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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

       SONJA SUDER EST LIBRE         Procès C. Gauger, S. Suder: Une page pour s'informer 

   PALESTINE - Une carte à ne jamais oublier

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Texte libre

Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:15

Pour consulter le blog: linter.over-blog.com

 

A lire sur le site du bds

 

Angela Davis parle avec précision et infiniment de sensibilité et de compréhension politique de Mandela, elle analyse cet autre apartheid, celui imposé en Palestine, elle dénonce ici une entreprise israélienne de "sécurité" G4S.

 

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  "C’est dans ce contexte que je voulais me joindre à vous, une fois encore, pour intensifier les campagnes contre un autre régime d’apartheid, et en solidarité avec les luttes du peuple palestinien."

 

Angela Davis :


Tout d’abord, merci pour ce merveilleux accueil (à Londres). Et merci à Brenna pour son excellente introduction. Je vois que je suis le professeur ce soir. Et merci à vous, Rafeef, et à vous, Frank.


Et merci à toutes celles et ceux qui sont venus ce soir. C’est une rencontre importante, en un sens, un début important. Je suis heureuse de voir que tant de personnes déjà impliquées dans la campagne contre G4S sont présentes aussi ce soir. Vous nous motivez pour continuer notre action.


Il m’a été demandé, pour la première fois, de participer à cette rencontre en soulignant l’importance du boycott de la société transnationale de sécurité G4S. Je ne pouvais pas savoir que cette réunion allait coïncider avec le décès et la commémoration de Nelson Mandela. Et alors que je songe à l’héritage des luttes que nous associons à Mandela, je ne peux pas ne pas rappeler ces luttes qui ont contribué à forger la victoire de sa liberté, et donc l’arène sur laquelle l’apartheid sud-africain a été démantelé.


Et ainsi, je me souviens de Ruth First et de Joe Slovo, et je me souviens de Walter et d’Albertina Sisulu, et de Govan Mbeki, et d’Oliver Thambo et Chris Hani, et encore de beaucoup d’autres qui nous ont quittés. En accord avec l’insistance de Mandela à toujours se placer dans un contexte de lutte collective, il convient, je pense, d’évoquer les noms de ces autres qui ont joué un rôle important dans la destruction de l’apartheid.


Bien qu’il soit émouvant d’assister à cette effusion unanime et continue d’éloges pour Nelson Mandela, je pense que nous devons aussi nous interroger sur le sens de cette sanctification.


Je sais que lui-même aurait insisté pour ne pas être élevé à cette sorte de sainteté laïque, en tant qu’individu unique, et qu’il aurait toujours demandé un espace pour ses camarades de lutte et qu’ainsi, il aurait sérieusement contesté ce processus de sanctification. C’est vrai qu’il était extraordinaire, mais en tant qu’individu, il était surtout remarquable parce qu’il s’insurgeait contre l’individualisme, lequel l’aurait mis en avant au détriment de toutes celles et ceux qui étaient toujours à ses côtés.


Et je pense que sa profonde individualité résidait précisément dans son refus critique d’adopter l’individualisme qui une composante idéologique si centrale du néolibéralisme. Et, par conséquent, je voudrais profiter de l’occasion pour remercier les innombrables personnes, ici au Royaume-Uni, et notamment les nombreux membres alors en exil de l’ANC et du Parti communiste d’Afrique du Sud, qui ont construit un mouvement anti-apartheid vraiment puissant et exemplaire dans ce pays.


Étant venue ici à de nombreuses occasions durant les années soixante-dix et quatre-vingt pour participer à toute une série d’évènements anti-apartheid, je remercie les femmes et les hommes qui étaient inébranlables dans leur engagement pour la liberté, comme l’a été Nelson Mandela. Et je veux dire que cette participation dans ces mouvements de solidarité ici au Royaume-Uni a été au cœur de ma propre formation politique, peut-être plus même que les mouvements qui m’ont sauvé la vie.


Et alors que je pleure la disparition de Nelson Mandela, j’exprime ma profonde gratitude à toutes celles et ceux qui ont maintenu vivante la lutte anti-apartheid pendant tant de décennies, toutes ces décennies qu’il a fallu pour débarrasser le monde de l’apartheid. Et je voudrais évoquer l’esprit de la Constitution sud-africaine et son opposition au racisme et à l’antisémitisme, de même qu’au sexisme et à l’homophobie.


