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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Texte libre

Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 20:44
1er mai, tract pour informer sur la procédure contre Jean-Marc Rouillan. "Nous vous appelons à refuser la censure et à venir assister à l'audience du  1er juin 2016."

Un 1er mai bloqué par la police.

 

Pendant plus d'une heure, la manifestation tente d'avancer. La photo montre le cortège juste avant un des gazages. C'est la deuxième partie du cortège. La première a été volontairement isolée de ces manifestants qui ont pu avancer malgré tout, malgré plusieurs gazages!

 

*******************************

En première partie de manifestation, un court texte a été distribué

ce 1er mai 2016 à Paris pour informer sur la procédure contre Jean-Marc Rouillan :

 

Jean-Marc Rouillan  est convoqué le 1er juin 2016 à l'audience de la Chambre correctionnelle 10/1  Tribunal de Grande Instance de Paris pour : « avoir fait l'apologie publique d'un acte de terrorisme » selon le juge qui a mené l'enquête.

 

L’écoute de l’interview mais aussi la vie, les combats de Jean-Marc Rouillan parlent contre cette accusation.

 

Et une fois encore, ce sont les mots, les paroles contraires que l'on prétend interdire pour ne pas permettre l'interrogation, le questionnement du monde dans lequel nous vivons. Nous ne pouvons admettre cela.

 

 

C'est pour que la parole puisse continuer d'interroger le monde que nous vous appelons à refuser la censure et à venir assister à l'audience du  1er juin 2016.

 

*******************************

 

Beaucoup de solidarité et beaucoup de questions.

Peu de réactions hostiles, en général de personnes non informées.

Cette distribution nous convainc de continuer à informer et informer encore, à mobiliser, et mobiliser encore.

Jusqu'au 1er juin.

23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 10:59

20 avr. 2016 , Observatoire international des prisons - section française, blog : Dedans-Dehors

Adil Taychi, détenu à la prison de Sequedin, était en proie à de vives douleurs depuis plusieurs mois et ne parvenait plus à s’alimenter. Il a perdu 23 kg. Malgré des demandes insistantes, il n’a pu bénéficier à temps de soins ni d’examens approfondis pour déterminer la nature de son mal. Il est décédé dans sa cellule le vendredi 12 février 2016 d’un ulcère perforé, comme le révèlera l’autopsie.

 

 

Adil Taychi, décédé en prison le 12 février 2016. © Baziz Chibane / La Voix du Nord
Adil Taychi, décédé en prison le 12 février 2016. © Baziz Chibane / La Voix du Nord

 

La conjointe d'Adil Taychi, Anne Guénantin, l’a accompagnée dans son combat. Elle raconte son dernier parloir.

 

Recueilli par Anne Chereul

 

 « Il est 16 h 30, le 10 février 2016, quand j’arrive à la maison d’arrêt de Sequedin. Comme tous les mercredis, je rends visite à mon compagnon au parloir. Je suis avec toutes les autres familles en salle d’attente quand l’appel commence. Celles qui auraient dû être placées après moi sont appelées et on leur attribue un boxe. Je demande au surveillant si je n’ai pas été oubliée. Il me dit non, que le chef du parloir veut s’entretenir avec moi, qu’il faut que je reste là. Alors j’attends. Tandis que les familles sont installées au parloir, je patiente toujours. Je demande à ce qu’on reporte mon temps de parloir : 45 minutes, c’est déjà peu, mais si ça continue, il ne va me rester que dix minutes avec Adil ! Le surveillant reçoit un nouvel appel sur son talkie : on lui demande enfin de me placer.

 

J’entre dans la cabine face à la salle d’attente. Adil arrive, je vois tout de suite qu’il est faible et énervé. Il me dit : « Ils veulent me rendre  fou, ils m’ont dit que tu n’étais pas là. » Il savait très bien que c’était faux : on s’était eu au téléphone à midi et je lui avais confirmé ma présence. Il me dit qu’il a insisté pour se rendre au parloir malgré son état de faiblesse. Il a demandé une chaise roulante, mais on la lui a refusée. Il me rapporte que ce sont finalement des détenus qui l’ont aidé.

 

Il s’assoit au sol parce que le froid le soulage, je ne sais pas pourquoi. Il me demande de lui faire un massage parce qu’il a de très vives douleurs dans le dos et dans le cœur. Je lui fais ce massage quand toute une équipe de surveillants arrive et lui demande de s’assoir sur sa chaise sous prétexte que ce n’est pas une tenue correcte dans un parloir. Il se relève péniblement, je l’aide à se rassoir.

 

Adil commence à sangloter. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il me dit : « Hier soir, j’ai vu la mort mais j’ai voulu venir à ce parloir parce que j’ai des choses à te dire. » Il me demande pardon pour m’avoir fait connaitre la prison et pour tout ce que j’ai subi à cause de ça. Il dit qu’il va mourir et me demande de prévenir sa maman. Il veut qu’elle demande un permis de visite pour qu'il puisse lui dire au revoir.

 

« Il me dit que l'administration le prend pour un simulateur»

 

J’essaie de le rassurer comme je peux. Je lui dis qu’avec son avocat, nous allons tout faire pour le sortir de là, pour qu’il soit soigné. Il me dit qu’il n’y croit pas, que l’administration pénitentiaire le prend pour un simulateur, que le service médical lui dit que c’est dans sa tête et lui a prescrit des antidépresseurs! « Ils vont me faire mourir et je ne veux pas mourir. » Il me confie qu’il n’arrive même plus à se déplacer jusqu’aux toilettes, qu’il est « à bout de force », qu’il « souffre », qu’il a eu des malaises toute la semaine, qu’on « ne veut pas le soigner », que « personne ne le prend au sérieux ».

 

Ils annoncent la fin du parloir. Adil se lève. Il n’a même pas le temps d’atteindre la porte qu’il tombe par terre. Je le mets en position latérale de sécurité. Je continue de lui parler mais il ne répond pas. J’appelle le surveillant via l’interphone. Il me dit qu’il se charge de prévenir le chef des parloirs. La main d’Adil devient de plus en plus froide, du sang coule de sa bouche.

 

La porte de la cabine est ouverte, chaque famille passe devant nous pour regagner la salle d’attente. Je crie, pleure, tape aux portes… J’appelle à l’aide par tous les moyens. Les familles alertent les surveillants du fait qu’« un détenu est à terre et que ça ne va pas ». On leur répond : « On sait, on n’est pas pompier ». Les familles refusent alors de regagner la salle d’attente. Comme je ne vois toujours personne arriver, j’appelle une seconde fois. On me dit « oui c’est bon, le chef est averti », d’un ton agacé.

 

« Un surveillant le titille du pied en lui disant : "lève-toi!" »

 

Cinq ou six surveillants finissent par arriver. Ce sont les gradés. « Taychi c’est bon maintenant il y en a marre, tu te lèves », lancent-ils à l’adresse d’Adil, qui ne réagit toujours pas. Aucun surveillant ne s’abaisse pour s’enquérir de son état, lui parler ou prendre son pouls. L’un d’entre eux le titille du bout du pied en lui disant « lève-toi, lève-toi ». On me demande de sortir du parloir, mais je refuse. La chef me dit « si vous ne sortez pas on ne fera rien pour lui ». Je demande à Adil s’il préfère que je reste, il ne répond pas. Je sors, les familles me suivent et regagnent la salle d’attente. Les surveillants ne ferment pas tout de suite, je vois qu’ils continuent à le secouer du pied. La porte vitrée se referme. A travers le verre, je vois qu’on le prend par le col de son pull et qu’on le traîne par terre. C’est la dernière image que j’ai de lui.

