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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

       SONJA SUDER EST LIBRE         Procès C. Gauger, S. Suder: Une page pour s'informer 

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:46
Maspéro. Lire le commentaire: "Oui, la librairie 'la joie de lire' était un lieu de débats, d’échanges entre révolutionnaires de tous les pays du monde."

Un commentaire sur bellaciao de notre article :

Nous ne rendrons jamais assez hommage à François Maspéro. C'était la fin des années 60, le début des années 70. Le fond de l'air était rouge, et Maspéro était l'éditeur de nos combats, de nos réflexions, de nos rêves ...

16 avril 2015 - 10h13 - Posté par 90.**.147.***

Oui, la librairie "La joie de lire" était un lieu de débats, d’échanges entre révolutionnaires de tous les pays du monde.

Et que de textes, témoignages du passé ou du présent, analyses politiques de tous les pays du monde. Cet éditeur a publié aux risques de nombreuses censures.

Merci pour son travail, pour ses contributions anti-impérialistes, pour sa personnalité abordable et sympathique, pour ses écrits personnels si poignants de sincérité.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 21:54
Merci Joséphine. Action "La dette de la BCE reste à payer"

Message du CIP-IDF

Aujourd'hui (pour ceux qui ne seraient pas sur twitter ou sur FB où l'image passe en boucle), une militante allemande, Josephine Witt, a interrompu la conférence de presse de Mario Draghi, a sauté sur la table et lui a balancé des confetti et ce texte contre le chantage de la dette aux cris de "End the ECB Dictatorship !".

"Nos vies nous appartiennent -
et face à la démonstration de puissance de la police monétaire de la BCE
on a dû mal à s'en rappeler parfois.
Nos vie nous appartiennent -
Et elles ne sont pas des jetons sur la table de jeu de la BCE,
Elles ne sont pas là pour jouer avec, elles ne sont pas à vendre, ni destinées à être détruites.
Nos vies nous appartiennent !
Sera le cri de ceux qui feront face à la répression,
Quand nous commencerons à voir notre pauvreté non comme une défaite personnelle
Ou un destin impossible à changer.

BCE,
Maître de l'univers,
Je suis venu te rappeler qu'il n'y a pas de dieu,
mais qu'il y a des gens, derrière ces vies
(...)
Aujourd'hui je ne suis qu'un papillon t'envoyant une phrase, mais tremble - plus viendront.
Nous reprendrons le pouvoir sur nos vies.
La dette de la BCE reste à payer. "

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 20:00
Nous ne rendrons jamais assez hommage à François Maspéro. C'était la fin des années 60, le début des années 70. Le fond de l'air était rouge, et Maspéro était l'éditeur de nos combats, de nos réflexions, de nos rêves ...

C'était la fin des années 60, le début des années 70. Le fond de l'air était rouge, et Maspéro était l'éditeur de nos combats, de nos réflexions, de nos rêves. Nous ne lui rendrons jamais suffisamment hommage.

linter, le 13 avril 2015

_____________________________________________________________________________

On lui doit une maison d’édition qui osa publier la revue « Tricontinental "et Frantz Fanon, et bien d’autres auteurs qu’il faudrait relire et dont la liste serait trop longue ici des « Cahiers « à la « Petite collection maspéro ».

Aujourd’hui le stock appartient à une filiale de Vivendi….La Découverte, triste fin.

François Maspéro a tenu bon, malgré la répression, les poursuites, la maladie, les trahisons, les dettes, le pillage de sa librairie,

Il a rebondi comme auteur nous donnant le magnifique « St Arnaud » une des meilleures études sur les premières années de la colonisation de l’Algérie

J’ai eu la chance de le côtoyer comme membre du collectif éditorial des éditions Trikont à Munich au début des années 70, où j’assurai le suivi et l’achat des droits étrangers, puis en 1977 , au moment de la publication des textes de la RAF, et de Klaus Croissant, années difficiles, mais François Maspéro malgré les pressions à pu éditer ces textes.

Je me souviens de sa voix douce et réfléchie de son calme dans la tourmente, un grand Monsieur, un camarade qui n’a rien laché.

