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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

       SONJA SUDER EST LIBRE         Procès C. Gauger, S. Suder: Une page pour s'informer 

   PALESTINE - Une carte à ne jamais oublier

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Texte libre

Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Archives

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 12:16
Temps modernes - disparition - Notre hommage à une revue qui dans les années 70 a eu le courage de consacrer un numéro aux prisonniers de la Fraction armée rouge et a accueilli un comité informant sur leur situation.

Les Temps modernes cessent de paraître. Certainement, l'esprit qui les animait au tournant des années 70 avait-il depuis longtemps disparu.

Pour nous, ce que nous retenons et devons à cette revue exceptionnelle, c'est avant tout l'accord donné par Sartre, André Gorz, Simone de Beauvoir, Claire Etcherelli ... d'accueillir le Comité de soutien aux Prisonniers de la Fraction armée rouge. Ce qui a permis à ce comité et au Comité international composé de juristes et personnalités morales d'alerter sur la situation des prisonniers politiques ouest-allemands.

C'est aussi la publication d'un numéro en mars 1974 sur ce thème et qui regroupait des articles informant sur l'isolement, la non reconnaissance du statut de prisonniers politiques de ces militants, le caractère anti-impérialiste de leur combat.

Sur ce blog, vous pouvez trouver de nombreux textes de ce groupe politique, sur l'assassinat d'Ulrike Meinhof, des prisonniers de Stammheim, Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Jan Carl Raspe, sur la mort durant la grève de la faim d'Holger Meins, sur les combats menés ..

http://linter.over-blog.com/pages/Dossier_RAF_Octobre_1977octobre_2007_-59356.html

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 21:23

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HOMMAGE   A HELMUT POHL


linter s'associe à l'hommage qui lui est rendu.

 


helmut

 

Annonce publiée dans la Junge Welt. Je me vois encore assis avec Gudrun et Andreas, devant nous un long rapport sur les attaques du Vietcong sur les bases arrière des militaires américains au Sud-Vietnam.  Des commandos de la guerilla avaient attaqué en territoire ennemi bases de l'armée US en plein territoire ennemi. Dans ces attaques, il y avait déjà contenue toute la stratégie. Des attaques sur les bases arrières de l'impérialisme par de petits groupes armés. Vu sur le plan international, les bases arrières, c'était ici, dans les métropoles. Quelques années auparavant, le dirigeant du Parti communiste nord-vietnamien, Le Duan, avait parlé dans un discours sur la stratégie globale de la vision de luttes armées dans les centres capitalistes. Maintenant, nous nous étions mis en route.

 Quelle certitude nous avions.

Et quel sourire sur nos visages.

Helmut à propos des débuts du combat de la RAF

Ses camarades et ami(e)s

 


ATTENTION PUBLICITES IMPOSEES par l'hébergeur. Nous avons été avertis de la présence de publicités, très agressives, mensongères, voire pro-israéliennes, sur le blog. Nous cherchons une solution: merci pour ceux qui le peuvent, en attendant, de charger un bloqueur de publicités, tel ADBLOCK.

 

Ron Augustin a prononcé les mots suivants lors des obsèques de ce camarade le samedi 23 août 2014:

 

l’écrivain peter chotjewitz m’a demandé, un jour, si, pour ceux et celles qui avaient été longtemps dans la raf et puis encore longtemps en taule, il y avait une vie après la raf. sans prendre le temps de réfléchir à la question, ma réponse fut oui. néanmoins, même si cela paraît un peu simplifié, je pense pouvoir dire que pour helmut le sens de sa vie était – la raf.  et on ne peut pas imaginer le groupe sans helmut.

 

j’ai fait sa connaissance quand, en 1973, il est sorti de prison pour la première fois. andreas nous avait raconté tant de choses à son propos, que nous l’avons aussitôt repris dans le groupe qui avait survécu aux vagues d’arrestations de 1970 et de 1972. nous avions besoin de lui, et lui il le voulait également, immédiatement. avec les autres il s’est alors chargé de rendre le groupe plus fort et de maintenir la continuité sur laquelle, plus tard, les autres groupes ont pu successivement s’appuyer.

 

quand il est sorti de prison pour la deuxième fois, en 1979, il a fait, ensemble avec wolfgang beer,  souffler un vent nouveau sur le groupe qui existait à nouveau depuis quelques années. il voulait absolument que je rencontre wolfgang. ce qui ne s’est jamais fait puisque wolfgang est mort dans un accident de voiture. peu avant, helmut et moi, nous allions souvent nager pendant nos discussions. pour helmut quand on nageait il fallait coûte que coûte plonger. il parait que je ne fus pas le seul à être harcelé par lui pour ça. un jour, mes lunettes, que je tenais en main en plongeant, sont tombées. il me les a alors ramenées du fond de la piscine. fier et petit rire, comme toujours.

 

plus tard, c’est lui que j’ai contacté en premier lieu lorsqu’il est sorti de prison pour la troisième fois. la première chose qu’il a alors voulu savoir, c’était, “as” tu une femme. comme d’habitude, nous avons parlé de nos “histoires de nanas”, des schémas si semblables de ce qui constituait plutôt des “histoires de mecs”, mais aussi de la dialectique des amours et des amitiés particulières dans le collectif. ce qui restait de celui-ci, ou pas, l’avait rendu assez amer, mais néanmoins des souhaits, des espoirs, des idées pour l’avenir l’occupaient en permanence.

 

sa santé lui donnait souvent du mal en prison et au dehors. elle a rendu les discussions difficiles, parfois impossibles. mais, pendant les deux trois dernières années, sa manière d’être, ironique et ouverte, réapparaissait de plus en plus. ainsi, pour moi, il est resté le même, “le vieux”. il voulait écrire, il insistait, l’histoire ne devait pas être abandonnée aux oublis, aux refoulements, aux déformations. surtout celle de la raf, de son identité, des camarades qui l’ont formée et qui l’ont portée.

