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1er Mai, pour la libération des prisonniers de la guerre de classe. Ils sont libérables, ils pourraient être parmi nous

Il y a vingt ans, des militants politiques étaient emprisonnés pour leur combat révolutionnaire contre le capitalisme, l'impérialisme.
S'attaquant au CNPF, aux grands patrons, à l'industrie de l'armement, à ceux qui organisaient la première phase de la mondialisation avec la casse de la sidérurgie ou la disparition de l'industrie textile, à ceux qui créaient le chômage au nom du profit, ces militants d'Action directe s'inscrivaient dans une volonté mondiale de lutte, solidaires de la Palestine et des peuples en lutte.

Ce combat, ils ont continué à le mener jour après jour, collectivement pendant ces vingt ans d'emprisonnement, affirmant leur volonté collective et politique de réfléchir et d'agir.
Ce combat, ils l'ont mené jour après jour, contre les mesures d'exception mises en place dès leur arrestation, pendant les procès.
Et jusqu'à aujourd'hui, contre l'archarnement de l'Etat qui vient de décider une ultime mesure: le contrôle des décisions sur la libération conditionnelle par une structure spéciale - "un juge d'application des peines compétent en matière de terrorisme" -, à Paris.

Ce combat, c'est notre combat à tous, c'est celui des prolétaires
C'est celui des licenciés par dizaines de milliers
C'est celui des morts de l'amiante, des morts du travail
C'est celui des chômeurs, de tous ceux qui ne peuvent ni vivre décemment, ni se loger, ni se soigner correctement
C'est celui des jeunes des quartiers que l'on voudrait éliminer, karcheriser
C'est celui des sans-papiers que l'on vient arrêter au petit matin, au détour d'une école,
de la chasse à l'enfant, de la chasse à l'homme
C'est celui de chacun d'entre nous, insoumis, qui refuse tout cela et qui lutte, quelle que soit la forme de cette lutte.

Les prisonniers d'Action directe sont les prisonniers de cette guerre de classe. Ils refusent le reniement.
Jean-Marc Rouillan disait en 2005: "Notre engagement n'est ni à vendre, ni à échanger contre un peu de liberté".
Nathalie Ménigon, revendiquait en février 2007, après 20 ans d'emprisonnement, "la route des insoumis contre l'ordre bourgeois" qu'elle avait empruntée et que tous nous empruntons quand nous refusons de plier.
Georges Cipriani devant le JAP affirmait ce droit à l'insurrection "référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1793" se refusant donc "à abjurer ces moments historiques comme " à abjurer la lutte armée".
Et Joelle Aubron a exprimé cette même volonté de lutte jsuqu'à sa disparition, il y a un an.

Parce qu'ils refusent cet échange sordide, nous devons être conscients qu'ils ne pourront être libérés que par la mobilisation de tous.
En effet, parce que nulle part dans la loi n'est inscrite cette exigence du repentir comme condition de la liberté, parce qu'ils sont libérables ayant effectué leur peine de sûreté, parce qu'ils répondent aux exigences de la libération conditionnelle, ces camarades pourraient être aujourd'hui parmi nous.
C'est pourquoi nous savons que c'est la mobilisation de chacun qui pourra arracher au pouvoir la décision politique de leur libération.
A ceux qui doutent de cette dimension politique, le report au 10 mai de la décision pour la demande de libération conditionnelle déposée par Nathalie "le jugement ne pouvant être rédigé pour des raisons matérielles" offre une parfaite et dernière illustration du caractère hautement et uniquement politique de telles décisions.

Déjà, durant tout ce mois, la mobilisation a été là: plusieurs milliers de pétitions ont été remises au ministère, des projections ont été organisées, de même que des rassemblements devant les prisons.
Mais nous devons poursuivre au-delà du coup de projecteur médiatique, émotionnel dû à la référence aux vingt ans.
Nous devons continuer car chaque jour qui passe est un jour de plus en prison.
Nous devons continuer car le risque de durcissement de la situation dans les prisons existe avec la violence, la brutalité que développent aujourd'hui les politiciens bourgeois.

Les prisonniers d'Action directe sont en première ligne de la répression de l'Etat. Mais elle touche tous les prisonniers révolutionnaires comme Georges Ibrahim Abdallah, libérable depuis plus de trois ans. Elle touche tous ceux qui sont emprisonnés pour des actes de révolte, d'émeute ou de rebéllion.

Pour que Georges, Jean-Marc, Nathalie, pour que Georges Ibrahim Abdallah, pour que tous les prisonniers émeutiers, révoltés, révolutionnaires soient libérés
Pour que cessent la fascisation des esprits, l'idéologie de la sécurité, la politique du karcher et du charter
Pour que la décision pour Nathalie - le 10 mai -, pour nous tous qui nous opposons à la logique du capital et qui voulons la libération des prisonniers de la guerre de classe, soit  conforme à ce que nous attendons, à ce que nous voulons ...
Mobilisons-nous.

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