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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:26

Zorba - En hommage au peuple grec, pour lequel nou faisons si peu. Pourquoi?

 

Zorba, la danse comme métaphore.

 

Le peuple grec ne pourra rien faire seul.

 

Pourquoi faisons-nous si peu ?

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 10:42

Algérie vingt ans plus tard : les mots ne meurent pas

 

Cette année marque le vingtième anniversaire de la guerre menée par des djihadistes algériens contre la culture. Karima Bennoune rend hommage à ceux qui sont tombés dans ce culturicide et appelle à l’urgente la nécessité de ne pas les oublier. Read this article in Arabic or English.

 

Black and white photo of street protest. Woman with megaphone and photograph, banners and placards in background..

 Alger le 22 Mars 1994, des femmes militantes protestent contre les crimes des intégristes islamistes

 

Mon père, l’anthropologue algérien, Mahfoud Bennoune, a qualifié de génocide les assassinats systématiques d’intellectuels perpétrés dans les années 90 par le groupe islamique armé. L’étudiante en droit que j’étais alors lui avait expliqué que la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ne protégeait pas les groupes politiques ou sociaux. Cependant, au cours de mes recherches sur les attaques implacables contre l’intelligentsia algérienne qui avait commencé au début de 1993, j’avais fini par comprendre pourquoi mon père a eu recours à ce terme. Il s’agissait effectivement de la part des islamistes radicaux en guerre contre l’Etat algérien d’une tentative d’éradiquer la culture de cette nation et d’anéantir ceux qui l'avaient forgée. C’était, comme l’a indiqué l’écrivain et artiste algérien, Mustapha Benfodil, un " intellectocide ". Mustapha Benfodil dont la récente installation-performance intitulée " Sans têtes " a immortalisé ces assassinats,  témoigne : " jamais, à ma connaissance, on n’a tué autant d’intellectuels en aussi peu de temps. "

 

Le 26 mai 1993, l’un des plus grands écrivains algériens, Tahar Djaout, était abattu alors qu’il quittait son domicile à Bainem, dans la banlieue ouest de la capitale Alger, où j’avais vécu enfant. Le pays vacille. Tahar Djaout, berbère écrivant en langue française, avait étudié les mathématiques. Il avait écrit de nombreux romans et recueils de poésie et avait fondé le journal Ruptures. Il critiquait le pouvoir en place et les islamistes violents et décédera une semaine plus tard après un long coma. "Alger songe un cadavre entre les bras" écrivait J.E.B dans un poème écrit le 31 mai et publié dans Ruptures. Pendant ces sept jours, nous avions attendu le réveil de Djaout, et le nôtre, de ce cauchemar. En vain. Le pays y plongera pendant dix longues années. " Tahar a été assassiné par l’inquisition " titrait Ruptures le 2 juin.

 

Le 1er juin dernier, l’anniversaire de cette tragédie a été tristement commémoré par un colloque intitulé " Présence (s) de Djaout » organisé à Alger par le quotidien influent El Watan (La patrie) dont le propre directeur, Omar Belhouchet, a échappé à un attentat du Gia. Le poète Amine Khene, présent à ce colloque, a déclaré que l’assassinat de l’écrivain « était l’assassinat de l’Algérie et de son avenir. Djaout faisait partie d’une minorité d’intellectuels qui aurait pu constituer le noyau d’une alternative démocratique".

 

En 1993, treize jours après le décès de Tahar Djaout, l’un des psychiatres africains les plus brillants, Dr Mahfoudh Boucebsi, une autre figure de la potentielle « alternative démocratique » était la cible des obscurantistes assassins. Le matin du mardi 15 juin 1993, celui qui était également le vice-président de la Société Internationale de Psychiatrie de l'Enfant et l'Adolescent, était poignardé à l’entrée de l’hôpital qu’il dirigeait à Alger. Agé de 57 ans, Mahfoudh Boucebsi avait publié des travaux novateurs sur les mères célibataires et avait remporté le Prix maghrébin de médecine. Dans une interview datant de 1991, il s’exprimait sur l’emprise des islamistes au sein de l’hôpital Mustapha d’Alger : " j’ai ressenti une douleur infinie en voyant ces jeunes hommes qui pensaient être tout puissants et étaient devenus tout d’un coup de super chefs et pouvaient donner des ordres à un médecin et l’humilier ". Anouar Hadam, l’odieux porte parole du Front Islamique du Salut  (Fis) algérien qui avait trouvé refuge aux Etats Unis, déclarait que l’assassinat de Boucebsi " n’était pas un crime mais l’exécution d’une sentence."

 

La “sentence” religieuse suivante fut exécutée une semaine plus tard, le mardi 22 juin, presque vingt ans jour pour jour aujourd’hui. Mohamed Boukhobza, sociologue remarquable et directeur de l’Institut national des études stratégiques globales, était ligoté et égorgé devant sa fille dans le quartier du Télemly à Alger. Je suis rentrée ce jour-là chez mon père dans les environs d’Alger, je ne l’avais jamais vu aussi furieux que devant l’assassinat de son ancien collègue à l’université.

Le mardi 29 juin, exactement une semaine plus tard, je fus réveillée tôt le matin par quelqu’un qui cognait sans relâche à la solide porte d'entrée métallique que mon père venait d’installer. A l’époque, comme l’écrira plus tard El Watan, " tous les mardis un chercheur tombait sous les balles assassines de criminels intégristes." Mahfoud Bennoune était un professeur qui exprimait ouvertement ses opinions politiques. Son cours d’anthropologie – il avait osé y enseigner Darwin – avait déjà reçu la visite du chef du Fis qui l’avait dénoncé comme un adepte du " biologisme " jusqu’à ce que – comme me l’a rappelé récemment un de ses étudiants - papa l’ait mis dehors. Le 29 juin 1993, la personne qui cognait à notre porte n’avait pas décliné son identité ni ne s’était éloignée. Mon père avait tenté à maintes reprises de joindre la police au téléphone. Probablement terrifiés eux-mêmes par la déferlante de l'extrémisme armé qui avait déjà coûté la vie à de nombreux officiers algériens, le commissariat de police du quartier n'avait même pas répondu. Cependant, nous avions eu de la chance ce jour-là. Les visiteurs indésirables et non identifiés étaient finalement repartis. Nous n'avons jamais su pourquoi ils étaient venus ni exactement qui ils étaient. Une personne devait revenir quelques mois plus tard, laissant un mot sur la table de la cuisine. " Vous êtes un homme mort " y était-il écrit. " Mort à " avait été également apposé devant notre nom sur la boîte aux lettres.

 

Par la suite, les intégristes algériens allaient afficher sur les murs des mosquées contrôlées par les  extrémistes à Alger, les listes des personnes à assassiner. Le nom de Mahfoud Bennoune y figurait mais aussi ceux de tant d'autres - journalistes, intellectuels, syndicalistes, militantes des droits des femmes. Ils allaient assassiner d’autres collègues de mon père, ses amis et parents et 200.000 Algériens dans ce qui allait devenir " la décennie noire ". Aussi effroyable qu’ait pu prendre la tournure des événements, la communauté internationale les avait grandement ignorés. Le monde a laissé toutes ces victimes de l’intégrisme se débrouiller seules.

 

Finalement, mon père a été forcé de fuir son appartement et de renoncer à l'enseignement à l'Université. C'est alors que j'ai commencé à comprendre que la lutte contre l’intégrisme islamiste et le terrorisme menée par d'innombrables personnes d'origine musulmane dans de nombreux pays était l'une des luttes pour les droits humains les plus importantes et –négligées -  dans le monde. Malheureusement, cela est encore plus vrai vingt ans après.