 

une vie après la raf, oui, mais, pour lui, avec les mêmes références. par rapport aux objectifs, aux critères, aux points de départ. dès la naissance du groupe jusqu’aux derniers jours de helmut.

 

ron augustin

 


Helmut Pohl, militant de la RAF, est décédé. "Dans ces attaques, il y avait déjà contenue toute la stratégie ..."

 

Dossier RAF

 

guerre_du_vietnam-1.jpg

 

Guerre du Vietnam

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 00:20

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Helmut Pohl, militant de la RAF est décédé. Il sera enterré samedi. Demain paraîtra ce message dans la Junge Welt:

 


ATTENTION PUBLICITES IMPOSEES par l'hébergeur. Nous avons été avertis de la présence de publicités, très agressives, mensongères, voire pro-israéliennes, sur le blog. Nous cherchons une solution: merci pour ceux qui le peuvent, en attendant, de charger un bloqueur de publicités, tel ADBLOCK.

 

Je me vois encore assis avec Gudrun et Andreas, devant nous un long rapport sur les attaques du Vietcong sur les bases arrière des militaires américains au Sud-Vietnam.  Des commandos de la guerilla avaient attaqué en territoire ennemi bases de l'armée US en plein territoire ennemi. Dans ces attaques, il y avait déjà contenue toute la stratégie. Des attaques sur les bases arrières de l'impérialisme par de petits groupes armés. Vu sur le plan international, les bases arrières, c'était ici, dans les métropoles. Quelques années auparavant, le dirigeant du Parti communiste nord-vietnamien, Le Duan, avait parlé dans un discours sur la stratégie globale de la vision de luttes armées dans les centres capitalistes. Maintenant, nous nous étions mis en route.

 

Quelle certitude nous avions.


Et quel sourire sur nos visages.

 

Helmut à propos des débuts du combat de la RAF

 

Nos pensées vont à

 

Helmut Pohl

 

Ses camarades et ami(e)s

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 19:07

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Les mots transmis par ron augustin

 

à propos de rolf clemens wagner - pensées après coup

 

que la mort fasse partie de la vie

nous le savons

comme une ombre elle nous suit 

 

elle n’avait même pas 21 ans 

perspicace, impertinente, assurée

la clarté de ses pensées m’impressionnait

les rendez-vous n’étaient que brefs

il y avait des connaissances à échanger

des contacts à évaluer

des papiers à falsifier

des actions à préparer

son nom je ne l’ai appris que quand elle est restée sur le pavé

tuée par balle

petra schelm, notre première morte

et encore si vivante

 

maintenant c’est rolf clemens qui a été attrapé

il avait 32 ans quand il a rejoint la raf

intrépide, pratique, pointu

pensif mais sans hésiter

il a survécu aux fusillades

24 ans en taule

cinq grèves de la faim et plus fort que jamais

quand il a appris la maladie, il s’en moquait

il a lutté

rien ni personne ne pouvait l’écraser

pas même le cancer

jusqu’au bout un animal politique

étudiant l’histoire, analysant des choses

la lutte

pour se libérer d’une vie de zombie dans un système mortel

était sa cause

c’est à elle qu’il a donné sa vie.

 

ron


Rolf Clemens Wagner a maintenu tout au long de sa vie son engagement. C'est ce que l'on peut lire dans cette déclaration sans ambiguïté faite à un moment crucial de l'histoire politique de la RAF.

 

"Oui, dans la configuration d'alors, nous avons pensé avoir une chance de rompre quelque chose et de mettre en route un processus dialectique de libération dans la métropole.

Pour autant, nous n'avons jamais pensé pouvoir, comme petit groupe clandestin, "briser" quoique ce soit par la seule lutte armée.

Le projet était expressément politico-militaire. Contre l'idéologisation extrême et le sentiment d'impuissance, la lutte armée n'était qu'un élément nouveau de la praxis pour parvenir à réellement porter l'attaque.

Et le projet était largement défini pour pouvoir agir de manière sensée au sein du mouvement, sans que je doive le décrire une fois de plus."

 

  ----------------------------------------------------------------------------------------------

 

Lettre de Rolf-Clemens Wagner
Prisonnier de la RAF

 

QUELQUES REMARQUES SUR LA DÉCLARATION D'AUTO-DISSOLUTION DE LA RAF


Pour une fois, commençons par la fin.

J'aimerais dire que, si les révolutions ont parfois effectivement lieu, à vrai dire, elles parlent peu.

Tout du moins, dans ce pays où elles brillent par leur absence.

Ce n'en était pas une, ce n'en est pas une et n'en sera non plus une dans un proche avenir.

Tel est le continuum, la réalité à laquelle nous devons faire face et que, précisément, nous avons voulu durement attaquer.

Mais je ne veux pas m'en tenir au kitch de gauche qui s'acharne sur la déclaration comme les champignons sur un vieux mur.

C'est déja assez énervant de devoir se confronter au passé dans une situation fondamentalement bouleversée et avec des centres d'intérêt, par-là même modifiés.

Mais on ne peut se laisser traiter de crétin politique sans réagir.

Oui, dans la configuration d'alors, nous avons pensé avoir une chance de rompre quelque chose et de mettre en route un processus dialectique de libération dans la métropole.

Pour autant, nous n'avons jamais pensé pouvoir, comme petit groupe clandestin, "briser" quoique ce soit par la seule lutte armée.

Le projet était expressément politico-militaire. Contre l'idéologisation extrême et le sentiment d'impuissance, la lutte armée n'était qu'un élément nouveau de la praxis pour parvenir à réellement porter l'attaque.

Et le projet était largement défini pour pouvoir agir de manière sensée au sein du mouvement, sans que je doive le décrire une fois de plus.

Ce mouvement existait ici et internationalement.Cependant, au bout du compte, il s'est avéré que s'imposa l'intérêt basique (retour à la base), au sujet duquel une majorité de la gauche ne se différencie guère du "citoyen lambda" : une vie relativement sûre et agréable (à quel prix et qui le paye, ce n'est pas dit).

