Dossier RAF
Dès l'abord, disons ceci: il revient à la social-démocratie d'organiser, dans l'Europe de l'Ouest, le processus réactionnaire. Pour cela, elle dispose de l'énorme potentiel économique de l'impérialisme allemand, lequel est lui-même soumis à l'hégémonie du capital US. Ce dernier contrôle toutes les industries stratégiques en Allemagne fédérale - électronique, chimie, pétrole, automobile et construction mécanique.
Le modèle de développement social-démocrate est l'intermédiaire de cette stratégie et il se place sur deux plans :
- Les crédits : ceux-ci sont assortis de conditions politiques et ils ont pour fonction de préparer le terrain aux investissements de capitaux en imposant une militarisation de la politique grâce à un chantage économique. Comme le dit Brandt : "La stabilité, c'est d'anticiper sur la catastrophe afin de l'éviter ..."
- Une stratégie politique plus vaste : il s'agit de dicter son modèle de fascisme aux Etats subordonnés à l'Allemagne fédérale dans la chaîne impérialiste. Cette stratégie se déploie par le jeu des institutions, par le système de la "counter insurgency" (anti-insurrection) par l'organisation de l'Etat sur le modèle de la démocratie parlementaire avec dans le même temps, l 'élimination des partis communistes, de telle sorte que le bloc au pouvoir ne puisse jamais être que celui du capital US.
A l'intérieur de l'Europe de l'Ouest, l'ennemi principal, ce sont les USA et la social-démocratie de la République fédérale.
Parce qu'elle seule dispose, de par son histoire, de l'Internationale socialiste et du contact avec les syndicats pour imposer en Europe le projet de consolidation d'un nouveau fascisme.
C'est ainsi que toute attaque contre la présence ici du capital américain s'affronte immédiatement à l'Etat impérialiste et - tôt ou tard - directement aux forces militaires US, celles qui agissent ouvertement.. Dans chaque cas, les attaques contre les installations américaines ici forcent l'Etat à réagir en fonction de ce qu'il est depuis 1945 : une branche du capital US; cet Etat est, de plus, une pièce dans le système des Etats sous entreprise américaine, malgré le camouflage au niveau des institutions du véritable statut de la République fédérale: un territoire occupé par les USA.
C'est aussi une ligne de mobilisation.
L'essentiel est que la social-démocratie démasquée de cette façon par l'attaque de petits groupes armés, va se trouver placée dans l'impossibilité d'organiser l'Europe de l'Ouest en un bloc de puissances militaires au service de la stratégie du capital US. Parce que : le fascisme ici rendu visible, va mobiliser nécessairement contre la République fédérale allemande tout ce qu'il peut y avoir de ressentiment contre l'impérialisme allemand et contre sa volonté d'hégémonie, dans tous les groupes d'un spectre qui va de l'extrême gauche aux sociaux-démocrates, ainsi que dans les gouvernements de chaque nation.
Et, précisément, notre ligne est : l'ennemi principal, ce sont les USA. Donc, dans cette optique, la première ligne de démarcation, ou mieux le front, c'est le conflit Nord/Sud - où se déroulent les affrontements armés entre prolétariat mondial et impérialisme américain.
LA GUERRE DE LIBERATION DANS LES METROPOLES
C'est dans les métropoles que se développe la deuxième ligne de démarcation. Celle-ci y est déterminée, dialectiquement, par les guerres de libération menées à la périphérie du système. Cela correspond à une tentative de reconversion stratégique du capital US grâce au retrait de ses fronts vers les centres - cela tant au point de vue idéologique, politique, militaire, qu'économique (ce que nous n'expliquerons pas davantage ici).
Il est nécessaire de transformer ces démarcations en un véritable front, c'est à dire une confrontation politico-militaire. Ce processus définit la lutte des classes dans les métropoles comme une partie de la guerre de libération dans le tiers-monde, en anticipant, ici même, sur ce qu'est la politique prolétarienne aujourd'hui : une guerre de libération.
Voilà la ligne sur laquelle le capital et son Etat sont obligés de réagir - et de manière disproportionnée - à l'attaque de petits groupes révolutionnaires, et, par la même conduit à les multiplier. Ainsi donc : la mécanique elle-même de l'appareil le conduit à développer dans le système impérialiste, un front, mais aussi, en même temps, son antithèse : soit une situation politique dans laquelle les processus de polarisation sont en cours et où la résistance - dont la structure illégale est la guérilla - peut être comprise, et nous ajouterons : où cette résistance sera comprise comme la motivation de chacun et de tous ceux qui ont pris conscience de leur situation dans le système impérialiste.
Il y aurait quelque chose à ajouter ici sur la structure de l'organisation - sur l'organisation de la guérilla dans les métropoles - pour lutter sur ce front, ce que nous laisserons évidemment de côté ici.
Enfin, il faut analyser une bonne fois le projet militaire qu'ont les Américains en se servant de la social-démocratie. Cela va de l'intégration des appareils chargés de la sécurité intérieure et extérieure (c'est à dire intégration des appareils policiers dans la structure de l'OTAN) à la transformation de l'ensemble de l'appareil d'Etat, y compris des appareils idéologiques (écoles, média, l'ensemble des administration)s, en un gigantesque réseau tentaculaire de renseignements. Un processus qui oblige tous les fonctionnaires et employés à faire des rapports au "service de protection de la constitution". Un seul journal en a parlé jusqu'à présent.
(Ière partie du texte)