 

Close up photo of man in smiling conversation holding cigarette. Salah Chouaki

 

Les intellectuels qui ont été tués en premier par les extrémistes en Algérie étaient principalement ceux qui avaient le plus rapidement et clairement compris la nature de la bête. Salah Chouaki, un ami de mon père, inspecteur général de l'enseignement secondaire, militant de gauche et réformateur de l'éducation estimé, avait averti dans un de ses derniers articles publiés avant qu’il ne soit tué par le Groupe islamique armé (Gia) le 14 septembre 1994 que " l'illusion la plus dangereuse et mortelle ... est de sous-estimer l'intégrisme, ennemi mortel de notre peuple."

 

Publié à titre posthume, le dernier livre de Tahar Djaout, " Le dernier été de la raison ", le " 1984 " algérien, - décrit la montée de l'extrémisme avec des détails qui donnent froid dans le dos, et ce à quoi pourrait ressembler le pays si les intégristes prenaient le pouvoir – par le biais des élections ou par la force. Dans l'enfer théocratique dépeint par Djaout, les femmes vêtues de manière inappropriée sont arrêtées à des barrages routiers. De jeunes hommes sont endoctrinés  et s’élèvent contre leurs pères plus libéraux. Les esprits sont fermés, les familles détruites. Mais certains refusent de se soumettre.

 

Le héros du roman, Boualem Yekker-dont le nom de famille signifie " Il se lève ou se réveille " en tamazight (berbère) - est libraire et un esprit libre. Djaout dépeint Yekker ainsi : " [il] était  de ceux qui avaient décidé de résister, ceux qui avaient pris conscience que lorsque les hordes d’en face auraient réussi à répandre la peur et à imposer le silence, elles auraient gagné." Djaout lui-même, Boucebsi, Boukhobza, Chouaki et beaucoup d'autres intellectuels ciblés ressemblaient à Boualem Yekker et leur mort devaient annihiler cette résistance et réduire au silence son expression. Pourtant, d'autres ont continué à se tenir debout. Même quand mon père a été chassé de sa maison, il est resté dans le pays et a continué à publier des critiques acerbes à l’endroit des intégristes armés et du gouvernement qu’ils combattaient. Dans une contribution en trois parties publiée dans El Watan en novembre 1994 et intitulée " Comment l'intégrisme a produit un terrorisme sans précédent", il avait dénoncé les terroristes en " rupture radicale avec l’islam véritable tel qu'il a été vécu par nos ancêtres. "

 

L’association de femmes de gauche, RAFD (Le refus), est née après les funérailles de l'un des intellectuels assassinés. Ses militantes sont descendues dans la rue tête nue portant les portraits de celles et ceux qui avaient été assassinés et arborant des cibles en tissu en guise de protestation. Leur philosophie était plutôt celle de Djaout : " si tu te tais, tu meurs et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs ! ".

Ceux qui menèrent la lutte contre l'intégrisme sur le plan intellectuel en Algérie au début des années 90, qui se sont exprimés et sont morts - ou ont vécu – n’ont reçu aucun soutien international ou presque. Cherifa Bouatta, psychologue algérienne et défenseure des droits des femmes affirme qu'il existe encore une énorme colère envers ceux qui, à l'étranger auraient pu être les alliés des progressistes anti-intégristes mais ne l’ont pas été. « Personne n'a dit : nous sommes avec vous». Par ailleurs, des gouvernements comme celui des États-Unis et  de la Grande-Bretagne ont aggravé les choses en finançant le « djihad » antisoviétique dans le lointain Afghanistan qui a eu un effet direct sur ​​l'Algérie. Les plus sanguinaires dans le conflit des années 90 étaient connus comme  les "Afghans" pour leur expérience en tant que combattants étrangers dans ce "djihad"."

 

L'Etat algérien a  également fait des victimes, quoique dans des proportions bien moindres, il a fait un usage généralisé de la torture contre les suspects de terrorisme et 8.000 personnes sont portées disparues, mais le conflit dans les années 90 portait essentiellement sur la guerre des intégristes contre la société algérienne. De plus, les intellectuels visés par le groupe islamisque armé  étaient pour la plupart des figures farouchement indépendantes, critiques de l'état et de l'extrémisme. La saignée parmi les personnes de culture a commencé en mars 1993. Djilali Liabes, sociologue et ancien ministre de l'éducation dont mon père avait dit qu’il était " l'un des éducateurs les plus dévoués de sa génération," est assassiné, puis ce fut au tour du médecin et romancier Laadi Flici d’être poignardé à mort, et du politologue Hafid Senhadri d’être tué. Après le massacre, en juin, de Djaout et des autres, une longue vague de meurtres de journalistes et travailleurs de la presse allait commencer en août 1993 avec l'assassinat du journaliste arabophone de télévision Rabah Zenati. Au cours des années suivantes, Omar Ouartilane, le rédacteur en chef du journal arabophone El Khabar, les chroniqueurs de premier plan comme l'inimitable Saïd Mekbel, des journalistes comme Naima Hamouda de l’hebdomadaire Révolution Africaine, et même le personnel technique comme la correctrice de presse du Soir d’Algérie, Yasmine Drissi, allaient tous être " éliminés ".

 

Le porte-parole du Fis, Anouar Haddam, a ouvertement déclaré au journal français Libération qu'ils avaient proposé à leurs «frères moudjahidine» de cibler les journalistes, entre autres. Lorsque les assassinats n'ont pas été jugés suffisants pour extirper la menace que constituaient les journalistes, les islamistes ont, à plusieurs reprises, déposé des bombes dans les locaux des journaux tuant l’amoureux de poésie et chroniqueur culturel au Soir d’Algérie Allaoua Aït Mebarek et Mohamed Dorbane. Ce dernier revenait de ses achats pour le dîner du Ramadan. Dans son livre intitulé à juste titre Encre rouge, Ahmed Ancer, journaliste à El Watan, rapporte que cent travailleurs de la presse, dont 60 journalistes, ont été tués par le groupe islamique armé entre 1993 et ​​1997.

 

Par conséquent, de nombreux journalistes ont dû quitter leurs foyers. Rachida Hammadi, 32 ans, journaliste de télévision reconnue que j'avais rencontrée lors d'un dîner de Ramadan à son domicile sécurisé était rentrée chez elle pour être auprès de sa famille pour une nuit. Au moment où elle quittait la maison familiale à l'aube du 20 mars 1995, une voiture avec à son bord des islamistes armés l’attendait. L’un deux a ouvert le feu avec une arme automatique. Les balles ont touché Rachida et sa sœur Meriem qui tentait de la protéger. Toutes deux sont mortes à l'hôpital.

 

Portrait photo of woman Leila Kheddar

 

Les attaques du groupe islamique armé contre la connaissance et les intellectuels ont ciblé de nombreuses catégories professionnelles. Des avocats comme Leila Kheddar qui a été abattue chez elle devant sa famille, le président de la Ligue des droits de l’Homme, Youssef Fathallah qui a été assassiné dans son bureau. Ils ont tué des juges comme Lakhdar Rouaz, et même des étudiants en droit qui avaient refusé d'abandonner leurs études comme Amel Zenoune-Zouani, fauchée à l’âge de 22 ans. Ils ont tué des économistes comme Abderrahmane Fardeheb, des enseignants (souvent devant leurs élèves) comme Abdelaziz Chelighem, 33 ans, et  des directrices d'école comme Meziane Zhor, 54 ans. Ils ont tué des étudiantes comme Naima Kar Ali, 19 ans et Raziqa Meloudjemi, 18 ans. Elles avaient osé sortir têtes nues.

