Jeudi 2 août 1984 ... l'European Space Agency (ESA).
La convention de l'ESA fut signée le 31mai 1975, avec la participation de 11 pays européens, résultat de la coopération européenne spatiale (Eldo, Esro) des années 60. La coopération spatiale européenne vient de fêter ses ans de réalisations. L'Agence a atteint sa pleine maturité. L'ère de l'industrialisation et l'aire militaire européenne de l'espace est ouverte.
Le moment de son utilisation concrète est arrivé. Aux gouvernements, sur les propositions de l'ESA d'ouvrir les créneaux indispensables à l'élaboration pratique de la volonté de main-mise politico-militaire de l'Europe sur l'espace. (...) L'Agence permet le dépassement des contradictions inter-européennes et des faiblesses pouvant en résulter. Quant à la concurrence (stimulante) avec les USA, elle existe bien mais au niveau industriel et économique, et nullement dans la globalité stratégique du projet impérialiste politico-militaire: quatre des pays membres de l'ESA, de même que deux des pays y ayant le statut d'Etats observateurs, sont aussi membres de l'OTAN.
Cette imbrication des pays européens avec les USA, membres officiels et officieux de l'OTAN, s'exprime à travers divers accords sur les projets spatiaux de ces 20 dernières années. L'un d'eux, la navette "spacelab", dont la RFA, forte de l'aval des USA, est le maître d'oeuvre, assujettit l'Europe au bon vouloir des Etats-Unis par la signature du protocole NASA/ESA, qui définit en ces termes le partage des tâches: "L'ESA conçoit et réalise le "Spacelab", fournit un soutien logistique pendant les deux premiers vols et assure la mise sur pied en Europe d'un potentiel de production en série, impliquant l'obligation pour les Européens de "payer" leurs places dans les prochains vols."
En contre-partie, les USA accordent à ses loyaux serviteurs, par l'entremise de l'organisme ESA, une relative autonomie de mouvement dans les projets ne remettant nullement en cause sa domination ou la complétant, tels que : "satellites d'obervation" et de "télécommunication", télécommunication mobile de la marine militaire et civile, ECS, European Communication (...)
Le secteur civil, aux USA, a toujours bénéficié directement de l'effort militaire, du fait de l'importation spatial militaire américain, entraînant ainsi une importante compétitivité commerciale dont l'Europe dépend (...).