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L'Internationale

L'Internationale, 1983. Le premier numéro d'un journal paraît, qui reprend le titre de celui publié en 1915 par Rosa Luxemburg - emprisonnée - alors que s'affrontaient les peuples entraînés dans la plus grande des boucheries par le capitalisme, l'impérialisme, et alors que s'étaient ralliés à celle-ci les partis de l'Internationale. En 1919, ceux-ci mettront à mort celle qui avait résisté et qui pour cela avait été emprisonnée. L'internationale 1983 comptera 11 numéros, avant de devoir s'arrêter momentanément : Il témoignera de luttes - et certains qui menèrent ces luttes sont encore aujourd'hui emprisonnés. Il réfléchira à l'évolution du capitalisme - et cette réflexion reste toujours aussi nécessaire. Le blog linter est la chronique d'un journal, c'est par là même la chronique des luttes menées alors, cela pourra être aussi la chronique de luttes menées ... aujourd'hui.

      

       SONJA SUDER EST LIBRE         Procès C. Gauger, S. Suder: Une page pour s'informer 

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Aux camarades, visiteurs du blog, bienvenue ...
Aux camarades qui viennent de rejoindre le blog, bienvenue. A ceux aussi qui lui rendent visite à l'occasion, bonjour. Le combat n'est jamais un échec, s'informer est déjà un pas vers la conscience. L'ordre et la sécurité ne sont pas le désir de tous, s'aliéner par tous les moyens de la société d'aujourd'hui ne nous intéresse pas. Nous ne cherchons pas à exploiter l'autre. Nous ne tournons pas la page des combats passés, ils sont partie de nous. Et chaque mot que nous lisons, chaque image  que nous voyons, contribue à nous former. Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes solidaires. Nous chassons les chasseurs d'enfants. Et nous sommes  le jour face à la nuit sans cesse renouvelée de la violence et de l'oppression. Il n'y a pas d'âge pour la révolte. Et 68 rejoint l'esprit de la Bastille de ce 6 mai où les pavés ont su de nouveau voler. La révolte est une et se rit de toutes les différences.

Pour tous ceux qui viennent sur ce blog, qui font "la route des insoumis" que décrit Nathalie, qui sont et seront les révolutionnaires de demain dont parle Jean-Marc, qui se reconnaissent ce droit à l'insurrection que revendique Georges. Pour chacun, ce collage de Joëlle, mieux qu'un bras d'honneur, à tous ceux qui sont ce que nous refusons.

La queue de la baleine, Nathalie, nous ne la lâcherons pas!

Joëlle Aubron

Sur ce collage, un poème. linter
C'est l'automne, et ce n'est pas l'automne,
Ces femmes qui marchent
Des combattantes?
Des femmes qui marchent?
Vie de tous les jours ou vie d'exception?
Guerre d'Espagne,
Journées d'après occupation?
Journées d'après l'occupation?
La vie est simple
comme l'est souvent le combat

Entre l'or du feuillage
et le noir et blanc de la vie
Cette image sensible

Georges lors d'une audience devant le JAP en 2005
En tout premier lieu, du fait qu'il va être question ici de mes inclinaisons politiques et de mon évolution depuis 1987 au sein du monde carcéral, je tiens à faire une déclaration de principe : ainsi, conformément à la Constitution de la République française de 1792, repris par l'Article 35 du 26 Juin 1793 *, stipulant un droit à l'insurrection, qui a servi à Valmy pour sauvegarder et étendre la révolution, qui a servi en 1871 avec la Commune de Paris contre l'occupation Prussienne, qui a encore servi en 1940 contre l'occupation national-socialiste allemande et la collaboration pétainiste française, et pour encore servir concrètement après 1968 dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest avec l'insurrection armée larvée et latente contre chaque Etat capitaliste en place et contre l'OTAN ; une Constitution qui après avoir servi depuis son avènement de réfèrent à la plupart des peuples de par le monde pour se libérer des différents maux entretenus que sont, soit l'occupation étrangère, soit l'oppression de classe, soit l'exploitation de l'homme par l'homme jusqu'à l'esclavagisme, leur a ouvert une perspective politique. Et dès lors dans l'assurance qu'elle restera de même une référence au futur pour tous les peuples épris de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie, conformément à cette Constitution de 1792 donc, je me refuse à abjurer ces moments historiques comme je me refuse à abjurer la stratégie de Lutte Armée pour le communiste, qui en est une expression particulière.
(
Georges Cipriani  MC Ensisheim, 49 rue de la 1ère armée 68 190 Ensisheim)


Jean-Marc dans une interview en 2005

C'est la question centrale (la question du repentir) depuis notre premier jour de prison. Et c'est le pourquoi de nos condi­tions de détention extraordi­naires, des restrictions actuelles sur le droit de communiquer ou de la censure des correspon­dances. Dans aucune des lois de l'application des peines, il n'est stipulé que le prisonnier doit ab­jurer ses opinions politiques. Mais pour nous, certains procu­reurs n'hésitent pas à affirmer que les revendications du com­munisme impliquent une récidive. Je sais bien que si nous nous repentions, nous serions soudai­nement adulés par la bonne so­ciété, mais ce n'est pas notre vi­sion de la responsabilité poli­tique. Notre engagement n'est pas à vendre ni à échanger contre un peu de liberté.
(Jean-Marc Rouillan 147575 Cd des baumettes, 230 Chemin de Morgiou Marseille Cedex 20

Joëlle à sa sortie le 16 juin 2004
Je suis fatiguée, aussi je dirai seulement trois choses :
La première est d'être bien sûr contente d'avoir la possibilité de me soigner.
La seconde est que l'application de la loi de mars 2002 reste cependant pour de nombreux prisonnières et prisonniers très en deça de son contenu même.
La troisième est ma conscience de ce que la libération de mes camarades est une bataille toujours en cours. Régis est incarcéré depuis plus de 20 ans, Georges, Nathalie et Jean-Marc, plus de 17. Je sors de prison mais je dois d'abord vaincre la maladie avant de pouvoir envisager une libération au sens propre. L'objectif reste ainsi celui de nos libérations.

Nathalie, en février 2007

Cependant, pour nous, militant-e-s emprisonné-e-s du fait du combat révolutionnaire mené par l’organisation communiste Action directe, nous sommes sûrs de notre route : celle des insoumis à l’ordre bourgeois. Tant que des femmes et des hommes porteront des idées communistes, les impérialistes au pouvoir frémiront jusqu’à ce que la peur les gèle dans leurs manoirs sécurisés à outrance.

22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 17:58
actualit___de_la_r__sistance_anti-imp__rialiste.jpgA l'heure où de nouveau, la mobilisation auprès des militants italiens devient indispensable, une archive "d'Actualité de la résistance anti-impérialiste" qui pose déjà la nécessité de cette solidarité et qui réfléchit aussi sur les formes du soutien.

Pour consulter le blog:
linter.over-blog.com

Une contre-information qui ne s'accorde pas aux hurlements des loups

Actualité 0/2, 15 avril 1978


Antonio Bellavita, journaliste italien, directeur de la revue contro Informazione, réfugié politique accusé d'appartenir aux Brigades rouges et dont le gouvernement italien réclame l'extradition, a été remis en liberté provisoire par la chambre d'accusation qui statuera sur la demande d'extradition le 10 mai prochain.