 

Ils ont éliminé le spécialiste du langage des signes, Nacer Ouari, qui venait de rentrer d’un pèlerinage à la Mecque et le Dr. Djilali Belkhenchir éminent pédiatre, militant contre la torture. Les terroristes étaient pluridisciplinaires, tuant à la fois le doyen de l'École des Beaux-Arts Ahmed Asselah, et Salah Djebaili, le recteur de la Faculté des Sciences, au cours du printemps 1994. Peu de temps avant sa mort, Djebaili avait dit: " C'est exactement le moment de diagnostiquer les problèmes et de faire les choses différemment. C'est maintenant ou jamais, pendant  qu’il n'y a pas de tabous ".  Comme l’a écrit la fille du professeur Fardeheb, Amel, à propos de son père assassiné et dans un plaidoyer pour que ces meurtres ne soient pas oubliés, " savent-ils combien tu aimais ton pays ? Savent-ils que tu voulais le meilleur pour la jeunesse algérienne ? " Tuer des gens de ce niveau d'éducation, de compétence et d'engagement - et tant d'autres d'entre eux qui ne peuvent tous être cités  dans cet article - dans un pays en développement indépendant depuis trente ans seulement,  revenait à essayer de tuer le pays lui-même.

 

Près de 71.500 diplômés de l'université aurait fui l'offensive fondamentaliste entre 1992 et 1996 uniquement, une fuite des cerveaux dont les conséquences continuent à se faire sentir aujourd'hui. Même si un plus grand nombre de meurtres d’algériens ordinaires doit également être commémoré, et tous sont tout aussi importants en termes humains, ces assassinats étaient un couteau sur la gorge de la société tout entière. Chaque assassinat a fait beaucoup, beaucoup de victimes.

 

Pour rendre hommage à ces intellectuels victimes de l'intégrisme en Algérie il y a deux décennies, nous devons écouter et soutenir - ou à tout le moins noter- les Boualem Yekker d'aujourd'hui. Ils sont toujours là, de l'Afghanistan au Mali en passant par la place Taksim en Turquie, debout, résistant pacifiquement à l'extrémisme, souvent seuls, sans soutien ni tapage au plan international. Ils continuent à s’exprimer, parfois sous la menace de la mort. Dans le nord-ouest du Pakistan, des milliers d'intellectuels et de militants politiques ont été tués au cours de la dernière décennie, un modèle de désastre qui ne provoque pas, loin s’en faut,  le tollé de la part de progressistes en Occident que soulèvent les attaques de drones. Je pense à Zarteef Afridi, un enseignant de Jamrud, Agence Khyber, qui a milité pour le droit de vote des femmes des zones tribales et a aidé les aînés à s’organiser contre le terrorisme. Il a été abattu alors qu’il marchait vers son école le 8 décembre 2011. Comme le rappelle son ami Salman Rashid,  " il militait pour la libération de l'âme humaine à travers l'éducation et l'éveil. "

 

Même la Tunisie, berceau du Printemps arabe, a vu le premier assassinat d'un intellectuel, l'avocat de gauche Chokri Belaid, fauché en février de cette année. Un homme qui, comme les premiers martyrs algériens, a pu voir le danger de la montée de l’islamisme guettant son pays et a appelé ses concitoyens à le combattre. Des sacrifices comme le sien doivent être rappelés.

 

J'ai écrit cet article pour rendre hommage aux victimes de la guerre livrée par les djihadistes algériens à la culture il y a vingt ans. Pour dire à leurs familles, leurs collègues qui continuent leur oeuvre, que les progressistes ailleurs ne les oublieront pas. Bien que des hommes et des femmes puissent mourir, les mots ne meurent jamais, je continue à me nourrir de leurs paroles tous les jours. Ils nous ont appris qu'il faut être tout à fait lucide et inébranlable dans la critique de l'extrême droite, où que nous soyons, et que ceux qui la combattent, armés seulement d’un stylo ou d’une voix ont besoin de soutien.

 

"Ceux qui nous combattent par la plume doivent mourir par l'épée " ordonnait en 1992 le Groupe islamique armé en Algérie (Gia) cités par Ahmed Ancer dans Encre rouge. " Le stylo contre la kalachnikov ", y a t-il un combat plus inégal ? " s’interrogeait Ghania Oukazi le soir  du jour où les locaux de journaux à Alger avaient été détruits par une bombe déposée par le Gia en 1996. Avec ses collègues journalistes, elle s’était réfugiée dans les ruines pour sortir coûte que coûte les journaux du lendemain. Elle affirmait en conclusion de son article publié dans cette héroïque édition du 12 Février 1996 : " Ce qui est certain, c'est que la plume ne s'arrêtera pas ... "

 

Un tel courage exige la solidarité et mérite d'être relevé. " Nous ne serons pas à la hauteur de votre sacrifice ", a écrit Cherifa Kheddar la semaine dernière dans une lettre ouverte à sa sœur Leila et son frère Mohamed Redha, tués par le Gia le 24 Juin 1996, " et nous ne serons pas dignes de vous, si nous ne prenons pas un moment pour honorer votre mémoire, et à travers elle, rappeler votre sacrifice pour une Algérie moderne, qui va de l'avant, et ne recule pas."

 

City-scape with tall, graceful monument in the background.

Le Monument aux Martyrs de la guerre d'indépendance, ou maqam e-shahid, domine les hauteurs d'Alger

 

Aujourd'hui, vingt ans plus tard, il est urgent de se souvenir - et de tirer les leçons -  de ce qui s'est passé au cours de cette décennie noire qui a frappé l'Algérie. Tout d'abord, ces événements doivent nous rappeler que les personnes d'origine musulmane - en particulier celles de la gauche - ont toujours été les cibles les plus nombreuses des intégristes islamistes- et leurs opposants les plus farouches.

 

L’intégrisme a le vent en poupe du Yémen à la Tunisie et au-delà. Une tunisienne, professeur d'université m'a franchement parlé de la terreur qui s’est emparée d’elle depuis l'assassinat de Chokri Belaid l’obligeant à changer ses déplacements quotidiens pour se protéger. Aujourd'hui, l'expérience algérienne devrait servir d'avertissement quant au danger de ces évolutions et aider à déterminer le meilleur moyen de le combattre. Dans un article intitulé " Le compromis avec l'islam politique est impossible ", aussi pertinent aujourd'hui que lorsqu’il a été écrit en 1993 un an avant l'assassinat de son auteur, Salah Chouaki expliquait que " la meilleure façon de défendre l'islam est de le mettre hors de portée de toute manipulation politique .... La meilleure façon de défendre l'État moderne est de le mettre hors de portée de toute exploitation de la religion à des fins politiques. "

 

Ce qui est arrivé en Algérie il y a vingt ans montre que le défi posé par l’intégrisme aux cultures et modes de vie locaux est en réalité existentiel. Ce n'est pas un hasard si les derniers mots de la dernière œuvre de Tahar Djaout ont la forme d’une question : "Le printemps reviendra-t-il ? "

 

Karima Bennoune est professeure de droit à l'Université de Californie, Davis School of Law, ancienne conseillère juridique d'Amnesty International, et auteure du livre à paraître Votre fatwa ne s'applique pas ici : Histoires non dites de la lutte contre l'intégrisme islamiste.

