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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 12:08

10 ans. C'est très long, c'est très court. C'est le long temps d'absence dans nos vies et nos combats de Joëlle. Tous les ans aux alentours du 1er janvier ou du 1er mars, nous reprenons en son honneur les combats qui sont menés aujourd'hui et que nous avons évoqués sur linter. Il faudrait aujourd'hui penser à tous ceux qui ont traversé ces dix années et dont elle aurait été sans aucun doute une figure essentielle.

 

Collages de Joëlle Aubron réalisés en prison
Collages de Joëlle Aubron réalisés en prisonCollages de Joëlle Aubron réalisés en prisonCollages de Joëlle Aubron réalisés en prison

Collages de Joëlle Aubron réalisés en prison

Nous n'en évoquerons qu'un aujourd'hui, parce qu'il est symbolique de tout ce contre quoi elle a combattu et de tout ce pour quoi elle a combattu.

 

Celui contre l'emprisonnement sans fin de Georges Ibrahim Abdallah, celui pour sa libération.

 

Et nous reprenons les mots d'elle que nous avons choisis de mettre en en-tête de linter et qui restent toujours essentiels.

 

"Parce que nous pensons que cette expérience révolutionnaire ne peut être dépassée que par une nouvelle expérience révolutionnaire, capable de prendre en compte, mieux qu'elle, les intérêts généraux de toute la classe, parce que nous savons à partir de quel patrimoine nous avons nous-mêmes expérimenté des voies nouvelles, parce que rien dans la réalité ne nous indique un changement de la donne, barbarie ou communisme, parce que jamais les "projets" d'un "capitalisme à visage humain" n'ont paru aussi vains, nous n'avons aucune raison de renoncer."  Joëlle Aubron 1996

 


 
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 22:50
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Message d'un camarade après le parloir du 11 novembre avec Georges Cipriani et qui nous donne des nouvelles.

Toujours pas de réponse pour le pourvoi en cassation - 4 ème demande de libération conditionnelle

Il n'a toujours pas eu de réponses sur la recevabilité de son pourvoi en cassation, plus de 2 mois (encore un délai d'exception?) après sa demande. Néanmoins, il rassemble une fois de plus l'ensemble des éléments (projet professionnel, démarches...) afin de déposer une 4° demande de libération conditionnelle pour début 2010.

Echanges sur les thématiques de l'environnement, de l'approche énergétique et alimentaire globale et locale


Nous avons aussi entre autres pu échanger sur les thématiques de l'environnement, de l'approche énergétique et alimentaire locale et globale... qui sont entre autres des fondements de notre simple existence et qu'il est urgent de prendre en compte face aux catastrophes planétaires (raréfaction des énergies fossiles, dérèglement climatique...) qui nous menacent, liées notamment à l'activité industrio-capitalo-consuméro-marchande... de cette société ...
Vite que Georges sorte, assez de l'arbitraire !

Pensées solidaires pour Jean Marc et tous les prisonniers...

alienatwork
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 18:41
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L'audience a eu lieu pour la demande de libération conditionnelle de Georges dans des conditions semble-t-il, acceptables. La décision sera rendue le 30 avril. Pouvons-nous espérer enfin une décision favorable à Georges après ces 22 années?

Afin que nous puissions mieux comprendre le déroulement de la procédure à venir, voici la chronologie complétée de cette 3ème demande.

 

  Chronologie de ma 3e demande de libération conditionnelle :

 

Le 12 novembre 2007 enregistrement de ma demande de libération conditionnelle datée du 11 novembre 2007.

 

Le 31 janvier 2008 expertise psychiatrique avec le Docteur Madame H. – la deuxième expertise depuis le dépôt de ma première demande de libération conditionnelle en mars 2005 puisque la première avait eu lieu le 27 mai 2005 et n’était légalement valable que pour deux années.

 

Le 25 février 2008 promulgation de la loi sur la rétention de sûreté.

