L'interview d'Agone a permis de braquer quelques projecteurs sur la situation de Jean-Marc Rouillan. De révéler son hospitalisation. Elle était titrée "Qui veut la peau de Jean-Marc Rouillan?". Ce titre qui pouvait paraître accrocheur révèle en fait une réalité. Pure et dure.
Sait-on suffisamment que les pompiers ont attesté du risque grave qu'il avait couru.
Sait-on suffisamment qu'il est resté trois semaines sans soin correspondant à l'infection dont il souffrait.
Nous savons tous et la France a été suffisamment dénoncée à ce propos, que les conditions de détention sont détestables.
Les subir comme prisonnier politique quand on a affronté l'Etat est une chose que tout militant prend en compte. Il organise sa résistance, son combat. Elles restent cependant ce qu'elles sont : indignes, brutales, indécentes. Et il faut avoir passé quelques temps derrière les murs pour mesurer ce qu'elles ont de destructrices.
Aujourd'hui, cette indignité, cette brutalité, cette indécence, Jean-Marc Rouillan les subit au nom d'une décision totalement arbitraire : une interview, que chacun peut lire et dont chacun peut vérifier qu'elle n'a été qu'un prétexte pour lever une semi-liberté que l'Etat ne pouvait ni ne voulait accepter. Prisonnier condamné pour Action directe, il reste comme ses camarades l'ôtage du pouvoir (Georges Cipriani vient de recevoir l'avis négatif de la commission du CNO - l'audience pour sa libération conditionnelle est prévue le 7 avril ).
Mais que signifie concrètement cet emprisonnement? Tout ce qui est "octroyé" au longues peines, non par pure bonté d'âme, mais parce c'est indispensable à la survie lors d'un emprisonnement long, il ne peut en "bénéficier". On le sait, il n'a pas son ordinateur qui lui permettait d'écrire, il n'a pas les parloirs prévus pour les peines longues, mais cela n'est qu'une toute petite partie de l'iceberg : à ce que chacun dehors peut comprendre, il faut y ajouter tout ce qui fait l'environnement, la vie quotidienne et qu'il faut vivre au quotidien.
Alors aujourd'hui, Jean-Marc Rouillan est hospitalisé. Ceux qui ont donné l'alerte, lui ont certainement sauvé la vie. Mais cela ne représente pas une fin. Nous devons continuer ce qu'ils ont commencé.
En prison, sa vie est et reste menacée. Il ne peut ni ne doit rester emprisonné
Ceci est un appel. linter