D'un camarade

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 17:27
En hommage aux formidables grévistes de la radio publique

Petit dessin pour grande grève

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 17:15
Une députée du FPLP arrêtée.

Ma’an News, jeudi 2 avril 2015

Ramallah - les forces d’occupation israéliennes ont arrêté, très tôt ce matin, la députée Khalida Jarrar, membre du Bureau politique du Front Populaire, après avoir encerclé et fait sauter la porte de sa maison située dans la ville d’Al-Bireh.

Selon Yafa, la fille de la députée Jarrar, plusieurs forces de l’armée israélienne ont fait irruption dans le domicile familial vers environ trois heures du matin, ils ont fouillé, renversé et saccagé tous les effets de la maison puis arrêté sa mère en emportant avec eux deux ordinateurs et le téléphone portable de sa maman en disant qu’elle était en état d’arrestation.

Le président du "Club des prisonniers" Qadura Fares considère que l’arrestation de la députée Khalida Jarrar est un acte de vengeance et une réponse à la décision de la députée d’ignorer l’ordre de son expulsion à Jéricho qui lui a été signifié par le juge de l’armée israélienne il y a plusieurs mois.

En effet la députée Khalida Jarrar avait fait l’objet d’un ordre d’expulsion par les autorités d’occupation israéliennes de son domicile situé à Al-Bireh à la ville de Jéricho en Septembre dernier mais Khalida ne s’y est pas conformée. Au contraire en forme de protestation, elle a installé une tente face au conseil législatif palestinien à Ramallah pour y travailler. Très vite et face à une forte solidarité locale et internationale, les autorités israéliennes ont retiré l’ordre en question environ deux mois après.

Khalida Jarrar est une femme très active, en plus d’être membre du Bureau politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) et députée au Conseil législatif palestinien, elle préside le Comité des Prisonniers dans le Conseil législatif et elle est membre très active dans les comités des femmes palestiniennes.

Traduction : Moncef Chahed
Groupe de Travail Priso
nniers

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:34

Georges Abdallah Solidarité

A lire sur liberonsgeorges

"Tout au long de ces années passées, la mobilisation des uns et des autres et les multiples initiatives que vous avez su développer, non seulement ont participé efficacement à démasquer l'acharnement judiciaire dont font l'objet les prisonniers politiques, mais aussi et surtout, ont fortifié et conforté toujours plus la détermination et la résolution de ces derniers."

Georges Abdallah - Janvier 2014.

Marseille : Compte-rendu du meeting du 21 mars par le collectif PACA.

Bordeaux : Malgré la demande d'interdiction de la tournée de conférences de Farid Esack, président de BDS-Afrique du Sud, par l'Union des étudiants juifs de France, à l’Université Paris-1 Sorbonne, Toulouse Le Mirail et Sciences Po Bordeaux, la conférence a pu se dérouler à Bordeaux (contrairement à Paris et à Toulouse) sans trop de perturbations et avec de multiples recommandations du président de l'Université...

 

Pau : Paru dans le bulletin Solidarité Palestine n°15 de l'AFPS-Pau.

(...) Pourquoi le ministère de l'Intérieur ne publie-t-il pas un arrêté d'expulsion si ce n'est pour continuer à faire payer à Georges Ibrahim Abdallah son opposition à la politique israélienne dans la région, sa solidarité avec le peuple palestinien, sa défense du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? Cette décision est politique et elle complaît à Israël. Elle survient alors qu'Israël et ses dirigeants ne sont toujours pas inquiétés pour les crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés en 2009, 2012 et 2014 dans la bande de Gaza où des milliers de personnes ont été massacrées. (...)

Toulouse : rassemblement du 30 mars, commémoration de la Journée de la Terre, solidarité avec les Palestiniens, solidarité avec Georges Abdallah. Lire ici.

 

Tunisie : Du 28 au 30 mars, sur l'initiative du Comité de solidarité tunisien pour la libération de Georges Abdallah, table de presse durant le forum social de Tunis avec informations sur la situation de Georges Abdallah, affichages sur le parcours de l'aéroport lors de la venue de F. Hollande à Tunis, rassemblement devant l'ambassade de France et manifestation pour la Journée de la Terre. Retrouver articles et photos sur la page facebook du Comité.