 

Le 28 février 2008 émission d’une circulaire relevant de cette loi et concernant directement tou(te)s détenu(e)s à la perpétuité dorénavant astreint à obtenir un avis d’une commission pluridisciplinaire de sûreté (composée de 7 membres) au sujet de chacune de leur demande d’une libération conditionnelle et ce, après un stage d’observation au C.N.O. (Centre National d’Observation) à la prison de Fresnes d’une durée d’au moins six semaines lors desquelles deux autres expertises psychiatriques, ainsi que différentes autres expertises, doivent être impérativement réalisées. Avis formulé en direction du Juge de l’Application des Peines avec fonction d’éclairer et d’orienter sa décision finale (à l’égard de la demande de libération conditionnelle du détenu(e) requérant) et pour la réalisation duquel il est impérativement astreint à saisir la commission de sûreté en question.

 

Le 17 mars 2008, la commission de sûreté régionale de Paris est saisie par le Juge d’Application des Peines anti-terroriste, Monsieur Lugan, qui a à charge d’examiner et de décider de ma demande de libération conditionnelle.

 

Le 20 mars 2008, je reçois notification de la saisie de la commission de sûreté.

 

Le 18 juin 2008, je reçois notification de la commission de sûreté que je suis astreint à effectuer un stage d’observation de six semaines au C.N.O. à Fresnes.

 

Le 20 juin 2008, je suis transféré dans l’urgence d’Ensisheim à Fresnes.

 

Le 21 juin 2008, début du stage d’observation au CNO.

 

Début juillet 2008, mon avocat, Maître J.L. Chalanset, me visitant au CNO m’apprend que le juge Lugan a décidé de convoquer un Tribunal de l’Application des Peines devant lequel sera examiné ma demande de libération conditionnelle et ce, en date du 5 septembre 2008.

 

Le 17 juillet 2008, j’effectue une première expertise psychiatrique avec le Docteur L., dans la matinée, et une seconde expertise psychiatrique avec le Docteur J., dans l’après-midi, au sein des locaux du CNO.

 

Le 2 août 2008, fin du stage des six semaines d’observation au CNO.

 

Le 6 août 2008, transfert retour de Fresnes à Ensisheim, où je suis réécroué.

 

Le 18 août 2008, je reçois notification de l’annulation du tribunal de l’application des peines projeté en date du 5 septembre 2008 et ce, en raison de l’absence de l’avis de la commission pluridisciplinaire de sûreté de Paris.

 

Le 2 décembre 2008, je reçois notification que ma demande de libération conditionnelle sera examinée par la commission pluridisciplinaire de sûreté le mardi 16 décembre 2008.

 

Le 26 janvier 2009, j’apprends par le biais des médias qu’un des détenus, Mathurin, ayant effectué le même stage d’observation du 21 juin au 2 août, en ma compagnie et relevant également de la même commission de sûreté de Paris, en raison de son incarcération à Poissy, en région parisienne, a bénéficié d’une mesure de semi-liberté immédiatement effective et ce, malgré une condamnation à la perpétuité pour les assassinats de 8 vieilles dames à Paris, dans le milieu des années 80 (affaire Paulin qui, lui, est décédé en prison du SIDA).

 

Le 25 février 2009, 207 jours après la fin du stage d’observation au CNO, je reçois notification par la commission pluridisciplinaire de sûreté de Paris de son avis défavorable à ma demande de libération conditionnelle et ce, sur la base d’une expertise psychiatrique (dont la validité est de deux années en principe) datée du 27 mai 2005 concluant alors à ma susceptibilité de « présenter une dangerosité en milieu libre ». Ceci au plus profond mépris de l’expertise psychiatrique datée du 31 janvier 2008, ayant conclu que : « Georges Cipriani n’était plus dangereux et que les risques de récidive étaient quasi-nuls », comme dans une ignorance complète des conclusions des deux autres expertises psychiatriques, réalisées le 17 juillet 2008, au CNO, à Fresnes, qui demeurent dans l’ombre la plus stricte et dont seule une évocation est faite comme quoi : « La commission ne partage pas totalement les conclusions des docteurs J. et L. – qui ne concordent d’ailleurs pas avec celles (du 27 mai 2005) du Docteur D. – sur la dangerosité de ce détenu, dixit l’avis du 16 décembre 2008.

 

Le 5 mars 2009, notification de ma convocation pour le 7 avril 2009 au Tribunal de l’Application des Peines qui examinera ma demande de libération conditionnelle.

