Nous informons régulièrement sur la situation de Georges Ibrahim Abdallah. Mais certains amis et lecteurs du blog ne le connaissent peut-être pas. Donc ici cet article publié sur libéronsgeorges. Afin que chacun de nous sache ce qui se joue le 17 septembre.
Mardi 03 Octobre 2006 - libéronsgeorges.over-blog
Qui est Georges Ibrahim Abdallah
Né le 2 avril 1951 à Koubayath à Akkar, dans le nord du Liban, Georges Ibrahim Abdallah commence son engagement politique dans les rangs du Parti National Social Syrien (PNSS) pour rejoindre ensuite la résistance palestinienne, en adhérant au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP). Il est blessé lors de la résistance à l'invasion sioniste du Sud Liban en 1978.
Après des mois d'agressions en tout genre (bombardements aériens et navals, raids héliportés, attaques menées par l'intermédiaire de supplétifs mercenaires comme l'Armée du Liban Sud), l'armée sioniste envahit le Liban le 6 juin 1982. Le bilan de cette opération, appelée "Paix en Galilée", est terrible : 25 000 morts, 45 000 blessés, Beyrouth dévasté par des semaines de siège et de bombardements, des centaines de civils palestiniens et libanais assassinés par les milices fascistes libanaises (les Phalanges) aux ordres de l'entité sioniste à Sabra et Chatila, des centaines de militants arabes capturés et "disparus" dans les camps d'Ansar et de Khiam.
Cette invasion étant perpétrée avec la complicité générale des puissances occidentales, plusieurs organisations de combattants libanais et arabes décident en réaction de mener la lutte en frappant les intérêts impérialistes et sionistes dans le monde entier. C'est le cas des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL), entrées en action en Europe.
Deux des principales opérations qui leur sont attribuées sont l'exécution du colonel Charles Ray, attaché militaire à l'ambassade américaine en France (18 janvier 1982) et l'exécution de Yakov Barsimantov, secrétaire en second à l'ambassade sioniste en France et, surtout, responsable du Mossad en France (3 avril 1982).
Les autorités françaises arrêtent Georges Ibrahim Abdallah le 24 octobre 1984 et son incarcération est motivée par la détention de vrais-faux papiers d'identité : un passeport délivré légalement par les autorités algériennes. Rapidement la France s'engage auprès du gouvernement algérien à libérer Georges Ibrahim Abdallah.
Cependant les autorités Etats-uniennes exercent des pressions directes sur le gouvernement français pour le pousser à ne pas relâcher Georges Ibrahim Abdallah ; les États-Unis d'Amérique se constituent partie civile dans le procès et le président américain Reagan en personne aborde le sujet lors d'une rencontre avec le président français Mitterrand. Les pressions sionistes ne manquent pas non plus.
Finalement, le gouvernement français ne respecte pas l'engagement pris auprès des autorités algériennes. Georges Ibrahim Abdallah est condamné à quatre années de détention le 10 juillet 1986, pour détention d'armes et d'explosifs. Il refuse le procès mais n'interjette pas appel.
Entre temps, en 1985-1986, une série d'attentats est commise à Paris, faisant de nombreuses victimes (13 morts et plus de 300 blessés). Ils sont revendiqués par le Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes (CSPPA). Celui-ci exige la libération de Georges Ibrahim Abdallah, d'Anis Naccache (Libanais lié aux services secrets iraniens et accusé d'une tentative d'assassinat sur l'ancien premier ministre du Shah d'Iran Chapour Bakhtiar, libéré et expulsé de France vers l'Iran en 1993) et de Varoudjian Garbidjian (militant de l'Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l'Arménie-ASALA, accusé d'être l'auteur de l'attentat à l'aéroport d'Orly en 1983, libéré et expulsé de France vers l'Arménie en 2001).
On sait depuis que ces attentats ont probablement été commis par un réseau financé par l'Iran pout faire payer à la France son soutien à l'Irak dans la guerre contre l'Iran.
C'est dans ce contexte, alors que Georges Ibrahim Abdallah est incarcéré depuis plus d'un an, que la DST annonce la « découverte » d'une arme dans un appartement loué en son nom, prétendant que celle-ci avait été utilisée dans l'attentat contre le colonel Charles Ray et l'agent Yakov Barsimantov.
Le 1er mars 1987, les autorités françaises jugent une seconde fois Georges Ibrahim Abdallah sur la base de cette saisie miraculeuse. Un verdict de condamnation à perpétuité est prononcé bien que le procureur général n'ait requis qu'une peine de dix ans d'emprisonnement.
En prison, Georges Ibrahim Abdallah continue à défendre la cause des peuples opprimés. C'est ainsi qu'il adhère à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui réunit dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes, et qu'il participe aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie.
En août 2002, en solidarité avec les prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza, en grève de la faim pour dénoncer les humiliations quotidiennes dont elles font l'objet dans les geôles sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins refusent le repas de l'administration pénitentiaire.
Georges Ibrahim Abdallah, aujourd'hui âgé de 55 ans, a entamé sa vingtième-deuxième année de prison. Sa libération ne requiert pas de recours en grâce particulier, elle est rendue possible, après quinze années d'incarcération, par un simple arrêté administratif du Ministère de la Justice, et ce conformément au code pénal français.
En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau autorisait sa libération. Cependant, sur ordre du ministre de la Justice de l'époque, Dominique Perben, le procureur général de Pau faisait appel de cette décision. La juridiction nationale de libération conditionnelle rendait son verdict le 15 janvier 2004, décidant le maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah.
Georges Ibrahim Abdallah présente une nouvelle demande de libération conditionnelle, en février 2005. Le Tribunal de Grande Instance de Tarbes, présidé par le même juge qui avait statué positivement à la première demande de libération en 2003, rejette cette nouvelle demande en septembre 2005.
L'appel de cette décision, introduit par Georges en septembre 2005, est rejeté en février 2006.
Il est manifeste que les décisions prises par la justice française dans ce dossier sont de nature exclusivement politique.
La libération du communiste révolutionnaire arabe Georges Ibrahim Abdallah dépend de notre mobilisation et de notre capacité à fédérer la solidarité internationale pour les prisonniers politiques révolutionnaires.
Paris - Juin 2006