 

Maroc : Pour la Journée de la Terre le 30 mars à Casablanca, solidarité visible avec Georges Abdallah et Ahmad Saadat. Photos sur facebook ici.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 23:42
Collage Joëlle Aubron

Collage Joëlle Aubron

Information du collectif

Alors que les nouvelles concernant sa santé étaient plutôt rassurantes (nos dernières infos), nos amis américains viennent de nous faire savoir qu'il venait d'être transféré en début d'après-midi (19h - heure de Paris) en unité de soins intensifs au centre médical Schuylkill de Pottsville (ville proche de la prison de Frackville).

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 00:03
Impressionnant. Blockupy. La BCE inaugurée par une poignée d'invités dans une ville assiégée. Actions de blocage et manifestation déterminées de plusieurs milliers de personnes au coude à coude ...

Le bâtiment de la BCE inauguré hier, "offre à la BCE un nouveau siège impressionnant pour accomplir sa mission", selon les mots de Draghi devant un parterre réduit au strict minimum d'invités, dans une forteresse assiégée, protégée par des milliers de policiers.

Impressionnant, oui! Le prix de ce bâtiment: 1,3 milliard d'euros. L'obscénité de ces tours qui doivent dominer les villes comme autant de symboles du pouvoir économique et de l' éloignement des populations

Impressionnant, oui! Le siège: comme à Strasbourg, les ponts sont bloqués, l'espace est inaccessible, les barbelés, les troupes policières, les camions à eau rapatriés de toute l'Allemagne, les bus encerclés dès leur arrivée.

Mais,

Impressionnant oui! le blocage voulu par les militants et réalisé de fait par les flics. La BCE est en état de siège.

Impressionnant oui! l Le décalage absolu entre cette maigre cohorte d'invités surprotégés, cette inauguration en catimini et l'engagement déterminé de milliers de personnes. Sur les lieux de blocage d'abord, dans une manifestation, l'une des plus fortes vécues, ensuite.

Impressionnante oui, la manifestation qui nous réconcilierait avec toutes les manifestations, parce que dense, épaule contre épaule, menée à un rythme soutenu qui transmet en elle-même une force à chacun. Une multiplicité de banderoles accolées les unes autres qui longent la manif, tenues par des militants, livrant des analyses diverses mais solidaires.

Quelques flashs:

Dans le petit matin, les bus arrivent sur une des principales rues de Francfort. Dans la solitude de l'aube, les voitures de police entourent les cars. En fait, C'est un lieu de blocage. Le pont vers la BCE est totalement fermé par les forces de polices qui se multiplient encore après cette arrivée.

Plus tard d'autres militants arrivent. Groupés et déterminés, ils tentent de briser le cordon de police. Roulé boulé, des bottes qui enjambent ou carrément passent sur le corps. Position fœtus, tête protégée. Pas de blessures, mais beaucoup de bleus sur le corps.

Dans le petit matin, de loin, derrière le bâtiment flambant neuf tout en métal et en verre, des fumées noires. Peut-être les voitures de police brûlées. Il faut dire que l'Europe policière comme à Strasbourg a été la vedette de cette journée du côté pouvoir.

Plus tard dans la journée, contournement solitaire du bâtiment. Les forces de police sont toujours en position. C'est aussi un point presse. La police a là son car "communication" et des policiers se baladent avec la mention sur leur uniforme. Toujours aucune possibilité de s'approcher.

Pour arriver là, traversée d'un quartier populaire. La vie normale et cela se voit très pauvre, au pied de ce bâtiment indécent.

Plus tard encore, remontée de la manifestation. Le centre-ville est noir de monde, on devrait dire plutôt coloré par toutes les banderoles. Tout donne une impression de volonté claire de lutte: nous sommes tous épaule contre épaule, la manifestation est dense et rapide, de chaque côté comme deux longs rubans, les banderoles se succèdent tenus par les militants de toutes les convictions.