C’est dans ce contexte que je voulais me joindre à vous, une fois encore, pour intensifier les campagnes contre un autre régime d’apartheid, et en solidarité avec les luttes du peuple palestinien. Comme l’a dit Nelson Mandela, nous savons trop bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens.


L‘évolution politique de Mandela s’est faite dans le contexte d’un internationalisme qui nous a toujours exhorté à relier les luttes pour la liberté, le combat des Noirs dans le sud des États-Unis et les mouvements de libération africains, ceux par exemple conduits par l’ANC évidemment en Afrique du Sud, mais aussi par le MPLA en Angola, la Swapo en Namibie et le Frelimo en Mozambique et le PAIGC en Guinée-Bissau et au Cap-Vert. Et ces solidarités n’ont pas existé seulement parmi des populations d’origine africaine, mais aussi dans des luttes en Asie et en Amérique latine, continuant la solidarité avec la révolution cubaine. Et bien sûr, la solidarité avec le peuple qui luttait encore contre l’agression militaire états-unienne au Vietnam.


Et ainsi, presque un demi-siècle plus tard, nous avons hérité de ce que nous ont transmis ces solidarités, et même si certaines luttes spécifiques ont pu plus ou moins bien se terminer, ce sont ces solidarités qui ont généré espoir et inspiration. Et qui ont contribué à créer les conditions réelles pour avancer.


Donc, maintenant, il nous revient à nous d’agir pour aider nos sœurs et nos frères en Palestine, alors qu’ils se battent contre l’apartheid israélien. Leurs luttes ont de nombreuses similitudes avec celles menées contre l’apartheid sud-africain. L’une des plus saillantes étant la condamnation idéologique de leurs efforts pour leur liberté sous la désignation de terrorisme. Et je comprends qu’une preuve existe sur la collaboration historique entre la CIA – eh oui, nous savions que la CIA collaborait avec le régime d’apartheid sud-africain –, et il apparait que c’est un agent de la CIA qui a donné aux autorités sud-africaines l’endroit où se trouvait Nelson Mandela en 1962, et qui a conduit directement à sa capture et à son emprisonnement.


Et il a fallu attendre l’année 2008 – ça fait cinq ans, d’accord ? – pour que son nom soit retiré de « liste des terroristes à surveiller ». Quand George W. Bush – peut-être vous rappelez-vous de lui – a signé un projet de loi qui enfin l’en retirait ainsi que d’autres membres de l’ANC… autrement dit, quand Mandela s’est rendu aux États-Unis à plusieurs reprises après sa libération en 1990, il était encore sur la liste des terroristes, il devait y être, mais l’obligation lui interdisant d’entrer aux États-Unis avait dû être expressément écartée.


Le point que je soulève c’est que pendant très longtemps, lui et ses camarades ont partagé le même statut que de nombreux Palestiniens aujourd’hui. Et de la même manière que les États-Unis ont collaboré explicitement avec le gouvernement de l’apartheid sud-africain, ils soutiennent, et continuent de soutenir aujourd’hui l’occupation israélienne de la Palestine sous la forme d’une aide militaire, quotidienne, de 8,5 millions de dollars. L’occupation ne serait pas possible sans la collaboration du gouvernement états-unien. Et c’est l’un des messages que nous devons transmettre à Barack Obama.


C’est un honneur de participer à cette rencontre, spécialement en tant que membre du Comité international des Prisonniers politiques qui vient d’être créé au Cap, et également membre du jury du Tribunal Russel sur la Palestine.


Et bien sûr, j’aimerais remercier l’organisation War on Want (Lutte contre la pauvreté) pour son parrainage de cette réunion. Et SOAS (Écoles des études orientales et africaines), et particulièrement l’élément progressiste qui nous a permis d’être ici ce soir.


Le rassemblement de ce soir se concentre spécifiquement sur l’importance qu’il y a à étendre le mouvement BDS – mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions – qui a été ouvré en droit fil de la puissante dynamique du mouvement anti-apartheid concernant l’Afrique du Sud.


