Dans notre histoire, il est des noms qui un jour ressurgissent. On les prononce et c'est tout un pan de lutte qui réapparaît. C'est le cas pour Georges Faisans, dont le nom sitôt lu dans le texte sur le LKP publié sur le blog, fait revivre la révolte de 1985.
Alors curiosité oblige, nous recherchons sur le net et sommes ravis de voir que ce nom est là dans les blogs guadeloupéens, présent, bien présent et qu'il y eut même un site georgesfaisans-jexiste. Nous reprenons sur ce site le texte ci-après. Mais il y encore beaucoup, beaucoup de choses à lire.
Bonjour, l''Ancien de la Boissière, Nous avons été très touchés par cette missive. Nous devons te préciser que Georges Faisans est décédé depuis 10 ans. Cela sera remis en évidence sur la prochaine fiche biographique réactualisable avec des nouveaux éléments comme ton témoignage. Effectivement la grève de la faim-suicide qu'il mena durant 56 jours a dû entamer sérieusement son capital santé.
Mais dans son combat pour la dignité cela n'a pas infléchi sa décision. Au contraire ! Aux affirmations mensongères des autorités françaises sur la réalité de son état de santé (qui était suffisamment alarmant pour les médecins en Guadeloupe, qui nécessita son transfert de Guadeloupe en France dans le quartier des grévistes de la faim à Fresnes pour assurer ses soins, et son hospitalisation), aux tentatives d\'intoxication de l'Etat français pour essayer de briser la solidarité autour de lui, Georges Faisans répondait par des grèves de la soif intermittentes de quelques jours, en sus de sa grève de la faim.
Le standard du ministère de la justice était assiégé d\'appels téléphoniques de toutes parts. Chacun, suivait l\'évolution de l'état de santé de ce Guadeloupéen qui tentait de restaurer sa dignité bafouée en même temps que celle de tous les nègres de la Terre. Dans cet affrontement Georges FAISANS risquait sa vie pour Sa dignité.
L'Etat français avait trop à perdre. Toutes les colonies (celles de 1985 le sont toujours en 2006). Et aussi toutes ses relations avec ces anciennes colonies ! Car toutes ; nègres ou non, s'étaient reconnues désignées par l'esclavagiste raciste. Toutes s'étaient senties bafouées dans leur dignité ! Or Georges FAISANS avait acculé l'Etat français dans sa logique esclavagiste.
1)Un nègre, Georges FAISANS est toujours esclave de l\Etat français en 1985, car la France en fait sa propriété, de père en fils, dans ses institutions, depuis 1635, à cause de sa colonisation de la Guadeloupe et l'esclavage qu'elle y institua. Ce Guadeloupéen, en 1985, n'a pas accepté la réhabilitation officielle de l'esclavage, fut-il français, auprès d'enfants de Guadeloupe, nègres guadeloupéens. Durant un cours au collège de Bois-Ripaux, dans la commune des Abymes de Guadelou-pe, le professeur français, blanc raciste et esclavagiste, Jean Wacheux, rappelait à ses élèves guadeloupéens le bon temps des colonies françaises, colonies d'esclaves nègres à traiter à coups de pieds et de poings ainsi qu'il le fit sur un jeune début octobre 1984. Nègre rebelle, Georges FAISANS répondit à l'agression esclavagiste, après quinze jours de silence complice des autorités esclavagistes, et après avoir mené son enquête sur l'affaire. A la sortie du collège, au vu et su de tous, à visage découvert, il chercha à couper le pied coupable de l'esclavagiste français Wacheux.*
2) Ayant châtié l'esclavagiste raciste français, fonctionnaire qui agissait dans l'exercice de ses fonctions d'agent de l'Etat français, garant de la perpétuation de l'enseignement de l'esprit esclavagiste français dans l'Education Nationale française, le nègre rebelle FAISANS s\'adressa à son peuple, le peuple Guadeloupéen. Il revendiqua son acte le jour même sur les ondes en Terre de Guadeloupe, en tant que fils de la Guadeloupe et nègre de la dignité combattant l'esclavagisme français.
3) Refusant de reconnaître le droit à l'Etat esclavagiste français de juger un fils de la Guadeloupe, Georges Faisans, nègre rebelle intégral, ne s'adressa aux représentants de la justice française au tribunal, qu'en les nommant Bwanas ( nom donnés aux maîtres blancs propriétaires d'esclaves). Ceux-ci, en le condamnant, étaient complices du système français esclavagiste et assumaient la position d\'organe répressif qu'ils occupaient pour la perpétuation de la domination esclavagiste de la France sur la Guadeloupe.
4) Acculés dans cette logique implaccable, les Bwanas avaient réitéré leur condamnation en appel : 4 ans fermes ramenés à trois. L'esclavagiste français persistait.
