Cet article commence une série regroupant les informations diffusées dans Actualité sur différents thèmes et dans un premier temps sur la lutte des prisonniers de la RAF.
La déclaration publiée ici date d'avril 78. Elle est celle de 22 prisonniers et suit la mort en octobre 19777 d'Andréas Baader, Gudrun Enslin, Jan Carl Raspe et Ingrid Schubert. Il faut imaginer la situation d'extrême tension existant à l'époque et la force de l'affrontement de ces prisonniers avec l'Etat allemand pour mieux comprendre cette déclaration..
Plus de vingt ans après, la libération des derniers d'entre eux restent encore l'objet d'un combat.
Depuis 10 jours, 22 prisonniers de la RAF détenus en Allemagne, au Pays-Bas et en Suisse ont commencé une grève de la faim. Cette grève revêt une importance particulière du fait même de son caractère international, de la volonté commune des prisonniers détenus dans plusieurs pays, dans plusieurs prisons, et du fait que malgré la volonté d'extermination des Etats capitalistes que l'on a vu encore avec la mort des camarades à Stammheim et à Stadelheim, les prisonniers continuent à lutter contre cette volonté d'extermination et pour sauvegarder leur identité politique. Voici le texte:
Nous avons commencé une grève de la faim,
Après l'exécution d'Andréas, de Gudrun, de Jan et d'Ingrid,
Après la mort de huit prisonniers de la RAF ces trois dernières années,
Après que le commissaire d'enquête parlementaire à Stuttgart a non seulement entériné la version officielle masquant ainsi la vérité, c'est-à-dire le meurtre des otages - que sont les prisonniers - ce qui a constitué la dernière étape de cette opération des services secrets, mais aussi élaboré et lancé un projet d'après lequel, après la liquidation de la direction de la RAF en prison, le reste des prisonniers doit être exterminé;
Après toutes les grèves de la faim et de la soif et toutes les tortures qui les ont accompagnées,
Nous commençons cette grève de la faim avec la conscience - et la colère - que nous ne disposons que de ce moyen misérable, face à cette violence, face à cette volonté sans limite d'extermination des stratèges impérialistes contre nous prisonniers de leur guerre contre la résistance armée.
Notre isolement les uns des autres et notre isolement du monde extérieur n'a pas cessé malgré la décision du gouvernement fédéral il y a un an et malgré la décision interne "d'améliorer nos conditions de détention" affirmée ces derniers mois. Nous continuons à être exclus par une machine qui englobe tout et intervient à différents niveaux.
L'exécution d'Andréas, de Gudrun, de Jan et d'Ingrid doit constituer le moment où tout ce que nous avons obtenu comme conditions minimales de vie par notre résistance des années durant doit être supprimé.
Si le gouvernement fédéral, la sûreté de l'Etat et les appareils de justice et pénitentiaire - dans l'espoir d'étouffer le processus révolutionnaire dans les métropoles - veulent faire de l'extermination des prisonniers guerilleros la démonstration de ce qu'ils sont prêts à tous les crimes, nous, de notre côté, nous dénoncerons notre détention où nous nous ne sommes que des otages comme l'exemple de la politique impérialiste.
Nous exigeons:
- Le respect des droits de l'Homme en RFA et l'application des garanties minimales pour les prisonniers de guerre, telles qu'elles sont prévues dans la convention de Genève. C'est-à-dire maintenant:
Que les prisonniers de la RAF et d'autres groupes anti-impérialistes soient réunis en groupe où une interaction est possible.
En réclamant cela, nous ne demandons que ce que des spécialistes médicaux exigent depuis des années, ce que cherche à obtenir Amnesty et ce que nous avions déjà obtenu de cet Etat en avril 77.
- Nous demandons de plus:
Que soient rendus tous les textes saisis d'Andréas, de Gudrin, de Jan et d'Ingrid - et surtout les lettres adressées aux prêtres de la prison par Gudrun.
Que tous les faits et matériaux concernant le 18 octobre 1977 soient mis à la disposition d'UNE COMMISSION D'ENQUËTE INTERNATIONALE.
Nous ne cesserons pas notre grève cette fois avant que ne soient garanties nos conditions de vie par des organisations internationales.
Hambourg, le 9 mars 1978, pour les prisonniers de la RAF.
(Publié sur le blog le 18 août 2007)
Allemagne (suite). A propos de la frève de la faim des prisonniers de la RAF et du 2 Juin en RFA (Actualité - deuxième numéro 0 - 1er mai )
Comme nous l'avons déjà dit dans le dernier numéro du bulletin, depuis plus d'un mois, des prisonniers de la RAF et du 2 juin font la grève de la faim dans les prisons de la RFA pour obtenir satisfaction de revendications vitales pour eux, car elles ont pour but de briser la volonté de l'Etat, de les isoler et de briser leur identité politique.
Ils demandent entre autres (voir précédent numéro: la déclaration de grève de la faim de Hambourg des prisonniers) leur rassemblement en groupes d'environ 15 prisonniers et l'application dans leur cas, du statut de prisonnier de guerre garanti par la Convention de Genève. Ils utilisent le moyen de la grève de la faim, bien qu'ils soient totalement isolés de l'extérieur et entre eux, bien que la presse fasse un silence de mort sur leur grève et bien qu'ils soient totalement conscients de ce que l'Etat peut utiliser cette grève et le silence qui l'entoure, pour assassiner certains d'entre eux, comme il l'a déjà fait dans le cas d'Holger Meins, parce que c'est le seul moyen qu'il leur reste en prison pour lutter contre la volonté d'extermination de l'Etat.
L'Etat, comme lors de chaque grève, n'a pas tardé à réagir avec violence. L'isolement de chaque prisonnier a encore été renforcé. La presse a reçu la consigne de se taire. Les prisonnières de Lübeck ont été transférées à Hambourg et soumises à la nutrition forcée.
Comme pour toutes les grèves de la faim, le rôle de l'opinion publique est vital pour les prisonniers. Ne pas briser le silence que l'Etat allemand veut maintenir autour de cette grève, c'est le soutenir dans ses projets criminels.