Même s’il existe de nombreuses sociétés transnationales à avoir été identifiées comme cibles du boycott – Veolia par exemple, et je sais que vous connaissez très bien Veolia ici -, il y a aussi Sodastream, et Ahava, et Caterpillar, et Boeing et Hewlett-Packard, et je pourrais continuer encore et encore, mais je vais m’arrêter là, mais je dirai aussi que G4S est particulièrement importante parce qu’elle pariticipe de façon flagrante, directement, ouvertement, au maintien et à la reproduction des appareils répressifs en Palestine. Nous parlons là des prisons et des checkpoints, et du mur de l’apartheid.


G4S représente l’insistance grandissante sur ce que l’on appelle la « sécurité » dans un État libéral. Et bien sûr, Ginja a exposé une critique de cette notion de sécurité en suggérant que des alternatives féministes pourraient être utiles alors que nous essayons de re-conceptualiser le sens de la sécurité. Les idéologies de la sécurité représentées par G4S ne font pas qu’encourager la privatisation de la sécurité, mais aussi la privatisation de l’emprisonnement, de même que la privatisation du bien-être, la privatisation de la santé et la privatisation de l’éducation.


G4S est responsable du traitement répressif des prisonniers politiques à l’intérieur d’Israël, nous le savons par l’organisation Addameer, dirigée par Sahar Francis, laquelle est absolument étonnante, et certains d’entre vous ont pu avoir l’occasion de l’entendre. Mais elle se déplace à travers tout le pays et elle et son organisation Addameer nous fournissent les informations sur ce qu’il se passe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons.

 

Nous avons appris l’univers terrifiant de la torture et de l’emprisonnement auxquels sont confrontés de nombreux Palestiniens, mais nous avons appris aussi leur esprit de résistance, nous avons appris leurs grèves de la faim et les autres formes de résistance qui continuent d’être pratiquées derrière les murs.


Je pense que Rafeef a souligné que G4S est la troisième société privée par ordre d’importance dans le monde. Laquelle est la première ? Quelle est la société privée la plus grande du monde ? C’est Wal-Mart. Et le numéro deux, c’est Foxconn, qui fabrique des appareils comme les iPad, et cetera, et cetera. Alors je suis allée sur le site de G4S. C’est vraiment intéressant de voir comment ils se présentent. Et ils mettent en évidence tout ce qu’ils protègent. Et parmi tout ce qui fait l’objet de leur protection, vous trouvez les stars du rock et les stars du sport, et des personnes et des biens. Je lis directement sur leur site : « s’assurer que les voyageurs vivent une expérience sûre et agréable dans les ports et aéroports à travers le monde… pour assurer la détention et l’accompagnement des personnes qui ne sont pas légalement autorisées à rester dans un pays. »


Ils vous disent exactement ce qu’ils font. Et encore une fois je cite : « De bien plus de façons que vous pouvez le penser… G4S sécurise votre monde ». Et nous pourrions ajouter : de bien plus de façons que nous pourrions le penser, G4S s’est incrusté dans nos vies sous couvert de la sécurité et de l’état de la sécurité, de ces moyens que les Palestiniens expérimentent avec l’incarcération politique et la torture jusqu’aux technologies racistes de la séparation et de l’apartheid, du mur en Israël aux écoles-prisons et au mur qui longe la frontière USA-Mexique.


G4S-Israël a apporté des technologies sophistiquées pour le contrôle de la prison de Hasharon qui compte des enfants parmi ses détenus, et de la prison de Dimona où sont incarcérées des femmes, mais examinons un instant dans quelle mesure G4S est également impliquée dans ce que nous pouvons appeler le plus grand complexe carcéral industriel. Et je ne parle pas de son implication dans les prisons – elle gère, possède et exploite ses propres prisons privées à travers le monde, et si j’ai encore du temps par la suite, je vous vous en parlerai, mais dans l’immédiat, je vais vous parler des écoles.


Aux États-Unis, les écoles, particulièrement dans les communautés pauvres, dans les communautés pauvres de couleur, sont si minutieusement empêtrées dans ce complexe carcéral industriel que quelquefois nous avons du mal à faire la distinction entre écoles et prisons. Les écoles ressemblent à des prisons, et elles utilisent les mêmes technologies de détection, et elles utilisent souvent les mêmes responsables en charge de la répression. Nous avons des écoles élémentaires aux États-Unis dont les salles sont effectivement sous la surveillance d’agents armés.


