Sur le blog de linter, une semaine avec Brecht
Partir est le plus grand des crimes,
A quoi se fier chez ses amis? Pas à leurs actes.
Demain que feront-ils, on ne peut le savoir.
Pas à leur facon d'être.
Celle-ci peut changer. Seul compte le fait qu'ils ne s'en
vont pas.
Qui peut partir est incapable de rester. Celui qui a son
titre de congé en poche
Restera-t-il quand l'ennemi déclenchera l'attaque? Peut-être que non?
Si ça va mal pour moi, il se peut bien qu'il reste. Si c'est
Pour lui
Que ça va mal, il est fort possible qu'il parte.
Ceux qui se battent sont des pauvres. Eux ne peuvent
Partir.
Une fois la lutte engagée, ils ne peuvent partir.
Celui qui reste, on le connaît. Connaissait-on celui qui est parti?
Ce qui est parti est d'une autre nature que ce qui était là.
Avant que nous allions nous battre, je dois savoir: as-u
en poche
Un passeport? Est-ce qu'un avion t'attend à l'arrière
des lignes?
Combien de défaites es-tu prêt à subir? Puis-je t'envoyer
loin d'ici?
Autrement, nous n'irons pas nous battre
(Traduction de Gilbert Badia et Claude Duchert)
Brecht aux Editions de l'Arche
Aux éditions de l'Arche, magnifique collection de poche en cinq tomes des poèmes de Brecht, dont certains sont peu connus comme celui-ci. Pourtant en ceux qui luttent, ces poèmes toujours aphoriques, écrits dans une langue on ne peut plus simple, résonnent formidablement.
Il est de multiples façons de partir
Ainsi dans ce poème publié sur le blog aujourd'hui, on imagine qu'il est de multiples manières de "partir", de s'absenter d'une lutte.
Beaucoup ont le choix de lutter
On sait qu'il existe toujours pour beaucoup en fait le choix de lutter
et de laisser seuls, les plus opprimés
Et donc de laisser un jour certains, les plus opprimés, ceux qui n'ont pas le choix, seuls dans les combats.
C'est un poème difficile car il place chacun devant lui-même
(linter)