 

Les familles protestent dans la salle d’attente. On sort à 19h. Je dis au chef des parloirs que je refuse de laisser mourir Adil. Il me répond : « Taychi va très bien ». Je proteste : il ne peut même pas marcher ! « Taychi court même, il va très bien », insiste-t-il encore.

 

Quand je sors de la maison d’arrêt, je parle de mes craintes pour Adil aux familles, certains me disent de ne pas hésiter à leur demander si j’ai besoin de témoignages, mais j’entends sans entendre. Je n’identifie pas ceux qui me parlent. Je récupère mon téléphone et laisse un message à l’avocat comme je l’ai promis à Adil. Je pensais qu’il avait plus de pouvoir que moi pour faire bouger les choses. Il me dit qu’il va faire le nécessaire et qu’il me rappelle dès le lendemain matin.

 

J’appelle ensuite les pompiers, qui me réorientent sur le Samu. Je leur fais part de la situation. Ils me disent que c’est grave mais qu’ils ne peuvent pas intervenir comme ça. Ils me mettent en attente et appellent la maison d’arrêt. L’établissement pénitentiaire leur aurait répondu qu’il y avait eu un incident mais que leur intervention n’était pas nécessaire.

 

Je n’ai pas pu voir Adil le vendredi suivant car mon permis de visite avait été suspendu la veille. C’est vrai, je me souviens avoir dit « bande de cons » aux surveillants, au moment où Adil était inconscient à terre. Mais il m’est reproché d’avoir traité le lieutenant de « sale pute ». Je ne m’en souviens absolument pas. L’effet du stress ? J’ai demandé aux familles, personne ne m’a entendu dire cela… Peu importe aujourd’hui, puisque je ne reverrai pas Adil, ni ce jour-là ni jamais. Il est décédé le vendredi 12 février 2016, à 23h, après avoir craché dès le matin beaucoup de sang. Un décès « par défaillance cardiaque sur complication hémorragique d’un ulcère perforé évolué et abouché au foie », selon les termes de l’autopsie. Adil est mort en prison, en France, au XXIe siècle, d’un ulcère dont il souffrait horriblement depuis des mois et qui n’aura jamais été diagnostiqué ni traité. Malgré ses demandes incessantes auprès de l’administration pénitentiaire et du service médical. »

 

Selon le journal La Voix du Nord, une information judiciaire a été ouverte par le tribunal de grande instance de Lille.

Published by luxemb
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 17:12

Une pétition contre les poursuites entamées contre Jean-Marc Rouillan a déjà recueilli plus de 1200 signatures. Il y a la possibilité de dire pourquoi l'on signe. Les réponses peuvent aider chacun à réfléchir ...  et à se mobiliser.

 

"A la lecture de la retranscription de l'émission je ne vois pas d'apologie du terrorisme"

"Pour la liberté d'expression, contre la torture carcérale"

Je signe parce que ... Contre la procédure contre Jean-Marc Rouillan

Collage de Joëlle Aubron

Le courage peut servir n'importe quelle cause et celle que défend Jean-Marc Rouillan est à l'opposée de la pensée dominante dont la nature impérialiste, capitaliste, colonialiste, anti démocratique n'est plus à démontrer.


Je signe parce que la liberté d'expression est un droit et un besoin vital, face au muselage et aux crimes perpétrés par ces vils milliardaires...

 

Je suis pour la liberté d'expression.


Traiter un coiffeur de «PD» n'est pas homophobe, selon les Prud'hommes. Revue de presse de ce jour. Dire qu'il faut avoir du courage pour combattre 2000 policiers est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Alors je le crie haut et fort et de ce fait je veux passer en correctionnelle avec Rouillan au nom de ma liberté d'expression. Bien à vous Cazeneuve...


Oui à la liberté d'expression et non à sa déformation par cette presse au service des puissants ....


L'inquisition stupide tente de confondre la reconnaissance chez l'adversaire ou l'ennemi de l'évidence du courage avec l'approbation . Hypocrisie des bien pensants que le courage de Rouillan offusque . "L 'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons"


J'ai vu un président décorer un prince saoudien . Je n'ai pas encore entendu l'expression islamo"socialiste"Après Rouillan, des syndicalistes, des militants écolos, des zadistes, mis en garde à vue à qui le tour?


Contre l'insupportable mise dos à dos de l'"extrême gauche" et de l'extrême-droite par les médias et les politiques


Une heure d'analyse politique anti Etatique travestie par les chiens de garde en apologie de Daech, vraiment pitoyable. SOUTIEN TOTAL A JANN-MARC !


On a besoin d'idées et de francs débats pour reconstruire des pensées libres


Comment pourrions-nous nous prétendre libres si même la liberté d'expression n'est pas garantie, pour tous et sur tous les sujets? La liberté est ou n'est pas!


C'est tout simplement n'importe quoi ce qu'il lui arrive. Une polémique de vent sans fond qui fait du mal pour rien.


Si le parti qui est au pouvoir est de gauche alors je suis de l’extrême gauche


Je croyais qu'en France, quand on avait purgé sa peine (purgé quel joli lot !) on redevenait un Homme libre et égal en droits aux autres humains. C'est donc faux.


Militant associatif, je signe en soutien total face à un militant traqué depuis de trop nombreuses années, à qui l'on refuse le droit de reprendre une vie, y compris publique, normale.


Les amalgames douteux, la mauvaise foi et le harcèlement de Jean-Marc, ça suffit


Pour que cesse le travail d'amalgames nauséabonds des médias dominants qui veulent criminaliser toute parole révolutionnaire différente. Et parce que parmi les gens qu’il m'ait été donné de rencontrer en 49 ans, Jean Marc Rouillan quoi qu'on pense de ces actes et de ces idées, est une des personnes les plus intègres, les plus cohérentes et les plus brillantes, qui nous éclairent avec lucidité sur la réalité d’un monde qui va à sa perte


Je persiste et je signe pour défendre un homme qui a le courage de vivre après tout ce que ce shitstème lui a fait endurer dans ce monde immonde, dominé par des lâches, des traîtres, des menteurs, des corrompus, des salopards qui mènent l'humanité à sa perte.


Jean-Marc est quelqu'un de beaucoup mieux que ses détracteurs


Paris, le 11 avril 2016,

Monsieur le Garde des Sceaux,

De quelle justice êtes-vous le ministre ?


Voilà quelques semaines, la Légion d'Honneur a été remise à Mohammed Ben Nayef, prince d'Arabie Saoudite, un royaume dirigé selon des principes que ne renieraient pas les terroristes de l'E.I.


À Calais, à Menton comme dans chaque aéroport ou à la périphérie des grandes villes, des endroits étrangement baptisés « jungles », zones d’attente ou « camps », servent au parcage des migrants et des Roms. Et leurs nuits flambent du feu des gaz lacrymogènes.
Ils ont remplacé en silence les camps de Gurs (Pyrénées-Atlantiques), Le Vernet (Ariège), Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), Montsûrs (Mayenne)… et les dizaines de lieux d’internement ouverts sur l’ensemble du territoire français à partir de la Seconde Guerre Mondiale, et servant successivement à la rétention des prisonniers politiques espagnols, des Juifs, des Tsiganes, des opposants communistes et des harkis.


Même si les livres d’histoire du secondaire omettent de les mentionner, ces lieux ont pourtant gardé une mémoire qui se retrouve dans la méfiance, encore vivace aujourd’hui, des habitants envers les Français d’origine étrangère et les Roms.


Dans les quartiers populaires, les ratonnades des années 1960 ne se sont jamais interrompues.
La peine de mort supposée abolie depuis 1981, continue à sévir sous un autre nom dans les banlieues, les commissariats et les prisons.

Les policiers français auteurs ou complices de crimes sont en effet bénéficiaires de non-lieux, innocentés, voire promus, après des années de procédure épuisantes pour les familles des victimes – quand elles ont eu la chance de se voir restituer le corps de leur défunt dans un état autorisant le travail de la médecine légale.