 

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 16:22
JM Rouillan à l'Insoumise à Lille
 
Salut à toutes et à tous, c’est ce samedi 27 juin à 16h. Au 10 rue d’Arras à Lille .
 
Ce samedi sera le dernier avant la pause d'été(voir de l'Insoumise si  on se fait expulser cet été)! Nous allons le passer avec Jean-Marc  Rouillan qui va présenter les GARI:
 
En mai 1974, les GARI mènent en France des actions d'envergure pour exiger la libération de prisonniers de la dictature espagnole, dont cinqmembres du Mouvement Ibérique de Libération condamnés à mort par lajustice franquiste.
 
Un momentd'histoire, un moment de subversion qui doit demeurer dans les mémoires pourenrichir l'actuelle situation politique.
 
Après la projection d'un documentaire sur cette coordination,Jean Marc Rouillan, ex-membre des Gari, reviendra sur cette période.
 
On vous attend nombreuses et nombreux,
 
l'Insoumise : http://linsoumiselille.net/

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 21:22

"Le coltan ne valait pas grand-chose, jusqu’à ce qu’on découvre qu’il était indispensable pour la fabrication des téléphones portables, navettes spatiales, ordinateurs et missiles ; depuis il est plus cher que l’or. "

Texte d'Eduardo Galenao


Les fausses guerres cachent de vrais mensonges

 

Au Congo, au cours de la guerre de quatre années qui est suspendue depuis 2002, pas moins de trois millions de civils sont morts. Ils sont morts pour le coltan, mais eux ne le savaient pas. Le coltan est un minerai rare, et son nom étrange désigne le mélange de deux minéraux appelés columbium et tantale. Le coltan ne valait pas grand-chose, jusqu’à ce qu’on découvre qu’il était indispensable pour la fabrication des téléphones portables, navettes spatiales, ordinateurs et missiles ; depuis il est plus cher que l’or. Presque toutes les réserves connues de coltan sont dans les sables du Congo. Il y a plus de quarante ans, Patrice Lumumba fut sacrifié sur un autel d’or et de diamants. Son pays recommence à le tuer chaque jour.

Le Congo, pays très pauvre, est très riche en minerais, et ce cadeau de la nature continue à se révéler une malédiction de l’histoire. Les africains appellent le pétrole « merde du diable ». En 1978, on découvrit du pétrole dans le sud du Soudan. On sait que sept ans après, les réserves atteignaient déjà plus du double, la plus grande quantité se trouvant dans l’ouest du pays, dans la région du Darfour. Là, récemment, il y a eu, et il continue à y avoir, un autre massacre. De nombreux paysans noirs, deux millions selon certaines estimations, se sont enfuis ou ont été tué par balles, au couteau ou par la faim, au passage des milices arabes que le gouvernement soutient avec des chars d’assaut et des hélicoptères. Cette guerre se déguise en conflit ethnique et religieux entre les bergers arabes, musulmans, et les paysans noirs, chrétiens et animistes. Mais il se trouve que les villages incendiés et les champs dévastés étaient là où commencent maintenant à se dresser les tours pétrolières qui forent la terre.

La négation de l’évidence, injustement attribuée aux ivrognes, est l’habitude la plus connue du président de la planète, qui, grâce à dieu, ne boit jamais une seule goutte. Lui, continue à affirmer que sa guerre en Irak n’a rien à voir avec le pétrole. « Ils nous ont trompé en occultant systématiquement des informations », écrivait depuis l’Irak, dans les lointaines années 20, un certain Lawrence d’Arabie : « Le peuple anglais a été amené en Mésopotamie pour tomber dans un piège dont il sera difficile de sortir avec honneur et dignité ».

Je le sais que l’histoire ne se répète pas, mais quelques fois j’en doute.

Et l’obsession contre Chavez ? Elle n’a vraiment rien à voir avec le pétrole du Venezuela, cette campagne forcenée qui menace de tuer, au nom de la démocratie, le dictateur qui a gagné neuf élections propres ?

Et les cris d’alarme continus contre le danger nucléaire iranien n’ont vraiment rien à voir avec le fait que l’Iran possède une des réserves de gaz les plus riches du monde ? Et si non, comment explique-t-on l’affaire du danger nucléaire ? C’est l’Iran, peut-être, qui a jeté les bombes atomiques sur la population civile de Hiroshima et Nagasaki ?

L’entreprise Bechtel, qui a son siège en Californie, avait eu, pour quarante ans la concession de l’eau de Cochabamba. Toute l’eau, y compris l’eau de pluie. Dès qu’elle se fut installée, elle tripla les tarifs. Une révolte populaire éclata, et l’entreprise dût quitter la Bolivie.
Le président Bush se prit de pitié pour l’expulsion, et il consola Bechtel en lui concédant l’eau de l’Irak.

Vraiment généreux de sa part. L’Irak n’est pas digne d’être détruit seulement pour sa richesse pétrolifère : si ce pays, irrigué par le Tigre et l’Euphrate, se paye le pire c’est aussi parce qu’il est la poche d’eau douce la plus riche de tout le Moyen Orient.

Le monde est assoiffé. Les poisons chimiques putréfient les fleuves et la sècheresse les extermine, la société de consommation consomme de plus en plus d’eau ; l’eau est de moins en moins potable et de plus en plus rare. Tout le monde le sait : les guerres du pétrole seront, demain, les guerres de l’eau. En réalité, les guerres de l’eau ont déjà commencé. Ce sont des guerres de conquête, mais les envahisseurs ne jettent pas de bombes, ni ne débarquent de troupes. Les technocrates internationaux, qui mettent les pays pauvres en état de siège et exigent la privatisation ou la mort, voyagent en civil. Leurs armes, mortels instruments d’extorsion et de châtiment, ne se voient pas et ne s’entendent pas.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international, deux mâchoires d’une même morsure, ont, ces dernières années, imposé la privatisation de l’eau dans seize pays pauvres. Parmi eux, certains des plus pauvres du monde, comme le Bénin, le Nigeria, le Mozambique, le Rwanda, le Yémen, la Tanzanie, le Cameroun, le Honduras, le Nicaragua… L’argument était irréfutable : ou ils concèdent l’eau ou il n’y aura pas de clémence pour la dette ou de nouveaux prêts.

Les experts ont aussi eu la patience d’expliquer qu’ils ne le faisaient pas pour démanteler les souverainetés nationales, mais bien pour aider la modernisation des pays qui languissaient dans l’arriération à cause de l’inefficience de l’état. Et si les factures de l’eau privatisée ne pouvaient pas être payées par la majorité de la population, tant mieux : peut-être que comme ça, leur volonté assoupie de travail et de dépassement personnel allait enfin se réveiller.

Qui commande en démocratie ? Les fonctionnaires internationaux de la haute finance que personne n’a élus ? A la fin du mois d’octobre, l’année dernière, un référendum a décidé du destin de l’eau en Uruguay. La plus grande partie de la population a voté avec une majorité jamais vue, confirmant que l’eau est un service public et un droit pour tous. Ça a été une victoire de la démocratie contre la tradition de l’impuissance, qui nous apprend que nous sommes incapables de gérer l’eau ou n’importe quelle autre chose, et contre la mauvaise réputation de la propriété publique, discréditée par les politiciens qui l’ont utilisée et maltraitée comme si ce qui est à tout le monde n’était à personne.

