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Sur un chemin de retour, une chanson de Ferrat évoquée. A Sonja Suder et Christian Gauger. "Ce qu’on fait de vous hommes femmes..."

Pour consulter le blog : linter.over-blog.com

 

"Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous"

 

"J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile"

 

 


 

Retour de rencontre auprès de Christian Gauger, Sonja Suder libres

pour simplement être ensemble après cette année de combat.

 

Sur le chemin cette chanson évoquée

qui représente tant et que linter leur offre

ainsi qu'à Hermann F. et Sibylle pour leur volonté à tous

face à l'acharnement de l'Etat


Alors que l'on attend toujours la version écrite du verdict

et que le combat contre la torture utilisée dans ce procès

se doit de continuer

 

 

Poème de Louis Aragon sublimé par l’ interprétation de Jean Ferrat…

 

J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi 

Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme


Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir

J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous


A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche


Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

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