Une vaste campagne de signatures d'une ampleur sans précédents due à l'initiative de Libération où Antonion B. travaille comme monteur offset a fait reculer le pouvoir. Jamais ces dernières années une telle mobilisation n'avait été entreprise pour un prisonnier politique menacé d'être livré à un pouvoir étranger. Dans notre premier numéro 0, nous avions appelé à soutenir Antonio B. à son procès et nous nous réjouissons de ce premier succès. Pourtant quelques remarques s'imposent:

1) Il est certain que la campagne de grande envergure lancée par Libération a permis de mobiliser de nombreuses personnalités dont la plupart appartenait au monde de la presse. Nous espérons qu'à l'avenir Libération ainsi que d'autres journaux, engageront les mêmes forces, les mêmes énergies, nous espérons que Libération fera aussi publier une demi-page du Monde pour d'autres camarades dans le même cas qu'Antonio B. Cela aurait pu changer quelque chose pour Detlev Schulz, Klaus Croissant ou d'autres dont nous ne connaissons même pas les noms. Peut-être qu'un tel engagement aurait pu être utile pour Puig Antich, où pour les cinq prisonniers que Franco a fait garroter. Bref, nous espérons qu'à l'avenir, Libération n'hésitera plus à mettre toutes ses forces dans la balance lorsqu'il s'agit de sauver des prisonniers. Mais cela ne doit pas faire oublier que pour Antonio B., tout n'est pas gagné, c'est pourquoi nous invitions ceux qui ne l'auraient pas encore fait à signer la pétition diffusée par Libé. Nous espérons également que Libé et d'autres sauront mobiliser tout ce qui est mobilisable pour empêcher la ratification de la Convention européenne sur la répression du terrorisme et que nous pourrons compter sur eux pour empêcher qu'un "espace judiciaire européen" voie le jour, dans le but de poursuivre partout en Europe ceux qui résistent au nouveau fascisme afin de les isoler et de les exterminer.

2) Cela a été dit et redit au procès par les avocats d'Antonio B., Libération l'a souligné, Antonio B. est un journaliste, pas un terroriste. Cela est dangereux car qui aura le courage si ce terme de "terroristes" est repris sans le critiquer, de défendre demain ceux que le pouvoir et les médias qualifient  quotidiennement de "terroristes"? Ceux qui résistent, ceux pour qui les Etats au service de l'impérialisme US font partie de la plus grande association de malfaiteurs de tous les temps, une association dont les membres sont, selon ces résistants, ITT, Shell, Genral Motors, IBM, Siemens. Ceux qui luttent contre un système qui bafoue tous les jours les droits de l'homme, vole, viole, pille, torture, complote, massacre, utilise des armes meurtrières comme les bombes à fragmentation ou met au point des programmes d'extermination de prisonniers politiques, assassine dans les prisons, ceux-là seraient des terroristes? Des terroristes, ceux qui luttent contre un système où le profit est tout et où l'homme n'est rien? Antonio Bellavita est poursuivi parce qu'il a eu le courage, même si peut-être il n'est pas d'accord avec les méthodes de ces groupes, parce qu'il a eu l'honnêteté de publier des textes des brigades rouges et des NAP (Noyaux armés prolétariens). Il ne s'est pas contenté de reprendre l'accusation de terrorisme, celle qu'ont eu à subir tous les résistants: français contre les nazis, algériens, vietnamiens etc, ceux qui ont combattu la vraie terreur, celle du capital dans sa phase impérialiste. Antonio B a mené des contre-enquêtes sur des massacres comme celui de Milan, dirigé contre les populations civiles et où étaient impliqués services secrets, extrême-droite et gouvernement démocrate chrétien. Il a dénoncé ce terrorisme aveugle et non les combattants des brigades rouges. C'est parce qu'il leur a permis de s'exprimer que l'Etat italien veut sa peau.

La campagne pour la libération d'Antonio B doit être mené dans ce sens-là, en dénonçant les vrais terroristes et non pas en accablant les résistants. C'est dans ce sens-là que nous la mèneront afin qu'en empêchant l'extradition d'Antonio B. soit reconnu le droit à une vraie contre information, une contre-information qui ne s'accorde pas aux hurlements des loups, et où les journalistes sont autre chose que des charognards. Antonio B. est un camarade, un journaliste qui a refusé de qualifier de "terroristes"des gens qui luttent contre un système de terreur. En ce sens, il n'est pas un terroriste, alors pourquoi faire le procès des brigades rouges, Nous appelons à venir nombreux le 10 mai au Palais de Justice soutenir Antonio Bellavita face à ses juges.

Actualité No O. 1ER AVRIL 1978 (Pour se remémorer les faits)

Antonio Bellavita, ancien directeur de la revue italienne "controinformazione" a été arrêté et placé en détention à la prison de Fresnes à la suite de plusieurs mandats d'arrêt du parquet de Turin, dont le premier remonte à 1974. La justice italienne lui reproche une éventuelle participation aux Brigades rouges.
De fait, Antonio Bellavita vit à Paris depuis 1974 où il s'est réfugié à la suite d'une machination policière. Son domicile est connu et de plus il travaillait et était déclaré à Libération.
En 1976, la police française n'avait pas voulu donner suite à une demande d'information de la part de la police italienne concernant A.B. Arrêté puis mis hors de cause sous prétexte d'avoir participé à l'assassinat de François Duprat, Antonio B. est maintenu en détention alors qu'aucune preuve n'existe contre lui. Incapable d'arrêter les membres des brigades rouges, les polices européennes s'en prennent à des militants, qui il y a déjà plusieurs années de cela, ont fait connaître la lutte de ce groupe révolutionnaire. La police italienne a besoin d'un coupable pour l'enlèvement d'Aldo Moro. Il est évident qu'Antonio Bellavita ne se trouvait pas à Rome à cette époque.Les services de police français, après s'en être pris à des militants des ex Garis, arrêtés par l'antigang dans le métro et maintenus plus de 50 heures en garde à vue, veulent montrer les dents et prouver ainsi qu'ils luttent contre le "terrorisme".
Le statut d'Antonio Bellavita est celui d'un otage emprisonné comme l'a été Klaus Croissant pour délit d'opinion. Il semble d'ailleurs que les autorités françaises aient voulu faire de la surenchère répressive, muisque le parquet de Turin n'a pas envoyé de demande d'extradiction.
Antonio Bellavita comparaîtra malgré tout devant la Chambre d'accusation, la même qui avait précipitemment ordonné l'extradition de K Croissant. Le jour de sa comparution est fixé au mercredi 5 avril au Palais de Justice de Paris.
NOUS INVITIONS A Y ASSISTER NOMBREUX AFIN D'EMPECHER L'EXTRADITION D'ANTONIO BELLAVITA.

Antonio est décédé en décembre 2006.
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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 20:22
figuier.jpgLe Liban a fait l'objet d'un nombre important d'articles dans "Actualité". C'est donc un gros dossier qui devrait être consacré à ce thème dans notre section archives. Alors pour commencer, et parmi les textes et infos publiés, nous choisissons de reprendre - parce que cela a valeur d'archives - l'interview publiée dans les numéros 6 et 7, d'octobre et novembre 1978. Et parce que nous ne pensons pas que le nom de Tel-Zaatar ait pu disparaître des mémoires. linter. (Pour consulter le blog: linter.over-blog.com)

I ère partie -
Actualité No 6, octobre 1978
Liban/Palestine

Au moment où la radio et la télévision françaises vantent les "exploits "des groupes de la droite libanaise, il nous paraît utile de donner la parole à un combattant de la résistance palestinienne: le commandant Selmann, officier du "Fatah" qui a été le combattant dans la bataille de Tel zaater. Nous empruntons ce témoignage au journal  "Révolution africaine", organe central du FLN. Il s'agit du récit de la bataille de Tel-Zaater qui opposa en juillet-août 1976, quelques dizaines de fedayines à plusieurs bataillons des milieux de droite, surarmés, soutenus matériellement par Tel-Aviv et par d'autres capitales occidentales. La bataille qui a duré 53 jours a fait plus de 3200  martyrs palestiniens.