La métropole est bel et bien toujours un petit nid douillet avec de nombreux avantages.

Ainsi plus encore qu'aujourd'hui, il n'y avait pas de "problème social". C'était la période du boom économique et il n'y avait pas encore de chômage massif, l'Etat social s'étendait sur la jointure stratégique du modèle allemand.

Certes tout cela dura jusqu'à l'effondrement du mur et la fin de la confrontation entre blocs, ensuite, il n'y en avait plus besoin et il a terminé dans les poubelles de l'histoire : "shareholder-value" (partager la plus-value) à la place de la sécurité sociale.

Et pour ce qui concerne l'articulation avec le "social", je me souviens encore de certaines silhouettes, distribuant des tracts à la porte d'usines perdues dans le petit jour, et des rebuffades qu'elles obtenaient la plupart du temps.

Ces réflexions sur comment on aurait pu "éveiller" le "besoin d'émancipation et de libération" sont tout à fait superflues.

Et pour le dire de manière anachronique, il s'agit du vieux problème, comment la "classe en soi" devient-elle la "classe pour soi".

Par conséquent, nous ne parlons pas d'une erreur militaire dans le projet mais d'une condition préalable à tout début de politique émancipatrice, pas seulement pour la lutte armée.

Ce n'est pas seulement la RAF qui y a échoué, sans exception, toutes les pistes de gauche s'y sont cassées les dents.Bon, dans les années 70, le slogan était "Ab ins Private" (Vive la vie privée !), la vie alternative, le retour à l'université, la "longue marche" dans les institutions (1).

Un quart de siècle plus tard, les marcheurs sont enfin arrivés au centre et sont autorisés à coopérer pour porter le projet de repositionnement agressif de l'Allemagne.

Sans doute, "cela aurait été mieux" si au lieu de ce processus "la rupture mondiale d'où venait la RAF avait percé".

Peut être ne serions-nous pas confronté aujourd'hui à un tel méli-mélo. Mais avec des si on peut mettre Paris en bouteille.
Il y a quelque chose de Don Quichottesque dans le tourbillon d'idée sur les formes et les conceptions de la révolution du 19ème et 20ème siècles dans un monde qui a si radicalement changé sous nos yeux qu'aujourd'hui plus rien n'est comme 10 ans plus tôt (ce en quoi ce tourbillon se comporte avec le "social" comme Don quichotte avec sa Dulcinée).

Mais revenons à l'histoire. Dans nos mémoires, il est clair qu'au début des années 70, après le premier vrai choc de la répression, on en avait radicalement terminé avec le concept "du poisson dans l'eau".

Partout, les portes qui auparavant étaient ouvertes pour les militants de la RAF, restèrent closes. Certains considérant même concevable d'informer les flics.Soudainement, des divergences politiques devenaient "insurmontables".

Ne fallait-il pas donner une raison à cet opportun mouvement d'abandon dont l'une des causes principales fut l'arrestation de presque tous les illégaux ?

Quelques semaines auparavant encore, il en allait un peu différemnent, certes ce n'était pas la pure unanimité mais personne ne serait allé aux flics.

Plus tard, on préférait regarder les actions de la RAF à la télé.

De la "Safer politic" (politique sans danger), pour ainsi dire.Il est vrai que les organes étatiques n'ont pas eu à se surmener "pour refouler les positions sympathisantes".

Ensuite, la situation de la RAF fut longtemps branlante.

La situation exigea alors de nous d'une part la concentration sur la logistique et, de l'autre, sur les prisonniers qui devaient être protégés.

C'est-à-dire autant que possible essayer de les tirer de là. Il est clair que, sous la garde de l'Etat, leur intégrité psychologique n'était pas garantie (ce qui ne troublait guère ceux qui nous affublaient d'un "libérer la guérilla-guérilla" (2).

La suite est connue, c'est 1977.Cette concentration était certes réductrice et entièrement déterminée par les actions pour les prisonniers, ce qui eut des effets préjudiciables pour les actions elles-mêmes et a, entre autres, conduit à l'erreur que constitua la décision de détourner l'avion (3).

Dans cette déclaration d'auto-dissolution, les auteurs récitent une fois de plus leur credo de ces dernières années : cette réduction et affirmation simpliste de la lutte armée se serait poursuivit tout au long des années 80.

Ce qui aurait empêché de renflouer l'affaire au niveau politique, le "social" aurait été laissé de côté, d'où l'absence de composants "pour la révolution sociale" et que sais-je d'autre encore.Je ne peux plus entendre ce fatras répétitif.

Ce qui a réellement existé (et ce qui sans doute existera toujours) ce sont des groupes isolés de résistance et des individus qui concevaient un travail en commun avec un groupe armé - quand ils ne voulaient pas d'emblée intégrer la RAF. Et autant que je puisse en juger, ils n'étaient pas rares, justement dans ces années 80.En revanche, tout au long de l'expérience RAF, il est absurde de chercher des "mouvements sociaux" qui auraient été intéressés ou eu besoin de, serait-ce seulement de parler de buts politiques communs. En réalité, il n'y en eut jamais (et ce fût précisément l'expérience des années 70) parce qu'ils ont tous catégoriquement refusé l'emploi d'une violence politique (ce qui, accessoirement, ne les a pas plus aidés).

Par conséquent, cette valse-hésitation autour du Social, tout ce lamento ne peut faire illusion.

Si les choses furent ce qu'ils racontent en long, en large et en travers, ils déplorent simplement leur propre incapacité à ne pas persister, dans une voie qu'ils avaient soi-disant reconnue fausse, leur incapacité à chercher du nouveau.

L'explication en est peut être qu'ils ont eux-mêmes voulu qu'il en soit ainsi. Mais avant d'y arriver, ils préfèrent affirmer que l'erreur relèverait du projet.

Ce n'est pas eux qui furent "militaristes" mais le "projet", selon le principe, il en était ainsi depuis longtemps, nous n'y pouvons rien. Bougrement finauds !

