A l'entrée de la ville, un très grand panneau annonce le meeting.
Sur la mairie - bâtiment typique, imposant car il fallait imposer la République dans les sociétés de l'époque (comme l'indique le Maire qui ouvre cet après-midi de solidarité) - une grande banderole "solidarité avec les prisonniers politiques".
Dans le hall, une exposition d'affiches des années 60 à 80: affiches rares de luttes - modestes ou non - qui ont marqué notre action et notre mémoire: talc Morange, Bruay en Artois, Juge Bidalou, luttes de mineurs, soutien aux prisonniers de la RAF, à la Palestine et plus récentes comme le soutien aux prisonniers d'Action directe.

C'est le cadre du meeting de soutien aux prisonniers politiques organisé par libérez-les et le Comité basque. Différents intervenants: à propos des prisonniers corses et basques, sur la Palestine, le Brésil, la Turquie, la situation de Georges Ibrahim Abdallah et des prisonniers d'Action directe, de la RAF
et maintenant de nouveau des CCC, après les arrestations de la semaine passée.
Pour ce qui concerne linter, c'est sur ce dernier point qu'il nous a semblé important d'intervenir. En effet, l'arrestation de militants de CCC montre de nouveau de manière crue, la situation à laquelle sont confrontés les prisonniers politiques dans nos "démocraties".
Tout au long de leur incarcération, de l'arrestation jusqu'au procès et jusqu'à la "libération", c'est toujours la situation d'exception qui prévaut.
Deux exemples:
Pour les prisonniers demandant leur libération conditionnelle : il y avait déjà l'instauration d'une juridiction spéciale à Paris devant laquelle se sont retrouvés Nathalie et Jean-Marc. Il y a maintenant les risques que font courir la loi Dati et l'article renvoyant devant une commission ad hoc et après six semaines d'observation, les prisonniers condamnés à de longues peines et dont on prétend évaluer la "dangerosité". Mais qu'est-ce qu'être dangereux pour un militant politique? Que ce soit pour un prisonnier ou pour chacun d'entre nous?
L'autre exemple:
Pour les prisonniers en aménagement de peine, semi-liberté ou libération conditionnelle : L'arrestation des militants des CCC nous rappelle cruellement ce que cette mesure signifie. C'est en effet ce prétexte qui est invoqué pour leur interpellation. Alors qu'ils étaient en liberté depuis plus de trois et cinq ans. Et cela rejoint la situation en France des militants d'Action directe mais aussi en Allemagne des militants de la RAF.
En effet, il y a trente ans étaient assassinés en prison Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Jan-Carl Raspe, Ingrid Schubert. Cela a donné lieu en Allemagne à un show médiatique mais aussi à une reprise de l'offensive de l'Etat. Ainsi des prisonniers condamnés, ayant effectué plus de vingt ans de prison, libres depuis peu de temps, se voient appelés à témoigner pour indiquer la responsabilité individuelle de chacun dans des actions ayant eu lieu il y a trente ans et pour lesquelles des condamnations ont été prononcées. Il s'agit de délation et en cas de refus, ils peuvent être condamnés à une peine de prison.
Or toutes les organisations révolutionnaires ont comme principe politique de revendiquer collectivement leur action puisqu'elles sont décidées collectivement et réalisées collectivement.
Comme l'indique le texte de camarades allemands, les lois sont différentes d'un pays à l'autre mais il s'agit toujours de faire pression sur les prisonniers politiques afin d'étouffer leur lutte et de faire qu'elles ne soient pas une référence pour les luttes à venir.
Un camarade de linter, dans le cadre du débat, a indiqué le rôle du journal à l'époque et du blog aujourd'hui. Ainsi il a pris comme exemple la Palestine et le sionisme, rappelant et faisant le lien entre l'agression contre le CICP, la constitution de l'Union pour la Méditerranée et la situation de Georges Ibrahim Abdallah. Cela montre l'importance de faire passer l'information et les analyses sur le capitalisme, l'impérialisme, de transmettre la mémoire des luttes et d'informer sur les luttes menées aujourd'hui.
Le meeting s'est terminé par un concert mêlant rap, chansons révolutionnaires et musique rock avec en particulier Dominique Grange et la K-Bine
Un moment fort : Dominique Grange a chanté au coeur de ce pays minier un titre ancien "les gueules noires", titre qui avait été composé pour André Théret et qu'elle a chanté en présence de proches de cet homme qui a marqué les mémoires.
Solidarité avec les emprisonnés de Belgique