RA: Vers quelles années, les premiers Palestiniens s'installèrent-ils à Tel-Zaater?

Commandant Selman : les premiers groupes palestiniens chassés par Israel commencèrent à s'installer à Tel-zaater (T). en 1951. A cette époque, ilsn'étaient pas très nombreux. T est une région très basse, située tout près des usines de capitalistes libanais. On dirige donc les premiers réfugiés palestiniens vers cette zone industrielle attenante à ce camp. Le patronant libanais avait à sa disposition une main d'oeuvre fraîchement arrivée de Palestine et dont les habitations étaient situées à proximité, c'est-à-dire à T. La création de ce camp draîna par la suite une émigration massive des réfugiés palestiniens installés dans une première phase dans différents camps, et surtout dans le Sud-Liban. T. devient le lieu de refuge de centaines de Palestiniens chassés par les hordes sionistes, un beau matin, de leur patrie et qui franchissaient la ligne d'armistice libano-israélienne avec, en guise de bagages, un simple ballot sur le dos. Ces réfugiés arrivèrent dans ce pays dans un état moral des plus déprimants. Il fallait d'abord se nourrir et se faire loger. On improvisa ainsi les premiers baraquements construits en tôle.
Pour nos frères, T apparaissait à cette époque comme une bouée de sauvetage. Pour eux, en attendant des lendemains meilleurs - les pays arabes nous promettaient de libérer la Palestine - T était une sorte de "cadeau du ciel". On y habitait entre Palestiniens, parfois issus de la même région, et l'on travaillait juste à côté ...
par la suite, le gouvernement libanais tenta de freiner l'émigration vers ce camp, mais sans y réussir. Et le nombre de Palestiniens n'en diminua pas moins jusqu'à atteindre dans les dernières années 20 000 habitants.

RA: En 1976, ces vingt mille habitants allaient être les héros d'une bataille de 53 jours. Commandant Selman, pourriez-vous décrire la vie quotidienne de ces habitants durant le siège de T?

Commandant Selman: A vrai dire, le siège de T. commença bien avant l'été 1976. Les miliciens isolationnistes arrivèrent au lendemain du 13 avril 1975 pour ne repartir que le 13 août 1976. La bataille de T. n'a pas duré 53 jours seulement mais seize mois. Tout au long de cette période, les voies de communication n'avaient été ouvertes que trois ou quatre fois, cela a l'issue d'accords provisoirement intervenus entre les parties belligérantes. Des véhicules chargés de vivres et de médicaments furent autorisés à entrer dans T.
Quant à la vie quotidienne, c'etait celle que devaient mener mener des assiégés à la seule exception que ces assiégés militaient au sein d'une résistance armée depuis plus de dix ans.
Les tâches étaient réparties. Chaque habitant, enfant, homme ou femme, savait où et comment il devait servir. Dès que les bombardements s'intensifiaient, lesvieilles personnes, les femmes et les enfants de moins de douze ans, rejoignaient les abris souterrains qu'ils ne quittaient qu'à la fin des combats. La violence des bombardements contre le camp, faisaient que les civils étaient parfois plus exposés au danger ...
La guerre était entrée depuis plusieurs mois dans les moeurs quotidiennes de T. Le bruit des mitrailleuses, des explosions et des roquettes devint familier même aux enfants de six ans.
Sachant que la baille pouvait durer plusieurs semaines, nous décidâmes alors de prendre les devants. On s'organisa en fonction des moyens disponibles. De leur côté, les habitants prirent également leurs dispositions. Ils constituaient d'importants stocks alimentaires, de munitions et de médicaments. Le temps du rationnement commençait pour eux. Pour ce qui est des combattants, , les mesures étaient encore plus draconiennes. Ils étaient plusieurs centaines. Il y avait même des enfants parmi eux. Pour ce qui est de l'effectif des hommes armés, nous n'avions pas de statistiques précises. Toute personne qui souhaitait prendre un fusil pour combattre, était la bienvenue. Tous les civils qui nous avaient rejoints, l'avaient fait volontairement. Comme je le disais, l'effectif de nos combattants variaient. Les marturs laissaient aussitôt la place de combat sur le champ de bataille aux nouveaux volontaires qui parfois avaient à peine douze ans. Beaucoup de combattants étaient des jeunes filles.
Les combattants se scindèrent en plusieurs brigades. Il y avait ceux qui étaient aux premières lignes défensives, ceux des positions arrière et d'autres qui se reposaient après plusieurs heures de combat.
Les fedayines qui rejoignaient les abris pour "récupérer" avaient une autre tâche à accomplir. Ils devaient veiller à l'organisation dans le camp. des conférences quotidiennes étaient tenues et avaient pour but d'informer la population sur les derniers développements au Liban et de l'état de nos moyens de défense. Ils avaient également pour tâche de veiller à ce que le moral de la population ne se relâche pas. dès que les bombardementspalestiniene-jo-lle-aubron.jpg diminuaient, les civils reprenaient leur ouvrage: construction de barricades, des casemates, soins aux blessés, creusemement de tranchées.  Les jeunes filles assuraient les premiers soins aux blessés et alimentaient en eau les combattants (2ème partie dans le numéro 7)
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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 19:45
pour consulter le blog de linter: linter.over-blog

palestiniene-jo-lle-aubron.jpg(L'illustration est un extrait d'un collage de Joëlle Aubron)


Actualité de la résistance anti-impérialiste, No 7, novembre 1978

LIBAN/PALESTINE

Nous continuons la parution de l'interview du commandant Selman, officier du Fatah, qui témoigne sur la bataille de  Tel Zaatar. La première partie de cette interview de "Révolution africaine" (organe central du FLN) parue le 30 août 78, rappelle les conditions de l'installation des réfugiés palestiniens dans le camp de Tel-Zaatar depuis 1951 et l'organisation de la population face à l'agression des bataillons de la droite libanaise armés par les sionistes.

RA: Comment avez vous organisé la défense de Tel Zaater lors des trois derniers jours?

Commandant Selman:  Au début, nos positions stratégiques étaient situées sur des points élevés, loin des baraquements qui servaient d'habitation à la population. Durant les quinze premiers jours de la bataille, nous avions malheureusement perdu la plupart des positions stratégiques que nous avions occupées, cela à cause de la violence des bombardements et de l'offensive ennemie soutenue, que nous devions subir avec difficulté car nous manquions de possibilités.
Nous nous sommes repliés dans les baraquements du camp et dans quelques bâtiments avoisinants. Nous avions perdu dans ces premiers quinze jours de la bataille de Tel-Zaater, les meilleurs militants ainsi que les cadres militaires les plus compétents. Devant cette situation, nous devions par la suite adopter de nouveaux moyens, pour sauvegarder le reste des combattants et des cadres. de nouvelles tactiques militaires sont appliquées; c'est ainsi que nous affections seulement quelques combattants pour assurer la défense du camp, les autres occupaient des positions secondaires. Pour nous, le capital humain était très important. Cette tactique visait à repousser toute tentative d'incursion des forces de droite dans le camp. Et quand elles s'y aventuraient, elles tombaient dans le piège que nous avions tendu; les quelques occupants de la ligne de défense se repliaient et les fedayins occupant les positions secondaires passaient immédiatement à l'action et réduisaient l'offensive ennemie. Cette tactique nous avait permis de repousser des dizaines de fois l'ennemi et nos pertes humaines se réduisaient. Pour les fedayins, chaque seconde vécue était un miracle.

