La logique réfomiste est implacable.
Tant qu'on est loin du pouvoir, loin d'être décisionnel, la logique révolutionnaire prévaut.
Mais, quand il s'agit de voter, quand on passe au vote, et que ce vote engage, alors et quel que soit le contexte, la logique parlementaire, "réaliste", disent-ils - l'emporte.
Cela a été le cas en 14-18. (lire la description de Gilbert Badia dans son livre sur le Spartakisme du processus qui a amené au vote unanime par la social-démocratie des crédits militaires en 1914: "au soir du 4 août". C'est édifiant, car c'est bien ce qui se répète continuellement)
Cela a été le cas avec le vote des pleins pouvoirs à Pétain.
Cela a été le cas pour le vote des pleins pouvoirs à De Gaulle lors de la guerre d'Algérie.
Cela est le cas pour n'importe quelle décision à prendre, petite ou grande, quand les implications sont réelles, économiques ou politiques
C'est pourquoi il sera important de suivre le vote prévu par rapport à la guerre en Afghanistan.
Non que nous ne soyons pas conscients de l'oppression, de l'exploitation règnant en Afghanistan, des femmes, et du peuple dans son entier.
Mais ce n'est pas pour libérer les peuples que les forces sont engagées.
Et surtout en Afghanistan, en Irak, comme ailleurs, on sait combien ces guerres impérialistes sont favorables aux tendances les plus réactionnaires, qui y voit l'opportunité rêvée, quand ceux qui prétendent les combattre sont perçus en fait, pour ce qu'ils sont, des occupants.
Non que nous croyons que les partis dits révolutionnaires - révolutionnaires tant qu'ils ne sont pas au pouvoir et donc pas en position de décider - soient sur ce point plus conséquents. Ils surfent en toute quiétude sur toute lutte, engrangent les bénéfices des luttes des autres. mais ils ne créent pas les conditions de conscience, d'organisation et d'action permettant une réelle rupture avec les classes dominantes.
Le débat sur l'engagement militaire en Afghanistan devra s'observer à la lumière de ces données.
La logique réformiste est implacable. Et nous devons, si nous voulons éviter de telles décisions, construire une toute autre réflexion et une tout autre action politique.
linter. le 7 septembre 2008
(Le tableau est de Georg Grosz)