Que cherchait l'Etat français (et italien) en s'en prenant à Marina Petrella?
Faire la plus terrible des pressions et ainsi arracher une condamnation forte du passé?
Montrer qu'aucun militant n'est jamais à l'abri des poursuites quel qu'ait pu être son parcours?
Faire peur à ceux qui pourraient s'engager?
Que cherchait l'Etat français en forçant de nouveau un prisonnier à utiliser l'arme ultime?
La grève de la faim, l'attaque contre soi, seule et dernière arme pour lutter contre ce qui veut vous détruire. Quand on ne veut pas trahir et se trahir.
L'Etat a toujours le choix de ses cibles. Il a toujours le choix des armes qu'il emploie.
Il est donc important pour chacun de nous de comprendre. Et de voir qu'au travers de Marina Petrella et de son combat, nous sommes, tous et chacun, concernés.
Aujourd'hui, Marina Petrella voit de nombreux soutiens se déclarer.
Ils sont souvent bien loin de nous dans ce qu'ils sont. Mais ils témoignent malgré tout d'une compréhension de la violence de ce qui se passe.
Aujourd'hui, Marina Petrella n'est plus prisonnière, au sens où elle n'est plus sous la surveillance policière
Il faut savoir ce qu'est l'hôpital pour un prisonnier (se souvenir par exemple de Joëlle menottée à son lit alors qu'elle avait été transférée en urgence et que l'on diagnostiquait une tumeur au cerveau, se souvenir de ses parents laissés sans nouvelles) pour comprendre qu'il y a un monde pour elle et ses proches entre la situation d'hier et d'aujourd'hui. Et que c'est essentiel.
Et que tous ceux qui pensent que ce combat était facile, théâtre ou l'on ne sait quoi d'autre,
imagine bien qu'une telle grève est d'une incroyable brutalité. Et que l'on ne mène pas un tel combat si l'on ne pense pas que c'est là le seul moyen de vivre, de survivre.
Alors viennent à l'esprit les noms d'Holger Meins ou des prisonniers irlandais morts en grève de la faim.
Et vient à l'esprit l'importance de ce premier infléchissement
Dans le lent glissement vers la non vie de Marina Petrella.
Rassemblement hebdomadaire, demain 7 août.
Voir le site paroledonnée
(le 09.08.08)