RA: Quel  était l'âge des plus jeunes combattants que vous  comptiez dans vos rangs?

Commandant Selman: Ils avaient à peine douze ans. Les plus jeunes s'occupaient de la surveillance du dépôt de munitions ou s'improvisiaient porteur de messages d'un poste à un autre.

RA: De quel type d'armes disposiez-vous?

Commandant Selman : L'arme essentielle était la kalachnikov. Nous avions en plus quelques armes d'assaut: BCW, des mitrailleuses lourdes de calibre 14-7, la douchka, un "deux-pièces" calibre 23 mm et deux canons seulement. L'un a été détruit au début des combats, et l'autre qui était devenu presque inutilisable, nous servit tant bien que mal jusqu'à la dernière minute.

RA : Après plusieurs semaines de combats soutenus, les fedayins n'étaient-ils pas arrivés à court de munitions? Comment avez-vous résolu ce problème?

Commandant Selman: Comme je le disais la bataille de Tel-Zaater a duré seize mois. Durant toute cette période, nos fedayins se sont entraînés malgré les faibles moyens dont ils disposaient et avec une quantité réduite de munitions. On veillait à ne pas gaspiller nos balles, devenues la prunelle des yeux des fedayins. Dans les derniers jours de la bataille, le fedayin ne tirait que lorsqu'il était sûr d'atteindre sa cible. Bien souvent, ce fedayin refusait de tirer sur l'ennemi, de peur de le manquer et de perdre ainsi bêtement une balle.
Les habitants du camp avaient passé au peigne fin leurs maisons pour nous ramener chacun cinq ou dix balles, parfois une. Quelquefois nous récupérions des munitions sur des ennemis hors de combats.

RA : Quels étaient vos principaux cadres militaires qui vous secondaient?

Commandant Selman: Il y avait le responsable politique de la région orientale, Abd El Mohsein. Il venait à peine de recevoir son entraînement militaire. Il s'était vite formé pour s'imposer quelques temps plus tard comme un officier aguerri. Il supervisait avec moi les activités militaires du camp. Il a montré de grandes capacités d'organisateur.

RA: Par quels moyens maintenioez-vous le contact avec les dirigeants du commandement de la Révolution Palestinienne?

De bout en bout, les chefs de la résistance palestinienne et du mouvement national suivaient de près le déroulement des combats. J'étais en contact direct avec eux par radio-émetteur. Nous recevions des instructions.
Si ce n'était l'appui que leur accordaient certaines forces militaires arabes, les isolationnistes - et ils le savaient très bien - n'auraient pas tenu jusqu'au bout à Tel-Zaater, dont on voulait faire, par notre résistance farouche, un bastion inexpugnable de la Révolution Palestinienne. On nous a dépéché des renforts, ce qui a quelque peu contribué à relever le moral des combattants à l'intérieur du camp jusqu'aux derniers moments.

RA: Vos dirigeants vous ont-ils informés que Tel-Zaater avait percé, grâce à votre détermination, la carapace de l'anonymat pour s'imposer aux yeux de l'opinion publique comme le symbole de la Résistance palestinienne?

Commandant Selman: Au moment où les combats s'intensifiaient de plus en plus à Tel-Zaater, Yasser Arafat était absent du Liban. Après son retour, il nous a informés de l'écho profond que suscitaient nos combats dans le monde. Tel-Zaater devenait alors le symbole de la résistance palestinienne et de tous les combattants progressistes dans le monde.
Fait démontré d'ailleurs par l'importance accordée par les dirigeants soviétiques entre autres à cette détermination des fedayins à vouloir résister coûte que coûte aux menées offensives répétées de la droite libalaise.
Des frères palestiniens et libanais qui rentraient d'Europe nous avaient également informés de l'audience à l'étranger de cette bataille et de l'admiration qu'ils éprouvaient pour ces fedayins.

RA: Avez-vous un fait particulier de cette bataille à nous relater?

Commandant Selman: Au moment où la colline de Tel-Amir dominant Tel-Zaater et où flottait le drapeau palestinien tomba entre les mains des isolationnistes, nous nous sommes aperçus à notre grande surprise que mon compagnon Abd El Mohsein s'était aussitôt dirigé vers cette colline pour réimplanter le drapeau palestinien. Il avançait vers Tel-Amir sans tenir compte du grave danger qui le guettait sur une distance de quatre cents mètres soumise aux tirs des phalangistes, en criant "allah Akbar". Il s'était retrouvé soudainement encadré et draînant derrière lui dans une atmosphère d'euphorie près de cinq cents de ses frères palestiniens de tous âges, scandant "allah akbar". La plupart parmi eux ne portaient pas d'armes et avançaient toujours vers la colline de Tel-Amir dont les vingt occupants isolationnistes ont dû prendre la fuite sans tirer le moindre coup de feu. C'est ainsi que le drapeau palestinien flottait toujours sur la colline de Tel-Amir ...

RA: Comment avez-vous pallier au manque d'infrastructures sanitaires?

Commandant Selman: L'Union des travailleurs palestiniens a construit au début, à l'intérieur du camp, un hôpital grâce à l'aide des habitants. Un puits a été creusé dans l'hôpital même et des abris d'urgence ont été aménagés sous une mosquée.
le croissant rouge palestinien avait mis à notre disposition deux médecins qui sont restés avec nous jusqu'au dernier jour.
Au début, les médecins pratiquaient de petites opérations, mais après l'occupation pour nos combattants de l'hôpital de Naj Thabet appartenant aux forces isolationnistes, ils ont pu pratiquer des opérations chirurgicales compliquées. Bien sûr, cela n'avait été possible qu'après le transfert à notre hôpital de Tel-Zaater de tout l'équipement chirurgical nécessaire récupéré chez l'ennemi. Nous avions ainsi fini par disposer d'un hôpital largement équipé. Cependant, une autre difficulté ne tara pas à surgir au cours de la dernière phase du combat: on manquait de mazout.
Ce qui nous a contraints par la suite à à interrompre le fonctionnement du générateur électrique de l'hôpital et à réserver uniquement la petite quantité de mazout au pompage de l'eau des puits existant dans le camp. Mais, malheureusement, vint jours après la dernière offensive des isoliationnistes, nous n'avons pas pu faire face au grand nombre de blessés à cause du manque de médicaments.
Nous avions vécu des moments critiques. Beaucoup de blessés mouraient ....le manque de médicaments a amené les médecins à soigner les blessés avec de l'eau et du sel, et des manches de chemises en guise de pansements. Il y avait aussi parmi nous une infirmière suédoise qui a fini par se faire amputer de l'un des deux membres à la suite d'une blessure.
Le sang manquait. Les blessés furent alimentés en sang par une opération de transfusion directe, c'est-à-dire que le donateur distillait directement à l'aide d'un tuyau médical approprié, son sang au blessé. Nous étions forcés à adopter cette méthode si nous voulions sauver de la mort les blessés. cela a duré jusqu'au jour où la croix-rouge internationale procéda en deux tranches, au transfert des blessés.

