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Il n'y a plus à imaginer ... arrestations le 7 mai

Pas besoin d'explication de texte pour le récit suivant. A bien lire , on comprend bien que l'on a arrêté 200 personnes sans motif, qu'on les a gardées, fichées ... La France d'après est bien là.

Mercredi soir il y avait une manifestation antifasciste.
200 personnes, jeunes en majorité ont défilé dans le calme sur le Boulevard Saint Michel. Arrivée à la fin du parc Montsouris, un nombre important de gardes mobiles ont bloqué la route, interdisant aux manifestants de progresser. Ceux-ci se sont arrêtés dans le calme. Il y avait dans le groupe de nombreux journalistes et de nombreux policiers en civil. Trés vite, l'autre bout du boulevard a été bloqué par des CRS. De la part des autorités, pas de sommation, pas d'appels à la dispersion, pas d'annonce indiquant un éventuel caractère illicite de cette manifestation. Plus tard, dans les locaux admnistratifs où nous avons été retenus bien au dela des 4 heures légales, un fonctionnaire de police nous dira que la manifestation n'était pas interdite mais qu'elle avait pénétré dans une zone interdite (car proche du rassemblement des fascistes). De nombreux jeunes ont demandé comment ils pouvaient le deviner. Pas de réponse. Donc sur le boulevard, les gardes mobiles ont procédé à l'interpellation des 200 personnes présentes (chiffre donné par lespoliciers eux-mêmes). Un par un dans une chorégaphie rappelant les mouvements des légions romaines, plusieurs gardes avançant dans une posture proche de la tortue pour emmener un, deux ou trois manifestants dans les cars de police. Rappeleons que tout cela s'est effectué dans le calme mais impossibilité pour ceux et celles qui étaient là de partir de leur plein grè. Seuls, les porteurs d'une carte de presse ont pu s'échapper après négociations. Fouille avant d'entrer dans les cars et départ. Nous arriverons face au 75 rue de Cligancourt. Dans un des bus, qui étaient bondés, la ventilation était régulièrement coupée. Ce qui fait que la chaleur était insupportable et ce qui provoquait le mécontantement de certains interpellés. Le bus a stationné trés longuement devant le centre de rétention. Il est vrai qu'à un moment un des policiers est sorti de l'habitacle avant du car pour envoyer un coup de gazeuse sous la porte du milieu du car provoquant la toux de nombreuses personnes et l'irritation des yeux et de la gorge. Sortie du car, de nouveau fouille générale avec retrait des chaussures. Obligation d'effacer les photos des appareils numériques. En cas de refus, les policiers s'en chargeaient eux-même.Parquage des interpellés dans des cellulles de 20 personnes. Très longue attente. Pas d'eau et pas de nourriture puisque nous n'étions pas en garde à vue. Aux personnes qui s'étonnaient que l'on dépassait les 4 heures légales pour effectuer les vérifications d'identité, il a été répondu qu'il s'agissait d'une situation execptionnelle (200 interpellés) et que donc les 4 heures pouvaient ne pas être respectées. Plusieurs personnes se sont plaint d'avoir été mis à terre, entourées d'une dizaine de policiers et d'avoir été malmenées. Un jeune homme avait deux bouts de dents cassés, un autre une marque dans le dos, un troisième se plaignait également de violence. Une personne qui regaganait une cellule a dit "j'en ai pris plein la gueule". Vers 2h30 du matin les vérifications d'identité se sont accélérées (nom, prénom adresse, profession). A l'extérieur, par solidarité, un groupe s'était constitué, pour accueillir les gens qui sortaient. Des policiers sont sortis et ils montraient leur mécontentement.
Un des interpellés
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