Cela a déjà été dit plus d'une fois, mais ça me fait plaisir de le redire une dernière : le fait est que dans les années 80, existèrent très certainement des tentatives de repolitisation, de dures discussions dont les initiateurs furent étrillés comme ne se donnant pas totalement aux actions.

Et, lorsque les prisonniers de Celle furent sollicités pour soutenir cette polémique, un lapidaire "une action, puis la prochaine, c'est ainsi que ça marche" fut la réponse.

Ce n'était déjà pas marrant avec les repentis, mais aujourd'hui, tous ces gens prennent la pose et, sans sourciller, déplorent les structures hiérarchiques, autoritaires, militaires dans la RAF.Un autre fait est que, depuis la fin des années 80, la lutte armée, si transformée ou modifiée qu'elle soit, n'a, de toute façon, plus de sens politiquement.

Les constellations ne s'y accordent plus, tous les points de références manquent. En outre, l'emploi épidémique de la violence à tous les niveaux rend inopérante la violence comme outil dans la lutte politique.

Et maintenant, un dernier point.

"Après notre défaite de 1993, nous savions ne pas pouvoir simplement continuer ainsi...

Nous voulions une fois encore réfléchir et commencer une nouvelle étape avec ceux qui étaient encore en prison.

Au bout du compte, dans la scission, très douloureuse pour nous, qui vit une partie des prisonniers se séparer de nous et nous considérer comme des ennemis, il apparut que les conditions d'émergence de la RAF - solidarité et lutte pour le collectif - avaient déjà complètement disparu".

Qu'est ce que cela ?

Une nouvelle mouture de légende du coup de poignard ?

En ce cas, j'attache donc une grande importance à quelques éclaircissements. Une défaite, c'est sûr, les moineaux le sifflent sur tous les tons depuis des années.

Mais pourquoi en 93 ? Qu'y eut-il donc là de spécial ?

Ah oui, l'unité Steinmetz (4) ! On oublie si vite les choses !

En tout cas, rien ne nous a indiqué que les auteurs aient voulu discuter avec nous.

Leurs textes, nous tombèrent toujours sur le râble.

Le silence répondait à nos critiques jusqu'à la prochaine déclaration unilatérale.

Nous n'avons qualifié personne d'ennemis, nous n'avons jamais parlé de scission, mais nous nous sommes séparés, somme toute très sobrement, de gens qui avaient commencé à retourner contre nous leur intérêt particulier (mais qui aujourd'hui encore une pointe fatiguée - parlent de solidarité).

Pour les auteurs, il s'agissait de sortir d'une manière ou d'une autre de l'impasse où ils se sont eux-mêmes fourrés et pour y arriver, ils n'ont rien trouvé de mieux que de réinterpréter notre histoire en quelque chose qu'elle ne fut jamais.

Je trouve légitime de ne pas se laisser faire.

Et si quelqu'un doit encaisser une défaite de cette totalité, c'est bien nous, les prisonniers restant.

Nous avons initié "l'ouverture" sur laquelle tous ont fait cuire leur petite soupe, alors qu'en retour, nous restons engoncé jusqu'au cou dans le béton de "l'initiative Kinkel" (5) pour 26 ans, si ça leur plaît (6) !

Ou peut-être un peu plus longtemps !

 

Avril 1998

Rolf-Clemens Wagner

Schwalmstadt


Notes


(1) Il s'agit de la démarche d'intégration dans les cadres du système, "pour les transformer de l'intérieur", entamée au cours de ces années par l'ancienne gauche extraparlementaire.

(2) Référence au slogan "la guérilla libère la guérilla" qui fût alors tourné en dérision par certains commentateurs critiques. Ils voulaient dire par là que la légitimité et la praxis de la guérilla n'avaient plus d'autre objet que la libération de ses propres prisonniers : une guerre privée entre elle et l'Etat.

(3) Dans leur texte les illégaux de la RAF dénoncent également cette action comme une erreur. Elle aurait donné lieu à un brouillage des repères quant aux buts de la guérilla puisque les passagers de l'avion de la Lufthansa étaient des civils.

Par cette action, la RAF aurait délaré la guerre à la société civile allemande.

Et plus personne semble vouloir prendre en compte l'âpreté de l'affrontement en cours, en particulier en Palestine et tous usent de critères moraux pour juger rétroactivement cette action de solidarité concrète de la part du commando du FPLP, sans plus s'occuper de ce qu'elle signifiait politiquement comme liaison entre les luttes dans la métropole et sur les Trois Continents.

(4) Steimetz est un indicateur des RG allemands qui avait réussi à s'infiltrer dans la RAF au début des années 90. Suite à quoi, un juin 93, Birgit Hogefeld était arrêté alors que son camarade Wolfgang Grams également militant de la RAF était assassiné par un membre du BSG9.

(5) En janvier 92, Kinkel, alors Ministre de la Justice, fit une déclaration où il était question de réconciliation et d'aménagement des peines.

(6) Allusion au fait qu'en février 98, un tribunal pour l'exécution des peines, a calculé que Christian Klar, militant incarcéré depuis 1982, devait avoir fait au moins 26 ans de prison avant de pouvoir envisager sa libération définitive.

 

http://etoilerouge.chez-alice.fr/docrevinter/allemagne15.html

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 12:13

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Il est encore des villes ... Quartiers libres à Saint-Etienne

Quartiers libres, Saint-Etienne 2013 - Concert d'une musique militante et solidaire à Ursa Minor


  Suite des Quartiers libres de Saint-Etienne

Une information sur l'initiative  Archives RAF

 

A l'Institut International d'Histoire Sociale d'Amsterdam (IISG), se trouve le fonds existant le plus important et le plus riche sur l'histoire du mouvement ouvrier. On peut y consulter des documents souvent rares concernant par exemple la Seconde Internationale: ainsi le No1 du journal fondé en 1915 par Rosa Luxemburg, Franz Mehring ... et qui ne connaîtra pas de No 2 pour raison d'emprisonnement; c'est ce journal qui a donné son nom au journal l'Internationale paru en 1983-1984 et qui est à la base de ce blog. Indiquons aussi que l'Institut envoie les photocopies sur demande des documents qu'il conserve.