5) Avant même l'annonce du verdict d\'appel ( le 03.06.85), la veille, Georges FAISANS avait débuté sa grève de la faim-suicide pour que le monde entier sache que la France de 1985, restait, depuis 1635, toujours propriétaire des esclaves, descendants des esclaves africains, Africains qu'elle avait arrachés à l'Afrique pour les déporter en Guadeloupe et ailleurs.
6) Dans ce face à face nègre rebelle-Etat français esclavagiste, Georges FAISANS était prêt à payer le prix de sa vie pour faire tomber le masque hypocrite de la France bienfaitrice de l'humanité de François Mitterrand. En menant ce bras de fer, Georges FAISANS rebelle à jamais, était certain de gagner ce combat. Il l'avait annoncer en première instance le 20.03.1985 ; "Je vous laisserai un cadavre plutôt que de faire votre prison. Il y a des cadavres qui peuvent discréditer des Etats pour longtemps. Le monde entier saura que la France possède encore des nègres en 1985, et comment elle entend les garder !" C'est pourquoi, dans cette bataille pour la dignité, Georges FAISANS n'hésitait pas à accélérer le compte à rebours, par des grèves de la soif de quelques jours pour révéler cette imposture française !
Au 52ème jour de grève de la faim, le peuple guadeloupéen s'est levé durant cinq journées de combat, pour le faire libérer. Les 25-26-27-28 et 29 juillet 1985 sont les cinq glorieuses, les cinq journées historiques de la Guadeloupe qui s'est levée comme un seul homme pour libérer Georges FAISANS, qui incarnait le combat pour la dignité au péril de sa vie**.
La Guadeloupe obtint la libération provisoire de Georges FAISANS et une promesse de cassation sous quatre jours, jamais tenue. Celle de Georges Faisans le fut : le monde entier a vu la France coloniale de 1985, dans cette île de la Caraïbe : la Guadeloupe. Le monde entier a vu cette France, qui, des pays esclavagistes en 1985, était le monstre le plus pervers car, tout en criant haro sur le régime d\'Afrique du Sud de Pieter. Botha, elle cherchait déjà à faire rentrer dans le cerveau des jeunes Guadeloupéens à coups de pieds au "cul", comment ils dévaient être traîtés par les Français. Georges FAISANS réalisa aussi son autre prédiction. Il ne fit pas le reste de prison infligé par la justice esclavagiste française au nom de tous les Français. Il choisit de renouer avec l'esprit des nègres marrons qui entraient en résistance contre l'esclavagiste français ! C'est, toujours à l'heure d'aujourd\'hui le nègre rebelle le plus haï de l'Etat esclavagiste français puisqu'au-delà de la mort il reste insoumis et indompté !
Mais le combat pour la dignité de chaque Guadeloupéen, de la Guadeloupe entière n'est pas fini. Le régime raciste d'apartheid, a été renversé grâce aux luttes des nègres avant tout, en Afrique de Sud. La France, elle, esclavagiste et hypocrite possède toujours ses nègres en Guadeloupe et ailleurs en 2006 ! Notre combat et celui de Georges FAISANS continuent pour la Dignité ! Les idées de Georges FAISANS sont toujours valables. Ce sont des clés pour tous ceux qui se réclament de la dignité. Or, pour la Guadeloupe, comme pour les autres DOM et TOM français des Caraïbes et du Pacifique, les faits aujourd'hui, lui donnent encore raison.
« Celui-là n’est pas mort - même si la mort croit l’avoir tué - quand sa pensée, avec toute sa force et sa sagesse, demeure vivante près des vivants ».
Ses mémoires sont maintenant éditées : "Neg rebel pou dignité annou" contact@georgesfaisans.com sur www.georgesfaisans.com .
Ancien de Boissière, nous te remercions pour ton message d\'encouragement. Tu as ta place à nos côtés. A bientôt. Nous nous retrouverons assurément, car le combat pour la dignité n'a pas de frontière, et c'est un combat pour la Vie !
*lire:
. la lettre ouverte de Georges FAISANS des 06-07.08.1985 http://georgesfaisans.jexiste.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=49
. Wacheux explique l\'esclavage aux jeunes Guadeloupéens http://georgesfaisans.jexiste.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=55
. Affaire Bois-Ripaux, affaire FAISANS ? http://georgesfaisans.jexiste.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=58
. tract de l\'intersyndicale de Bois-Ripaux http://georgesfaisans.jexiste.fr/galerie/cat.php?idcat=14
. les cinq glorieuses http://georgesfaisans.jexiste.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=53
C.F.B. pour léquipe de www.georgesfaisans.com *