Sommes-nous donc comme ceux que nous dénonçons?
Agissons-nous de même manière?
Déferlement d'information ou silence.
Que sommes-nous pour être alternativement
Co-acteurs de l'un ou de l'autre? Jean-Marc Rouillan donne une interview,
au demeurant intéressante
Pour qui s'intéresse à une réflexion sur comment
mettre fin à tant d'exploitation
à tant d'oppression.
Mais quand même habituelle
si on la met en relation avec
ce que chacun d'entre nous a déjà pu dire
à ce propos.
Le pouvoir s'empare de l'interview
Il est vrai que depuis la première minute de la remise
en liberté partielle de Jean-Marc Rouillan,
c'est un véritable bras de fer qui s'était engagé.
Surtout que Jean-Marc Rouillan se taise
Qu'il n'existe pas en mots, en pensée! Car Jean-Marc Rouillan, pour le pouvoir
N'est pas que Jean-Marc Rouillan.
Il est comme ses camarades d'Action directe
l'épine dans le pied d'une société pacifiée.
Celui par qui, comme pour ses camarades,
la conscience d'une réflexion et d'une action possible
peut arriver.
Aussitôt la presse emboite le pas.
Elle reproduit ce que le pouvoir souhaite.
Lit ce qui n'est pas dit
Ce sont des dizaines, des dizaines et des dizaines d'articles,
d'émissions qui reprennent inlassablement le même discours.
Discours asséné encore et encore.
C'est un matraquage organisé.
La justice se saisit de l'opportunité.
Et c'est sur la base seule d'une interview publiée
Que la décision de semi-liberté
est dans un premier temps suspendue.
N'y ajoute-t-on pas l'affirmation de trouble à l'ordre public.
Qu'importe, on est encore dans une phase où
une décision pourrait encore libérer Jean-Marc Rouillan
Alors la presse continue à "informer" ... à sa manière.
Destructrice, accusatrice, et
seuls peu de journalistes se posent la question
de leur rôle dans cette "réincarcération".
Le pouvoir lui, fort de la décision de suspension,
n'a plus qu'à faire entériner par la justice
l'emprisonnement.
Vient donc le moment de la décision
Et là bizarrement
le silence devient énorme.
Plus d'articles, plus d'émissions.
Lors d'un rassemblement devant le Palais de justice,
une ou deux caméras et micros isolés.
Et le silence devient encore plus pesant à la décision d'appel. Plus de médias aux portes du Palais, quelques lignes dans les journaux.
Alors, si ce processus est bien celui que nous connaissons de tout temps.
Ne peut-on dire qu'il y a là une illustration tellement limpide du rôle des médias
De cette absence de liberté ... de la presse.
Absence non imposée, mais librement vécue, voulue par chacun des journalistes
qui rentre dans cette logique de désinformation. Mais ne devons-nous pas aussi nous demander Quel rôle nous jouons dans tout cela. Ne sommes-nous donc pas comme ceux que nous dénonçons? N'agissons-nous pas de la même manière?
Déferlement d'information ou silence. Ne sommes-nous pas alternativement Co-acteurs de l'un ou de l'autre?
Co-responsables de la décision pour Jean-Marc Rouillan
Mais aussi de tout acte de répression, d'exploitation
par notre éternelle attitude de girouette
tournant au gré de ce que les médias veulent bien
mettre en avant
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linter
Le 18 décembre 2008