 

Ce fonds conserve aussi plus de 1200 documents sur la RAF grâce à une démarche conséquente d'inscription de l'histoire de la RAF ou sein du mouvement dans lequel elle se reconnaît. Un site en reprend un certain nombre: 65 originaux en allemand ainsi que les traductions, des collections de documents illustrant les discussions que la RAF a initiées ou provoquées.

 

L'adresse du site: www.socialhistioryportal.org/raf

Contact: ronaugustin@gmail.com

 


Vous pouvez cliquer sur le document ci-dessous pour vous informer sur cette initiative politiquement particulièrement  importante.

 

archives-RAF.jpg

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 14:58

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

 

Sur le blog: textes, documents sur la page : Dossier RAF 

A consulter http://www.secoursrouge.org/archives/raf.php


Le blog s'est constitué à partir d'une identité née dans les années 70 et qui nous constitue toujours aujourd'hui.

 

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  Elisabeth Van Dyck

 

Dans les années 70, des militants s'organisent dans les pays occidentaux pour combattre au coeur du système, le capitalisme et ses formes d'oppression, de guerre, d'exploitation.

 

Solidaires avec les pays des trois continents opprimés, dépouillés, colonisés, soumis au pillage des multinationales, aux guerres, ils refuseront d'être complices et réfléchiront aux moyens à mettre en oeuvre pour mener le combat dans les métropoles. Leur combat prendra des formes diverses selon les pays.

 

La RAF sera de ces militants.

 

S'attaquant dans un premier temps entre autres et de manière prémonitoire aux grandes surfaces qui entament leur conquête de la consommation capitaliste, ils s'inscriront concrètement dans l'action contre la guerre du Vietnam en attaquant des installations américaines opérationnelles sur le sol allemand.

 

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                                          Bombes et napalm

 

RAF. L'esprit d'Heidelberg. 15 juillet 1972  

 

L'Etat allemand réagira à la hauteur de ses intérêts et un état d'urgence, d'exception se mettra en place. Illégal et tout-puissant. Il autorisera les pires des exactions.

 

Libération, en route vers son intégration au système dominant des médias titrera un jour, RAF/RFA la guerre des monstres. Ce sera l'un des premiers  signes majeurs de son évolution.

 

Des avocats, des intellectuels montreront un autre courage. Au sein du Comité International, Jean-Jacques de Felice, Klaus Croissant et des dizaines d'autres tenteront d'alerter et d'assister les militants faits prisonniers.

 

Création du Comité International pour la Défense des Prisonniers Politiques Européens - 1974

Klaus Croissant n'a pas cédé. Texte de Jean-Jacques de Felice

Préface de Jean Genet, au livre "Textes des prisonniers de la Fraction armée rouge et dernières lettres d'Ulrike Meinhof" 

Sartre après la visite à Stammheim auprès d'Andreas Baader


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La mort d'Holger Meins en grève de la faim marquera à jamais nos esprits. Cette acceptation du pouvoir jour après jour de la mort pourtant à chaque moment évitable, préfigure celle de Thatcher qui a dix reprises l'acceptera.

 

RAF. Grève de la faim, 1974. "Celui qui a reconnu sa situation, comment pourrait-il être empêché d'agir ?"

  

Le "suicide" d'Ulrike Meinhof annoncera ceux du 18 octobre 1977 dans la prison de Stammheim où disparaissent, "suicidés" Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Jan Carl Raspe. Commission d'enquête et recherches contribueront à comprendre ce que chacun sait déjà.

 

RAF, Stammheim: un texte essentiel. La deuxième mort, Ron Augustin.

 

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Aujourd'hui la guerre de l'Etat allemand contre les militants révolutionnaires del'époque n'est pas finie. Certains voient se rouvrir des enquêtes pour des faits d'il y a plusieurs décennies ou sont cités comme témoins.

 

Ils ont répondu par un texte commun, rejetant toute collaboration.

 

texte commun de militants ayant appartenu à la Fraction armée rouge face à la nouvelle offensive de l'Etat allemand.

 

linter

 

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Un clin d'oeil de notre camarade disparu, Bruno Baudrillart: carte de prison

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 17:26

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rancillac-meinhof_12.jpgsérie d'oeuvres de Rancillac "A la mémoire d'Ulrike Meinhof"

 

(A voir le site de Bernard Rancillac)

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 13:02

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Cet article avait été publié le 30 octobre 2007 sur le blog. Beaucoup serait à dire. Nous préférons laisser chacun découvrir ce texte.

Ce texte est la préface au livre "Texte des prisonniers de la "fraction armée rouge" et dernières lettres d'ulrike meinhof", préface de jean genet, introduction de klaus croissant, cahier libre 337, Maspéro 1977. Cet ouvrage est l'un des principaux témoignages de l'époque. A lire, si vous le trouvez. Et toujours, lire et relire Jean Genet.

L'hypocrisie profonde et la barbarie de la bourgeoisie s'étalent impunément sous nos yeux, que nous regardions vers les métropoles où sa domination a revêtu des formes respectables, civilisées, ou vers les colonies où elle est brutale. K. MARX, cité par Andreas BAADER.