De Strasbourg, le sommet contre l'OTAN, à la BCE aujourd'hui, il est finalement peut-être important que le pouvoir ne puisse pas organiser tranquillement ses grandes manifestations de propagande. Important peut-être aussi, l'expérience de ces mobilisations qui nous montrent que nous pouvons aussi agir.

En partant, cependant, une image se grave, celle des milliers de personnes qui travaillent dans ce bâtiment pour une Europe d'exploitation. Que peuvent signifier alors ces luttes quand on sait qu'elles peuvent si tranquillement être digérées ...

 

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 14:46
Franz Fanon. Des Antilles à l'Algérie, pour une autre culture méditerranéenne" (Suite et fin). Texte de Claudine Roméo. (Pour conjurer l'absence, 2)

Voici la deuxième partie et fin de ce très intéressant texte de Claudine Roméo qui se termine par cette phrase qui replace Fanon dans l'actualité (de 2000 date à laquelle il a été écrit, mais aussi d'aujourd'hui) : "Le concept de "Black" des mômes des banlieues, indiens, africains, algériens, sous-prolétaires, mais aussi homosexuels, femmes, exclus de tous ordres et sans papiers, un seul et unique facteur les constitue comme "mêmes", comme unis et universels : leur lutte."

Pour lire la 1ère partie: http://linter.over-blog.com/article-franz-fanon-des-antilles-a-l-algerie-pour-une-autre-culture-mediterraneenne-texte-de-claudine-rom-125602532.html

Franz Fanon. Des Antilles à l'Algérie, pour une autre culture méditerranéenne" (Suite et fin)

Claudine Roméo - 2000 - Littératures frontalières

Mais il fallait encore une étape, une dé-rive, une reprise, fonctionnant là aussi comme désappropriation de tout exotisme - perte désécurisante des nouvelles certitudes aussi - la guerre, la déception, la perte de toute naïveté en qui concernait une quelconque quête universelle des droits "je me bats pour le droit du fermier et le fermier s'en fout". Rappel de la guerre en France, pour libérer la Métropole.

Le constat cuisant, suivi d'études de psychiatrie, de philosophie et anthropologie, devait le conduire vers le lieu où la parole serait enfin entendue et où une double activité s'offrait à lui.

C'est en Algérie que la saisie aveuglante de deux enfermements se fait, et le pousse vers un engagement définitif.

La façon d'aborder la "maladie" mentale à Blida d'une part, s'exercer son métier, de faire sienne cette dérive pour en décrire les déterminations socio-historiques - coloniales - et la situation politique de l'Algérie colonisée d'autre part, la folie comme révolte, et la révolution enfin trouvée.

Dans le service psychiatrique de Blida, Alice Cherki, sa collaboratrice, dans un recueil de textes des amis de Fanon, raconte comment il aborde la réalité institutionnelle. Les premiers chapitres de l'an V de la révolution (re-publié sous le titre Sociologie d'une révolution) sont consacrés à des pathologies repérées surtout dans le langage, dans le parler : confusion, délires de persécution, bredouillage. Avant qu'on parle d'antipsychiatrie, Fanon donne la parole aux patients de l'hôpital de Blida. Il amorce l'autogestion d'une cafétéria, d'une bibliothèque et d'activités culturelles. Il décloisonne le rapport soignant/soigné. Il conçoit la folie, avant la lettre, comme pathologie presque exclusivement sociale. Le colonisateur lui paraissant, bien sûr aussi "malade" que le soignant.

Dans l'an V de la révolution , le lien entre son travail de psychiatrie - être du côté du patient plutôt que de celui de l'institution, et la révolution algérienne - révolution enfin trouvée - est nettement établi dans Peau noire et masque blanc (P. 81)

"Ce qui apparaît donc, c'est la nécessité d'une action couplée sur l'individu et sur le groupe - en tant que psychanalyste, je dois aider mon patient à concentrer son inconscient [...] à agir dans le sens d'un changement des structures sociales."

Fanon va donc développer "une rhétorique de combat", selon une expression employée par les participants au colloque de Brazzaville. Dans un article de Présence africaine (février - mai 1959 n°24 -25), il imagine ce mini-dialogue entre une bourgeoise et un noir:

"la dame (gracieusement)

- mais il est blanc, ce noir!

