UN TEXTE DE BRUNO
(Ekaitza, hebdo basque militant, le 22 février 2007)
Bruno nous avait adressé ce texte dans le cadre d'une discussion sur linter. Il y exprimait bien sa volonté de rendre compte de ces luttes menées et pour lesquelles certains camarades sont encore emprisonnés, dont les militants d'Action directe.
Chroniques du temps présent
Anniversaires
Ce 21 février, il y aura quarante-quatre ans que les militants de la brigade parisienne des Francs Tireurs et Partisans communistes (FTP) dirigé par Missak Manouchian, Arménien, composée de juifs polonais, d'Italiens, d'Espagnols, à peine remis de la guerre civile qui avait déchiré leur pays, ont été fusillés par les nazis au Mont Valérien. Ils étaient comme le chante le poète, vint et trois de l'Affiche rouge. On oublie trop souvent Olga Bancic, guillotinée en novembre à Stuttgart, qui était chargée des armes et qui n'a jamais parlé sous la torture.
Ce vingt et un février, cela fera aussi vingt ans que le dernier commando opérationnel d'action directe a été démantelé. A cette occasion, Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan ont été arrêtés puis condamnés à des peines de réclusion perpétuelle avec une période de sûreté pour les exécutions du général Audran et de Georges Besse, ainsi que pour les tentatives d'homicide contre Guy Brana et Henri Blandin.
Régis Schleicher, emprisonné depuis le printemps 1984, alors militant de l'organisation communiste Action directe continue, quant à lui, de purger une peine de réclusion perpétuelle pour la simple raison, explicitée telle quelle dans les arrêts du juge d'application des peines, qu'il refuse de se repentir de son activité politique passée. Voilà vingt-trois ans qu'il est enfermé par l'Etat français, toutes composantes confondues.
A l'été 1982, une une unité combattante d'Action directe avait pris le nom de Marcel Rayman, l'un des militants les plus actifs de l'Affiche rouge pour revendiquer des opérations antisionistes effectuées à Paris. Bon an mal an, il s'affirmait ainsi une filiation internationaliste qui devait se concrétiser par la suite dans le front européen, et même, plus largement, avec des révolutionnaires moyen-orientaux.
Aujourd'hui les plus jeunes d'entre nous ont quelque vingt ans. Ces deux décennies, nos camarades les ont vécues en prison. Ceux d'entre nous qui ont vécu et participé à ces combats ont un devoir vis à vis d'eux. C'est - le terme est galvaudé aujourd'hui - un devoir de mémoire. Nous y oeuvrons bien sûr et nous continuons.
Bruno B.
(Publié le 14.08 sur linter.over-blog.com)