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linter.over-blog.com Dans cet édito du numéro deux, paru en décembre 1983, l'Internationale, en évoquant "l'esprit d'Heidelberg" - en référence à l'une des premières actions de la RAF et une des plus fortes, car elle s'attaquait en pleine guerre du Vietnam à la présence américaine au plus haut nivau en Allemagne - se pose la question de l'action anti-impérialiste, de la guerre de classe: "Malgré de nombreux revers, "l'esprit d'Heidelberg" est plus vivant que jamais. Partout des prolétaires des métropoles, des filles et des fils de la zone urbaine se donnent les moyens de sortir de la collaboration de classe, de la passivité opportuniste, de l'acceptation tacite du système. Et même si aujourd'hui la France n'est pas le point fort de l'offensive révolutionnaire, même si l'organisation du prolétariat révolutionnaire a encore beaucoup à faire, chaque action, la plus modeste soit-elle, le moindre grain de sable est une tentative d'enrayer la machine afin de la détruire, et en cela, elle est décisive."
Cet édito reste un moment de réflexion essentiel dans l'histoire du journal.
DETRUIRE CE QUI NOUS DETRUIT
Mai 1972, l'appareil de guerre yankee, atteignant un niveau de développement technologique sans précédent, déverse chaque jour des tonnes et des tonnes de bombes contre l'un des peuples les plus pillés et les plus exploités de la planète: le peuple vietnamien. Cherchant à anéantir toute forme de vie, même végétale, il teste les dernières découvertes de planification scientifique de l'extermination en utilisant des technologies aussi variées que l'électronique, l'informatique, la météorologie, l'aéronautique, etc. Il s'agit pour lui d'affiner cette oeuvre de destruction systématique et de mort programmée pour terroriser tout un peuple.
Au même moment, à Heidelberg, un petit groupe de "fils et de filles" des métropoles refusaient d'être des zombies et de cautionner par leur silence et leur passivité la barbarie, et dépassaient leur statut figé et en apparence immuable de "victimes désarmées",avec des moyens dérisoires en comparaison de ceux mis en oeuvre en Indochine . Ils plaçaient quelques kilos d'explosifs, faisant sautet l'ordinateur du Grand Quartier Général des forces US à Heidelberg et chargé de calculer les cibles et de planifier les massacres et la terreur systématique. En détruisant cet ordinateur, ils retardaient l'oeuvre de mort.
La Fraction armée rouge donnait ainsi le signal de l'offensive révolutionnaire dans les métropoles impérialistes, élargissant au prolétariat des métropoles le front de combat ouvert par les peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui luttaient les armes à la main pour une société communiste.
Novembre 1983: l'impérialisme américain est toujours aux avant-postes des menées terroristes au niveau planétaire, envahissant Grenade, menaçant le Nicaragua, occupant le Liban, opprimant tant d'autres pays et imposant à l'Europe le déterminisme de la guerre nucléaire.
Malgré de nombreux revers, "l'esprit d'Heidelberg" est plus vivant que jamais. Partout des prolétaires des métropoles, des filles et des fils de la zone urbaine se donnent les moyens de sortir de la collaboration de classe, de la passivité opportuniste, de l'acceptation tacite du système. Et même si aujourd'hui la France n'est pas le point fort de l'offensive révolutionnaire, même si l'organisation du prolétariat révolutionnaire a encore beaucoup à faire, chaque action, la plus modeste soit-elle, le moindre grain de sable est une tentative d'enrayer la machine afin de la détruire, et en cela, elle est décisive.
Aujourd'hui, c'est un large front qui dans le monde entier mène la guerre à la guerre impérialiste: du véhicule militaire incendié au général de l'OTAN enlevé, du simple au complexe, partout des prolétaires s'organisent contre la barbarie. Pour le communisme, contre le capitalisme fauteur de guerres et sa folie meurtrière.
Partout où la pieuvre impérialiste montre ses tentacules, à Athènes, à Beyrouth, à Berlin, à Washington, à Chypre, à Ankara, partout la riposte des prolétaires s'organise.
Heidelberg a représenté une seule étape dans le long cheminement anti-impérialiste. Nous savons que notre lutte est à long terme. Partout où se mène - où se gagne - une bataille, le prolétariat oeuvre pour son émancipation. Il n'est d'autre victoire possible que la destruction du "parti de la guerre" et de ceux qui la servent. Croire qu'une frontière autre qu'artificielle, qu'un océan autre que géographique, séparent un Kohl d'un Mitterand ou d'un Reagan est illusoire.
Détruire ce qui nous détruit, c'est combattre les tentatives hégémonistes du capital, de l'impérialisme, c'est réaliser l'auto-organisation de la classe et reprendre l'offensive.