RA: Le nombre des martyrs de Tel-Zaater?

Commandant Selman: 3200 martyrs à Tel-Zaater mais je dois dire qu'il n'y a pas réellement de statistiques précises à ce sujet. C'est un bilan officieux

(La dernière partie de l'interview publié dans "Actualité" No 8 fera l'objet d'un prochain article)i_bug_fck
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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 17:50
Pour consulter le blog de linter: linter.over-blog.com

palestiniene-jo-lle-aubron.jpgPublier cette interview et la relire donc en la saisissant, c'est se replonger trente ans en arrière. Cela ressemble peut-être aux comptes rendus de batailles, un peu lointains. Ne pas hésiter si c'est le cas à aller sur le site de l'INA pour replonger dans l'horreur du quotidien palestinien qui sous-tend chaque mot de ce récit. Publier cette interview, c'est aussi se rendre compte de  la continuité de l'impérialisme et penser à la guerre il y a tout juste un an. C'est aussi revoir Arafat assiégé, s'éclairant à la lumière de bougies. C'est aussi penser à Mahmoud Saleh, militant assassiné à Paris dans les années 70 et penser aux militants qui depuis soixante ans maintenant se relaient dans le soutien à la Palestine. (linter)
(L'illustration est un élément d'un collage de Joëlle Aubron)


Actualité de la résistance anti-impérialiste No 8, décembre 1978
PALESTINE/LIBAN: suite de l'interview du Commandant Selman, à propos de Tel-Zaater.

Dans les deux premières parties de cette interview, le commandant Selman, officier du Fatah a expliqué, comment, alors qu'ils étaient chassés par les sionistes, dès 1961, des centaines de Palestiniens se sont regroupés dans le camp de Tel-Zaater, jusqu'à y être 20 000 et comment, alors qu'ils étaient déjà assiégés par des milices isolationnistes, ces habitants se sont organisés dans le camp pour résister 53 jours aux attaques et aux bombardements. L'interview a été reprise de "Révolution africaine", organe central du FLN algérien dans son numéro 758 (30.08.78). Nous terminons la publication de ce texte.

RA: Comment se présentait la situation sur le plan militaire à Tell-Zaater à l'aube du dernier jour de la bataille?

Commandant SELMAN: Le soir du 12 août 76, nous avions reçu l'ordre du commandant de la Résistance, de procéder au retrait des hommes armés de Tell-Zaater. L'ordre a été transmis ensuite le soir même par moi aux autres responsables du camp. En vérité, je n'avais pas pu procéder à ce retrait dès le premier jour, avant d'informer les autres responsables militaires de cette décision. Et il était déjà minuit. Il nous était impossible de sortir. Nous nous sommes retrouvés, les autres responsables militaires et moi, seuls, sans aucune protection militaire car les combattants s'étaient déjà retirés.
Nous avions été surpris alors de constater que les forces ennemies, aidées par les hommes de la saika, avaient pénétré dans le camp. La saika avait immédiatement informé les dirigeants de la droite libanaise du retrait des défenseurs du camp de Tel-Zaater. Je me suis alors dirigé vers un endroit retiré du camp pour m'enquérir de la situation de la population civile et du sort des autres fedayins. J'ai trouvé à ce moment-là près de 110 combattants et civils. Nous nous sommes constitués en cercle de défense, en guise de barricades, et nous avons réussir à tenir encore une autre journée.
Dans la nuit du 13 août, des éclaireurs palestiniens avaient inspecté les lieux de combat, ouvert une brêche qui nous permit de trouver une solution au retrait des hommes armés du camp.
Evidemment, lors de la dernière journée, nous dûmes affronter encore des escouades ennemies, tuant parmi elles 14 miliciens. Nous avons récupéré leurs armes ainsi que leurs cartes d'identité. Puis, nous quittâmes le camp en prenant la direction des hauteurs, avec 110 combattants, tous jeunes ...

RA: Que s'est-il passé après la prise de Tel-Zaater par les forces de droite?

Commandant SELMAN: Tout Palestinien dont l'âge se situait entre 10 et 40 ans a été égorgé ou criblé de balles. Les jeunes filles ont été enlevées et violées. Dans la panique généralisée qui a suivi la prise du camp, des dizaines de femmes, d'enfants ont été massacrés. Le dernier jour seulement, il y avait 1500 personnes tuées. Ils ont écartelé des Palestiniens en leur attachant les bras à une voiture et les jambes à une autre; tous les actes de barbarie primitifs ont été commis contre les derniers rescapés de Tell-Zaater.

RA: Si Tell-Zaater était à refaire?

Commandant SELMAN: Je répondrais sans hésiter oui, je suis un combattant au service de ma cause. je suis disposé à aller n'importe où, quel que soit le danger. Je suis un fedayin. Et si l'occasion se présente, je suis prêt, et ce serait un grand honneur pour moi de retourner à Tell-Zaater ou de vivre une nouvelle fois une grande bataille. En réalité, nous n'avons pas souhaité lutter pour récupérer Tell-Zaater, mais pour réaliser un rassemblement révolutionnaire. Car Tell-Zaater est une partie intégrante du territoire libanais. Pour nous, il ne constituait qu'un point de liaison entre le secteur ouest et celui de l'est.

RA: Tell-Zaater évoque pour bien des observateurs d'autres noms: Karameh, Kfar Shouba, ou Amann durant les massacres de septembre noir 1970 ...

Commandant SELMAN: Tous les combats qui ont eu lieu au Liban se ressemblent mais Tell-Zaater qui a vu un soulèvement populaire palestinien et qui a pris le nom de "camp de Karameh", a atteint un haut degré d'organisation, de combativité contre l'ennemi. Et ceci n'a été possible que grâce au grand nombre de jeunes qui y habitaient et qui avaient déjà pris part à tous les combats en Jordanie et au sud-Liban. Evidemment, la liquidation de Tel-Zaater a été le prolongement de l'exécution du complot contre la résistance palestinienne ...

RA: Avez-vous quelque chose d'autre à ajouter?

Commandant SELMAN: Je voudrais dire que Tel-Zaater a prouvé que quel que soit le nombre réduit depalestinien.jpg combattants, on peut faire face à n'importe quelle force, à condition qu'il y ait une ligne de conduite politique bien définie ainsi qu'une mobilisation effective des masses.

Tel-Zaater restera le symbole de sacrifice de la Résistance palestinienne



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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 20:06
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GUERRE A LA GUERRE
REFUS DE L'ARMEE, REFUS DU SERVICE

68affi-charlour.jpgParmi les luttes des années 70 et 80, dont parle "Actualité de la résistance anti-impérialiste", il en est une qui semble avoir disparu avec l'abandon du service militaire - mais dont nous devons nous souvenir et apprendre - : celle  des insoumis.  Refusant d'apprendre à servir les intérêts qui n'étaient  pas ceux des prolétaires, ils étaient jugés, condamnés,  emprisonnés. Dans la logique de ceux qui avaient refusé de servir en Indochine ou en Algérie, ils n'acceptaient pas non plus l'alternative  de l'objection de conscience qui cautionnait pour eux un système qu'ils entendaient combattre. Cela a concerné des centaines de j
eunes et ce jusqu'au début des années 2000. De cette lutte, nous devons garder le souvenir car aujourd'hui, les armées de métier continuent leur sinistre "mission" et dans le monde, l'armée française participe au soutien d'un système mondialisé d'oppression et d'exploitation. (affiche de 68). linter.