Abou Bakari Tandia, Samir Abbache, Zyed Benna, Bouna Traoré, Eric Blaise, Eric Mourier, Fethi Traoré, Vilhelm Covaci, Taoufik El-Amri, Guillaume Perrot, Louis Mendy, Lamine Dieng, Elmi Mohammed, Ait Brahim Moulay Mohamed, Joseph Randolph, Larami Samoura, Mushin Sehhouli, Lu Semedo Da Veiga, Reda Semmoudi, Baba Traoré, Abdelakim Ajimi, Joseph Guerdner, Salem Essouli, Fakkradine Zarai Zarai, Abdoulaye Fofana, Naguib Toubache, Hakim Djellassi, Ali Ziri, Mohammed Bemouna, Yakou Sanogo, Mohamed Boukourou, Lassana Diarra, Karim Boudouda, Luigi Duquenet, Louis Klinger, Mamadou Marega, Mostefa Ziani, Wissam El-Yamni, Ahamadou Maréga, Amine Bentounsi, Youssef Mahdi, Yassin Aïbeche Souilah, Lahoucine Aït Omghar, Loïc Louise, Bertrand Nzohabonayo, Dorel Iosif Floare, Abdelhak Gorafia, Houcine Bouras, Timothée Lake, Rémi Fraisse, Abdoulaye Camara, Amadou Koumé, Pierre Cayet, Mehdi Bouhouta … voilà le recensement non exhaustif des personnes décédées entre 2005 et 2015 dans des circonstances que la « justice » dit n’être pas parvenu à élucider, et qui impliquent toujours, par une coïncidence qu’on est en droit de trouver étrange, des membres de la Police Nationale.

Laquelle police est en ce moment même en train de tirer à bout portant flashballs et grenades lacrymogènes, ou de porter des coups de tonfa, sur des citoyens descendus dans la rue pour réclamer que les représentants politiques assument leur charge, à savoir de les représenter, et non de leur imposer, par la force, des lois dont ils ne veulent pas.

Il s’agit surtout de la population la plus vulnérable, celle dont la « justice » voudrait que la société se préoccupe au plus haut point.

La jeunesse qui voit se déployer devant elle un avenir sans perspective ni dignité.
Les ouvriers, exclus les uns après les autres de leurs outils de travail.
Et cette catégorie floue que l’on appelle les « précaires », et qui ne sont autres que des trentenaires ou des quadragénaires, très diplômés comme anciens exclus du système scolaire, se trouvant dans l’impossibilité de subvenir avec simplicité à leurs besoins essentiels (se nourrir, se loger, travailler)… à cause de choix politiques privilégiant depuis plus de 30 ans les intérêts des multinationales au détriment de ceux des hommes et des femmes de ce monde.

Par conséquent, l’on peut admettre qu’il soit désagréable à votre gouvernement que les propos de Jean-Marc Rouillan, tenus lors d’entretiens pour « Radio Grenouille » et pour « le Ravi » (dont vous noterez la portée exclusivement locale), mettent en lumière l'incompétence de cette même Police Nationale et de ses 2000 ou 3000 effectifs déployés en région parisienne… lorsqu’il s’agit d’accomplir sa mission de « gardien de la paix » et de protection des citoyens.
En effet, plan Vigipirate et omniprésence policière n'ont eu aucune efficacité en cette nuit du 13 au 14 novembre 2015 : à quelques pas de fourgons blindés et de périmètres sécurisés, les hommes de l'E.I. ont eu toute latitude pour tuer plus d’une centaine d'innocents.

En admettant, au regard des faits énumérés depuis le début de cette lettre, qu’il soit toujours pertinent d’évoquer le mot de « justice », vous admettrez sans peine qu’il n'est pas juste que l'incapacité du Ministère de l'Intérieur à protéger les Français ou les personnes résidant sur le sol français, et que sa capacité sans cesse renouvelée à les tuer ou à les maltraiter, trouve un bouc émissaire en la personne de Jean-Marc Rouillan. Et ce, en dépit du pourcentage de l’argent public consacrés par ces mêmes Français au service de leur « sécurité ».

Le terme de « bouc émissaire » me semble d’autant plus approprié que Jean-Marc Rouillan a, évidemment, décrit les partisans de l'E.I. comme ses ennemis politiques.
Par quel miracle des fanatiques, religieux, ultra-capitalistes, comme le sont les auteurs de ces attentats, pourraient, ne serait-ce qu’un instant, recevoir le soutien d’un homme ayant sacrifié les plus belles années de sa vie dans vos maisons d’arrêt, précisément par conviction anti-autoritaire et anti-capitaliste ?

Je serais curieuse d’entendre votre explication à ce propos.


Par ailleurs, les membres de l’E.I. sont probablement davantage les ennemis de Jean-Marc Rouillan et des personnes qui le soutiennent, que ceux de votre propre gouvernement.
La vigilance de l’État français quant à l'origine du pétrole fournissant nos stations d’essence reste en effet encore à prouver.

Les relations d’affaires, que ce même État français entretient avec le Qatar et autres pays notablement bailleurs de fonds de l’E.I., sont également aussi étroites qu’opaques.
Il me semble enfin me souvenir que la France a vendu des armes à la Syrie de 2006 à 2009.
Pour davantage de précisions, je vous conseille vivement la lecture des rapports d’Amnesty International à ce sujet. Ils ont également accompli un travail remarquable sur les violations de la France en matière de Droits de l’Homme, qui ne manquera pas, j’en suis certaine, de vous intéresser.


En organisant une répression sans merci, frappant toute initiative politique émanant de la société civile après mai 68, l’État a tenté de nous persuader de renoncer à demander l'impossible.

C’est donc en tout irréalisme qu’à défaut de justice, je me permets de solliciter – ainsi, je suppose, que certains signataires de cette pétition – un peu de bon sens de votre part.

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Veuillez recevoir, Monsieur le Garde des Sceaux, mes salutations cordiales


Je signe la pétition car je sais que JEAN MARC ROUILLAN n'est pas pour daesh


la liberté d'expression


Ça suffit de vouloir nous imposer ce qu'il faudrait penser


 

Parce que

 


Arrêtez de vous moquer des valeurs de la Justice....et appliquée la, là où elle a autrement plus de sens.


Solidarité humaniste et révolutionnaire !


Marre des délits d'opinion.


A la lecture de la retranscription de l'émission je ne vois pas d'apologie du terrorisme


Arrêtez cet acharnement


Il n'a pas à être jugé


J'ai bien écouté l'émission de radio et l'accusation est fallacieuse. Il n'y aucune éloge du terrorisme, ni incitations, ni provocations d'aucune sorte. Au reste si les juges font leur boulot, il devrait s'en rendre compte eux aussi. Bonne chance


Libertat de paraula


Il est loin, très loin d'être cette interprétation


Parce que même si je ne suis pas d'accord avec le fond de cette citation, elle ne constitue pas une apologie du terrorisme et Jean-Marc a bien le droit de l'exprimer.


Parce que j aimerais en savoir plus. Parce qu'il faut se battre maintenant comme jadis, parce qu'il faut protéger les libertés. Parce qu'Action Directe a été traitée comme des chiens. Parce que je n'aime pas les procès et que l'idée d'une vraie justice nous fuit, jour après jour.


Marre de toute cette confusion entretenue volontairement et insidieusement


Jean-Marc a le droit d'expression comme nous tous. Il doit pouvoir continuer à l'exercice


Je signe parce que j'en ai encore le droit.......


SOLIDARITÉ avec Jean Marc Rouillan, que l'Etat français voudrait ré-emprisonner.