Les journalistes jettent à la volée des mots qui en mettent plein la vue sans trop se préoccuper de la lente germination de ces mots dans les consciences. Violence — et son complément indispensable : non-violence, sont un exemple. Si nous réfléchissons à n'importe quel phénomène vital, selon même sa plus étroite signification qui est : biologique, nous comprenons que violence et vie sont à peu près synonymes. Le grain de blé qui germe et fend la terre gelée, le bec du poussin qui brise la coquille de l'oeuf, la fécondation de la femme, la naissance d'un enfant relèvent d'accusation de violence. Et personne ne met en cause l'enfant, la femme, le poussin, le bourgeon, le grain de blé. Le procès qui est fait à la « R.A.F. » (Rote Armee Fraktion), le procès de sa violence est bien réel, mais l'Allemagne fédérale et, avec elle, toute l'Europe et l'Amérique veulent se duper. Plus ou moins obscurément, tout le monde sait que ces deux mots : procès et violence, en cachent un troisième : la brutalité. La brutalité du système. Et le procès fait à la violence c'est cela même qui est la brutalité. Et plus la brutalité sera grande, plus le procès infamant, plus la violence devient impérieuse et nécessaire. Plus la brutalité est cassante, plus la violence qui est vie sera exigeante jusqu'à l'héroïsme. Voici une phrase d'Andreas : « La violence est un potentiel économique. »


Quand la violence est définie ou décrite comme plus haut, il faut dire ce qu'est la brutalité : le geste ou la gesticulation théâtrales qui mettent fin à la liberté, et cela sans autre raison que la volonté de nier ou d'interrompre un accomplissement libre. 


Le geste brutal est le geste qui casse un acte libre. 


En faisant cette distinction entre violence et brutalité, il ne s'agit pas de remplacer un mot par un autre en laissant à la phrase sa fonction accusatrice à l'égard des hommes qui emploient la violence. Il s'agit plutôt de rectifier un jugement quotidien et de ne pas permettre aux pouvoirs de disposer à leur gré, pour leur confort, du vocabulaire, comme ils l'ont fait, le font encore avec le mot brutalité qu'ils remplacent ici, en France, par « bavures » ou « incidents de par-cours ». 


Comme les exemples de violence nécessaire sont incalculables, les faits de brutalité le sont aussi puisque la brutalité vient s'opposer toujours à la violence. Je veux dire encore à une dynamique ininterrompue qui est la vie même. La brutalité prend donc les formes les plus inattendues, pas décelables immédiatement comme brutalité : l'architecture des H.L.M., la bureaucratie, le remplacement du mot — propre ou connu — par le chiffre, la priorité, dans la circulation, donnée à la vitesse sur la lenteur des piétons, l'autorité de la machine sur l'homme qui la sert, la codification des lois pré-valant sur la coutume, la progression numérique des peines, l'usage du secret empêchant une connaissance d'intérêt général, l'inutilité de la gifle dans les commissariats, le tutoiement policier envers qui a la peau brune, la courbette obséquieuse devant le pourboire et l'ironie ou la grossièreté s'il n'y a pas de pourboire, la marche au pas de l'oie, le bombardement d'Haïphong, la Rolls-Royce de quarante millions... Bien sûr, aucune énumération ne saurait épuiser les faits, qui sont comme les avatars multiples par lesquels la brutalité s'impose. Et toute la violence spontanée de la vie continuée par la violence des révolutionnaires sera tout juste suffisante pour faire échec à la brutalité organisée. 


Nous devons à Andreas Baader, à Ulrike Meinhof, à Holger Meins, à Gudrun Ensslin et Jan-Karl Raspe, à la « R.A.F. » en général de nous avoir fait comprendre, non seulement par des mots mais par leurs actions, hors de prison et dans les prisons, que la violence seule peut achever la brutalité des hommes. Une remarque ici : la brutalité d'une irruption volcanique, celle d'une tempête, ou plus quotidienne celle d'un animal, n'appellent aucun jugement. La violence d'un bourgeon qui éclate — contre toute attente et contre toute difficulté — nous émeut toujours. 


Evidemment une chance est possible : que la brutalité, par son excès même, se détruise, ou plutôt, non qu'elle change de fin — par définition elle n'en a pas — mais en arrive à s'effacer, à s'anéantir à long terme, devant la violence. La colonisation du tiers monde ne fut qu'une série de brutalités, très nombreuses et très longues, sans autre but que celui, plutôt atrophié, de servir la stratégie des pays colonialistes et l'enrichissement des sociétés d'investissements aux colonies.


Il en résulta donc une misère, un désespoir qui ne pouvaient que nourrir une violence libératrice.


Mais jamais, dans ce que nous connaissons d'eux, les membres de la « R.A.F. » ne laissent leur violence devenir brutalité pure, car ils savent qu'ils seraient immédiatement métamorphosés en cet ennemi qu'ils combattent.


Dans cette correspondance, dans les dépositions, une préoccupation est particulièrement remarquable : sans se soucier des anecdotes sur le Kremlin, des vaticinations de de Gaulle sur certain dîner de Staline ou d'autres détails rapportés par les kremlinologues et qui ont autant de signification que les écarts sentimentaux de la reine d'Angleterre, la « R.A.F. » s'attache à démontrer que, de Lénine jusqu'à main-tenant, la politique soviétique ne s'est jamais écartée du soutien aux peuples du tiers monde. Qu'on l'explique comme on voudra, cette politique n'est jamais en défaut. Elle peut se trouver, et elle se trouve souvent, embarrassée par la complexité toujours vive de rapports féodaux, tribaux, à laquelle ajoutent les intérêts, les manoeuvres contradictoires des anciennes puissances coloniales et ceux de l'Amérique, mais de-puis 1917 et malgré ce que nous disent les commentateurs occidentaux, malgré ce que serait sa politique intérieure, l'Union soviétique, soit par des accords de gouvernement à gouvernement, soit par ses votes à l'O.N. U. et dans les organismes internationaux, a pris toujours le parti du pays le plus faible, le plus démuni.


Cela, beaucoup de personnes le savent, c'est certain. En Europe — et par Europe il faut entendre aussi le monde européen d'Amérique — et surtout en Allemagne de l'Ouest, dans cet univers tellement anti-soviétique, la « R.A.F. » est seule à le dire clairement. En somme, la « R.A.F. » rétablit une évidence politique, occultée en Europe.


