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Le film sur la RAF : "Le film d'Herold".

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

(Horst Herold a dirigé l’Office fédéral de la police judiciaire allemande BKA)

Eléments
d'analyse

(Carte de Bruno Baudrillart réalisée en prison)

Ceci n'est bien sûr pas une incitation à aller dépenser une entrée ou vous ajouter aux chiffres de fréquentation - par ailleurs et par bonheur faibles en France -, mais une tentative de poser des éléments d'analyse sur un film présenté comme proche et fidèle à l'histoire de la RAF et de démonter certains des mécanismes qui sous-tendent cette entreprise.

Nous passerons sur les images les plus ridicules comme celles dans un camp d'entraînement en Jordanie qui lient représentation sexuelle (militants nus prenant des bains de soleil en plein désert!)  et racisme (les regards des fedayins). Elles montrent mieux que tout l'inanité du film par leur caractère outrancier.

Nous allons essayé de lister les moyens plus subtils employés par le film.

1. Le film est construit en fait autour d'Herold. Il revient avec régularité et représente à chaque fois une pause dans le film, un moment de réflexion. Herold est montré comme quelqu'un de posé, de réfléchi et c'est d'ailleurs par lui que sont souvent posées les interrogations ou les remarques politiques. Ansi quand il s'interroge sur les motivations des militants ou même quand il fait la liste des injustices mondiales comme la guerre du Vietnam ... Ceci donne au film l'apparence d'un film différencié et juste.  Rappelons cependant ce que disait Ron Augustin de l'auteur du livre à la base du film : il a eu très tôt et plus tôt que n'importe qui accès à la documentation de la police et c'est bien l'analyse de la police que transmet ce film.

2. Les scènes du début du film vont dans la même logique de crédibiliser une vision du film comme objectif. Ainsi la manifestation contre le Shah est digne d'un film à la Gavras, bien que plus complaisant dans la violence. Cette manifestation a joué un rôle important. La visite du Shah, les violences de l'Etat, la mort de Benno Ohnesorge font partie des moments noirs du pouvoir en Allemagne. Il en est de même pour la nutrition forcée d'Holger Meins qui témoigne de la même réalité, mais aussi de la même brutalité et de la même complaisance. Ce sont cette brutalité extrême et cette complaisance qui font douter du but de l'auteur et qui enlèvent toute émotion.

3. Le film utilise systématiquement le mélange de documents réels et la fiction. Images d'archives, textes des camarades sont des éléments réels. Ils perdent leur valeur cependant de témoignages par le traitement auquel ils sont soumis. Etat d'esprit des militants, contexte dans lesquels l'auteur les place.

4. C'est une dimension essentielle de ce film. Rendre crédible par mimétisme la version de l'auteur. Ainsi la ressemblance physique a été poussée à l'extrême, ce qui rend difficile de prendre du recul par rapport à l'approche psychologique de chaque personnage imposée par le film. Cette approche psychologique s'appuie sur des faits objectifs, connus de tous mais qui sont utilisés pour défendre les thèses de l'auteur.

5.  C'est tout à fait le cas pour Andreas Baader. A partir d'éléments connus, c'est une image apolitique, violente, brutale, quasi-inhumaine que s'acharne à montrer Eidinger.

Voici quelques éléments d'analyse, elle pourra être poursuivie. Une chose est essentielle et qui montre le but ultime du film : il amène doucement à ce qui reste essentiel pour l'Etat allemand : accréditer la thèse du suicide.

Reste malgré tout, que le film ne peut complètement occulter la dimension politique du combat des militants de la Fraction armée rouge qui résonne dans les textes lus, lors du procès, qu'il ne peut masquer complètement la brutalité du pouvoir face à ces militants : camera silens où est enfermée plusieurs mois Ulrike Meinhof, extrême violence de ce qui se passait à Stammheim, et le contexte politique dans lequel s'inscrivait la lutte de la RAF: contre l'exploitation c
apitaliste, contre l'impérialisme.

Ron Augustin est un ancien prisonnier de la RAF. Lire sur le blog ces deux articles:

Le 6 décembre 2008

Sur le film

Sur les morts d'octobre 1977

Les textes des camarades sont dans la rubrique textes-archives RAF et sur la page octobre 1977 - octobre 2007



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