Le référendum de l’Uruguay n’a eu aucune répercussion internationale. Les grands médias n’ont pas eu connaissance de cette bataille de la guerre de l’eau, perdue par ceux qui gagnent toujours ; et l’exemple n’a contaminé aucun pays du monde. Ce référendum a été le premier, pour l’eau, et jusqu’à présent, que l’on sache, il a aussi été le dernier.

Eduardo Galeano

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Voir cet article sur Africa Diligence:  http://www.africadiligence.com/les-fausses-guerres-cachent-de-vrais-mensonges/

Les guerres disent qu’elles se font pour de bonnes raisons : la sécurité internationale, la dignité nationale, la démocratie, la liberté, l’ordre, la mission de la civilisation ou la volonté de Dieu. Pour Eduardo Galeano, personne n’a l’honnêteté d’avouer : « Moi je tue pour voler ». Les fausses guerres cachent de vrais mensonges.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 18:19
Pour les migrants, pour la Grèce, contre le capitalisme, Manifestations

Une image, à Paris

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 18:00

18 juin par Commission pour la vérité sur la dette grecque

 

En juin 2015, la Grèce se trouve à un carrefour. Elle doit choisir entre la poursuite des programmes d’ajustement macroéconomiques imposés par ses créanciers ou briser les chaînes de sa dette. Cinq ans après le début des programmes d’ajustement, le pays reste plongé dans une grave crise économique, sociale, démocratique et écologique. La boîte noire de la dette n’a pas été ouverte. À ce jour, aucune autorité, grecque ou internationale, n’a cherché à faire la lumière sur les causes et les modalités d’assujettissement de la Grèce au régime de la Troïka. La dette, au nom de laquelle rien n’a été épargné à la population, reste le dogme au nom duquel est imposé un programme d’ajustement néolibéral qui s’accompagne de la plus profonde et la plus longue récession jamais connue en Europe en temps de paix.

Prendre à bras-le-corps un ensemble de problèmes sociaux et économiques est une impérieuse nécessité autant qu’une responsabilité sociale. Prenant acte de cela, le Parlement Hellénique a mis en place en avril 2015 la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque. Il lui a donné mandat pour mener des investigations sur l’origine et l’augmentation de la dette publique, la façon dont cette dette a été contractée et les raisons qui y ont amené, enfin sur ces l’impact qu’ont eu sur l’économie et la population les conditionnalités attachées à ces contrats. La Commission pour la Vérité a pour mission d’amener à une prise de conscience sur les questions relatives à la dette grecque, tant sur le plan interne qu’au niveau international, de formuler des arguments et de proposer des scénarios relatifs à l’annulation de la dette.

Les recherches présentées par la Commission dans son rapport préliminaire mettent en lumière le fait que le programme d’ajustement auquel la Grèce a été soumise était, et reste dans son intégralité, un programme politiquement orienté. L’analyse technique bâtie sur des variables macroéconomiques et des projections de dette – des données en relation directe avec la vie et de la population et ses moyens de subsistance –, a permis de cantonner les discussions relatives à la dette à un niveau technique. Ces discussions ont principalement été centrées autour de la thèse selon laquelle les politiques imposées à la Grèce allaient lui permettre de rembourser sa dette. Les faits présentés dans ce rapport prouvent tout le contraire.

Les éléments dont nous faisons état dans ce rapport montrent que de toute évidence la Grèce, non seulement n’est pas en capacité de rembourser cette dette, mais qu’elle ne doit pas la rembourser, tout d’abord parce que la dette issue des mesures de la Troïka constitue une violation caractérisée des droits humains fondamentaux des résidents de la Grèce. Ainsi, nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer cette dette, du fait de son caractère illégal, illégitime et odieux.

Il est également apparu à la Commission que le caractère insoutenable de la dette publique grecque était évident depuis l’origine pour les créanciers internationaux, les autorités grecques et les grands médias. Pourtant, les autorités grecques et certains gouvernements de l’Union Européenne se sont ligués pour rejeter une restructuration de la dette publique en 2010, dans le seul but de protéger les institutions financières privées. Les grands médias officiels ont dissimulé la vérité au public en soutenant que le plan de sauvetage allait être bénéfique pour la Grèce, tout en passant en boucle le récit selon lequel la population ne faisait que payer pour ses propres turpitudes.

Les fonds versés dans le cadre des programmes de sauvetage de 2010 et 2012 ont été gérés de l’extérieur selon des schémas complexes, empêchant toute initiative propre en matière budgétaire. L’utilisation de ces fonds a été dictée de manière stricte par les créanciers et il est apparu que moins de 10 % de leur montant avaient été consacrés aux dépenses courantes du gouvernement.

Ce rapport préliminaire dresse un premier état des lieux des principaux problèmes et enjeux liés à la dette publique et fait état de violations juridiques majeures en ce qui touche aux contrats d’emprunt ; il pose également les bases juridiques sur lesquelles la suspension unilatérale des paiements de la dette peut être invoquée. Ces conclusions sont déclinées en neuf chapitres présentés comme suit :


Le chapitre 1, La dette avant la Troïka, analyse l’augmentation de la dette publique grecque depuis les années 1980. Il conclut que l’accroissement de la dette n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives, celles-ci étant en réalité restées plus faibles que les dépenses publiques d’autres pays de la zone euro. La dette provient pour l’essentiel du paiement aux créanciers de taux d’intérêts extrêmement élevés, de dépenses militaires excessives et injustifiées, d’un manque à gagner fiscal dû à la fuite illicite de capitaux, du coût de la recapitalisation de banques privées par l’État, et des déséquilibres internationaux issus des lacunes inhérentes au modèle de l’Union Monétaire.

L’adoption de l’euro a généré en Grèce une augmentation drastique de la dette privée à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. En prenant de l’ampleur, la crise bancaire a débouché sur une crise de la dette souveraine grecque. En 2009, en mettant l’accent sur la dette publique et en gonflant le déficit, le gouvernement de George Papandréou a voulu présenter comme une crise de la dette publique ce qui était en réalité une crise bancaire.


Le chapitre 2, Les évolutions de la dette publique grecque de 2010 à 2015 établit que le premier accord de prêt de 2010 visait en premier lieu à sauver les banques privées grecques et européennes et à permettre aux banques de réduire leur exposition aux titres publics grecs.


Le chapitre 3, La dette publique grecque par créancier en 2015, met en évidence la nature litigieuse de la dette grecque actuelle au regard des principales caractéristiques des prêts qui seront analysées plus en détail au chapitre 8.


Le chapitre 4, Les mécanismes de l’endettement en Grèce, dévoile les mécanismes issus des accords entrés en vigueur à partir de mai 2010. Ces accords prévoyaient l’octroi de nouveaux emprunts d’un montant substantiel par des créanciers bilatéraux et le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) qui s’accompagnaient de coûts abusifs, amplifiant d’autant la crise. Ces mécanismes révèlent comment la majorité des fonds empruntés ont été directement transférés aux institutions financières. Au lieu de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation à travers l’utilisation d’instruments financiers.


Le chapitre 5, Les conditionnalités contre la soutenabilité, présente la manière dont les créanciers ont imposé des conditionnalités excessives qui, associées aux accords de prêts, ont eu pour conséquence directe la non-viabilité économique et l’insoutenabilité de la dette. Ces conditionnalités, que les créanciers s’obstinent toujours à exiger, ont fait chuter le PIB tout en augmentant l’endettement public – un ratio dette/PIB plus élevé rendant la dette grecque encore plus insoutenable. Mais elles ont également généré des changements dramatiques dans la société et provoqué une crise humanitaire. La dette publique grecque peut ainsi être considérée comme totalement insoutenable en l’état actuel des choses.


