Actualité de la résistance anti-impérialiste, No O.
L'anti-impérialisme, la lutte pour le communisme ont été pour de nombreux militants des années 60-70 un élément central de leur engagement. En dehors de l'Internationale et souvent bien avant, de nombreux bulletins et brochures ont accompagné les luttes.
Les unes de Clash ont fait l'objet d'un précédent articles et nous espérons bientôt d'un article à part entière.
Celui-ci présente le tout premier numéro (No 0) paru en avril 1978 d'un bulletin ronéoté (eh oui, c'était bien avant la photocopieuse!) qui en comptera 15. En voici l'éditorial, le sommaire et un article (choisi, déjà parce qu'il parle des NAPAP. Mais aussi parce qu'il montre bien le rôle de la presse - les exemples sont vraiment parlants - et qu'il nous dit que la lutte des prisonniers politiques est bien toujours la même et le soutien à leur témoigner si essentiel).


EDITORIAL Actualité de la résistance anti-impérialiste, c'est le titre du bulletin d'informations qui paraîtra pour la première fois le 1er mai au rythme d'une parution au moins tous les quinze jours. Ces quelques feuilles donnent une idée de ce que sera ce bulletin.
SON CONTENU
Des informations sur les luttes des mouvements de libération en Afrique, Asie, Amérique latine, mais aussi sur les mouvements qui, en Europe et en Amérique du Nord luttent contre l'impérialisme et que souvent les Etats et une partie de la "gauche" et de l"l'extrême gauche" qualifient de "terroristes". Alors que justement ces mouvements luttent contre la terreur imposée aux peuples.
Nous publierons des informations sur les luttes de ces mouvements, leurs déclarations, leurs textes théoriques. Nous essaierons de renforcer le soutien aux prisonniers de l'impérialisme qui luttent dans les conditions les plus difficiles, dans l'isolement, la torture. Nous dénoncerons les manoeuvres des polices, des services secrets, nous analyserons les méthodes de la guerre psychologique.
Par ailleurs, nous proposerons des faits sur la réalité de la domination impérialiste: les structures, les contradictions, les mécanismes de l'oppression. L'impérialisme US est actuellement la forme dominante de l'oppression capitaliste dans le monde. Mais si les transnationales où dominent les capitalistes dans le monde, mais si les transnationales où dominent les capitaux américains sont capables de soutenir activement la "déstabilisation" d'un gouvernement comme celui de Salvatore Alliende, cela est dû en grande partie à la passivité ou à la collaboration ouverte de pays qui se disent socialistes comme l'URSS et la Chine - dont un ambassadeur au Chili déclarait avant son départ, qu'il espérait que les relations entre la Chine et le Chili (de Pinochet) s'intensifieraient. Si l'ennemi principal est aujourd'hui l'impérialisme US, nous ne passerons pas sous silence des attitudes qui révèlent les tendances impérialistes dans la politique de l'URSS (les combattants érhytréens en savent quelque chose).
Nous dénoncerons également toutes formes de collaboration de classes avec les Etats impérialistes, de ceux qui usurpent aujourd'hui le qualificatif de communiste et soutiennent et permettent à la bourgeoisie de continuer sa domination comme cela est le cas en Italie pour le PCI, facteur d'ordre.
Notre but est de permettre le renforcement du front de lutte contre l'impérialisme en informant sur toutes les formes de résistance, en essayant de donner des éléments permettant de mieux comprendre la domination impérialiste pour mieux la combattre.
SOMMAIRE
Déclaration de grève de la faim des prisonniers de la RAFA propos du procès Klaus CroissantA propos du procès de Günter SonnenbergLe tribunal Russel
Brèves sur la Grèce, l'Espagne
Grève de la faim des prisonniers iraniensProcès des trois sympathisants NAPAPGroupe révolutionnaire insoumission totaleArgentine: Pour le boycott de l'organisation par l'Argentine du Mundial 78Palestine/Liban, la lutte sur tous les frontsParis/Turin, arrestation à Paris d'Antonio Bellavita
Communiqué des Brigades rouges
UN ARTICLE / PROCES DES SYMPATHISANTS NAPAP
Jeudi 23 mars à Paris s'est déroulé le procès de Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, arrêtés le 12 mai 1977 pour transports d'armes. Verdict plus que lourd : 7 ans de prison dont 5 fermes pour chacun d'entre eux. L'ensemble de la presse a témoigné tellement peu d'intérêt pour ce procès que peu de gens y sont allés, la plupart d'ailleurs n'ayant pu entrer dans la salle.
Ceux que Libé traite de marginaux, que le monde appelle "intrépides nihilistes" ont mené depuis plusieurs mois une lutte soutenue en prison. Avec d'autres camarades, il ont fait plusieurs grèves de la faim pour obtenir une amélioration de leurs conditions de détention: isolement total (séjours dans les quartiers de Haute-sécurité), pas de visites ... Ils ont pendant plusieurs mois mené une lutte contre le système pénitentiaire français, contre le silence que l'on veut faire autour des prisonniers politiques, aux côtés de camarades comme José TRONELLE qui depuis est mort de façon plus que mystérieuse à la santé, le matin même de son procès. La femme de José Tronelle a dit dans le "Matin", "je ne crois pas à la mort de José par suicide, et tout ce que j'ai pu voir et apprendre ne fait que renforcer ma certitude".
La lutte des prisonniers politiques est essentielle pour la résistance anti-impérialiste en France. Exiger que les procès soient de véritables procès politiques, lutter pour que soit reconnue l'identité politique des prisonniers, est un de nos terrains de lutte contre cet Etat qui veut étouffer les tentatives de résistance en isolant les prisonniers, en bouclant les portes des procès, en les présentant par l'intermédiaire de la presse comme de dangereux criminels. Michel Kajman (Le Monde) tente de ridiculiser les déclarations des sympathisants NAPAP, en parlant de "discours-manifeste" qu'on ne peut interrompre, en les attaquant de plus sur leur "condition sociale": formation de fraiseur "à la va-vite", "tourneur sans tour" ... Le mépris bourgeois n'est même pas masqué.
Lutter contre l'isolement des prisonniers politiques, c'est aussi dénoncer les déclarations méprisantes et fausses de journaux comme Libération, où Gilles Millet ironise sur les expressions "guerre de classe" ("pour qui, pour quoi?" demande-t-il), "aspirations historiques du prolétariat", qui ne signifient rien pour lui. Il parle de marginaux ... Mais qui fait l'isolement.?
Nous devons soutenir les luttes menées dans les prisons, ébruiter les procès que l'on cache, diffuser les déclarations des prisonniers ...
Des textes des sympathisants NAPAP ont été publiés dans le no 6 de Combattants anti-impérialistes et dans la brochure du comté de défense des prisonniers politiques, avec des textes d'autres prisonniers
(L'adresse du bulletin était les temps modernes)