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1er mai sans drapeaux, chants révolutionnaires, boîtes en luttes ...

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1er mai sans (ou presque) drapeaux, chants révolutionnaires, boîtes en luttes ...

C'est vrai, il y avait du monde à Paris en ce 1er mai. Beaucoup de monde.

Les années précédentes, s'il n'y avait pas eu les militants étrangers ....! Nous nous comptions souvent alors en petites centaines. Car nous faisons partie de ceux qui n'ont jamais renoncé à manifester ce jour. Faisant même quelquefois le défilé local le matin. Et le parisien pour faire grand nombre l'après-midi.

Ce qui n'a pas empêché les nouveaux venus du jour de vouloir tenir le haut du pavé. De vous bousculer en vous intimant d'aller sur les côtés Pour laisser passer quelques groupes compacts. Ne sachant visiblement pas distinguer un manifestant d'un ennemi de classe!

Donc il y avait du monde à Paris en ce 1er mai. Mais peu de drapeaux  rouges et de chants. révolutionnaires. On peut dire ce que l'on veut. Mais ils sont importants, car ils sont l'expression de toutes nos luttes passées, de nos mémoires. Surtout ils ont un contenu de classe et l'affirment haut et fort.

Parce que de contenu de classe et d'élan de lutte, camarade, il s'en dégageait peu de ce long défilé.

Des partis défilent devant nous. Avec des ballons, c'est la mode FSU qui s'étend (?), et pour l'un d'eux le ballon est aussi gros que ses ambitions mais il est ... gris.

Un moment pour se faire plaisir, un slogan
lancé à leur passage : non aux élections, vive la révolution. Bon c'est un peu réducteur, mais voir de nouveaux partis qui se disent révolutionnaires, s'ajouter à ceux qui déjà sont sur le créneau. Ca énerve. Ce qui fait plaisir, c'est le regard gêné de certains et visiblement pas de réponse toute prête.

Quant à la grande unité tant proclamée, elle s'est résumée à une mobilisation importante (et parfois de ruptures des militants de base) de la CGT (car franchement au niveau de la direction, le slogan 'rêve générale, ça fait plutôt retape et marketing!).  Et des groupes maigrelets des autres syndicats. Apparemment, ils étaient là parce qu'ils devaient mais, peut-être avec une consigne, surtout ne venez pas trop nombreux!

Et c'est pour cela que l'on nous a fait lambiner pendant un mois et demi! Enfin lambiner, non, car nous savons bien que les luttes naissent d'ailleurs, qu'elles emporteront, nous l'avons déjà dit, ceux qui prétendent les dompter.

Peu de boîtes ont défilé. A notre grande surprise. Est-ce que Paris ne serait pas touché? Ou est-ce l'incapacité à laisser aux prolétaires ici le soin de s'organiser?

Alors quand même, des moments forts comme ce défilé des Tamouls. On ne peut pas dire militants, tant cela serait réducteur cette année, car nous avons le sentiment que toute une population était là. Les autres années, ils constituaient une grande partie de la manifestation, structurés en groupes, très encadrés. Cette année, le sentiment est différent. Les différences sont moins nettes, les distances entre les groupes moins marquées. C'est qu'ils subissent en ce moment la pire des répressions là-bas et qu'ici on les arrête par centaines, avec trop d'indifférence de notre part. Et leur défilé paraissait comme un appel.

La distribution du tract pour les prisonniers d'Action directe, comme depuis plusieurs années, est un moment"heureux". Très peu de refus, certains reviennent sur leurs pas pour prendre le tract. Et ils appartiennent à toutes les classes d'âge et à toutes les tendances. Il est loin le temps, où on nous les rendait avec des commentaires haineux. Beaucoup veulent savoir, demande des précisions, des nouvelles.

Non loin de nous, les camarades informent sur Georges Ibrahim Abdallah. Nombreuses questions et étonnement de beaucoup de manifestants!


Maintenant c'est l'après-premier mai. Les fermetures industrielles continuent. Achever Longwy, achever la casse industrielle, continuer à jouer la mondialisation, en faisant fabriquer ailleurs, là où l'exploitation est maximale, c'est la logique capitaliste, qui continue son petit bonhomme de chemin impérialiste.

Et nous quelle sera notre logique?

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