Le chapitre 6, Impact des « programmes de sauvetage » sur les droits humains, montre que les mesures mises en place dans le cadre des « programmes de sauvetage » ont directement affecté les conditions de vie du peuple et violé les droits humains que la Grèce et ses partenaires sont dans l’obligation d’assurer, de protéger et de promouvoir, conformément au droit national, au droit de l’Union et au droit international en vigueur. Les ajustements drastiques imposés à l’économie et à la société grecque dans son ensemble ont provoqué une détérioration rapide des niveaux de vie incompatible avec la justice sociale, la cohésion sociale, la démocratie et les droits de l’homme.


Le chapitre 7, Questions juridiques relatives aux MoU (Memorandum of understanding ou Protocole d’accord) et aux conventions de prêt, soutient qu’il y a eu violation des obligations en matière de droits de l’homme de la part de la Grèce elle-même et de ses prêteurs, à savoir les États membres de la zone euro (prêteurs), la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds Monétaire International, qui ont imposé ces mesures à la Grèce. Tous ces acteurs ont refusé d’évaluer les violations des droits de l’homme découlant des politiques publiques qu’ils obligeaient la Grèce à appliquer. Ils ont directement violé la constitution grecque en privant le pays de la plupart de ses droits souverains. En effet, les accords contiennent des clauses abusives, qui ont contraint la Grèce à renoncer à des pans importants de sa souveraineté. Cela a été attesté par le choix du droit anglais comme loi applicable à ces contrats, dans le but de faciliter le contournement de la constitution grecque et des obligations internationales en matière de droits humains. La remise en cause des droits humains et des obligations de droit coutumier, la présence de diverses preuves de mauvaise foi des parties contractantes, et leur caractère déraisonnable, remet en cause la validité de ces contrats.


Le Chapitre 8, Évaluation du caractère illégitime, odieux, illégal ou insoutenable de la dette, examine la dette publique grecque en regard des définitions adoptées par la Commission concernant les dettes illégales, illégitimes, odieuses et insoutenables. Il aboutit à la conclusion qu’en juin 2015, la dette publique grecque est insoutenable, puisque la Grèce ne peut payer le service de la dette sans nuire gravement à sa capacité de remplir ses obligations les plus élémentaires en matière de droits humains. Par ailleurs, le rapport apporte la preuve de la présence dans cette dette d’éléments illégaux, illégitimes et odieux, et ce pour chaque groupe de créanciers.


La dette envers le FMI doit être considérée illégale car elle a été consentie en violation des propres statuts du FMI, et que les conditions qui l’accompagnent violent la Constitution grecque, les obligations du droit coutumier international et les traités signés par la Grèce. Elle est illégitime, puisque les conditions imposées comprennent des dispositions qui violent les obligations en matière de droits humains. Enfin, elle est odieuse, puisque le FMI savait pertinemment que les mesures imposées étaient antidémocratiques, inefficaces, et allaient provoquer de graves violations des droits socio-économiques.

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E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.


La dette envers la BCE doit être considérée illégale car la BCE a outrepassé son mandat en imposant l’application de programmes d’ajustement macroéconomique (par exemple la déréglementation du marché du travail), ceci par l’intermédiaire de sa participation à la Troïka. La dette envers la BCE est également illégitime et odieuse, car l’objectif du Securities Market Programme (SMP) était en fait de servir les intérêts des institutions financières en permettant aux principales banques privées grecques et européennes de se débarrasser de leurs obligations grecques.


Le FESF a octroyé des prêts hors liquidités qu’il faut considérer comme illégaux parce que l’Article 122(2) du TFUE est violé, et parce que ces prêts portent atteinte par ailleurs à un certain nombre de droits socio-économiques et de libertés civiques. De plus, l’Accord cadre du FESF de 2010 et le Master Financial Assistance Agreement de 2012 contiennent plusieurs clauses abusives témoignant d’une attitude immorale de la part du prêteur. Le FESF va également à l’encontre de principes démocratiques, ce qui rend ces dettes illégitimes et odieuses.


Les prêts bilatéraux doivent être considérés comme illégaux car ils violent les procédures spécifiées dans la Constitution grecque. Les prêts révèlent une attitude immorale des prêteurs et présentent des conditions qui contreviennent au droit et à l’action gouvernementale. Il y a atteinte tant au droit de l’Union européenne qu’au droit international lorsque les droits humains sont évincés par des programmes macroéconomiques. Les prêts bilatéraux sont par ailleurs illégitimes puisqu’ils n’ont pas été utilisés dans l’intérêt de la population, mais ont seulement servi à sauver les créanciers privés de la Grèce. Enfin, les prêts bilatéraux sont odieux car en 2010 et 2012 les États prêteurs et la Commission européenne, tout en étant conscients de ces violations potentielles, se sont bien gardés d’étudier l’impact sur les droits humains des ajustements macro-économiques et consolidation budgétaire qui étaient la condition des prêts.


La dette envers des créanciers privés doit être considérée illégale parce que les banques privées ont eu une attitude irresponsable avant l’existence de la Troïka, ne respectant pas une diligence raisonnable, et parfois, comme dans le cas de fonds spéculatifs, agissant de mauvaise foi. Une partie des dettes envers les banques privées et les fonds spéculatifs sont illégitimes pour les mêmes raisons qu’elles sont illégales ; de plus, il était illégitime que des banques grecques soient recapitalisées par les contribuables. Les dettes envers les banques privées et les fonds spéculatifs sont odieuses, puisque les principaux créanciers étaient bien conscients que ces dettes n’étaient pas contractées dans l’intérêt de la population mais pour augmenter leurs propres bénéfices.

Le rapport se conclut sur quelques considérations pratiques. Le Chapitre 9, Fondements juridiques pour la répudiation et la suspension de la dette grecque souveraine, présente différentes options pour l’annulation de la dette et expose tout particulièrement les conditions dans lesquelles un État souverain peut exercer son droit à poser un acte unilatéral de répudiation ou de suspension de paiement de sa dette en droit international.

Il existe plusieurs arguments juridiques permettant à un État de répudier ses dettes illégales, odieuses et illégitimes. Dans le cas grec, un tel acte unilatéral peut se fonder sur les arguments suivants : la mauvaise foi manifeste des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer son droit national et ses obligations internationales en matière de droits humains ; la primauté des droits humains sur les autres accords tels que ceux conclus par les gouvernements précédents avec les 
créanciers de la Troïka ; la coercition ; la présence de clauses abusives violant la souveraineté de l’État grec ; et enfin le droit reconnu en droit international pour un État de prendre des contre-mesures quand les créanciers posent des actes illégaux.
 S’agissant des dettes insoutenables, tout État est juridiquement fondé à utiliser l’argument de l’état de nécessité qui permet à un État confronté à situation exceptionnelle de
 sauvegarder un de ses intérêts essentiels menacé par un péril grave et imminent. Dans une telle situation, il peut s’affranchir de l’exécution d’une obligation internationale telle que le
 respect d’un contrat de prêt. Enfin, les États disposent du droit de se déclarer unilatéralement insolvables lorsque le service de leur dette est insoutenable, sachant que dans ce cas ils ne commettent aucun acte illégal et sont affranchis de toute responsabilité.


