Il est deux types de médecins. Ceux qui soignent et ceux qui acceptent d'être caution d'un système. Celui qui, au mitard, dit "je ne vois pas une personne en danger" à une prisonnière en grève de la faim et de la soif, que l'on transportera le lendemain en urgence à l'hôpital et qui se réveillera bien des heures après. Celui qui profite d'être dans une prison de femmes pour faire une étude sur le lien entre les règles et le passage à l'acte criminel. Celui qui dit que "le prisonnier peut rester à l'isolement ou au mitard", ce qui permet à l'administration pénitentiaire d'appliquer ses régimes d'exception. Celui qui fait une expertise ne voyant pas pour Joëlle Aubron de danger vital, retardant ainsi la suspension de peine pour raison médicale et lui volant des mois de vie dehors. Celui que les prisonniers politiques ont toujours dénoncé comme auxiliaire de la prison et du pouvoir. Et il y a ces médecins qui se refusent à devenir auxiliaire de justice, auxiliaire de perpétuité. Ceux qui savent faire la différence entre l'acte de soigner, de diagnostiquer Et celui de pronostiquer et d'emprisonner.
Des camarades comme Georges Ciprini viennent de passer par le CNO. Ils ont su rester cohérents dans une situation qui niait leur identité en prétendant les soumettre à des avis "d'experts"
Et, nous sommes de ceux qui disent que nous devons de toutes nos forces les soutenir pour qu'ils ne soient pas seuls face à ces experts en tout genre.
Mais nous désespérions de voir se lever ceux qui sont les plus à même de parler, ceux que l'on prétend utiliser. La pétition ci-après pose clairement le rôle du médecin, du psychiatre.
Et savoir qu'elle a déjà plus de 800 signatures, de professionnelsest pour nous inespéré, une véritable perspective de voir remis en cause ce système dangereux d'utilisation des soignants comme madame Soleil de la récidive ou non récidive. Comme caution d'un internement à vie pour des actes non commis.
Alors nous nous prenons à rêver, que les journalistes,que les juristes,par rapport à la révocation de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan, aussi se lèvent et parlent avant le 27 novembre sur le fond et sur le fond seulement, qu'ils refusent leur instrumentalisation, qu'ils disent clairement que l'on n'enferme pas une personne pour une interview donnée et que l'on ne peut pas remettre en cause une mesure alors que les termes de cette mesure ont été respectés.