Quand faire son temps ne suffit pas


Je signe par ce que je suis pour la liberté d expression


Pollueurs de planète et pollueurs d'esprits constituent le même ennemi


Tout combattant de la liberté comme JM Rouillan mérite le soutien le plus total


Ce n'est pas la parole qui tue mais les armes fabriquées dans les usines françaises et vendues par le VRP Hollande aux quatre coins du monde!


Je pense que les propos de JM ont été honteusement transformés de façon à mieux l'assassiner!


Mais où va ce pays


Liberté d'expression


Un homme libre doit être et rester libre.


Une voix pour lutter face à l'infamie de la quasi-totalité de la presse
Salut Jean Marc à bientôt à Bayonne


La paix civile dépend de la justice sociale !


“Si la liberté d'expression se limite aux idées qui nous conviennent, ce n'est pas la liberté d'expression.”
Noam Chomsky
Et cela nos riches trafiquants d'armes et d'or le savent mieux que quiconque et font tout pour nous le faire oublier !


La campagne médiatique contre JM Rouillan est indigne d un pays démocratique mais j ai espoir que la France devienne enfin une démocratie respectant les libertés de chacun-e, respectant l égalité de tout-e-s et probant de fraternité.


Je signe car je ne pense pas que M. Rouillan fasse l'apologie du terrorrisme


Pour la liberté d'expression, contre la torture carcérale



"Quand l'ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice" Romain Rolland/cité par Jean-Marc Rouillan "De mémoire(2)",editions Agone, Mémoires sociales


Toute parole d'un combattant de ce système pourri qui nous opprime peut être détournée,... Solidaritat !


Je suis pour la liberté d'expression, contre les oppresseurs


Un soutien total à Jean Marc Rouillan et une détermination plus grande encore à dénoncer et lutter contre les atteintes insupportables aux libertés publiques qui découlent de l'état d'urgence. A bas l'état policier.


Ras'l'bol


Interprétation de ce qu'il a dit et ensuite de ce qui a été écrit


Je refuse la lutte de classe menée actuellement par les puissants


On aimerait plus de gascon comme cela!! en sostien a Joan Marc e contra lo monopòli mediatic!!


"... Tolérer, c’est consentir qu’au nom de la liberté, en principe reconnue à tous, d’autres hommes pensent et agissent selon des principes que nous ne partageons pas ou avec lesquels nous sommes en désaccord..." Ne pas oublier que c'est un socle commun à préserver. Je me suis dernièrement prononcé assez clairement contre certains des propos de Jean Marc pour m'opposer à son enfermement au nom de ce principe


solidarité de classe !


Parce que l'arbre est trop mince pour cacher la forêt


 

Stop à l'acharnement


Je signe parce que la liberté n'a pas de prix


L'Etat Français et ses media essaieront toujours d'obtenir le reniement de son passé par Jean- Marc : vengeance de classer


Je suis Jean-Marc Rouillan


Solidarité avec Jean-Marc Rouillan


Poursuivre quelqu'un par rapport à une phrase sortie de son contexte Non merci !


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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 22:26

Théma Grève Générale - Rencontre avec JEAN-MARC ROUILLAN ce mercredi 13 avril 2016 à 20h au Kino. IL FAUT SAVOIR SE CONTENTER DE BEAUCOUP

 

Film subversif de Florent Verdet et Jean-Henri Meunier, France, 2016, 1h27, Théma Grève Générale - Rencontre avec JEAN-MARC ROUILLAN ce mercredi 13 avril 2016 à 20h au Kino. IL FAUT SAVOIR SE CONTENTER DE BEAUCOUPNum
Avec : Jean-Marc Rouillan, Noel Godin, Miss Ming...


Jean-Marc Rouillan et Noël Godin, plus connu sous le nom de l'entarteur, se désolent de l'être humain, souvent aigri, adepte du compromis et qui ne croit plus en lui-même ni en l'autre. Les deux amis veulent rencontrer des personnes résolument optimistes, fidèles à leurs idéaux, qui croient toujours au pouvoir d'indignation. Ensemble, ils prennent le volant d'une Cadillac, qu'ils ont bien eu du mal à trouver, et sillonnent les routes de France à la recherche de belles rencontres. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises...

"Le brûlot de Jean-Henri Meunier, docu-fiction hybride produit en dehors de tout système de financement institutionnel, est avant tout une très charmante balade buissonnière sur des chemins de traverse cabossés." (Positif)


Ce sera ce Mercredi 13.04 à 20h00 : En présence de Jean-Marc Rouillan et Miss Ming
Ce sera au Kino-Ciné
Université Lille 3
Rue du Barreau
59650 Villeneuve d'Ascq
Département du Nord
Métro Pont de bois

Source : http://www.kino-cine.com/C-6-Evenements 

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 17:37

Un texte à lire pour réfléchir et ... pouvoir agir

 

31 mars 2016  - Par Didier Martz - Blog : Le temps qu'il fait... dans les consciences

Poser la question au risque de se faire condamner pour apologie.

 

L'acte terroriste est-il courageux ?

 

Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action Directe, a déclaré qu'il trouvait les terroristes du 13 novembre « très courageux », parce que, dit-il, « 'ils se battent dans les rues de Paris, sachant qu'ils vont mourir. » Cette déclaration a provoqué l'ouverture d'une enquête pour « apologie du terrorisme ». Jean-Marc Rouillan est revenu ensuite sur ses propos en condamnant les terroristes et en comprenant la douleur des victimes.

 

Pour mémoire, Jean-Marc Rouillan fut le co-fondateur du groupe Action Directe. Il est condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans pour les assassinats du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse. Jean-Marc Rouillan est actuellement en liberté conditionnelle.

 

Question : l'acte terroriste est-il un acte courageux ? Moralement, non. Et comme nous savons depuis peu que réfléchir sur ce type d'actes, c'est d'une certaine manière les excuser voire les encourager et que de la réflexion, même philosophique, à l'apologie, il n'y a qu'un pas, nous serons donc très prudent.

 

Comme le dit André Comte-Sponville dans son « Petit traité des grandes vertus », le courage est une vertu partout admirée et attachée aux héros et à leurs actes. Il est moralement bon et est éthiquement valorisé. Seulement Voltaire rétorquera que « le courage n'est pas une vertu mais une qualité commune aux scélérats et aux grands hommes ». Si le courage est un trait psychologique qui permet de surmonter la peur, de prendre des risques, d'agir sans autre intérêt que celui de l'autre ou d'une cause, alors le courage peut être attribué à tous les hommes qui font montre de ces capacités.

 

Ce qui nous met dans l'embarras. En effet si on suit ce raisonnement, le SS Nazi ou le terroriste peuvent être qualifiés de courageux, ce qui moralement est insupportable. La logique d'une argumentation ne fait pas toujours bon ménage avec la conviction morale ! Alors qui jugera de la valeur de l'action si chacun prétend agir au nom du Bien, d'une bonne cause ou au service d'autrui ? Au nom de quoi pourra-t-on juger qu'un acte est courageux ?

 

Le résistant français agit pour le bien et se met au service des autres et de sa patrie mais il est un lâche terroriste pour l'occupant allemand contre lequel il agit. Et l'affaire se complique dès lors qu'on assimile l'acte terroriste à un acte de guerre. Depuis le 13 novembre nous sommes en guerre a-t-on déclaré. Mais une guerre se fait avec des soldats et un soldat, sauf acte répréhensible, n'a pas à être courageux ou lâche, il a juste à être soldat. Cela vaut-il pour les attentats du 13 novembre ? Sont-ce des attentats ? Ou des actes de guerre ?

