Un air de saxophone qui résonne, sobre et précis.
C'est un des amis de Martin qui joue.
Un texte qui se déroule et déroule la vie de Martin
C'est un ami qui parle.
Le texte de Jean-Marc puis le message Vingt ans et plus de solidarité
Et c'est le camarade qui est présent.
Toutes les vies de Martin sont là
Et l'on voit ce qui les a si profondément unies
Parce que c'est sans coupure ni dysharmonie
sa vie qui est là par l'intermédiaire de nous tous.
Et l'on mesure combien irremplaçables peuvent être certains.
A sa compagne et notre amie et camarade.
Plus de vingt ans de solidarité.
Plus de 20 ans de résistance, vingt ans de combat et pour certains comme Martin vingt ans de solidarité. Il est de ceux - et c'était si rare à une époque - qui ont rendu visite, ont écrit, ont soutenu inlassablement les prisonniers d'Action directe. De ceux qui au parloir apportaient leur sensibilité et leur engagement. De ceux, qui respectaient l'engagement des prisonniers et leur permettaient de le vivre, Qui soutenaient leur résistance et leur permettaient de résister. Qui faisaient rempart par leur solidarité à la volonté de destruction de l'Etat. Martin a disparu aujourd'hui , victime d'un cancer foudroyant. Nous l'avions vu il y a à peine trois mois à Ensisheim pour le soutien à Georges Cipriani. Il manque déjà aux prisonniers. Il manque déjà au soutien. Il manque au combat pour un autre monde. linter (Et aussi message du comité montpelliérain, libérez-les et nlpf )
Message de Jean-Marc Rouillan
Brecht a écrit que se battre un jour est bien, mais que se battre une semaine, un mois est mieux, un an c’est extraordinaire… mais que la lutte reposait finalement sur ceux qui se battent toute leur vie. Martin, tu étais un de ceux là. Beaucoup dont les noms ont été à la Une des journaux, ont trahi alors que, toi Martin, tu étais à nos côtés hier encore, dans les mobilisations derrière les murs et dans les files de parloir quand nous avions besoin de parler à quelqu’un et qu’un de nos textes devait sortir de nos cachots. Certains ont affirmé que les conditions avaient trop changé pour qu’ils puissent encore être honnêtes avec leurs engagements passés. Toi Martin, tu n’étais pas de ceux qui parlent en l’air et tu as été à nos côtés jusqu’au bout et… « malgré tout » (K Liebknecht). La révolution internationale, celle qui ne s’écrit pas dans les beaux livres que les marchands exposent dans les vitrines des librairies des beaux quartiers, mais cette révolution qui avance le matin et le soir au fil des jours et des nuits, au cœur de notre classe, le prolétariat, oui la révolution internationale est faite d’hommes et de femmes comme toi. Honnêtes et droits. Des camarades persévérants, des combattants simples, des combattants efficaces. Des camarades qui ne tremblent pas devant l’impatience de nos tâches. Aujourd’hui je dis avec fierté, j’ai été un camarade de Martin. Pour toi et pour ceux des nôtres qui ont disparu, SEGUIREMOS ADELANTE !
Ces vers trouvés au hasard d'une recherche sur les textes contre la guerre et sur un site à revoir. Ces vers sont de Maïakowsi et relevés en 68 sur des feuillets affichés sur les murs de Censier par l'auteur de ce site. Comment ne pas penser à les dédier à Martin. Et à Joëlle, à Bruno et à tous ceux d'entre nous qui ont disparu. Pour que nous puissions nous aussi dans la cohérence de nos vies pouvoir dire cela. linter
En quelque trou que l’on m’enterre je sais
que je suis digne d’être couché
avec ceux qui reposent sous le drapeau rouge.