 

Le 7 avril 2009: audience du Tribunal de l'Application des Peines à propos de l'examen de ma 37ème demande de libération conditionnelle, dont la décision me sera rendue le 30 avril 2009, par le Juge d'Application des peines, Monsieur Lugan.

 

La décision du 30 avril est susceptible de faire l'objet d'un Appel par le Parquet (ou par moi-même) si elle n'est pas de sa (ou de ma) convenance. Auquel cas, la Cour d'Appel de Paris aura 2 mois pour se réunir et examiner l'appel en question et, dans les (2 à 3) semaines suivantes, émettre sa décision définitive de refus ou d'accord d'une période de semi-liberté d'au moins une année en vue d'une libération conditionnelle. A l'issue de cette période, le Juge de l'Application des Peines, Lugan, examinera à nouveau ma demande, en vertu des éléments nouveaux gagnés lors de la semi-liberté, afin d'émettre une décision définitive de refus ou d'accord d'une libération conditionnelle.

 

Georges CIPRIANI, Prisonnier Politique d'Action Directe, MC Ensisheim, le 07.04.2009

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 12:00
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"Réguler les crises, voire les produire, pour ajuster de nouveaux débouchés et possibilités comme pour ouvrir de nouveaux marchés à l'avancée du totalitarisme marchand du Capital et ce, notamment en paupérisant les populations atteintes par le conflit armé - c'est évidemment dans ce contexte que s'explique et se comprend le rôle de l'Otan. En vérité, il n'y a aucun rapport humain qui ne soit plus subordonné aux marchandises et à la marchandisation que les rapports relatifs et liés à la guerre, à la menée des conflits armés, et ce, de l'arme au poing au moindre GPS et autre carte d'état-major, dont le défaut peut entraîner n'importe quel faux pas qui constitue dès lors un danger existentiel. C'est bien pourquoi l'OTAN est depuis 60 ans le fer de lance de la marchandisation et du totalitarisme du Capital, niant concrètement la liberté au nom de l'idée de liberté, à travers la planète!"

Georges Cipriani, prisonnier politique d'Action directe, MC Ensisheim le 31.12.2008

Extrait (note 3) d'une lettre à Pascaline sur le marché en réponse à l'envoi d'un texte de la LCR belge.
Ier extrait publié sur le blog : De la marchandise au marché et à la marchandisation (1): lire
De la marchandise au marché et à la marchandisation (2) : lire
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 11:13
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Extrait de lettre à Pascaline sur le marché en réponse à l'envoi d'un texte.
Ier extrait publié sur le blog : De la marchandise au marché et à la marchandisation: lire

Collage de Joëlle Aubron

"Donc, après avoir entièrement lu ce document, je veux poursuivre un moment encore le propos de mon post-scriptum, joint à ma dernière carte pour te dire que c'est la généralisation des rapports individuels d'échange marchand qui forme alors le marché (mondial par son évolution constante depuis 1492 et la découverte des Amériques) ouvert à l'offre (la productionde biens de consommation) et à la demande (régie par les besoins toujours sociaux), sous l'influence de la productivité du travail qui se manifeste conséquemment par l'existence dominante du binôme : concurrence et monopolisation ( = multinationales), qui est cause d'un développement inégal entre les entreprises, les économies nationales et bien sûr donc - les individus, avec pour résultat : historiquement des conflits armés (mondiaux et autres) pour réguler les crises (3) en tous genres que produit ce développement contradictoire - Toujours contradictoires et chaotique en raison de ses origines comme de ses aboutissements dans le rapport d'échange marchand qui est nécessairement inégal : l'opportunité d'acheter se paie toujours de la nécessité de (se) vendre et celle ou celui qui ne possède rien d'autre que sa "liberté" est nécessairement toujours contraint de l'aliéner pour survivre, déjà physiquement. Ce qui a entre autres pour conséquence de rendre la liberté uniquement formelle, donc la rend dépendante de la réalisation d'un échange: a fortiori dès lors bien peu égalitaire et confraternelle..."