Est-ce pour cela que la Fraction Armée Rouge est si peu — malgré le retentissement de ses arguments politiques, étouffés il est vrai par une action violente nommée ici « terrorisme (parenthèse : un mot encore, celui de « terrorisme » qui devrait être appliqué autant et davantage aux brutalités d'une société bourgeoise) —, est si peu, disions-nous, acceptée par certains gauchismes ?


Il y a peut-être encore d'autres raisons : c'est que la Fraction Armée Rouge paraît être le contraire de ce que fut Mai 68, et son prolongement. Surtout son prolongement. Dès le début, la révolte étudiante — mais non les grèves dans les usines — se donne une allure frondeuse qui se traduit en escarmouches où les adversaires, polices et manifestants, cherchent, avec plus ou moins d'élégance, à éviter l'irréparable. Les jeux nocturnes des rues relèvent plus de la danse que du combat. Les manifestations sont verbeuses, ouvertes même à la police et aux provocateurs de droite. Quant aux prolongements de ce mois de mai, nous les apercevons comme une sorte de dentelle angélique, spiritualiste, humaniste. La « R.A.F. » s'est organisée avec à la fois une dureté de bouchon bien vissé, avec une étanchéité des structures, avec une action violente qui ne cesse ni en prison ni hors d'elle, et conduit, avec précision, chacun de ses membres aux limites de la mort, aux approches de la mort soufferte s'opposant encore violemment aux brutalités judiciaires et carcérales, et jusqu'à la mort elle-même.

L'héroïsme n'est pas à la portée de n'importe quel militant. On peut donc penser que les gauchistes désinvoltes, épinglés par Ulrike... « le radicalisme seulement verbal »... sont apeurés devant une détermination aussi conséquente.


Dans cette longue correspondance et ces déclarations, on ne trouvera pas le mot de Goulag. Ce que l'U.R.S.S. a fait, ce qu'elle aurait fait de négatif — sans être escamoté —, cède à ce qu'elle a fait, qu'elle fait de positif. Chaque membre de la « R.A.F. » accepte, revendique, exige d'être, et entièrement, jusqu'à la torture et jusqu'à la mort, l'une des îles de cet archipel du Goulag occidental.


Toute la « déclaration d'Ulrike pour la libération d'Andreas au procès de Berlin-Moabit » dit très bien, d'une façon explicite, que c'est la brutalité même de la société allemande qui a rendu nécessaire la violence de la « R.A.F. ». On le comprend à la lecture de cette déclaration, et particulièrement du passage commençant par : « La guérilla, et pas seulement ici, car il n'en a pas été autrement au Brésil... on est un groupe de camarades qui a décidé d'agir, de quitter l'état léthargique, le radicalisme seulement verbal, les discussions de plus en plus vaines sur la stratégie, nous avons décidé de lutter... »


L'Allemagne est devenue ce qu'en attendaient les gouvernements des Etats-Unis : leur extrême glacis à l'Est, et Ce plus offensif. A cette brutalité se perpétuant elle-même selon sa logique devenue folle, interdisant ou laminant un parti communiste presque hors-la-loi, la « R.A.F. » ne pouvait opposer que la violence héroïque. Admettons un court instant que la correspondance d'Andreas, d'Ulrike et de ses camarades se nourrit, se fortifie d'exigences de plus en plus inaccessibles, de plus en plus « inhumaines », il faut alors se demander qui est la cause : cette Allemagne inhumaine voulue par l'Amérique. Et demandons-nous si l'aggravation n'est pas obtenue par la prison, l'isolement, les systèmes d'écoute, — à les lire, on a l'impression que les prisonniers sont à l'intérieur d'une énorme oreille —, les systèmes d'observation, le silence, la lumière ; et si l'aggravation n'était pas voulue — par Buback et par le système — afin que les prisonniers nous apparaissent monstrueux, que leurs écrits nous éloignent d'eux, que leur mort, lente ou brutale, nous laisse indifférents ; afin que nous ne sachions plus qu'il s'agit d'hommes que d'autres torturent mais d'un monstre qu'on a capturé.


Si c'était le but, de Buback et du système, ils ont perdu : Holger nous donne à voir le portrait terrifiant de celui qui s'oppose à la brute capitaliste, Ulrike, Andreas, Gudrun et Jan-Cari tout au long de leur correspondance ou de leurs dé-bats, ont réussi à nous convaincre, et à nous émouvoir.


Voici une citation d'Ulrike : « Les flics essaient, par leur tactique de la guerre psychologique de retourner les faits que l'action de la guérilla avait remis sur leurs pieds. A savoir que ce n'est pas le peuple qui dépend de l'Etat mais l'Etat qui dépend du peuple ; que ce n'est pas le peuple qui a besoin des sociétés par actions des multinationales et de leurs usines, mais que ce sont ces salauds de capitalistes qui ont besoin du peuple ; que la police n'a pas pour but de protéger le peuple des criminels, mais de protéger l'ordre des exploiteurs impérialistes du peuple ; que le peuple n'a pas besoin de la justice, mais la justice du peuple ; que nous n'avons pas besoin ici de la présence des troupes et des installations américaines, mais que c'est l'impérialisme U.S. qui a besoin de nous.


Par la personnalisation et la psychologisation, ils projettent sur nous ce que eux sont : les clichés de l'anthropologie du capitalisme, la réalité de ses masques, de ses juges, de ses procureurs, de ses matons, de ses fascistes : un salaud qui se complaît dans son aliénation, qui ne vit qu'en torturant, opprimant, exploitant les autres, dont la base d'existence est la carrière, l'avancement, jouer des coudes, profiter des autres ; qui se réjouit de l'exploitation, de la faim, de la misère, et du dénuement de quelques milliards d'êtres humains dans le tiers monde et ici. »


Je souligne cette phrase car elle révèle que la misère du tiers monde — misère physique, morale, intellectuelle — est constamment présente en eux, que cette misère la « R.A.F. » la vit dans son esprit et dans son corps.