D’ailleurs, une récente tendance a conduit à armer des enseignants. Spécialement dans les districts scolaires qui ne peuvent se payer G4S. Donc, s’ils ne peuvent se permettre une sécurité privée, alors ils apprennent à tirer à leurs enseignants, et ils leur donnent des armes à feu. Je ne plaisante pas.


Si vous allez sur un site appelé « Grandes écoles », et que vous recherchez une école en Floride qui s’appelle l’Académie centrale de filles de Pasco à Land-o-Lakes, vous apprendrez seulement que c’est une petite école publique alternative. Mais si vous allez sur la page « Installations » du site de G4S, vous découvrirez cette entrée : l’Académie centrale de filles de Pasco accueille des jeunes filles à risque modéré, de 13 à 18 ans, et dont on estime qu’elles ont besoin de services de soins intensifs de santé mentale. Et ils vont jusqu’à écrire sur la façon dont ils utilisent les « services adaptés aux femmes ». Et ils abordent les violences sexuelles et la toxicomanie, et cetera.


Maintenant, la portée du complexe carcéral industriel va bien au-delà de la prison elle-même. Et dans ce contexte, nous pourrions aussi penser à d’autres moyens par lesquels une firme comme G4s se rend complice des autres aspects du système d’apartheid d’Israël. Et le fait qu’elle fournit l’équipement et les services sur les checkpoints. Et qu’elle fournit les services concernant le tracé du mur illégal, et ainsi de suite. Et il est intéressant de voir G4S le long du mur en Israël, mais aussi de voir G4S assurer le transport d’expulsés – et je vais parler du Royaume-Uni dans un instant –, mais je vais évoquer maintenant les services de transport utilisés pour conduire les immigrants sans-papiers des USA vers le Mexique, dans une connivence entre la loi répressive sur l’immigration et les pratiques à l’intérieur des États-Unis.


Mais bien sûr, c’est ici, au Royaume-Uni, que l’un des actes répressifs les plus flagrants a eu lieu au cours d’un transport de sans-papiers. La dernière fois que je me trouvais à Londres, ce qui était en fait il n’y a pas si longtemps, c’était en octobre, j’ai eu l’occasion de rencontrer Deborah Coles, qui est directrice de Inquest (L’Enquête) qui m’a parlé du cas de Jimmy Mubenga, l’enquête ayant eu lieu l’été dernier. Et elle a expliqué comment il était mort, et cette technique qui avait été utilisée par les employés de G4S pour empêcher ses cris d’être entendus dans l’avion alors qu’il était expulsé sur un avion de British Airways. Et apparemment, il était menotté, les mains derrière le dos, il avait sa ceinture de sécurité, et il a été poussé par les gens de G4S contre le siège devant lui, lui faisant ce qu’ils appellent un « tapis de karaoké », c’est-à-dire qu’il ne pouvait crier que dans la housse du siège devant lui.


C’est incroyable, n’est-ce pas, qu’ils aient une formule pour cela – apparemment ce n’est pas censé être légal, mais ils l’utilisent de toute façon – et il a été maintenu ainsi pendant quelque chose comme 40 minutes, et personne n’est intervenu. Et bien sûr, avant qu’on ait tenté de lui apporter les premiers secours, il était mort.

Et je pense que ce traitement flagrant des immigrés sans-papiers venant des États-Unis vers le Royaume-Uni nous oblige à faire un lien avec les Palestiniens qui se retrouvent transformés en immigrants, immigrants sans-papiers, sur leur propre terre. Sur leur propre terre. Et des sociétés comme G4S fournissent les moyens techniques de mettre en œuvre ce processus.


Et puis bien sûr, G4S est impliquée dans le fonctionnement des prisons partout dans le monde, notamment en Afrique du Sud. Et le Congrès des syndicats sud-africains, le COSATU, s’est récemment exprimé contre G4S qui gère un centre correctionnel dans l’État libre. Apparemment, c’était à propos de tirs sur quelque 300 membres du syndicat de la police parce qu’ils partaient en grève. Et permettez-moi de vous lire un court passage de la déclaration du COSATU : « Le modus operandi de G4S est révélateur des deux aspects les plus inquiétants du capitalisme néolibéral et de l’apartheid israélien : l’idéologie de la ‘sécurité’ et la privatisation croissante de ce qui était traditionnellement des secteurs gérés par l’État. La sécurité dans ce contexte ne signifie pas la sécurité pour tout le monde. Mais plutôt, quand on regarde les gros clients de la sécurité de G4S, les banques, les gouvernements, les grosses entreprises, et cetera, il devient évident que quand G4S dit qu’elle ‘sécurise votre monde’, comme l’affirme le slogan de la société, elle parle du monde de l’exploitation, de la répression, de l’occupation et du racisme. »