Actualité No O : GROUPE REVOLUTIONNAIRE INSOUMISSION TOTALE. G.R.I.T.

En France, lutte contre l'armée impérialiste.
Le G.R.I.T. revendique plusieurs actions avec utilisation de grenades fumigènes et diffusion de tracts contre :
- le Cercle National des Officiers militaires, le 26 février 78
- l'Etat-Major militaire de Montpellier, le 26 février 78
- l'Hotel du Gouverneur militaire, le 28 février, à Lyon.
- les cinémas UGC, Odéon et Berlitz, qui ont projeté le film "Il était une fois la légion", à Paris, le 4 mars

Le G.R.I..T. annonce que "ses interventions continueront ens'amplifiant sur Paris et à l'échelon national". Le groupe, qui a élaboré un texte sur la légitimité politique de l'insoumission totale, diffuse les feuilles d'information complètes des interventions. Il attend des avis et suggestions. S'adresser au Groupe de Solidarité et d'Information.
"a Montpellier, à Lyon, à Paris, c'est par l'action directe que votent les insoumis totaux!"
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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 12:45
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"Actualité de la résistance anti-impérialiste" a paru il y a maintenant 30 ans! Les articles sur la politique contre l'immigration publiés alors montrent bien qu'il s'agit là d'un élément structurel du capitalisme, et de sa politique impérialiste.
Aujourd'hui, on fait la chasse à l'enfant et un enfant est entre la vie et la mort à Amiens. Aux Comores, plus de vingt clandestins sont morts en mer. Et à Lille, des immigrés sont en grève de la faim et leur vie est en danger. Les articles publiés dans Actualité en 1978 et 1979 leur sont dédiés et rappellent la nécessaire solidarité de tout militant anticapitaliste.
Ce premier article reproduit ci-dessous est particulier: ce sont plusieurs groupes ou personnes sensibilisés par les contrôles de police qui organisent une manifestation et rédigent ensemble ce tract contre ces pratiques, en expliquant chacun leurs raisons et motivations.
C'est l'un des plus beaux textes et l'un des plus utiles paru dans "Actualité".
(linter.over-blog)
Résistance à Paris aux fouilles des flics (Actualité N°3 - 5 juin 1978)

    C'est quotidiennement maintenant que l'on a des exemples de flics qui dans le métro arrêtent les gens en choisissant leurs victimes: immigrés, jeunes en général pourvu qu'ils aient un peu l'air "gauchistes", d'une manière générale, les étrangers. Les flics vont jusqu'à fouiller les sacs et si la personne ne plaît pas, elle se retrouve embarquée en destination du poste le plus proche, lieu qui mérite sa triste réputation surtout parmi les travailleurs immigrés, noirs, arabes.
Le 19 mai, au métro Châtelet (qui par ailleurs dispose d'un nombre impressionnant de caméras de surveillance), un groupe de personnes a distribué des tracts pour appeler à résister contre les fouilles de flics et à être solidaires des immigrés qui se font "vérifier leur identité".

    Nous publions un extrait du tract:

MONSIEUR ET MADAME DEWAERE (affaire de Bruay en Artois)
"Pourquoi sommes-nous solidaires des gens victimes des vexations policières (fouilles, contrôle d'identité, tabassages, embarquements, arrestations). Depuis 1972, année de l'assassinat de notre fille Brigitte, nous nous heurtons à l'hostilité des autorités judiciaires. Par exemple, le 20 juillet 1972 a vu le surprenant dessaisissement du juge d'instruction Pascal, qui reste actuellement le seul inculpé de l'affaire et dont le procès a lieu le 17 et 18 mai 1978 à Rennes pour violation du secret de l'instruction sur la seule plainte du 1er inculpé, le notaire Leroy de Bruay. Et c'est à ce notaire, que la justice vient d'attribuer 40 millions de dommages et intérêts sur la base d'un non lieu et sur lequel continuent à peser pourtant 50 charges. Et pendant ce temps, cette même justice nous a refusé l'aide judiciaire et nous a condamnés à payer les frais de justice. Ce que nous voulons, c'est la vérité sur la mort de notre fille. C'est pourquoi nous posons la question: pourquoi le pouvoir judiiciaire fait-il barrage depuis 1972 à la recherche et à la manifestation de la vérité? C'est donc en tant que victime de cette " JUSTICE" que nous nous sentons solidaires de toutes les autres personnes qui elles aussi en sont les victimes. C'est le sens de notre présence dans le métro aujourd'hui aux côtés de ces personnes et en particulier aux côtés des immigrés contrôlés, fouillés, tabassés, embarqués."

EX-PRISONNIERS POLITIQUES (Fleury, Fresnes, santé), solidaires des immigrés
"Nous sommes des ex-détenus politiques de l'affaire dite des documents militaires (novembre 76- mars 77). Inculpés à partir d'un chef d'inculpation fabriqué par le juge d'instruction Seguin de la cour de sûreté de l'Etat (violation des secrets de la défense nationale pour un plan de la caserne griffonné sur un bout de papier). Reconnus innocents à grands coups de non lieu, s'en foutant de leur "innocence", soutenant inconditionnellement l'ensemble des condamnés politiques:
- Paysans et ouvriers inculpés au nom de la loi anticasseurs ou pour violence à l'égard des membres des forces de l'ordre
- Manifestants contre telle ou telle saloperie des agents du système, prisonniers politiques reconnus ou non comme tels par l'Etat,
Nous faisons partie de tous ceux qui luttent pour changer le système injuste que nous subissons tous.
Nous sommes donc solidaires des victimes de ce système, solidaires aujourd'hui, dans le métro des immigrés, humiliés, insultés, contrôlés, fouillés, tabassés, embarqués par les plus grands agents de l'insécurité: LES FORCES DE L'ORDRE CAPITALISTES." D'anciens détenus politiques.

DES ETUDIANTS EN DROIT QUI S'ETONNENT DES APPLICATIONS DE LA "LOI"
" Depuis 1973, 70 cercueils d'Algériens assassinés en France ont retraversé la Méditerranée. Sur ces 70 attentats racistes, la police française n'a arrêté que 4 auteurs présumés: un brigadier de police de Marseille et trois autres personnes qui ont bénéficié d'un non lieu. (c'est-à-dire aucune poursuite jusidiciaire). Citation du Matin, 6 mai 1978. Dans le même temps, la police opère des rafles journalières visant les travailleurs immigrés (maghrébains, noirs) particulièrement dans le métro parisien. Ces contrôles, que même Pierre Bas (député RPR de Paris) qualifie de rafles systématiques, n'existent pas pour le ministre de l'Intérieur (Le Monde 21 juin 1977). Pourtant vous les constatez vous-même chaque jour: par exemple, elles ont failli coûter la vie le 18 février à un malade interpellé dans le métro comme des centaines de ses frères immigrés. Le ministre de l'Intérieur parle de recréer dans le métro un climat de SECURITE. Mais quelle sécurité et pour qui? Etant étudiants en droit, nous apprenons à l'Université que les vérifications ne se justifient que pour rechercher les suspects en cas de flagrant délit (art. 53 à 74 OP) ou d'enquête judiciaire (art 75, 78 COP). Dans tous les cas, elles ne peuvent être pratiquées que sous l'autorité d'un officier de police judiciaire ou pour les mesures de police administatives ... Les travailleurs immigrés que la police quadrille et la justice enferme ou bien les assassins racistes qui bénéficient de l'impunité." Des étudiants en droit.

