Les trois articles suivants ont été consacrés aux camarades sympathisants NAPAP.
Nous dédions ce document de linter à Jean-Paul GERARD.
(linter.over-blog)
ACTUALITE No 0
Jeudi 23 mars à Paris s'est déroulé le procès de Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, arrêtés le 12 mai 1977 pour transports d'armes. Verdict plus que lourd : 7 ans de prison dont 5 fermes pour chacun d'entre eux. L'ensemble de la presse a témoigné tellement peu d'intérêt pour ce procès que peu de gens y sont allés, la plupart d'ailleurs n'ayant pu entrer dans la salle.
Ceux que Libé traite de marginaux, que le monde appelle "intrépides nihilistes" ont mené depuis plusieurs mois une lutte soutenue en prison. Avec d'autres camarades, il ont fait plusieurs grèves de la faim pour obtenir une amélioration de leurs conditions de détention: isolement total (séjours dans les quartiers de Haute-sécurité), pas de visites ... Ils ont pendant plusieurs mois mené une lutte contre le système pénitentiaire français, contre le silence que l'on veut faire autour des prisonniers politiques, aux côtés de camarades comme José TRONELLE qui depuis est mort de façon plus que mystérieuse à la santé, le matin même de son procès. La femme de José Tronelle a dit dans le "Matin", "je ne crois pas à la mort de José par suicide, et tout ce que j'ai pu voir et apprendre ne fait que renforcer ma certitude".
La lutte des prisonniers politiques est essentielle pour la résistance anti-impérialiste en France. Exiger que les procès soient de véritables procès politiques, lutter pour que soit reconnue l'identité politique des prisonniers, est un de nos terrains de lutte contre cet Etat qui veut étouffer les tentatives de résistance en isolant les prisonniers, en bouclant les portes des procès, en les présentant par l'intermédiaire de la presse comme de dangereux criminels. Michel Kajman (Le Monde) tente de ridiculiser les déclarations des sympathisants NAPAP, en parlant de "discours-manifeste" qu'on ne peut interrompre, en les attaquant de plus sur leur "condition sociale": formation de fraiseur "à la va-vite", "tourneur sans tour" ... Le mépris bourgeois n'est même pas masqué.
Lutter contre l'isolement des prisonniers politiques, c'est aussi dénoncer les déclarations méprisantes et fausses de journaux comme Libération, où Gilles Millet ironise sur les expressions "guerre de classe" ("pour qui, pour quoi?" demande-t-il), "aspirations historiques du prolétariat", qui ne signifient rien pour lui. Il parle de marginaux ... Mais qui fait l'isolement.?
Nous devons soutenir les luttes menées dans les prisons, ébruiter les procès que l'on cache, diffuser les déclarations des prisonniers ...
Des textes des sympathisants NAPAP ont été publiés dans le no 6 de Combattants anti-impérialistes et dans la brochure du comté de défense des prisonniers politiques, avec des textes d'autres prisonniers
PROCES EN APPEL DES SYMPAYHISANTS NAPAP (NO 3 - 5 juin 1978)
Selon certaines informations que nous espérons pouvoir confirmer le plus vite possible, l'audience en appel aura lieu le 30 juin 78 à Paris pour les trois sympathisants condamnés le jeudi 23 mars 78 à 7 ans de prison chacun. Ils étaient accusés de transports d'armes. On se souvient du boycott presque total de la presse sur les prisonniers ou des articles minables dont le but n'était que de tenter de tourner en dérison le sens politique de l'action de Michel Lapeyre, Frédéric Oriach et jean-Paul Gérard. Quoique les journalistes vereux aient pu en dire, personne ne pourra nier la lutte continue que ces trois prisonniers ont mené avec leurs camarades en prison. Les "tristes petits lampistes" (selon Michel Kajman, le Monde) ont su montrer qu'ils n'étaient pas prêts à se déclarrrer vaincus par la répression des matons, et qu'ils sont déterminés à combattre l'isolement de tous les prisonniers en général.
