C'est novembre mais la foule serrée a très chaud Je suis là debout et regarde longuement sur les pneus devant moi roulent de grosses boules en tricornes. Ayant lavé leurs mains rougies par la guerre et ayant soupesé les chances des rouges ils se sont mis en tête un nouveau commerce: ils veulent spéculer sur Jaurès. Ils diront aux travailleurs: Regardez lui aussi est avec nos grands hommes. Jaurès un authentique français ne dérangera plus même au Panthéon. Des flots de phrases larmoyantes sont prêts à rouler. Une escorte un quadrige quel effet Ne bougez plus! Dites qui de vous a tiré sur Jaurès dans la devanture? Et maintenant vous êtes venus hurler à la mort. Aie l'oeil classe ouvrière! Camarade Jaurès ne te laisse pas assassiner une seconde fois. Pas question. Dressant la forêt de mâts des drapeaux soudant la foule dans une seule houle tonnant et vivant comme avant Jaurès rejoint le Panthéon par la rue Soufflot. Il est présent dans ces cris qui montent, dans ces drapeaux dans ces pas dans ces dos déformés par le travail. "Vivent les soviets! A bas la guerre Capitalisme, à bas!" Et voilà Une flamme accourt et brûle et le chant rougeoie sur les lèvres. Et il semble qu'à nouveau dans la fumée les cannoniers montent vers les forts de Paris On me pousse le dos contre une vitrine et voilà que les ombres sont sorties des livres. Et de nouveau l'année 71 se lève des pages bruissantes. Une montagne de poitrines pourrait se soulever. Un cri de colère "Qui ose dire que nous en 17 nous avons trahi le peuple français. Mensonges nous sommes avec vous Français en blouse d'ouvrier Oubliez cette calomnie affreuse Sur toutes les barricades nous sommes vos alliés, Ouvrier du Creusot ouvriers de chez Renault."
« Au fond du capitalisme, il y a la négation de l'homme. » Jaurès. Et également : La censure aujourd’hui Où va l’art contemporain Les carnets de M. Prudhom [...]