DES INFIRMIERES CONTRE LES PRATIQUES POLICIERES
"Nous sommes un groupe d'infirmières qui travaillons dans un service de rein artificiel à l'hôpital Broussais. Le rein artificiel est le traitement de l'insuffisance rénale par séance d'épuration (dialyse). L'interruption des séances met immédiatement la vie du malade en danger. Voici pourquoi, aujourd'hui, nous venons dans le métro dénoncer les contrôles d'identité, fouilles, tabassages, arrestations des immigrés dans les métropoles. Nous soignons un certain nombre de malades étrangers; nous savons leurs difficultés à obtenir les papiers indispensables à leur séjour en France. Nous savons aussi, parce qu'ils nous en ont fait part, les humiliations que la police française leur fait subir, et ce de façon quasi quotidienne: contrôle d'identité, fouilles, tabassages, arrestations. Nous avons le souvenir d'août 74, d'un dialysé africain, arrêté à la suite d'une dispersion. Il est revenu quelques jours après dans un état d'intoxication avancé. Pendant un mois environ, nous avons subi la présence de deux flics devant sa chambre d'hôpital car il était inculpé de violence à agents!!! Au mois de novembre 77, un dialysé ivoirien de l'hôpital Necker, Monsieur Ottaraasoumann est mort après plusieurs jours au dépôt sans soins. Au mois de février 77, un malade que nous onnaissons, disparaît pendant une vingtaine d'heures: il a été arrêté dans le métro. Il est arabe. Ses papiers ne sont pas en règle parce qu'il y a quelques mois, les services de la préfecture lui ont refusé la carte de séjour. On l'a donc contraint soit à vivre dans l'illégalité, soit à mourir. Nous passons sous silence les nombreuses arrestations et fouilles ordinaires.
Face à ces pratiques qui mettent en danger la vie des malades immigrés, qui portent atteinte à la liberté et au respect humain, nous prenons position CONTRE  et ce PUBLIQUEMENT.
Nous lutterons pour que des certificats médicaux deviennent des documents officiels et soient considérés à leur juste valeur par la police."

L'AFFAIRE HURIEZ
"Où est la justice? Qui est la justice? Pour une traite de 78 francs, une femme condamnée par itératif défaut à quatre mois de prison. Son fils Thierry ne pouvant supporter la dureté des hommes se suicide.
Une plainte contre le système judiciaire. Elle traîne en longueur ...!!!
Où est la justice. Depuis 6 ans, j'engage une lutte contre la justice et la répression qui est toujours pour les plus défavorisés beaucoup plus dure. Je suis aujourd'hui dans le métro car le crime commis, il y a trois mois, - immigré dialysé embarqué - est une nouvelle forme de répression. Solidaire avec les immigrés jusqu'au bout contre l'atteinte à leur droit de vivre " J'ACCUSE LA JUSTICE". Yvonne Huriez.

CE TEXTE RESTE, C'EST SUR,
L'UN DES PLUS BEAUX PUBLIE DANS "ACTUALITE"



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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:12
Les trois articles suivants ont été consacrés aux camarades sympathisants NAPAP.
Nous dédions ce document de linter à Jean-Paul GERARD.
(linter.over-blog)


ACTUALITE No 0


Jeudi 23 mars à Paris s'est déroulé le procès de Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, arrêtés le 12 mai 1977 pour transports d'armes. Verdict plus que lourd : 7 ans de prison dont 5 fermes pour chacun d'entre eux. L'ensemble de la presse a témoigné tellement peu d'intérêt pour ce procès que peu de gens y sont allés, la plupart d'ailleurs n'ayant pu entrer dans la salle.

Ceux que Libé traite de marginaux, que le monde appelle "intrépides nihilistes" ont mené depuis plusieurs mois une lutte soutenue en prison. Avec d'autres camarades, il ont fait plusieurs grèves de la faim pour obtenir une amélioration de leurs conditions de détention: isolement total (séjours dans les quartiers de Haute-sécurité), pas de visites ... Ils ont pendant plusieurs mois mené une lutte contre le système pénitentiaire français, contre le silence que l'on veut faire autour des prisonniers politiques, aux côtés de camarades comme José TRONELLE qui depuis est mort de façon plus que mystérieuse à la santé, le matin même de son procès. La femme de José Tronelle a dit dans le "Matin", "je ne crois pas à la mort de José par suicide, et tout ce que j'ai pu voir et apprendre ne fait que renforcer ma certitude".

La lutte des prisonniers politiques est essentielle pour la résistance anti-impérialiste en France. Exiger que les procès soient de véritables procès politiques, lutter pour que soit reconnue l'identité politique des prisonniers, est un de nos terrains de lutte contre cet Etat qui veut étouffer les tentatives de résistance en isolant les prisonniers, en bouclant les portes des procès, en les présentant par l'intermédiaire de la presse comme de dangereux criminels. Michel Kajman (Le Monde) tente de ridiculiser les déclarations des sympathisants NAPAP, en parlant de "discours-manifeste" qu'on ne peut interrompre, en les attaquant de plus sur leur "condition sociale": formation de fraiseur "à la va-vite", "tourneur sans tour" ... Le mépris bourgeois n'est même pas masqué.

Lutter contre l'isolement des prisonniers politiques, c'est aussi dénoncer les déclarations méprisantes et fausses de journaux comme Libération, où Gilles Millet ironise sur les expressions "guerre de classe" ("pour qui, pour quoi?" demande-t-il), "aspirations historiques du prolétariat", qui ne signifient rien pour lui. Il parle de marginaux ... Mais qui fait l'isolement.?

Nous devons soutenir les luttes menées dans les prisons, ébruiter les procès que l'on cache, diffuser les déclarations des prisonniers ...

Des textes des sympathisants NAPAP ont été publiés dans le no 6 de Combattants anti-impérialistes et dans la brochure du comté de défense des prisonniers politiques, avec des textes d'autres prisonniers

PROCES EN APPEL DES SYMPAYHISANTS NAPAP (NO 3 - 5 juin 1978)

Selon certaines informations que nous espérons pouvoir confirmer le plus vite possible, l'audience en appel aura lieu le 30 juin 78 à Paris pour les trois sympathisants condamnés le jeudi 23 mars 78 à 7 ans de prison chacun. Ils étaient accusés de transports d'armes. On se souvient du boycott presque total de la presse sur les prisonniers ou des articles minables dont le but n'était que de tenter de tourner en dérison le sens politique de l'action de Michel Lapeyre, Frédéric Oriach et jean-Paul Gérard. Quoique les journalistes vereux aient pu en dire, personne ne pourra nier la lutte continue que ces trois prisonniers ont mené avec leurs camarades en prison. Les "tristes petits lampistes" (selon Michel Kajman, le Monde) ont su montrer qu'ils n'étaient pas prêts à se déclarrrer vaincus par la répression des matons, et qu'ils sont déterminés à combattre l'isolement de tous les prisonniers en général.
Il est impératif que nous soyons nombreux à les soutenir lors de leur jugement en appel le 30 juin. Nombreux pour les soutenir face à la justice pour exiger leur libération, nombreux pour montrer que le mur du silence que l'on veut imposer autour d'eux, n'existe pas, pour montrer que leur lutte n'est pas vaine.
A l'heure où tous les prétextes sont bons pour aggraver encore les conditions de détention des prisonniers (en particulier les prisonniers qui résistent à l'enfermement), nous devons assister massivement à leur procès.

