
Françafrique !!
Repris d'Actualité de la résistance anti-impérialiste, mai 1978
Les troupes françaises interviennent actuellement au Liban, au Tchad, au Sahara occidental et peut-être en force demain à niveau au Zaïre,où le Front National de Libération du Congo a déjà fait prisonniers quelques soldats français.
En Afrique, l'ensemble du dispositif repose sur quatre bases principales: Djibouti, 4000 hommes - Dakar, 1300 et Abidjan et Libreville 500 hommes chacune. Un autre aspect de ce dispositif repose sur la présence de coopérants dans divers pays. Les moyens d'intervention sont fournis par la 11ème division parachutiste basée à Toulouse et la 9ème division d'infanterie de marine (St Malo). Ces unités disposent d'appuis aériens et navals (Le Monde, 29.04.78.)
Ce dispositif a été opérationnel pour la première fois au Zaïre il y a un an lorsque le gouvernement français avait prêté ses Transvalls afin de transporter les troupes marocaines venues en aide au régime de Mobutu. Lorsque le conflit a atteint le niveau qui permit aux combattants du Front Polisario d'infliger de lourdes peines aux troupes marocaines et mauritaniennes, Paris substitua au pont aérien, mis en place au début de l'occupation, une autre formule: les états-majors de Rabat et Nouatchott ont été "reliés" au dispositif d'intervention. La base de Cap Vert au Sénégal a été renforcée en novembre dernier par l'envoi de plusieurs centaines de parachutistes. Le travail de collecte d'informations et de renseignements s'opère à partir d'avions "Breguet Atlantic". De la base de Cap Vert, il faut moins de deux heures pour atteindre Zouerate. Cette base a été utilisée comme relais lors de l'expédition au Zaïre.
Le Président du conseil de la RASD a dénoncé l'utilisation du sol sénégalais, dès le 6 novembre 1977, "utilisé par des troupes étrangères contre le peuple sarahoui et d'autres peuples africains". L'essentiel des troupes françaises qui "protègent" la côte ouest de l'Afrique se trouve basé à Dakar. Plusieurs appareils d'espionnage et de bombardiers français stationnent dans les aéroports mauritaniens et sont prêts à intervenir aux côtés des forces aériennes d'occupation du Sahara occidental.
C'est de Dakar également que sont partis pour le Tchad les dis Jaguar accompagnés de dix Boeing et d'un Bréguet et qui forment avec les 2000 parachutistes l'essentiel du corps expéditionnaire français.
Selon certaines sources métropolitaines les troupes engagées dans le conflit du Sahara occidental seraient les paras du 3ème RIMA de Carcassonne et du 8ème de Castres appartenant à la 11ème division d'intervention du général Lacaze (ancien du SDECE), le tout appuyé par des Mirages IV de reconnaissance à haute altitude et des appareils d'intervention rapide. Des mercenaires français furent regroupés dans une base militaire au Maroc à proximité de Marakech, à Bangueria où se trouve stationné le 13ème régiment de dragons parachutistes.
Selon la commission d'enquête de l'ONU c'est à partir de cette base que des mercenaires sont partis en janvier 1976 effectuer un raid contre l'aéroport de Cotonou au Bénin (l'Humanité, 4.11.1977).
Des bases d'Orange, de Vannes et de St Malo partent les forces armées intervenant au Tchad contre le FROLINAT. Les opérations sont suivies à Paris par le centre opérationnel des armées, un PC enterré sous le ministère de la défense et placé sous les ordres direct du général Mery, chef d'état major des armées.
A l'autre versant du continent, Dibouti, "verrou" entre les océans Indien et la Méditerranée, abrite plus de 4000 hommes. Djibouti est une gigantesque base militaire française malgré son indépendance politique. Ouvert sur l'océan indien et le golfe arabe, en 1980, 2 milliards de tonnes de pétrole y transiteront en un an.
Mais ces aspects ne sont qu'un côté de la présence française en Afrique. Nous en reparlerons.
ET COMME RIEN NE CHANGE, LES VENTES D'ARMES AUJOURD'HUI
AFP. lundi 18 septembre 2006 par Spyworld. La France devrait accroître ses exportations d’armes et vendre pour plus de 6 milliards d’euros à l’étranger en 2007, a déclaré lundi un porte-parole de la délégation générale pour l’armement (DGA). En 2006, les exportations vont dépasser les 5 milliards d’euros et atteindre 6 milliards en 2007, un montant qui n’était pas attendu avant 2009, selon les prévisions de la DGA. "Les estimations pour 2005 situent le montant des exportations entre 4,1 et 4,2 milliards d’euros", a déclaré le porte-parole, en progression par rapport aux 3,38 milliards enregistrés en 2004. Dans La Tribune de lundi, le délégué général pour l’armement, François Lureau, encourage les groupes français à accroître la part de l’export dans leurs chiffres d’affaires, qui se situe en moyenne aux alentours de 40%."Je souhaite le plus vite possible qu’elle atteigne la barre de 50%", déclare-t-il.La France détient environ 10 à 15% du marché mondial des ventes d’armes.En juillet, lors d’une visite à Paris du prince héritier saoudien et ministre de la Défense Sultan Ben Abdel Aziz, des accords ont été passés entre Paris et Ryad pour la fourniture au royaume d’une centaine d’hélicoptères (NH-90 Marine et Terre, Fennec, Super-Puma et Cougar) pour un montant de plus de deux milliards d’euros, et sur deux à trois avions ravitailleurs pour environ un milliard d’euros.Ces contrats devraient être "bouclés d’ici à la fin de l’année", selon une source proche du dossier. En revanche, courant août, l’avion de chasse Rafale du constructeur français Dassault avait subi un revers lorsque Ryad lui avait préféré son concurrent européen Eurofighter, commercialisé par un consortium regroupant l’européen EADS, le britannique BAE Systems et l’italien Alenia/Finmeccanica.