des problèmes qu'il veut transformer. Par exemple, personne ne nie l'existence de crises mineures, partielles, de courte durée, simplement
industrielles, ou financières, ou de consommation, bien qu'on les nomme autrement pour ne pas concéder à Marx la moindre once de raison.
Par exemple, pour s'esquiver de la théorie de la survaleur et de la plus-value, le bourgeois divague sur la “valeur ajoutée”, et pour fuir de la loi de tendance à la chute du taux moyen de bénéfice, il parle de “baisse de la rentabilité”, “récession” et jusqu'à “dépression”;Et pour ne pas citer la loi de concentration et centralisation de capitaux, il bredouille sur “délocalisation et fusions patronales”, et ainsi pour tout. Des examens ponctuels ce ce type furent dépassés par Marx dès son origine, et nous en avons la démonstration dans les hontes gênées des keynesiens sincères.
La force du marxisme repose dans les examens pratiques décisifs, à empêcher que la bourgeoisie fasse de la crise une auto-épuration, une expurgation du capitalisme qui ouvre une autre phase expansive à base de répressions et crimes sans pareil et d'énormes destructions de forces productives. La bourgeoisie y est parvenue d'autres fois en détruisant sans piété les classes et peuples travailleurs avec le terrorisme contre-révolutionnaire, fasciste et militariste.
Même ainsi, en apprenant de ces défaites, le marxisme a démontré en mois de deux siècles une capacité résolutive très supérieure comparée au peu qu'a démontré la bourgeoisie après plus de quatre siècles.
Ce qui est maintenant en jeu ce n'est pas tant une confirmation théorico-abstraite du marxisme, mais la démonstration que les gauches nous pouvons orienter le malaise populaire croissant vers le socialisme, avancer dans l'affaiblissement structurel de la dictature du salaire et de la marchandise, dans l'augmentation du contre-pouvoir populaire jusqu'à parvenir à des situations de pouvoir ouvrier capables de détenir l'avance du chaos et et réorienter l'histoire vers l'émancipation humaine.
Le capitalisme actuel est un volcan, un baril de poudre avec plus de forces destructives que jamais auparavant, avec ses contradictions structurelles tendues jusqu'à des degrés inimaginables il y a un siècle et demi, quand fût écrit ce Manifeste Communiste qui est étudié maintenant avec une avidité presque désespérée.
L'examen consiste en empêcher que ce monstre irrationnel continue lancé vers le chaos généralisé. Ce ne sera jamais “l'examen final”, sauf que n'explose un holocauste nucléaire, il peut certifier le pas de l'humanité d'une phase à une autre de son histoire.
Pour les nations opprimées, cette vision apporte un base théorique et pratique indispensable car elle souligne le rôle du peuple travailleur et de l'indépendance nationale organisée en État. Une caractéristique du marxisme est la dialectique entre conscience révolutionnaire et indépendance politique des classes exploitées, c'est à dire, la réaffirmation du pouvoir collectif comme unique garant de la socialisation des forces productives.
Toute l'expérience historique accumulée jusqu'à maintenant, c'est à dire, le “critère de la pratique”, montre que l'oppression nationale est une des méthodes les plus efficaces d'enrichissement de la bourgeoisie, en premier lieu l'envahissante et occupante, et ensuite de l'autochtone et collaboratrice. Aucune des deux n'est disposée, donc, à réduire ses bénéfices en cédant aux justes demandes populaires, et les deux s'accrochent à l'État occupant, très spécialement dans les contextes de crises comme l'actuel.
face à cette réalité, les peuples opprimés n'ont, n'avons, d'autre option que d'avancer dans notre indépendance nationale, dans la création d'un propre État, qui nous serve, entre autres choses, pour établir des alliances internationalistes avec d'autres peuples souverains, pour décider notre futur sur la base de critères humains et sociaux, et non pas mercantiles et égoïstes.
L'actuelle crise est en train de confirmer la tendance à l'auto-organisation des peuples en soi-mêmes et entre eux, et contre l'impérialisme malgré son extrême férocité criminelle.
Réussirons-nous l'examen? De toute façon, nous essayerons de prendre le ciel d'assaut, autant de fois qu'il faudra jusqu'à l'obtenir.
Iñaki Gil de San Vicente
Euskal Herria, 30 / 10 / 2008
Traduction Cspb