 

Et dernière complication, un ex-directeur des Renseignements Généraux déclare que Abdellah Abdeslam qui n'a pas explosé comme ses « frères » est un lâche. Si l'on suit ce raisonnement, tous seraient moralement condamnables mais Abdellah Abdesslam y ajouterait la lâcheté, car il ne prend pas de risques alors que les autres y ajoutent le courage parce qu'ils vont mourir !!!

 

Réfléchir au terrorisme nous place sur un terrain instable où l’idéal et l’abjection morale se rencontrent nécessairement. Comme disait Albert Camus, réfléchir sur le terrorisme, c'est patauger. Aussi pour ne pas sombrer, reste à s'appuyer sur le jugement moral mais à la manière du Baron de Münchhausen qui tente de se sortir du marécage en se tirant par les cheveux. Ainsi va le monde !

 

Didier Martz, essayiste et philosophe

 

 le 21 mars 2016

 

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 00:16
Deux réactions sur le site Bellaciao à l'article de Laurent Cauwet (publié aussi sur notre blog), expressions de ce libre-exercice de la pensée auquel nous appelions.
 
 
Qui a peur de Jean-Marc Rouillan ?
2 avril 2016 - 20h00 - Posté par Cyclo 33 - 109.**.107.***

 

Bonne analyse.


C’est vrai qu’il va être de plus en plus difficile de se comporter librement. Participer au boycott BDS, par exemple, refuser le "Je suis Charlie" obligatoire, avec l’état d’urgence qui vise à empêcher toute opposition (type soutien aux zadistes), tout cela nous complique la vie.


Et, pendant ce temps, les plus pauvres sont de plus en plus discriminés : loyers trop élevés (et expulsions consécutives), précarité et chômage de masse, sdf de plus en plus nombreux ...


Mais le patron de PSA, lui, empoche les dividendes des licenciements nombreux ces dernières années.

Qui a peur de Jean-Marc Rouillan ?
2 avril 2016 - 20h41 - Posté par J. - 109.***.39.**
 

 

J’ai écouté Jean-Marc Rouillan qui ne s’est pas exprimé sur une approbation voire une justification quelconques de la lâcheté criminelle des fascistes de DAESH et de l’EI.


Jean-Marc Rouillan a appelé "courage" l’attitude et le geste déterminé ou désespéré de celui qui court au devant de sa propre mort, en réponse à un questionnement trop insistant.


Jean-Marc Rouillan est un écrivain et un poète d’une profonde sensibilité


Ce qu’il a dit m’a troublé, car ses paroles m’avaient semblé plutôt contenir une certaine forme de regret du domaine de l’intime, une réelle souffrance que l’on rencontre quand on le lit.

 

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 10:30
 DSC4905 1Il se loge au cœur de la matrice du capitalisme, et pourtant il est invisible. Le secteur de la logistique, c'est un peu la plaque tournante de la société marchande. Sur la zone de Delta 3, un site bâti sur les décombres industriels du bassin minier, la famille Mulliez et ses petits camarades de classe s'échangent de la main d’œuvre précaire pour satisfaire les exigences du « e-business ». Et c'est pas beau à voir.
 
 
On y arrive par l'A1, et on a vite fait de se perdre dans le dédale des vastes entrepôts qui constituent le cœur de la zone. Delta 3, l'immense plate-forme logistique située en bordure de Dourges, au nord de Douai, est laide et sans âme. Et pourtant : elle ravit la presse des bonnes nouvelles, et fait le bonheur des grosses boîtes du coin. Ce conglomérat d'entreprises emploie autour de 1500 salariés – pas rien dans un contexte de chômage de masse. Mais l'essentiel se joue ailleurs. « La logistique, c'est le back office de l'économie », explique Laurent Despretz. Au salon du Commerce connecté, à Lille Grand Palais, le Directeur Général d'Euralogistic nous vante les coulisses d'un secteur qui emploie plus de 40 000 personnes sur la région. Le type, qui pilote une partie des activités du site, se sent une vocation : « Ma mission est de faire du Nord-Pas-de-Calais la première zone logistique de France ». Il faut le prendre au sérieux : parce que c'est tout un programme.

Capitalisme en friche

Petit retour en arrière, début des années 1990 – « la préhistoire », comme dit Desprez : à Dourges, on comble les derniers puits, on dézingue tout le matos d'extraction. Les mines de charbon, c'est fini, et c'est toute la production industrielle de la région qui tire la gueule. Mais le capitalisme, lui, se porte bien – merci. Certains ont pisté très tôt le nouveau filon : la grande distribution et ses marges hallucinantes. Finies les activités de production, l'avenir, c'est l'optimisation des flux qui goinfrent en marchandises toutes les grandes surfaces du coin et d'ailleurs. Pendant ce temps-là, à Lille, la gare de marchandises de Saint-Sauveur arrive à saturation. Trop proche du centre-ville, trop enclavée, elle ne peut plus emmagasiner le flux de cametars nécessaires au renouvellement journalier de la société de consommation. Au début des années 2000, le Conseil Régional, Lille Métropole et les communautés d'agglo décident alors de « benchmarker » plusieurs sites alentours pour trouver le site idéal. Et c'est l'ancien carreau minier de Dourges qui rafle la mise.
 
Delta 3, c'est aujourd'hui « le plus bel exemple de plate-forme logistique en France », fanfaronne Desprez. Et, d'un certain point de vue, c'est exactement ça : une énorme balafre esthétique, écologique, humaine et sociale, que récompensent des « prix de l'innovation »1. Le site, lancé en 2003 avec l'aval de tous les élus du coin, cumule pour le moment plus de 300 000 m² d'entrepôts, et prévoit bientôt de doubler de surface. Sur place, des grosses boîtes appartenant souvent à la famille Mulliez et connectées aux marchés européens : DHL, Leroy Merlin, Oxybul, Décathlon, etc. Le site se gargarise de ses avantages comparatifs : un coût du foncier tassé par les élu.es pour attirer les investisseurs et faire la nique aux agglos voisines, et une plate-forme « tri-modale » qui permet d'optimiser les flux marchands. Camions, bateaux, chemin de fer : tout passe par Delta 3. La presse économique locale et nationale décrit régulièrement le site comme un « eldorado »... un « eldorado » peuplé de contrats précaires, et sinistre à en crever.
 
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Stériles terrils

Des « terrils relookés », une « très grande intégration du site dans le paysage » : face à la caméra muette de Grand Lille TV, Dominique Drapier, le responsable de la communication du site, déballe son laïus préformaté. Mais il n'y a rien à faire. Quelques arbres maigrelets et  quelques merdes de lapin : voilà pour les « terrils relookés », et tant pis pour le patrimoine de l'Unesco. Une zone cernée par l'autoroute, ravinée par des tas de poussière de charbon et striée par de longs murs de taule supportera de toute façon toujours assez mal les jolies comptines. Le dossier-presse préparé par le site le concède lui-même : le réenchantement écologique du site a du méthane dans la bouche. « Afin de prévenir tout risque pour la santé des travailleurs et pour les futurs utilisateurs de la plate-forme, (…) une méthode de dépollution [a permis] à Charbonnages de France de procéder à toutes les dépollutions nécessaires, mais seulement à celles-là ». Au moins, le message est plus clair que les eaux du coin.
 
Les porte-voix de la propagande du site ont bien une autre palette d'arguments. Combiner la route, le fret et les voies navigables, « c'est faire du transport écologique », claironnait par exemple Desprez pendant l'interview. Le même venait pourtant d'admettre qu' « arrêter les camions », l'un des objectifs vaguement affichés de la plate-forme, s'était vite « avéré illusoire ». Et de préciser : « Changer de modes de transport entraîne des coûts trop importants, c'est pas intéressant. Quoiqu'on en pense, le camion sera toujours le transport dominant ». À l'heure où il n'y a jamais eu autant de cametars sur la zone, le site est pourtant présenté comme une innovation écolo : relancé sur ce qui ressemble à une aberration mensongère, le type l'avait finalement joué franco. « Supposons que vous êtes attachés à l'environnement, bon, c'est important, c'est vrai. Le problème, c'est que vous avez très envie de commander un produit sur internet, ou bien chez Chronodrive, et de l'avoir le plus rapidement possible. Eh bien, la logistique ça sert à ça : à répondre aux besoins de l'économie ». CQFD.
 