- le nègre blanc, vous emmerde madame."

Certains accents violents ou drôles sont très proches de Jean Genet - parfois, par éclairs, c'est le même humour d'un dionysiaque follement politique (cf. Les Nègres, Les Paravents).

Comme le voit très bien Sartre, avec le même enthousiasme critique, dans sa longue préface aux damnés de la terre:

"Le lecteur est sévèrement mis en garde cotre les aliénations des plus dangereuses [...] tout aussi bien, le retour du lointain passé de la culture africaine."

L'appropriation de la révolution algérienne, modèle de la révolution de tout noir, ne peu que passer par la violence. Mais dit Sartre commentant Fanon :

"Ce qui n'est pas d'abord leur violence, c'est la nôtre retournée, qui grandit et les déchire."

Guérilla, que chacun doit mener quotidiennement contre soi-même en tant qu'aliéné ( à tous les sens du mot) = "l'indigénat, reprend Fanon, est introduit et maintenu chez les colonisés avec leur consentement".

Cette pensée, plaie ouverte, a une portée universelle, elle ne concerne pas seulement le colonisé mais aussi le colonisateur :

"Nous aussi, gens de l'Europe, conclut Sartre, on vous décolonise. Cela veut dire qu'on s'extirpe par une opposition sanglante le colon qui est en nous."

Comme le remarque Jacques Fredj dans les actes du colloque de Brazzaville utilisant Psychologie de la décolonisation, d'Octave Mannoni, cette décolonisation est d'abord linguistique "ce n'est pas le langage, qui se construit et se défait au cours de l'analyse". Au cours de la guerre de libération, le militant refuse tout d'abord d'écouter la radio française, qui, tel le Dieu du Président Schreber - cas de texte paranoïaque analysé par Freud - lui dicte discours et délires directement dans la tête -. Cependant, impliqué ensuite dans la lutte, il se sert de cette même radio pour des émissions clandestines dans le Djebel.

Autre langage : le vêtement, le voile.

Dans un premier temps la jeune fille porte le voile (traditions familiales), dans un deuxième temps, "émancipation" de type européen, elle le rejette. Mais plus tard, gagnée par la révolution, elle le remet et cache - en dessous - des armes.

"Elle a une démarche fière et dégagée".

Que ces analyses, aussi incisives que naïves et triomphalistes ne nous fassent pas sourire trente-cinq ans après. Parfois un peu inexactes, dans leur schématisme (partie I et II, An V de la Révolution), elles restent fixées dans une vérité.

C'est donc avec la plus grande gravité que nous relisons maintenant des passages sur l'Algérie, fer de lance de la révolution "noire" ou "africaine".

"La vieille Algérie est morte" dit Fanon, "la puissance de la révolution réside d'ores et déjà dans la mutation radicales qui s'est produite chez l'Algérien".

Autre raison de considérer ici et maintenant sa pratique de l'appropriation : un fort mouvement antiraciste s'est donc développé, relancé par la lutte contre la loi Debré, avec "le respect des différences" comme slogan. Mais au-delà et après le développement d'une certaine idéologie occidentale de gauche, on renvoie, en fait, chaque "Black", chaque opprimé, à sa différence, rendant implicitement exclue l'appartenance à l'universel.

Le concept de "Black" des mômes des banlieues, indiens, africains, algériens, sous-prolétaires, mais aussi homosexuels, femmes, exclus de tous ordres et sans papiers, un seul et unique facteur les constitue comme "mêmes", comme unis et universels : leur lutte.

Lien de l'image : https://afrodiasporarts.files.wordpress.com/2012/05/fanon-chaque-fois.jpg

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 21:49
Suite migration - des nouvelles

Une interface très minimale. Mais accès enfin sur ce blog aux documents anciens un temps disparus et la présentation du blog reste semblable!

Beaucoup de fonctionnalités disparues. Difficulté pour réaliser des documents de qualité. Mais au moins nous restons en lien.

Pensez à lire le dernier article avant migration: la première partie d'un texte très pertinent et sensible de Claudine Roméo sur Frantz Fanon.

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2