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La RAF, l'Allemagne, l'impérialisme américain et l'OTAN

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La RAF a fait partie de ces groupes qui ont lutté contre l'impérialisme dans les années 70. Dès cette époque, elle a dénoncé le rôle de l'Allemagne dans l'OTAN. Alors que la France va entrer officiellement dans la structure - qu'elle n'avait pas cessé en fait de soutenir dans les faits -, il n'est pas inutile de relire ces documents qui ont accompagné les luttes et qui aujourd'hui peuvent nous accompagner dans nos réflexions et nos combats.

Ce qu'est l'Allemagne de l'époque pour les militants de la RAF, ils le disent en réponse à une question d'un journaliste en 1975:

Centre impérialiste.

Colonie américaine.

Base militaire américaine.

Puissance dirigeante impérialiste en Europe et dans le Marché commun.

Deuxième puissance militaire de l'OTAN.

Représentant patenté des intérêts de l'impérialisme américain en Europe de l'Ouest.

 


Cela a-t-il profondément changé pour tous les pays qui appartiennent à l'OTAN? Sont-ils autre chose que les outils de l'impérialisme?

SPIEGEL : " Quel est le point de départ de votre analyse de la situation en République fédérale allemande ? 


R.A.F. :


" Centre impérialiste.

Colonie américaine.

Base militaire américaine.

Puissance dirigeante impérialiste en Europe et dans le Marché commun.

Deuxième puissance militaire de l'OTAN.

Représentant patenté des intérêts de l'impérialisme américain en Europe de l'Ouest."


" La fusion de l'impérialisme ouest-allemand (politiquement, économiquement, militairement, idéologiquement fondé sur les mêmes intérêts d'exploitation du Tiers-Monde, ainsi que sur l'homogénéité des structures sociales au moyen de la concentration des capitaux et de la culture de consommation) avec l'impérialisme américain caractérise la position de la République fédérale vis-à-vis des pays du Tiers-Monde : en tant que parti dans les guerres conduites contre eux par l'impérialisme américain, en tant que " ville " dans le processus révolutionnaire mondial d'encerclement des villes par les villages.


" Dans cette mesure, la guérilla dans les métropoles est une guérilla urbaine aux deux sens du terme : géographiquement, elle surgit, opère et se développe dans les grandes villes, et au sens stratégique et politico-militaire elle est une guérilla urbaine car elle s'attaque de l'intérieur à la machine répressive de l'impérialisme dans les métropoles, elle combat comme unité de partisans sur les arrières de l'ennemi.

" C'est ce que nous entendons aujourd'hui par internationalisme prolétarien.


En un mot : la République fédérale faisant partie du système étatique de l'impérialisme américain, n'est pas une Nation opprimée mais une Nation qui opprime.


" Dans un tel Etat, le développement du contre-pouvoir prolétarien et de sa lutte de libération, le démantèlement complet des structures dominantes, de pouvoir, ne peuvent être, dès leurs débuts, qu'internationalistes, ne sont possibles qu'en relation tactique et stratégique avec les luttes de libération des Nations opprimées.


" Historiquement : depuis 1918-1919, la bourgeoisie impérialiste - son Etat - possède l'initiative dans le déroulement des luttes de classe en Allemagne et est à l'offensive contre le peuple ;

et cela jusqu'à ce que les organisations du prolétariat se soient trouvées totalement défaites dans le fascisme jusqu'à la défaite de l'ancien fascisme, défaite due non pas à la lutte armée, mais aux alliés occidentaux et à l'armée soviétique.


Dans les années 20, il y a eu la trahison de la Troisième Internationale : alignement total des partis communistes sur l'Union soviétique, qui se trouve à l'origine de l'incapacité du K.P.D. (parti communiste d'Allemagne) d'en venir à une politique orientée vers la révolution par la lutte armée et la conquête prolétarienne du pouvoir politique.


" Après 1945, il y a eu l'offensive lavage de cerveau de l'impérialisme américain contre le peuple au moyen de l'anticommunisme, de la culture de consommation, de la restauration-refascisation politique, idéologique, et finalement militaire sous la forme de guerre froide et d'une R.D.A. (République démocratique allemande) qui n'a pas développé la politique communiste comme guerre de libération.

Il n'y a pas eu ici de résistance antifasciste, de masses armées comme en France, Italie, Yougoslavie, Grèce, Espagne, même Hollande.


Les conditions pour cela ont été immédiatement brisées par les alliés occidentaux après 1945.

" Tout cela signifie pour nous et pour la gauche légale, ici : il n'y a rien à quoi nous rattacher, sur quoi nous appuyer historiquement, il n'y a rien que nous puissons présupposer d'une manière ou d'une autre en termes organisationnels ou de conscience prolétarienne, pas même des traditions démocratiques pu républicaines.

Au plan de la politique intérieure, il s'agit là d'un des motifs qui rend possible sans retenue le processus de fascisation, la surcroissance et l'excroissance de l'appareil policier, de la machine de sûreté de l'Etat comme police de l'Etat dans l'Etat, la suppression factice de la division des pouvoirs, la promulgation de lois d'exception fascistes dans le cadre du programme de " sécurité interne "


- depuis les lois d'urgence jusqu'aux lois d'exception actuelles qui permettent le déroulement de procès sans accusés ni défenseurs, comme pure entreprise de spectacle, mais également l'exclusion de "radicaux " des services publics, l'élargissement des compétences de l'Office de police criminelle.


" Une démocratie qui n'a pas été conquise, qui n'est pour le peuple qu'un bourrage de crâne et n'a pas de base de masse, ne peut pas être défendue et ne l'est pas non plus. Tout cela, ce sont des conditions spécifiques au territoire politique de la République fédérale. "

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