La dignité du peuple grec vaut plus qu’une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable

À l’issue de ses premières investigations, la Commission considère que la Grèce a été et est toujours la victime d’une tentative de meurtre froidement préméditée par le trio que sont le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne. Cette attaque violente, illégale et immorale a été réalisée avec l’assentiment et la complicité des États européens qui, au lieu de servir et défendre l’intérêt général, ont préféré se mettre au service des banques et des intérêts particuliers d’une minorité.

En mettant ce rapport à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, la Commission considère avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision de la Présidente du Parlement du 4 avril 2015. La Commission espère que son rapport constituera un outil utile pour toutes celles et tous ceux qui veulent sortir de la logique mortifère de l’austérité et qui se lèvent pour défendre ce qui ce qui est en danger aujourd’hui : les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples et l’avenir des générations à venir.

Aujourd’hui, en réponse à ceux qui leur imposent des mesures iniques, le peuple grec pourrait leur rappeler ce propos de Thucydide lorsqu’il évoquait la constitution de son peuple : « Elle a reçu le nom de démocratie, parce que son but est l’utilité du plus grand nombre et non celle d’une minorité. » (Oraison funèbre de Périclès rapportée par Thucydide dans La guerre du Péloponnèse)

Traduction : CADTM

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 17:56

Pour le droit des peuples d’auditer la dette publique.

Pour signer, cliquez ici : GreekDebtTruthCommission.org

4 mai

 

Aux peuples d’Europe et du monde entier,


À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.

Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !

Le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde

En effet, composée de citoyennes et de citoyens volontaires venus des quatre coins du globe, cette Commission ne va pas manquer de faire des émules dans d’autres pays. D’abord, parce que le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde. Ensuite, parce qu’il y a désormais des millions et des millions de citoyennes et de citoyens qui, à juste titre, posent des questions à la fois élémentaires et fondamentales concernant cette dette :

« Qu’est devenu l’argent des emprunts, à quelles conditions ces emprunts ont-ils été conclus ? Combien d’intérêts ont été payés, à quel taux, quelle part du principal a déjà été remboursée ? Comment la dette a-t-elle enflé sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? À quoi ont-ils servi ? Quelle part a été détournée, par qui et comment ? 

 

Et aussi : Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui a prêté et quel a été son rôle ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ? Comment des dettes privées sont-elles devenues « publiques » ? Qui a engagé des projets inadaptés, qui a poussé en ce sens, qui en a profité ? Des délits, voire des crimes, ont-ils été commis avec cet argent ? Pourquoi n’établit-on pas les responsabilités civiles, pénales et administratives ? »

Toutes ces questions vont être analysées de manière rigoureuse par la Commission spéciale créée à l’initiative de la Présidente du Parlement hellénique. Cette commission a reçu comme mandat officiel de « rassembler toutes les données en rapport avec l’émergence et l’accroissement démesuré de la dette publique et de les soumettre à un examen scientifique minutieux afin de définir quelle en est la portion qui peut être identifiée comme dette illégitime ou illégale ou odieuse ou insoutenable, cela tant pendant la période des Mémorandums, de mai 2010 à janvier 2015, qu’au cours des années précédentes. Elle doit aussi publier des informations précises, accessibles à tous les citoyens, étayer les déclarations publiques, susciter la prise de conscience de la population grecque, de la communauté internationale, de l’opinion publique internationale, et enfin rédiger des arguments et des demandes relatifs à l’annulation de la dette. » 

Nous considérons que c’est le droit démocratique le plus élémentaire de tout citoyen de demander et d’obtenir des réponses claires et précises à toutes ces questions. Nous considérons aussi que refuser d’y répondre constitue un déni de démocratie et un refus de transparence de la part de ceux d’en haut qui ont inventé et utilisent le « système-dette » afin de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Plus grave encore : nous considérons qu’en gardant jalousement pour eux le monopole de décider du sort de la société, ceux d’en haut privent l’écrasante majorité des citoyennes et des citoyens non seulement du droit de décider, mais surtout du droit de prendre entre leurs mains leurs destinées ainsi que les destinées de l’humanité !

C’est pourquoi, dans cette situation d’urgence nous lançons à toutes les citoyennes et à tous les citoyens, aux mouvements sociaux, aux réseaux et mouvements écologiques et féministes, aux syndicats de travailleurs et aux formations politiques qui ne se reconnaissent pas dans cette Europe néolibérale et de moins en démocratique et humaine, l’appel urgent suivant :

Exprimez votre solidarité à cette Grèce qui résiste en soutenant maintenant et en actes la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque et son travail d’identification de la partie illégale, illégitime, odieuse et/ou insoutenable de cette dette.

Défendez-la contre les attaques indignes dont elle fait l’objet de la part de tous ceux qui, en Grèce et dans le monde, ont intérêt à garder bien cachée la vérité sur le « système-dette ».

Participez activement aux processus d’audit citoyen de la dette qui sont en train de se développer partout en Europe et ailleurs.

Partagez en réseau votre soutien et votre solidarité, car seuls ce soutien et cette solidarité internationale sont en mesure de contrecarrer le plan des puissants d’asphyxier la Grèce qui lutte contre nos ennemis communs : les politiques d’austérité et la dette qui nous étranglent !

Face à un adversaire expérimenté, uni, bien coordonné, armé de pouvoirs exorbitants et surtout décidé à mener jusqu’au bout son offensive contre nous tous et toutes qui constituons l’écrasante majorité de nos sociétés, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de résister séparément, chacun dans notre coin.

Unissons donc nos forces dans un vaste mouvement de solidarité avec la Grèce qui résiste et apportons notre soutien à la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, en multipliant de telles commissions d’audit de la dette partout où cela est possible.

La lutte du peuple grec est notre lutte et sa victoire sera notre victoire car seule notre union fait notre force.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 14:05

Grèce, France, Europe : l'austérité tue, la démocratie meurt.Résistons! Manifestation à Paris samedi 20 juin.Trajet / parcours : départ 15h Place de Stalingrad en direction de République


Suivi d'assemblées citoyennes et d'un rassemblement festif Place de la République

En Grèce et dans de nombreux pays européens, les puissances de l'austérité bafouent les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elles érigent des murs aux frontières et provoquent ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd'hui, les institutions européennes et gouvernements tentent de faire plier la Grèce, d'étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l'appel des mouvements grecs « Unis contre l'austérité et l'injustice sociale ».

A l'appel du mouvement social grec :

« Le peuple grec en votant en faveur d'un gouvernement de gauche pour les soutenir, a décidé de briser le consensus néolibéral. La solidarité et le soutien populaire massif permettront d'atteindre le meilleur résultat dans l'affrontement entre notre camp et l'élite politique et économique européenne. Luttons pour une Europe de la dignité et de la solidarité et contre une Europe de profit, une Europe forteresse. Nous appelons toutes les forces sociales et politiques à participer à la semaine de solidarité et à construire des coalitions nationales puissantes pour soutenir la lutte européenne contre l'austérité. »

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d'une pétition ayant rassemblé plus de 20 000 signatures « La Grèce, une chance pour l'Europe ».

La Grèce, une chance pour l'Europe :

« Nous demandons instamment à François Hollande de s'opposer à l'étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l'initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d'étude, pour dire ensemble: nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe, »

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages.

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin. Départ 15h de Stalingrad pour la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif.

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, votre Europe n'est pas la nôtre !