3) réguler les crises, voire les produire, pour ajuster de nouveaux débouchés et possibilités comme pour ouvrir de nouveaux marchés à l'avancée du totalitarisme marchand du Capital et ce, notamment en paupérisant les populations atteintes par le conflit armé - c'est évidemment dans ce contexte que s'explique et se comprend le rôle de l'Otan. En vérité, il n'y a aucun rapport humain qui ne soit plus subordonné aux marchandises et à la marchandisation que les rapports relatifs et liés à la guerre, à la menée des conflits armés, et ce, de l'arme au poing au moindre GPS et autre carte d'état-major, dont le défaut peut entraîner n'importe quel faux pas qui constitue dès lors un danger existentiel. C'est bien pourquoi l'OTAN est depuis 60 ansd le fer de lance de la marchandisation et du totalitarisme du Capital, niant concrètement la liberté au nom de l'idée de liberté, à travers la planète!

Georges Cipriani, prisonnier politique d'Action directe, MC Ensisheim le 31.12.2008
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 21:26
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En réponse à l'avis négatif de la commission qui met en avant une tout autre image de Georges Cipriani, nous publions ces réflexions qu'il a adressées sur le concept de marchandise /marchandisation /marché. Elles témoignent de sa volonté d'analyse et de son inscription dans une réflexion vivante sur le capitalisme. linter

Collage de Joëlle Aubron

"A peine ai-je commencé à lire le texte de la LCR (Belgique) que tu m'as joint, qu'il me faut suspendre ma lecture pour te dire combien Tout y est embrouillé! Alors de suite, je veux te préciser : la marchandise et la marchandisation ne sont pas les résultats directs d'un superlatif nommé "marché", mais il y a marchandise et marchandisation pour autant que la production est vouée dans l'idée déjà à l'échange marchand - un kilo de beurre contre une place de cinéma par le biais de la money constitue le travail concret, immédiat, en travail social abstrait régi par l'offre et la demande dont résulte le marché!

Comme tu le vois, de la marchandise au marché et à la marchandisation, il y a donc tout un mode de vie et de réflexion en jeu ... et il est bien sûr évident que s'il existe quelque part dans le monde une télé ou un portable, alors le paysan de n'importe quel village reculé de la planète voudra y avoir accès pour autant qu'il en a connaissance et devra, pour ce faire ... déjà dans l'idée ... produire de sa terre des biens échangeables, des marchandises et cela, quitte à se faire chose de la chose (le portable) en s'autoexploitant et en s'autoaliénant, pour dégager de son travail concret, par le biais d'un produit marchand, une plus-value financière afin d'acquérir le produit convoité (le portable) par le biais des capitalistes qui en sont les médiateurs et qui tireront leur profit de ses transactions.

C'est aussi pourquoi toute invention technologique 1) qui aura une valeur d'usage conditionnera, produira, en raison de sa valeur d'échange - résultat de l'offre (modulé par la productivité) et de la demande - une paupérisation réelle et concrète qui occasionnera une marchandisation s'opérant dans un reproduction élargie qui est le signe même, le caractère du Capital comme relation sociale: de nouveaux individus, jusqu'alors épargné par la progression du capital, seront alors voués à se salarier, c'est-à-dire à devoir se vendre, non seulement comme force de travail, mais bien comme agents du rapport d'échange qui est à l'origine de la reproduction élargie du capital en tant que rapport social. Bref, tout commence, passe et s'aboutit dans l'échange et sa reproduction comme échange marchand! Déjà dans l'idée!


La marchandisation, donc la chosification, la réifaction, n'est pas une fatalité naturelle et éternelle, mais bien une production de la production capitaliste qui a son origine dans la dépossession des moyens de production qui frappe les salarié(e)s, les travailleurs et qui exclut de ce fait la possibilité et toute faculté au don pour s'extraire du rapport d'échange marchand - et même s'il reste le vol pour s'aproprier les conditions du don, à ce jeu-là les capitalistes sont encore les maîtres car ils sont les plus grands voleurs de la plus-value créée par le travail salarié au moyen de la consommation des biens produits dont ils tirent leur profit! Bref, rien ne les effraie moins que le vol et la consommation puisque ce sont les conditions de la production du capital.

(...) On ne dira jamais assez que le capitalisme/la chosification, c'est d'abord une question de rapport donnant-donnant: d'échange marchand!"