Il est impératif que nous soyons nombreux à les soutenir lors de leur jugement en appel le 30 juin. Nombreux pour les soutenir face à la justice pour exiger leur libération, nombreux pour montrer que le mur du silence que l'on veut imposer autour d'eux, n'existe pas, pour montrer que leur lutte n'est pas vaine.
A l'heure où tous les prétextes sont bons pour aggraver encore les conditions de détention des prisonniers (en particulier les prisonniers qui résistent à l'enfermement), nous devons assister massivement à leur procès.
BRISER L'ISOLEMENT
Le 30 juin au palais de justice de Paris.
PROCES EN APPEL DES TROIS SYMPATHISANTS NAPAP ( No 4 - juillet 78)
Nous avions annoncé, dans notre dernier bulletin, le procès en appel des sympathisants NAPAP devant se dérouler le 30 juin au palais de justice à Paris. Nous publions ici un appel pour la libération de jean-Paul GERARD, Michel LAPEYRE et Frédéric ORIACH lancé par le comité de soutien aux prisonniers politiques:
"Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, inculpés de transports d'armes, ont été jugés le 23 mars 1978 et condamnés à 7 ans. L'excessivité de la peine est le tribut qu'ils payent, à une justice, à un Etat, qui au-delà des faits imputés poursuivent et criminalisent leurs idées, leurs opinions. Le 23 mars était le procès d'un délit d'opinion, le ministère public a requis non point sur les faits mais sur les idées qui les motivaient. Depuis leur arrestation, ils sont victimes de véritables machinations. Campagne de presse, calomnies, désignation de leur famille comme cible, enfin toute la mascarade de l'affaire Empain, où pendant 48 heures, radios et télévisions répandaient que le baron Empain était otage contre leur libération.
7 ans de condamnation pour eux, alors que les assassins racistes frappent impunément, quand la milice patronale a licence de tuer aux portes des usines, quand les policiers tirent à vue et tuent "par méprise". Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach ont fait appel et passent de nouveau devant la justice le 30 juin à la 10° chambre d'appel. Ils vont en appel pour dénoncer à nouveau la machination. Si la peine est maintenur, alors il sera définitivement clair qu'on les poursuit pour une vision de la société qui n'est pas celle du pouvoir d'Etat. Les soussignés déclarent récuser la justice d'exception."
Le comité de défense des prisonniers politiques a publié une brochure dans laquelle des textes de prisonniers donnent beaucoup d'éléments sur les luttes menées en prison. Nous appelons à signer cette pétition, et surtout à venir très nombreux au procès en appel des sympathisants NAPAP pour exiger leur libération et montrer ainsi que leur lutte n'est pas oubliée; et que malgré le silence que l'on veut imposer autour d'eux, de nombreuses personnes reconnaissent leur identité politique.
Le 30 juin, à la 10° chambre correctionnelle du palais de justice de Paris
SOLIDARITE AVEC LES SYMPATHISANTS NAPAP (Actualité No 11 - 16 février 1979)
NON A L'ISOLEMENT, NON A LA DEPORTATION DES PRISONNIERS POLITIQUES!
Nous avons reçu du Collectif de Soutien aux Emprisonnés politiques en France, l'appel suivant. Nous vous demandons de le signer, de le faire signer, de le diffuser largement autour de vous et de la renvoyer pour le moment à l'adresse du journal: ARAI, c/o Les temps modernes ..., l'appel a déjà reçu plus de 250 signatures et il en faut beaucoup, très vite ...
APPEL
"Les sympathisants des Napap, Gérard, Lapeyre, Oriach avaient obtenu de la chancellerie en novembre 77, après une grève de la faim de 33 jours, leur sortie de l'isolement et leur regroupement.
Ce qu'ils avaient gagné de par leur lutte a été supprimé le 5 février 1979. deux d'entre eux ont été déportés dans le fort de l'île de Ré et sont actuellement séparés et mis à l'isolement.
Nous refusons cette déportation politique.
Nous dénonçons cette nouvelle mesure qui s'inscrit dans le cadre de la politique actuelle de répression contre toutes les politiques de résistance et de refus, contre toutes les formes de lutte sociale.
les soussignés exigent la cassation des déportations politiques et appellent au regroupement d'une vaste campagne afin d'obtenir la libération des prisonniers politiques."