Signataires :

Collectif Avec les Grecs

ALG : ATTAC, Bloco des Esquerda France, CADTM, Collectif Roosevelt, Compagnie Erinna / Grèce Résistante, Club des socialistes affligés, Economistes Atterrés, EELV, Ensemble, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Grèce-France Résistance, GU, Jeunes écologistes, Les Amis du Monde diplomatique, Les effronté-e-s, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Marches européennes, Mémoire des luttes, République et socialisme, Solidarité France-Grèce Santé, Syriza Paris, Transform!

CAC Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Assos et collectifs : AC!, Act up-Paris, Aitec, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM-IPAM, Collectif National des Droits des Femmes, Collectif Richesse, Coopérative DHR, Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Utopia, LDH, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, RECit, Réseau Éducation Populaire.

Syndicats : Confédération CGT, Fédération des Finances CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Sud Banque populaire - Caisse d'épargne (Sud BPCE), Union syndicale Solidaires.

En soutien : Alternatifs, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d'éducation populaire (MPEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti de Gauche (PG), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti pour la Décroissance.

Grèce, France, Europe : l'austérité tue, la démocratie meurt.

Résistons! Manifestation à Paris samedi 20 juin

Trajet / parcours : départ 15h Place de Stalingrad en direction de République
Suivi d'assemblées citoyennes et d'un rassemblement festif Place de la République

En Grèce et dans de nombreux pays européens, les puissances de l'austérité bafouent les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elles érigent des murs aux frontières et provoquent ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd'hui, les institutions européennes et gouvernements tentent de faire plier la Grèce, d'étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l'appel des mouvements grecs « Unis contre l'austérité et l'injustice sociale ».

A l'appel du mouvement social grec :

« Le peuple grec en votant en faveur d'un gouvernement de gauche pour les soutenir, a décidé de briser le consensus néolibéral. La solidarité et le soutien populaire massif permettront d'atteindre le meilleur résultat dans l'affrontement entre notre camp et l'élite politique et économique européenne. Luttons pour une Europe de la dignité et de la solidarité et contre une Europe de profit, une Europe forteresse. Nous appelons toutes les forces sociales et politiques à participer à la semaine de solidarité et à construire des coalitions nationales puissantes pour soutenir la lutte européenne contre l'austérité. »

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d'une pétition ayant rassemblé plus de 20 000 signatures « La Grèce, une chance pour l'Europe ».

La Grèce, une chance pour l'Europe :

« Nous demandons instamment à François Hollande de s'opposer à l'étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l'initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d'étude, pour dire ensemble: nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe, »

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages.

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin. Départ 15h de Stalingrad pour la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif.

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, votre Europe n'est pas la nôtre !

Signataires :

Collectif Avec les Grecs

ALG : ATTAC, Bloco des Esquerda France, CADTM, Collectif Roosevelt, Compagnie Erinna / Grèce Résistante, Club des socialistes affligés, Economistes Atterrés, EELV, Ensemble, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Grèce-France Résistance, GU, Jeunes écologistes, Les Amis du Monde diplomatique, Les effronté-e-s, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Marches européennes, Mémoire des luttes, République et socialisme, Solidarité France-Grèce Santé, Syriza Paris, Transform!

CAC Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Assos et collectifs : AC!, Act up-Paris, Aitec, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM-IPAM, Collectif National des Droits des Femmes, Collectif Richesse, Coopérative DHR, Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Utopia, LDH, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, RECit, Réseau Éducation Populaire.

Syndicats : Confédération CGT, Fédération des Finances CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Sud Banque populaire - Caisse d'épargne (Sud BPCE), Union syndicale Solidaires.

En soutien : Alternatifs, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d'éducation populaire (MPEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti de Gauche (PG), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti pour la Décroissance.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:36
A lire sur liberonsgeorges
19 juin 2015
 
 

Meeting international pour la défense des prisonniers politiques révolutionnaires.


ON A RAISON DE SE RÉVOLTER ! Le Collectif Rouge Internationaliste pour la défense des prisonniers politiques révolutionnaires (C.R.I. Rouge) organise un meeting international pour la défense des prisonniers politiques révolutionnaires : samedi 27 juin...


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14 juin 2015
 

Le comité anti impérialiste Coup Pour Coup 31 organise une soirée de soutien aux prisonniers révolutionnaires, avec une pensée particulière pour Khalida Jarrar, Ahmed Sa’adat, Georges Abdallah, Leonard Peltier, Mumia Abu-Jamal et Albert Woodfox, le vendredi...
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12 juin 2015
 

✭ Cortège de soutien à Georges Abdallah à la manifestation antifasciste du 6 juin 2015. ✭ Au rassemblement du mardi 9 juin à Paris (Belleville) à l'appel de La Voie révolutionnaire du 17 décembre, en soutien à la résistance et au combat du peuple tunisien....
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4 juin 2015
 

Georges Abdallah Solidarité


✭ Mardi 2 juin, comme tous les premiers mardis du mois, le comité bordelais pour la libération de Georges Abdallah a tenu une table d'informations devant le cinéma UTOPIA. ✭ Samedi 30 mai, le comité de soutien PACA - Marseille était invité à la fête de...
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2 juin 2015
 

Extrait inédit. (Enregistré, mixé et masterisé par Akye / Voix : Skalpel / Prod :Many the Dog - Extraits discours de G.I.Abdallah) Lors de l'été 2014, Israël mène l'opération militaire « Barrière de protection » sur la bande de Gaza. En parallèle, une...

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 22:33
Présents: JM Rouillan, Noël Godin, le réalisateur JH Meunier. Soirée de soutien au film le 18 juin à Montreuil

Projection de soutien en avant-première!

jeudi 18 juin ... Les Chaudronneries. 124 rue de Rosny, 93100 Montreuil à 20 heures



En présence des comédiens Noël Godin, Jean-Marc Rouillan, Miss Ming, du réalisateur Jean-Henri Meunier et de l'équipe du film.



PAF pour soutenir le film: 5€ ou plus...

 

Vous connaissez peut-être les films de Meunier, nous c'est "Allô Najac, à vous la terre" qui nous reste en mémoire et qui fait naître un sourire rentré au souvenir des personnages, personnes réelles, parfois irréelles à force d'être improbables.

 

Le film de Meunier comme les précédents ne repose pas sur la richesse, vous pensez bien!. Alors n'hésitez pas à aller voir ce que vous pensez du nouvel opus, et en tous les cas à participer par votre entrée au soutien financier.

Et, nous attendons vos réactions.



Synopsis :
La révolution, c'est pas de la tarte, même pour Noël, agitateur anarcho-burlesque et impérial trublion de l'internationale pâtissière. Et comme le chemin est long du grand soir à l'aube radieuse, autant le faire en Cadillac. A condition, bien sûr, d'en dénicher une, parce que les Cadillacs c'est comme les indignés, plus on en parle, moins on en trouve. Mais question tôle, c'est quand même plus classe qu'une cellule à la Santé. C'est pas Jean-Marc qui dira le contraire. Un persévérant, Jean-Marc, pas le genre à se résigner. Avec lui, faut savoir se contenter de beaucoup. Longtemps porté sur l'action directe, il découvre avec Noël les charmes de la révolution buissonnière.


Et tous deux nous entraînent sur les chemins de traverse, par delà les barrages, au gré des Muses et des rencontres complices, irrésistiblement aspirés par la quête d'un monde meilleur.

Présents: JM Rouillan, Noël Godin, le réalisateur JH Meunier. Soirée de soutien au film le 18 juin à Montreuil

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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2