(1) Et l'argent est bien sûr la première et la plus performante de toutes les inventions technologiques puisqu'il permet de les produire toutes et d'en acquérir tous les biens fabriqués et vendus en résultant!

Georges Cipriani, prisonnier politique d'Action directe, MC Ensisheim, le 31.12.2008


(extrait de lettres à Pascaline)
Passages en gras de linter.

Publié le 15 mars 2009
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 20:23
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Cette chronologie a été établie par Georges Cipriani. Elle montre l'extrême précision et lucidité de ce prisonnier et l'incroyable parcours de sa demande de libération conditionnelle. Elle témoigne aussi de son courage personnel. Car peu nombreux sont ceux qui pourraient résister à de telles attentes et démarches successives et qui pourraient montrer tant de sérénité après l'avis défavorable émis. linter



  Chronologie de ma 3e demande de libération conditionnelle :

 

Le 12 novembre 2007 enregistrement de ma demande de libération conditionnelle datée du 11 novembre 2007.

 

Le 31 janvier 2008 expertise psychiatrique avec le Docteur Madame H. – la deuxième expertise depuis le dépôt de ma première demande de libération conditionnelle en mars 2005 puisque la première avait eu lieu le 27 mai 2005 et n’était légalement valable que pour deux années.

 

Le 25 février 2008 promulgation de la loi sur la rétention de sûreté.

 

Le 28 février 2008 émission d’une circulaire relevant de cette loi et concernant directement tou(te)s détenu(e)s à la perpétuité dorénavant astreint à obtenir un avis d’une commission pluridisciplinaire de sûreté (composée de 7 membres) au sujet de chacune de leur demande d’une libération conditionnelle et ce, après un stage d’observation au C.N.O. (Centre National d’Observation) à la prison de Fresnes d’une durée d’au moins six semaines lors desquelles deux autres expertises psychiatriques, ainsi que différentes autres expertises, doivent être impérativement réalisées. Avis formulé en direction du Juge de l’Application des Peines avec fonction d’éclairer et d’orienter sa décision finale (à l’égard de la demande de libération conditionnelle du détenu(e) requérant) et pour la réalisation duquel il est impérativement astreint à saisir la commission de sûreté en question.

 

Le 17 mars 2008, la commission de sûreté régionale de Paris est saisie par le Juge d’Application des Peines anti-terroriste, Monsieur Lugan, qui a à charge d’examiner et de décider de ma demande de libération conditionnelle.

 

Le 20 mars 2008, je reçois notification de la saisie de la commission de sûreté.

 

Le 18 juin 2008, je reçois notification de la commission de sûreté que je suis astreint à effectuer un stage d’observation de six semaines au C.N.O. à Fresnes.

 

Le 20 juin 2008, je suis transféré dans l’urgence d’Ensisheim à Fresnes.

 

Le 21 juin 2008, début du stage d’observation au CNO.

 

Début juillet 2008, mon avocat, Maître J.L. Chalanset, me visitant au CNO m’apprend que le juge Lugan a décidé de convoquer un Tribunal de l’Application des Peines devant lequel sera examiné ma demande de libération conditionnelle et ce, en date du 5 septembre 2008.

 

Le 17 juillet 2008, j’effectue une première expertise psychiatrique avec le Docteur L., dans la matinée, et une seconde expertise psychiatrique avec le Docteur J., dans l’après-midi, au sein des locaux du CNO.

 

Le 2 août 2008, fin du stage des six semaines d’observation au CNO.

 

Le 6 août 2008, transfert retour de Fresnes à Ensisheim, où je suis réécroué.

 

Le 18 août 2008, je reçois notification de l’annulation du tribunal de l’application des peines projeté en date du 5 septembre 2008 et ce, en raison de l’absence de l’avis de la commission pluridisciplinaire de sûreté de Paris.

 

Le 2 décembre 2008, je reçois notification que ma demande de libération conditionnelle sera examinée par la commission pluridisciplinaire de sûreté le mardi 16 décembre 2008.

 

Le 26 janvier 2009, j’apprends par le biais des médias qu’un des détenus, Mathurin, ayant effectué le même stage d’observation du 21 juin au 2 août, en ma compagnie et relevant également de la même commission de sûreté de Paris, en raison de son incarcération à Poissy, en région parisienne, a bénéficié d’une mesure de semi-liberté immédiatement effective et ce, malgré une condamnation à la perpétuité pour les assassinats de 8 vieilles dames à Paris, dans le milieu des années 80 (affaire Paulin qui, lui, est décédé en prison du SIDA).

