De Talbot à Ramstein
CONSTRUIRE L'INTERNATIONALE DES PROLETAIRES Aujourd'hui, l'antagonisme d'une classe contre l'autre apparaît de plus en plus comme le développement de la lutte, de la contre-violence, de l'organisation des prolétaires de par le monde pour combattre un capitalisme de plus en plus ouvertement morbide et criminel.
Celui-ci connaît une phase de restructuration économico-militaire qui fait éclater au grand jour l'action néfaste qu'il représente pour chaque homme sur la planète: guerre, famine, développement nucléaire, actions néfastes qui auparavant pouveaient être camouflées sous prétexte de progrès.
Aujourd'hui, le développement technologique signifie encore davantage, aliénation sous forme d'automatisation, de robotisation, de soi-disant rationalisation. En fait, il ne s'agit que de la rationalité du profit de quelques-uns. Les prolétaires d'Europe occidentale en font l'expérience; ceux de Talbot comme les sidérurgistes espagnols, ou encore les travailleurs italiens de Pomigliano d'Arco. Cette restructuration économique se fait, selon les régions, de manière plus ou moins brutale, utilisant à la fois les milices patronales, les nervis fascistes, la violence policère ou l'arnaque syndicale, grangguignol au service de l'idée-force du capitalisme: le réformisme. Face à sa crise structurelle, la logique du capitalisme reste la production de la destruction. La réalité de la guerre ne peut plus être comprise comme rapport politique dans une zone précise, Moyen Orient ou Afrique ou encore Sud-est asiatique, mais mondialement. Ce rapport a atteint un stade développé, liant les trois aspects: militaire, économique et idéologique. Sur le plan militaire, le déploiement des euromissiles en Europe, la restructuration des forces armées par la création des forces d'intervention rapide. Redéploiement des forces de pression dans les pays périphériques: Philippines et Caraïbes ... Sur le plan économique, restructuration et rationalisation de l'industrie de guerre, armement, recherche ..., hégémonie du dollar, pression des institutions financières internationales. Sur le plan idéologique, renforcement des intransigeances face aux luttes et aux résistances des prolétaires, accélération des restructurations judiciaires et repressives. Guerre psychologique: aujourd'hui, tout résistant à la politique de l'OTAN est présenté comme un "espion de l'est". Tout militnt anti-impérialiste est présenté comme un partisan des goulags par les Glucksmann, Montand et autres héros du dandysme parisien.
Pour exécuter ce plan, la social-démocratie est l'instrument idéal. En Europe du Sud, en particulier, où en quelques mois, cinq pays sont passés aux gestionnaires de la Deuxième Internationale: Portugal, Espagne, France, Italie et Grèce. Leurs installations au pouvoir sont liées au front même de la restructuration et des plans de l'OTAN . Gonzales, Premier ministre espagnol, élu en partie sur des promesses pour le départ et l'évacuation des Américains, paie aujourd'hui pour la première fois de son histoire la contribution au budget de l'OTAN et utilise les manoeuvres américano-espagnoles en vue de la rentabilisation de son armée. L'Italien Craxi, malgré les voeux pieux de son parti, a constitué la force de l'intervention italienne au Liban. Les idées atlantistes de la Deuxième Internationale sont bien connues, mais on pouvait s'interroger sur la méthodologie des résolutions de la question sociale: allaient-ils suivre la voie allemande, collaboration et matraque? Cela ne fait plus de doute aujourd'hui: au Portugal, les expériences autogestionnaires se sont terminées par l'emprisonnement des paysans et ouvriers. En Espagne, les lois d'exception succèdent aux charges de police contre les grévistes. En France, les missions des CRS restent les mêmes. Il n'y a plus d'illusion à se faire sur le rôle de la social-démocratie qui, dans l'histoire a toujours su prendre la tête de la lutte pour mieux la trahir une fois au pouvoir. Nous n'oublierons pas Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et Ulrike Meinhof, assassinés par des sociaux-démocrates, pa plus que les militants algériens n'oublieront Guy Mollet et consorts ...
Aujourd'hui, en Europe, le front des prolétaires ne peut s'organiser qu'à l'intérieur de deux axes qui relèvent de la même logique: la politique de l'OTAN et la restructuration de l'économie vers la guerre. Deux aspects de la logique impérialiste. Les lier dans le combat quotidien veut dire la nécessité d'une véritable stratégie offensive du prolétariat dans les métropoles. Les textes des combattants américains, de la guérilla en RFA ou au Pays basque expriment cette recherche et ses premières expériences.
Aujourd'hui, il est impérieux de créer les instruments capables de diffuser ces expériences et d'en débattre. Telle est l'une des tâches que nous nous sommes fixées
L'Internationale