Il faut dire que, en matière de « besoins de l'économie », Delta 3 est à la pointe : « Régulièrement on reçoit des colis de Chine. Et puis ben... on les réexpédie en Chine. Ou bien des trucs qui viennent de République Tchèque, et qu'on rebalance en Pologne ». C'est ce que nous raconte, sourire en coin, Thomas*, magasinier chez Décathlon. C'est que le site sert à ça : à pulser les stratégies complètement délirantes des grands groupes internationalisés. Les entrepôts de Décat' ou Leroy Merlin réceptionnent les colis bouclés par des fournisseurs éparpillés à des dizaines de milliers de kilomètres, et les renvoient dans les magasins des deux groupes... à des dizaines de milliers de kilomètres. Les Mulliez, un groupe « couleur locale ».
 
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Plein le dos de « l'eldorado »

 
D'un côté, la com' et ses dépliants ; de l'autre, le salariat et ses dos pliés. Depuis quelques années, le « e-business » a complètement réorganisé les process de travail. Parce que personne ne peut connaître à l'avance l'évolution des flux de commandes, les entreprises carburent à l'intérim et, de plus en plus, au travail de nuit. Actuellement, Leroy Merlin compte plus d'une centaine d'intérimaires pour 185 salariés. Une équipe « cross web » prépare entre 180 et 400 commandes personnalisées par jour. « Les gens, ils achètent des trucs de dingue sur internet, des portes, des trucs super volumineux », rapporte Michel, un cariste qui bosse pour la firme. La boîte fait essentiellement transiter du matériau lourd : un préparateur transporte une moyenne de sept tonnes de carrelage par jour. Alors l'injonction à la e-productivité se paye physiquement. « Le classique ici, c'est les lumbagos et les sciatiques », précise Michel. « Et quand t'as été touché une fois au dos, t'es plus vulnérable pour la suite ».
 
Alors oui, les entrepôts du coin ne se sont pas encore alignés sur les standards esclavagistes d'Amazon. « Disons qu'on travaille pas avec un flingue sur la tempe », témoigne Thomas, de chez Décat'. Reste que les salaires sont calculés de manière à gonfler les bénéfices annuels des patrons. Le revenu fixe est volontairement faible (le SMIC ou à peine plus), pour pouvoir mieux agiter la carotte de la « prime à la prod' » : si vous dépassez la productivité prescrite, vous pourrez peut-être espérer une prime au trimestre. « C'est la politique classique des Mulliez, ils font comme ça partout. On rigole avec ça : un mois tu bouffes des pâtes, le mois suivant tu peux ajouter un steak », rapporte Thomas. La flexibilité, jusque dans les salaires.

« L'entrepôt est intelligent »

« Vous savez, les entrepôts, c'est des usines en fait : il y a de la traçabilité, des étiquettes, des contrôles ». Le constat de Desprez s'applique aux marchandises. Il vaut aussi pour les hommes. Le site est quadrillé par des compagnies de sécurité privée ; il est bardé de caméras, de portiques et de pointeuses à badger. Il ne faudrait pas que les salariés prennent de mauvaises habitudes – ou plutôt qu'ils en sortent : « Ils reçoivent les ordres dans l'oreillette ou sur une tablette fixée sur l'avant-bras », poursuit le DG. Qui embraye, d'un ton exalté : « Quand la voix donne la commande, il faut répondre au micro ''OK''. Quand un voyant s'allume, on doit aller dans tel rayon chercher tel colis, et l'emmener à tel endroit en suivant les consignes de la voix. »  À Leroy Merlin, la direction a pourtant dû faire machine arrière : « On aimait pas ça. On te disait fais-ci, fais-ça : on te commandait », se rappelle un salarié. « L'entrepôt est intelligent » : le DG, lui, est tout excité.

Fatigue physique, contrats de merde, salaires au rabais, activité robotisée, surveillance permanente : côté entrepôts, voilà comment tourne le quotidien des salariés de « l'eldorado ». Reste à voir ce qu'il se passe côté transports. « Ça fait douze ans que je suis routier, mais j'en peux plus. T'es pris pour un pion. Tu débarques à 8h le matin parce qu'on t'a dit 8h. Sauf que des fois on te décharge à 13h ; entre-temps, tu t'ennuies comme un rat », détaille Pascal, un chauffeur rencontré sur place. Jean, routier et fils de routier, a lui aussi de la rage à revendre : « T'es pris entre le marteau et l'enclume : t'as des horaires de fou, mais tu dois faire tes heures pour payer ton crédit ». Le secteur n'offre que des salaires minables. « Quand tu fais le calcul et que t'enlèves les heures de repos que tu brûles pour rattraper ton retard, ou celles que tu passes à décharger toi-même ton camion pour gagner du temps, t'es à 5 euros de l'heure ». Un demi SMIC. « Chauffeur routier, c'est un monde ardu, mais tout le monde s'en fout », conclut Pascal. Il reprend une formation ; mais pour passer de l'autre côté, à l'entrepôt.
 
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Les fils de mineurs toujours au charbon

 
Les différents employeurs sont allés jusqu'à organiser sur place leurs besoins en main d’œuvre. Euralogistic – la cousine d'Euratechnologies et d'Eurasanté –, le Pôle emploi d'Hénin-Beaumont et la Mission Locale de l'agglo d'Hénin Carvin ont directement installé des locaux dédiés sur la zone. Le principe : « Repérer des publics pour les amener vers les entreprises », raconte une conseillère de Pôle emploi. Euralogistic et ses partenaires optimisent le recyclage de la misère du bassin minier – Cambrai, Noeux-les-mines, Hénin-Beaumont etc. – pour alimenter les objectifs actionnariaux des entreprises du cru. « On répond aux demandes des entreprises. S'il y en a une qui a besoin d'ouvriers logistiques, on s'en occupe », explicite Desprez. Et, effectivement, ils s'en occupent.

Alors qu'on se fume une clope devant le bâtiment Euralogistic, un responsable du Groupement d'employeurs logistiques (GEL), chargé de drainer et de former du personnel pour les métiers du transport, discute avec un homme lui tendant timidement sa lettre de motivation. « C'est pour quoi, Paris ou la région ? » interroge l'employeur d'un air pressé. « Heu.. la région... enfin non je sais pas, les deux, n'importe où », hésite le demandeur d'emploi. « Ah, il faut savoir, parce que vous savez j'en envoie moi, des Ch'tis à Paris ! », s'esclaffe l'autre. Voler la vie des gens en prenant des airs de Père Noël : on est comme ça, à Delta 3.
 
Bernard, un salarié d'un des grands entrepôts de la zone, est dans la logistique depuis un bail. Comme beaucoup d'autres dans la boîte, son père était mineur. Mais la mémoire des luttes d'hier s'est éclatée dans les mille catégories de la case chômage : « Mon papa il a fait du syndicat, et à l'époque ils étaient tous solidaires. Aujourd'hui, avec tout ce qu'on voit, les gens ont peur d'aller au combat. Moi-même, je sais même pas si j'oserais faire grève ». Bernard est pourtant délégué syndical. Depuis plus d'une demi-douzaine d'années, ni Décathlon ni Leroy Merlin n'ont jamais connu un seul préavis. Bernard ne parle pas de « camarades », ni même de « collègues » : il évoque des « collaborateurs ». La langue euphémisée des supply chain managers fait merveille.
 