 

Le 25 février 2009, 207 jours après la fin du stage d’observation au CNO, je reçois notification par la commission pluridisciplinaire de sûreté de Paris de son avis défavorable à ma demande de libération conditionnelle et ce, sur la base d’une expertise psychiatrique (dont la validité est de deux années en principe) datée du 27 mai 2005 concluant alors à ma susceptibilité de « présenter une dangerosité en milieu libre ». Ceci au plus profond mépris de l’expertise psychiatrique datée du 31 janvier 2008, ayant conclu que : « Georges Cipriani n’était plus dangereux et que les risques de récidive étaient quasi-nuls », comme dans une ignorance complète des conclusions des deux autres expertises psychiatriques, réalisées le 17 juillet 2008, au CNO, à Fresnes, qui demeurent dans l’ombre la plus stricte et dont seule une évocation est faite comme quoi : « La commission ne partage pas totalement les conclusions des docteurs J. et L. – qui ne concordent d’ailleurs pas avec celles (du 27 mai 2005) du Docteur D. – sur la dangerosité de ce détenu, dixit l’avis du 16 décembre 2008.

 

Le 5 mars 2009, notification de ma convocation pour le 7 avril 2009 au Tribunal de l’Application des Peines qui examinera ma demande de libération conditionnelle.

 

Pour la suite de la procédure, en perspective, après délibération au sujet de l’examen de ma demande de libération conditionnelle dans le cadre du Tribunal de l’Application des Peines qui se réunira le 7 avril 2009, Monsieur Lugan, Juge de l’Application des Peines, émettra sa décision d’accord ou de refus dans les 3 ou 4 semaines suivantes. Une décision à l’encontre de laquelle il sera possible au Parquet (ou à moi-même) de faire Appel si elle n’est pas de sa (ou de ma) convenance. Auquel cas, la Cour d’Appel de Paris aura deux mois pour se réunir et examiner l’appel en question et, dans les 2 à 3 semaines suivantes, émettre sa décision définitive de refus ou d’accord d’une période de semi-liberté d’une année en vue d’une libération conditionnelle. A l’issue de cette période, le Juge de l’Application des Peines, Lugan, examinera à nouveau ma demande, en vertu des éléments nouveaux gagnés lors de la semi-liberté, afin d’émettre une décision définitive de refus ou d’accord d’une libération conditionnelle.

 

Georges CIPRIANI, Prisonnier Politique d’Action Directe, M.C. Ensisheim, le 05.03.2009


Publié le 10 mars 2009

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 20:24
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Message de bienvenue au rassemblement du 21 février 2009 à la Maison centrale d’Ensisheim

Cette année, je n’aurai à nouveau qu’un bref message à vous communiquer, qui est le suivant:

Alors voilà, à la différence de l’an passé, dites-vous bien que dorénavant, avec l’entrée en vigueur de la loi sur la rétention de sûreté, notamment à l’encontre des condamné(e)s à perpétuité, par son application au moyen de la circulaire promulguée par le ministère de la Justice en date du 28 février 2008, dites-vous bien que l’on n’est plus en prison uniquement en raison de ce que l’on a commis ou non, en raison de ce pourquoi et à quoi on fut condamné(e), mais bien en raison de ce que l’on est présentement à même de commettre insidieusement à l’avenir.

Comme ceci a été mis en exemple, entre autres, il y a peu par la révocation de la semi-liberté de notre camarade Jean-Marc Rouillan, en octobre 2008, puis par l’incarcération des cinq jeunes autonomes dans l’affaire des caténaires de la SNCF. Et en ce qui me concerne, si vous êtes à nouveau ici, à Ensisheim, en 2009, alors si je suis encore emprisonné, malgré ma demande de libération conditionnelle posée en novembre 2007 et hors de tous délais à son examen, c’est bien en raison de mon présent concours à une légitimité historique à la lutte armée, par la poursuite de ma résistance au chantage à l’enfermement et non plus raison de ce que j’ai pu ou non commettre dans un passé vieux de plus de 22 années à l’orée de cette 23e année d’incarcération.