Quand ils dénoncent les brutalités des Etats-Unis et de son agent privilégié, l'Allemagne fédérale, c'est de cette Allemagne asservie qu'ils se préoccupent mais c'est au même moment, dans le même mouvement qu'ils se préoccupent de toute la misère du monde. Et quand ils écrivent cela, les membres de la « R.A.F. » ne prouvent pas seulement la générosité et la tendresse voilée de tout révolutionnaire, ils disent encore une sensibilité très délicate à l'égard de ce qu'ici, en Europe, nous continuons à nommer le rebut.


Si l'analyse de Marx est juste : « Le progrès révolutionnaire se fraie son chemin quand il provoque une contre-révolution puissante, qui se ferme sur elle-même, en engendrant son adversaire qui ne pourra amener le parti de l'insurrection dans sa lutte contre lui qu'à évoluer vers un véritable parti révolutionnaire... », alors nous devons reconnaître que la « R.A.F. », au prix de sacrifices cette fois surhumains, décide de « frayer le chemin », avec tout ce que cela implique de solitude, d'in-compréhension, de violence intérieure.


Ils sont dans cette situation dangereuse, attentifs à en refuser l'orgueil, sachant que leur pensée doit être débarrassée de toutes scories imbéciles afin d'être de plus en plus aiguë par une analyse toujours plus fine. Et attentifs aux méthodes de lutte du système contre eux. Au procès, du 26 août 1975, Andreas déclare sèchement : « L'Etat se bat ici avec tous les moyens dont il dispose — C'est ce que Schmidt a suffisamment répété, qu'il s'agissait de mettre en oeuvre tous les moyens — et ce sont justement tous les moyens organisés de la répression, du mensonge, de la manipulation, de la technique — il y va de l'image d'omnipotence impériale qu'il se donne de lui-même contre la tendance historique consciemment articulée dans notre politique, dans l'insurrection, c'est là qu'elle apparaît en antagonisme avec la société et donc illégitime. »


En lisant certaines déclarations au tribunal, nous comprendrons ce qu'il leur faut de franchise et de finesse afin de laisser dans le gris les structures de l'Organisation, de dire, par le moyen de magnétophones installés par le tribunal, de dire clairement, expressément ce qu'ils ont voulu faire, de dire la situation de l'Allemagne (celle de Brandt et de Schmidt), une Allemagne imposée par l'Amérique et dont la bourgeoisie, enorgueillie par les exploits du deutschmark, se croit te-nue pour quitte du nazisme grâce à son anticommunisme.


Il est du reste évident que l'opposition de l'Allemagne fédérale à tout parti communiste ouvert est dans une grande part responsable de l'existence de la « R.A.F. » qui prouve, de façon éclatante, que la social-démocratie est démocrate dans ses discours, inquisitoriale quand elle le veut. Et inquisitoriale — avec tortures « propres », « raffinées », grâce aux techniques modernes — inquisitoriale sans remords, sans troubles.


L'Allemagne, qui a aboli la peine de mort, conduit à la mort par grèves de la faim et de la soif, isolement par la « dépréciation » du moindre bruit sauf le bruit du coeur de l'incarcéré qui, sous vide, est amené à découvrir dans son corps le bruit du sang qui bat, des poumons, enfin son bruit organique afin de savoir que sa pensée est produite par un corps.


Dire que la situation qui est faite aux membres emprisonnés de la « R.A.F. » est criminelle, c'est ne rien dire. Le juge-ment moral cesse, dans les consciences des magistrats et dans celles de la population que les moyens de presse, donc de pression, ont conduit à l'état passionné du répit absolu. Il est à craindre que l'Allemagne ne se sente purifiée quand « tous seront morts, et morts par leur volonté de mourir », donc « morts parce qu'ils se savent coupables » puisque c'est la signification tranquillisante pour l'Allemagne des grèves de la faim et de la soif jusqu'à la mort.


En lisant ce livre d'Andreas et d'Ulrike, de Gudrun et de Jan-Car! souvenons-nous que des journalistes allemands s'élèvent contre la nutrition par sonde et décrètent que le devoir du médecin est de placer la nourriture à portée des détenus : libre à eux de vivre ou de mourir.


Comme de la même façon les magistrats se tirent d'affaire en décrétant que ce sont les avocats, incapables de convaincre leurs clients, qui sont coupables du délit — ou crime ? — de non-assistance à personne en danger.

Mais accuser le gouvernement allemand, l'administration allemande, la population allemande, qu'est-ce que çela signifie ? Si les U.S.A. n'étaient pas présents physiquement en Allemagne, si leur ambition n'avait pas atteint cette enflure, si l'Europe n'avait pas, clairement ou non, assigné à l'Allemagne de l'Ouest une fonction policière face à l'Est, cette aiguille qu'est la « R.A.F. » dans la chair trop grasse de Î Allema-gne serait peut-être moins aiguë et l'Allemagne moins inhumaine. Si l'on veut, je crois voir ici un double phénomène de mépris. L'Allemagne cherche — et dans une certaine mesure réussit — à donner de la « R.A.F. » une image terrifiante, monstrueuse. D'autre part, et par le même mouvement, le reste de l'Europe et l'Amérique, en encourageant l'intransigeance de l'Allemagne dans son activité tortionnaire contre la « R.A.F., cherchent, et dans une certaine mesure réussissent à donner de l'Allemagne « éternelle», une image terrifiante, monstrueuse.


Jean GENET.

Sur le blog.
bruno4-1.jpgcarte réalisée en prison par Bruno Baudrillart

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 14:57
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A voir sur le site diezienmil


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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 15:50
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Ce site, en langue espagnole, comprend un grand nombre de textes, d'informations sur la RAF et les mouvements du tournant des années 70. Créer un, deux, trois Vietnam, ce slogan qui de fait a marqué tous ceux pour qui la guerre du Vietnam a été fondatrice de leur engagement, lui sert de leitmotiv.

Le dernier texte publié est celui contre l'extradition de Christian et Sonja, repris sur le blog.



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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2