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« Le sang de l'entreprise »

 
Un salarié le fait d'ailleurs remarquer : « Les managers, quand ils voient que t'es pas à fond, ils te disent comme ça, l'air de rien : ''t'es pas intégré, c'est pas comme tes collègues ; tu joues pas le jeu de l'entreprise, etc.'' C'est jamais dit clairement, c'est toujours en sous-marin, mais c'est une façon de dire : ''si t'y vas pas à fond, t'auras pas ton contrat fixe'' ». Si les salariés doivent travailler au pas, c'est que la logistique est une affaire sérieuse. D'après Desprez lui-même, « la logistique remonte à Alexandre Le Grand : à l'époque, il s'agissait d'approvisionner les troupes en munition ». Et oui : l'histoire du secteur est d'abord celle... d'une discipline militaire.
 
Sur fond de compétition mondialisée, la matrice guerrière de la logistique s'est dopée aux méthodes de management tout droit importées des usines Toyota. « Au début, on nous avait aménagé des séances, comprises dans le temps de travail, d'étirement des cervicales, des poignets, des bras », raconte Philippe. Dans un souci d'optimisation de la productivité des salariés, et dans un secteur où les accidents du travail sont parfois supérieurs à ceux qu'on trouve dans le BTP2, les directions cherchent à ménager un minimum la main d'oeuvre. Elles ont baptisé ça d'un oxymore, le BEAT, comme « bien-être au travail » C'est que, comme le disait un peu plus crûment Desprez : « La logistique, c'est le sang de l'entreprise ».
 
Mais la baudruche est dégonflée. « Aujourd'hui les gens ne font plus vraiment cet échauffement. De toute façon, quand t'es cariste et que tu dois descendre du chariot pour bouger une palette, l'échauffement du matin il te sert plus à rien », rapporte Philippe.  D'autant que personne ne croit vraiment à ce qu'il fait. « La direction de Leroy Merlin est persuadée qu'on a le sang vert, comme le logo ; mais nous on vient travailler, on fait notre beurre et on rentre », ajuste un salarié. Thomas, de chez Décathlon, ne dit pas autre chose : « Ils pensent qu'on pisse bleu. Les responsables nous disent : ''si tu restes, c'est que t'es content de ton sort''. Mais tu restes pas par passion, tu restes parce que t'es embauché. Y'a personne qui veut soulever des cartons toute sa vie ». En avril dernier, Euralogistic organisait un « challenge » entre salariés des différentes boîtes pour assurer la promotion des activités du site. Pour l'occasion, Laurent Desprez avait encore gazouillé dans les colonnes de La Voix : « Les salariés se mesureront entre eux. Ça promet et surtout, c’est fait pour donner envie aux gens d’intégrer les filières de la logistique ». Et d'expliquer, sans ciller : « L’idée de base, c'est de montrer toute la noblesse des métiers de la logistique ».
 
L'enfer, c'est les zones.
 
 
Texte : Diolto - Photos : Antoine Bruy
 
 
* Tous les prénoms ont été changés
1. Remis en 2003 par un « jury de professionnels » pour récompenser le transport combiné, et des entrepôts « dernière génération ».
2. Voir ce papier édifiant : « La chimère de l'usine sans ouvrier occulte la réalité du travail », Revue Z n°9.

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Lien de l'article : http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/742-delta-3-dans-l-enfer-du-capitalisme-logistique

26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 19:47
« La grève de la faim est finie – la lutte continue.  Déclaration des grévistes de la faim iraniens de Calais – 25 mars 2016

« La grève de la faim est finie – la lutte continue

Déclaration des grévistes de la faim dans « La Jungle » de Calais – 25 mars 2016

https://calaishungerstrike2016blog.wordpress.com/2016/03/25/452/

 

Nous voudrions renouveler nos profondes condoléances aux habitants de Bruxelles et à toutes les victimes des attentats de mardi.

 

C’est la même violence et la même terreur que fuient tant d’habitants de La Jungle. Nous devons rester ensemble, unis comme humanité, contre la violence sous toutes ses formes.

 

Au cours des nombreux mois que nous avons passés dans La Jungle, nous avons enduré de vivre dans des conditions sordides et crasseuses. Nous avons tous été soumis à une violence racist habituelle et systématique dans les mains de nationalistes, de fascistes, et de la police française. Cette expérience de violence est commune à tous les habitants de La Jungle et se produit de manière quasi quotidienne. Pour beaucoup, y compris de très jeunes réfugiés non accompagnés, cette violence est simplement devenue la norme.

 

Malgré les conditions terribles dans lesquelles nous nous sommes trouvés vivre, aucune alternative concrète et humaine ne nous a été offerte. La dispersion des réfugiés à travers la France dans des centres souvent inhabitables, et la procédure longue et complexe de demande d’asile, laissent beaucoup effrayés, désespérés, et les fait revenir dans La Jungle.

 

Le 29 février, l’État français a commencé leur expulsion de la partie sud de La Jungle. Le niveau de violence était indescriptible. Nous Iraniens étions dans la première section à démolir. En violation de leurs promesses et des décisions de justice, les autorités ont détruit nos abris, nous ont battus, nous ont étouffés avec des gaz lacrymogènes et ont tiré sur nous avec des balles de caoutchouc. Nous n’avions reçu aucun avertissement et aucun interprète pour nous aider à comprendre ce qui se passait. Nous n’avons pas eu le temps d’emballer nos quelques effets personnels, nous avons tout perdu, sauf les vêtements que nous avions sur le dos. Il est devenu clair pour nous que les problèmes des réfugiés en France, particulièrement dans la Jungle de Calais, avaient été censurés et que nous avions tous été présentés comme des terroristes et des fauteurs de troubles.

 

Notre décision de commencer une grève de la faim et de coudre nos lèvres pour protester contre le traitement inhumain des réfugiés et demandeurs d’asile a été bien réfléchie. Notre décision n’était pas basée sur la colère, mais prise pour des raisons claires.

 

Dès le premier jour nous avons demandé :

– un changement fondamental de l’approche politique et sociale du traitement des réfugiés en France.

– la fin de la destruction violente et illégale des habitations dans La Jungle sans alternative réelle, humaine et adéquate offerte pour héberger et protéger les réfugiés.

– la fin des violences policières et fascistes.

 

En outre, pour faire clairement comprendre la gravité des problèmes des personnes vivant dans La Jungle nous avions demandé la visite immédiate d’un représentant des Nations Unies pour évaluer la situation.

 

Nous avons aussi demandé que des représentants des gouvernements français et britanniques soient basés dans La Jungle pour identifier, distinguer et traiter les cas des personnes ayant une possibilité de réunification familiale ou de demande d’asile au Royaume-uni. Nous pensons que c’est un sujet qui relève de la responsabilité partagée de la France et du Royaume-uni.

 

Après seize jours de grève de la faim, un représentant du gouvernement est entré en négociation avec nous pour résoudre les problèmes des réfugiés dans La Jungle. Nous avons présenté chacun des problèmes rencontrés par les réfugiés. Après cinq réunions, nous n’avons rien reçu que des réponses standard, sans plan définitif mis en avant pour changer ou reconsidérer les politiques publiques concernant le traitement des réfugiés.

 

Les propositions mises en avant par l’État ne contenaient que les étapes pratiques qui auraient dues être mises en œuvre depuis longtemps pour assurer des conditions de vie humaines dans La Jungle. Leurs projets pour la partie nord auraient dus être en place depuis le début pour l’entièreté du camp. C’est à cause de la négligence continuelle de l’État que nous nous sommes retrouvés dans la situation présente.