Voilà, dites-vous bien ceci, le motif de votre prochaine incarcération sera de toute évidence dû à ce que vous commettez présentement de significatif pour le futur, à savoir : comme ne serait-ce que de vous murer dans le silence face aux forces de police, face aux forces de l’inquisition ayant, aujourd’hui, droit de pouvoir sur la liberté, sur votre liberté !

Car la liberté est effectivement une question de pouvoir, une question dont il est nécessaire de saisir, un pouvoir qu’il est possible de s’adjuger et d’organiser, et je vous demande donc d’en user à votre escient et en toute bonne conscience de sorte à pouvoir être libre présentement, dans votre propos comme dans vos actes, en vous refusant à la servitude volontaire.

Vous le pouvez puisque, de mon côté, je prends cette liberté d’en user, oui, à partir d’ici dedans, à révéler qui enchaîne qui, comme qui déchaîne quoi et pour quelles raisons cela se réalise, comme de même qu’elle est la voie et la forme de lutte requise pour nous acquérir tous ensemble le pouvoir social à être collectivement libre individuellement !

Ce message est bien sûr aussi un appel à ce rassemblement à manifester notre liberté devant la Maison centrale d'Ensisheim face à l’Administration pénitentiaire et au ministère de la Justice comme face à la politique du mépris pratiquée par la sieuse Rachida Dati !
Abattre le totalitarisme marchand
du Capital déployé par l’OTAN !

Socialisme ou Barbarie !
Oser lutter, oser vaincre !
Georges Cipriani, prisonnier politique d’Action Directe.
Maison centrale d’Ensisheim, le 4 janvier 2009.
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:10
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Nous allons manifester ce 21 février pour la libération de Georges Cipriani, des militants d'Action directe et pour la libération des militants révolutionnaires emprisonnés.

Pour se rappeler qui est Georges Cipriani, pour prendre conscience de son combat depuis vingt-deux ans, nous reprenons ici des extraits de ses textes.

Georges entretient une correspondance régulière, il rédige aussi depuis presque trois ans "un blog": limaille.

Ainsi le 17.10.07  note-t-il cette citation tiré d'un texte de Victor Hugo sur le capitalisme:

Le capitalisme est une usine à rêves,  ...
La révolution est le retour du factice au réel ...
Il faut avoir été en plein rêve
pour se réveiller dans le cauchemar ..."


Ces mots de Georges lors d'une interview
Où il dit si bien ce qu'est exister, être, devenir

Quel genre d’homme êtes-vous devenu ?

"Pour autant que l’on devient par l’égalité, la fraternité et la liberté des rapports sociaux et des relations affectives il est très improbable de devenir en prison. A cela s’ajoute, en ce qui me concerne, que je me refuserai toujours à un devenir dans une hiérarchie. Or, la prison est une perpétuelle hiérarchisation. Alors plus que de devenir j’évolue. J’évolue d’une grille à une autre, d’une promenade à la cellule sous l’œil des caméras silencieuses. Comme dans les 8 mètre carré de cette cellule. En écoutant de la musique, etc...

 
Pour le reste, j’ignore encore ce que ces années et années d’évolutions en vase clos me permettront de devenir dans un monde moins grillagé et barbelé sous la protection des caméras de service - mais ce monde-là l’est-il lui-même véritablement moins pour produire un tel envers que la prison ?!?"

A propos des demandes de repentir, Georges a écrit cette phrase dans un courrier récent où il aborde ce problème et la demande préalable de repentir faite par l'Etat, en dehors de toute légitimité, puisque ce n'est pas une des conditions inscrites dans la loi pour les libérations conditionnelles:

"J'oserai ajouter à toute cette question en un mot: faire de nous un fait divers pour dédouaner la bourgeoisie de tous méfaits, voilà la fonction politique du repentir! C'est précisément ce à quoi nous nous opposons."

Ce texte de Georges devant le TAP alors que se décidait sa libération conditionnelle

Déclaration au tribunal de l'application des peines
(11.07.05 à 10:08Georges Cipriani). Sur le site action-directe.