Quand je suis allée en Palestine, il y a deux ans, et Gina a souligné que c’était avec une délégation d’autochtones et de femmes militants universitaires de couleur, c’était en fait le premier voyage, la première visite en Palestine pour nous tous. Et la plupart d’entre nous étaient impliqués depuis des années dans l’action de solidarité avec la Palestine. Mais nous avons tous été totalement choqués par la nature flagrante de la répression, associée au colonialisme de peuplement. L’armée israélienne n’a fait aucune tentative pour dissimuler ou même atténuer le caractère de la violence qu’elle était amenée à infliger à la population palestinienne.


Des hommes et des femmes militaires, portant des armes, étaient partout. Et certains semblaient avoir seulement 13 ans. Je sais, quand on prend de l’âge, on voit les autres plus jeunes. Mais ceux-ci étaient vraiment des jeunes qui se promenaient avec d’énormes fusils. C’était, je l’ai vécu ainsi, comme un cauchemar. Comment cela peut-il être possible ? Le mur, le béton et les barbelés partout nous renvoyaient l’impression que nous étions en prison. Nous étions déjà en prison. Et bien sûr, s’agissant des Palestiniens, un faux pas et le Palestinien pouvait être arrêté et jeté en prison. D’une prison à ciel ouvert à une prison fermée.

G4S, me semble-t-il, représente ces trajectoires carcérales qui sont si manifestes en Palestine, mais cela caractérise de plus en plus des politiques, motivées par le profit, des sociétés multinationales, associées à la montée d’une incarcération massive aux États-Unis et dans le monde.


Aux États-Unis, il y a environ 2,5 millions de personnes dans les prisons locales et dans celles de l’État, dans les prisons militaires, les prisons du Pays indien (territoires des Amérindiens), et dans les centres de détention pour immigrants – cela signifie qu’à un jour donné, il y a 2,5 millions de personnes en prison, environ. Il s’agit d’un recensement quotidien, aussi il ne prend pas en compte le nombre des personnes qui passent par le système, chaque semaine, chaque mois ou chaque année.


La majorité de ces personnes sont des gens de couleur. Le secteur qui augmente le plus vite est celui des femmes, des femmes de couleur. De nombreux prisonniers sont homosexuels, et transsexuels – d’ailleurs, les transsexuels de couleur sont le groupe de personnes le plus susceptibles d’être arrêtées et mises en prison. Le racisme alimente le maintien, la reproduction et l’expansion du complexe carcéral industriel. Et ainsi, si nous disons, comme nous le faisons, qu’il faut abolir le complexe carcéral industriel, nous devons aussi dire qu’il faut abolir l’apartheid. Et mettre fin à l’occupation de la Palestine.


Quand, aux States, nous avons décrit la ségrégation en Palestine occupée, qui reflète si clairement l’apartheid historique du racisme dans le sud des États-Unis d’Amérique, et spécialement quand nous parlions du peuple noir, la réponse a souvent été : « Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé de cela avant ? Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé des panneaux en Palestine occupée ? Et des autoroutes séparées ? Pourquoi personne ne nous a-t-il pas parlé avant ? »


Et si, tout comme nous disons « plus jamais » à propos du fascisme qui a produit l’Holocauste, nous disions aussi « plus jamais » quand il s’agit de l’apartheid, dans les sud des États-Unis. Mais cela signifie, d’abord et avant tout, que nous avons à élargir et approfondir nos solidarités avec le peuple de Palestine. Avec les personnes des deux sexes de toute sexualité. Avec les personnes à l’intérieur et à l’extérieur des murs de prison. À l’intérieur et à l’extérieur du mur d’apartheid.

 

Boycottez G4S, soutenez le BDS, et enfin, la Palestine sera libre. Merci.


17 Janvier 2014 - The Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/blogs...

traduction : JPP pour CCIPP

 

 



Rappelons aussi qu'Angela Davis avait exprimé sa solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah
lors de sa venue à Bordeaux il y a quelques mois

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2