 

Nous considérons comme une victoire que le gouvernement français ait été forcé d’abandonner la destruction de la partie nord du camp et à la place de commencer le processus d’amélioration des conditions de vie, y compris la sécurité, les services médicaux, les services juridiques, l’assistance aux groupes vulnérables, y compris les mineurs, une eau propre et des routes goudronnées pour permettre l’accès des services d’urgence à l’intérieur du camp.

 

Nous avons rencontré aussi des représentants du HCR et du Défenseur des Droits, qui ont assuré qu’ils allaient publier un rapport sur les conditions dans La Jungle. Nous acceptons leurs assurances qu’ils vont agir de manière appropriée pour sauvegarder nos droits humains.

 

Notre but était de faire prendre conscience des problèmes des demandeurs d’asile dans La Jungle. Nous voulions raconter au monde ce qui se passait ici et nous avons réussi. Nous avons reçu des messages de solidarité du monde entier et nous en sommes très reconnaissants. Nous voulons remercier ceux qui nous ont soutenus, en particulier ceux en France et au Royaume-uni qui ont été à nos côtés au long de notre lutte. Nous voudrions aussi étendre notre gratitude au maire de Grande-Synthe pour avoir créé un environnement sûr et humain pour les réfugiés de cet endroit.

 

Nous avons décidé d’arrêter notre grève de la faim non comme une réponse directe aux négociations avec l’État français mais par respect pour ceux qui nous soutenaient, qui avaient un réel souci pour notre bien-être, et comme un geste de confiance que l’État tienne ses engagements limités de protéger et d’améliorer les conditions des habitants du nord de La Jungle.

 

Il y a encore beaucoup de travail à faire et ce n’est pas la fin de la lutte pour les droits de l’homme des réfugiés et des demandeurs d’asile à travers l’Europe. Nous vous invitons tous à vous tenir avec nous, unis en humanité. »

 

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/03/26/fin-de-la-greve-de-la-faim-le-message-des-neuf-iraniens/

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 22:44
Déclaration de Georges Abdallah pour le meeting du 19 mars 2016 à Paris.
 

Cher«e»s Camarades, Cher«e»s ami«e»s,

 

Vous savoir réunis ce soir, dans la diversité de votre engagement, me remplit de force et d’enthousiasme et me réchauffe le cœur.

 

Ce ne sont pas que des mots de convenance ou de civilité. Voyez-vous Camarades, quand on est derrière ces abominables murs depuis plusieurs décennies, les mots prononcés à ce propos en pareilles circonstances, sont autrement plus chargés que d’ordinaire.

 

En effet, j’ai suivi avec beaucoup d’attention et d’émotion aussi, les diverses initiatives que vous avez su développer ces derniers temps. Certainement, coordonner la mobilisation des diverses structures de solidarité n’est pas toujours facile à mettre en œuvre. Il n’empêche que le regain de tensions sociales dans le pays et la mobilisation significative en cours de la jeunesse et des syndicats favorisent d’une manière ou d’une autre l’émergence et l’affirmation d’une ambiance globale de lutte, généralement propice aux échanges d’idées et d’expériences locales, et par là même, enrichissent toute l’activité antagoniste face aux expressions de la contre-révolution préventive. Tout naturellement une telle ambiance de lutte ravive la mémoire collective quant au patrimoine national et international des luttes des masses populaires et des innombrables expériences révolutionnaires fort utiles pour la victoire…

 

Camarades, j’ai souvent souligné, sous peine de me répéter, que « ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers » et que « ce n’est qu’ensemble et seulement ensemble que nous vaincrons ».

 

De nos jours nous vivons tous sous l’hégémonie du capital mondialisé. Aucun pays n’échappe complètement au mécanisme destructeur de cette hégémonie. Certainement nous ne la subissons pas de la même façon, que l’on soit à Paris ou au Caire, à Londres ou à Alger, à Moscou ou à Damas. Il n’empêche, c’est toujours en fonction de cette hégémonie que se déploie et se développe la stratification de la classe et donc la dynamique propre à la lutte des classes réellement existante. Et cela, aussi bien au niveau régional qu’au niveau mondial, dans la mesure où les stratégies des divers pôles impérialistes sont d’emblée proposées à cette échelle. Tout naturellement il y a lieu de constater que le centre de gravité de la classe ouvrière s’est déplacé des centres de ce système impérialiste mondialisé vers ses périphéries. Certainement ce n’est pas le lieu ni le moment pour développer cette approche, mais c’est dans le cadre de celle-ci que j’inscris les deux citations susmentionnées. Et c’est justement dans ce même cadre que les masses populaires (prolétaires et autres précarisés) des quartiers populaires des métropoles impérialistes occupent une place d’une importance particulière. En quelque sorte, elles constituent le vecteur de classe qui est appelé à jouer le trait d’union entre les deux bords de la Méditerranée…

 

Certainement il y a place pour d’autres futurs que la soumission aux diktats impérialistes, dont on voit, à longueur de journées, les conséquences néfastes de leur mise en œuvre sous forme de destructions de villes entières et de dépeçage des États quelque peu contestataires, avec les cortèges de morts, de déplacés et autres migrants.

 

Camarades, la Palestine ces jours-ci compte au quotidien son quota de jeunes martyrs. La Résistance continue et certainement elle continuera aussi longtemps que l’occupation durera. Tout naturellement les masses populaires palestiniennes peuvent compter plus que jamais sur votre solidarité active. Bien entendu, elles n’ignorent nullement la position des impérialistes français, qui cherchent par tous les moyens à apporter leur soutien à l’entité sioniste.

 

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et sa prometteuse Intifada !

 

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la jeunesse libanaise en lutte !

 

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveurs des masses populaires kurdes et de ses valeureux combattants !

 

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, aux Philippines et ailleurs de par le monde !

 

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à toutes celles et ceux qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !

 

Ensemble Camarades, ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

 

À vous tous Camarades et ami«e»s mes plus chaleureuses salutations.

 

Votre Camarade Georges Abdallah

 

19 mars 2016

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 20:48
Retour sur le meeting pour la libération de Georges Abdallah du 19 mars 2016.
 

Une salle comble ( plus de 200 personnes), ce samedi 19 mars au CICP, pour exprimer sa solidarité avec notre camarade Georges Abdallah et exiger avec force sa libération.

 

Au programme :

 

- un chant révolutionnaire palestinien par Mohamed Bahr, chanteur engagé tunisien.

 

- lecture de la déclaration d'ouverture : présentation de la campagne unitaire.

 

- liaison par skype avec les Rencontres inter-sections du FUIQP à Grenoble.

 

- présentation de Georges Abdallah et de son combat.

 

- déclaration de Georges Abdallah.

 

- intervention de Khaled Barakat représentant de la Campagne pour la libération de Ahmad Sa'adat.

 

- intervention de Kristian Bailey Davis, journaliste indépendant, militant de Black4Palestine présenté par Génération Palestine.

 

- lecture de trois poèmes en arabe par Kamel (Voie du 17 décembre)

 

- lecture d'une déclaration de Leïla Khaled pour Georges Abdallah d'octobre 2015.

 

- interventions des groupes de soutien présents : SRI de Belgique, un camarade représentant le CSRP et les groupes de soutien du Nord Pas-de-Calais (Bassin minier, Libérez-les !), le CRI rouge, le PCM, EuroPalestine, OCML-Voie Prolétarienne.

 

- déclaration de la Plateforme pour la défense des prisonniers politiques en Turquie et au Kurdistan lue par Recep.

 

- intervention de la salle.

 

- l'Internationale chantée en arabe et en français.

 

- annonce du programme de la Campagne unitaire nationale 2016.

 

☞ Autres comptes-rendus ici, , et .

 

Plus de photos.

 
Retour sur le meeting pour la libération de Georges Abdallah du 19 mars 2016.
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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2