En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe :

Ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique.
Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
Il va sans dire que je me refuse à abjurer par là le devenir de cette Constitution et les projets politiques d'émancipation qui en étaient et en demeurent à la base ou s'en généreront. C'est à dire l'Avenir à chaque fois recherché et voulu par le combat contre l'adversité.
De fait donc, en vérité, abjurer serait abjurer cette Constitution de 1792 qui conserve toute sa validité et nécessité, qu'elle soit officiellement reconnue et célébrée ou non. Elle représente l'avenir et personne ne peut abjurer l'avenir ou en jurer.
Pas même moi, personnellement.
Quant à réaliser cet avenir, cela requiert des conditions objectives et subjectives dont je ne peux disposer seul.
Cela d'autant plus qu'il est évident que les condamnations, l'isolement carcéral et l'accumulation d'années d'emprisonnement visaient à handicaper notre pratique politique. A nous en castrer.
Je ne me voilerai donc pas la face et je dirai que ce calcul a pour autant réussi à altérer si ce n'est ma position politique idéologique, tout au moins ma possible pratique politique. Car on ne peut pas balayer d'un revers de main dix huit années ou plus d'incarcération.

Dix huit années d'incarcération qui pèseront d'autant plus lourds et seront déterminantes dans les prochaines années, que celles-ci soient des années de semi-liberté ou de liberté conditionnelle.
De fait, il est sûr que le couperet de la prédétermination carcérale castre, tout aussi pratiquement et plus proprement que le couperet de la guillotine et que c'est un couperet dont on ne peut guère s'évader,

Significatif de tout cela, le fait même de m'engager dans une procédure de Libération Conditionnelle est un acte d'individualisation à rebours de toute perspective et projet révolutionnaire collectif et vous le savez si parfaitement que c'est bien pour cette raison que vous faites de cet acte, répété à l'infini, le fil d'Ariane de ce labyrinthe procédural voué à la recherche de la liberté - où garderait-on dans tout ce dédale le loisir, l'idée même de révolution à l'esprit ?
Si la prison ne tue physiquement, elle doit pour le moins annihiler concrètement et à jamais et c'est là votre présupposition - votre témoin : l'inhibition même du requéreur d'une Libération Conditionnelle.
Pourtant, il n'en demeure pas moins et cela résume toute ma position politique, que pour moi la Démocratie est le gouvernement du peuple en armes, comme en témoigne 1945, et par là le principe même de mes conclusions.
Et même si la vérité n'appartient pas nécessairement aux armes, le principe est lui néanmoins essentiel pour la démocratie et sa légitimité.
Aujourd'hui donc, en considération du hiatus entre ma pratique et mes idées, c'est bien comme prisonnier politique que je suis devant vous.
Ainsi, noir sur blanc, à la question de savoir si je serais prêt à retourner à la clandestinité à ma libération, je ne veux pas y répondre favorablement mais par la négation car, avec mon vécu carcéral, je ne suis pas prêt à retourner en prison. Or, dans une telle démarche, aller en prison est le minimum à quoi l'on doit être prêt - expérience à l'appui.
Avoir à vaincre la prison, avoir à prendre les Bastilles  - tel est le niveau auquel j'ai été renvoyé depuis lors.


Georges Cipriani.Prisonnier Politique d'Action Directe

Maison Centrale d'Ensisheim, le 16.06.2005

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 11:32
Aujourd'hui 30 décembre et toujours aucune nouvelle
de la fameuse commission.

La liberté n'a pas de valeur pour ce pouvoir
qui d'incident technique en mesure d'exception
qui de cno retroactif
en réincarcération de Jean-Marc Rouillan pour des mots non dits
maintient les prisonniers révolutionnaires emprisonnés.

Hors tous délais comme le dit Georges Cipriani

Pensées pour nos camarades
Solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah

linter

Pour consulter le blog : linter.over-blog.com
Collage de Joëlle Aubron

Le 16 décembre, la commission mise en place dans le cadre de la rétention de sûreté devait donner son avis sur la libération conditionnelle de plusieurs prisonniers. Dans la plus grande tradition politique, elle avait regroupé des prisonniers d'histoire et d'identité différentes.

Aujourd'hui 22 décembre, toujours aucune nouvelle ...

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2