BRISER L'ISOLEMENT
Le 30 juin au palais de justice de Paris.


PROCES EN APPEL DES TROIS SYMPATHISANTS NAPAP ( No 4 - juillet 78)

Nous avions annoncé, dans notre dernier bulletin
, le procès en appel des sympathisants NAPAP devant se dérouler le 30 juin au palais de justice à Paris. Nous publions ici un appel pour la libération de jean-Paul GERARD, Michel LAPEYRE et Frédéric ORIACH lancé par le comité de soutien aux prisonniers politiques:

"Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, inculpés de transports d'armes, ont été jugés le 23 mars 1978 et condamnés à 7 ans. L'excessivité de la peine est le tribut qu'ils payent, à une justice, à un Etat, qui au-delà des faits imputés poursuivent et criminalisent leurs idées, leurs opinions. Le 23 mars était le procès d'un délit d'opinion, le ministère public a requis non point sur les faits mais sur les idées qui les motivaient. Depuis leur arrestation, ils sont victimes de véritables machinations. Campagne de presse, calomnies, désignation de leur famille comme cible, enfin toute la mascarade de l'affaire Empain, où pendant 48 heures, radios et télévisions répandaient que le baron Empain était otage contre leur libération.

7 ans de condamnation pour eux, alors que les assassins racistes frappent impunément, quand la milice patronale a licence de tuer aux portes des usines, quand les policiers tirent à vue et tuent "par méprise".
Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach ont fait appel et passent de nouveau devant la justice le 30 juin à la 10° chambre d'appel. Ils vont en appel pour dénoncer à nouveau la machination. Si la peine est maintenur, alors il sera définitivement clair qu'on les poursuit pour une vision de la société qui n'est pas celle du pouvoir d'Etat. Les soussignés déclarent récuser la justice d'exception."

Le comité de défense des prisonniers politiques a publié une brochure dans laquelle des textes de prisonniers donnent beaucoup d'éléments sur les luttes menées en prison. Nous appelons à signer cette pétition, et surtout à venir très nombreux au procès en appel des sympathisants NAPAP pour exiger leur libération et montrer ainsi que leur lutte n'est pas oubliée; et que malgré le silence que l'on veut imposer autour d'eux, de nombreuses personnes reconnaissent leur identité politique.

Le 30 juin, à la 10° chambre correctionnelle du palais de justice de Paris

SOLIDARITE AVEC LES SYMPATHISANTS NAPAP (Actualité No 11 - 16 février 1979)

NON A L'ISOLEMENT, NON A LA DEPORTATION DES PRISONNIERS POLITIQUES!

Nous avons reçu du Collectif de Soutien aux Emprisonnés politiques en France, l'appel suivant. Nous vous demandons de le signer, de le faire signer, de le diffuser largement autour de vous et de la renvoyer pour le moment à l'adresse du journal: ARAI
, c/o Les temps modernes ..., l'appel a déjà reçu plus de 250 signatures et il en faut beaucoup, très vite ...

APPEL

"Les sympathisants des Napap, Gérard, Lapeyre, Oriach avaient obtenu de la chancellerie en novembre 77, après une grève de la faim de 33 jours, leur sortie de l'isolement et leur regroupement.
Ce qu'ils avaient gagné de par leur lutte a été supprimé le 5 février 1979. deux d'entre eux ont été déportés dans le fort de l'île de Ré et sont actuellement séparés et mis à l'isolement.
Nous refusons cette déportation politique.
Nous dénonçons cette nouvelle mesure qui s'inscrit dans le cadre de la politique actuelle de répression contre toutes les politiques de résistance et de refus, contre toutes les formes de lutte sociale.
les soussignés exigent la cassation des déportations politiques et appellent au regroupement d'une vaste campagne afin d'obtenir la libération des prisonniers politiques."
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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 10:31
Archives de linter. (Pour consulter le blog: linter.over-blog.com)

Actualité de la résistance anti-impérialiste, No O - 
Texte complet de présentation du bulletin

 "Créer à  la fois une conscience de la domination impérialiste
et une conscience de la possibilité de résister."
L'anti-impérialisme, la lutte pour le communisme ont été pour de nombreux militants des années 60-70 un élément central de leur engagement. En dehors de l'Internationale et souvent bien avant, de nombreux bulletins et brochures ont accompagné les luttes. Les unes de Clash ont fait l'objet d'un précédent article et nous espérons bientôt d'un article à part entière.

Celui-ci présente  le tout premier numéro (No 0) paru en avril 1978 d'un bulletin ronéoté (eh oui, c'était bien avant la photocopieuse!) qui en comptera 15. Cet article restitue le texte complet de la présentation.
linter ( linter.over-blog.com)

EDITORIAL

Actualité de la résistance anti-impérialiste, c'est le titre du bulletin d'informations qui paraîtra pour la première fois le 1er mai au rythme d'une parution au moins tous les quinze jours. Ces quelques feuilles donnent une idée de ce que sera ce bulletin.

SON CONTENU

Des informations sur les luttes des mouvements de libération en Afrique, Asie, Amérique latine, mais aussi sur les mouvements qui, en Europe et en Amérique du Nord luttent contre l'impérialisme et que souvent les Etats et une partie de la "gauche" et de l"l'extrême gauche" qualifient de "terroristes". Alors que justement ces mouvements luttent contre la terreur imposée aux peuples.
Nous publierons des informations sur les luttes de ces mouvements, leurs déclarations, leurs textes théoriques. Nous essaierons de renforcer le soutien aux prisonniers de l'impérialisme qui luttent dans les conditions les plus difficiles, dans l'isolement, la torture. Nous dénoncerons les manoeuvres des polices, des services secrets, nous analyserons les méthodes de la guerre psychologique.
Par ailleurs, nous proposerons des faits sur la réalité de la domination impérialiste: les structures, les contradictions, les mécanismes de l'oppression. L'impérialisme US est actuellement la forme dominante de l'oppression capitaliste dans le monde. Mais si les transnationales où dominent les capitalistes dans le monde, mais si les transnationales où dominent les capitaux américains sont capables de soutenir activement la "déstabilisation" d'un gouvernement comme celui de Salvatore Alliende, cela est dû en grande partie à la passivité ou à la collaboration ouverte de pays qui se disent socialistes comme l'URSS et la Chine - dont un ambassadeur au Chili déclarait avant son départ, qu'il espérait que les relations entre la Chine et le Chili (de Pinochet) s'intensifieraient. Si l'ennemi principal est aujourd'hui l'impérialisme US, nous ne passerons pas sous silence des attitudes qui révèlent les tendances impérialistes dans la politique de l'URSS (les combattants érhytréens en savent quelque chose).
Nous dénoncerons également toutes formes de collaboration de classes avec les Etats impérialistes, de ceux qui usurpent aujourd'hui le qualificatif de communiste et soutiennent et permettent à la bourgeoisie de continuer sa domination comme cela est le cas en Italie pour le PCI, facteur d'ordre.
Notre but est de permettre le renforcement du front de lutte contre l'impérialisme en informant sur toutes les formes de résistance, en essayant de donner des éléments permettant de mieux comprendre la domination impérialiste pour mieux la combattre.
Nous propagerons largement les lieux et dates de réunions, meetings, manifestations contre l'impérialisme. Pour cela, nous faisons appel à la collaboration de tous les mouvements, groupes, comités, organes de presse etc.
Nous informerons sur les publications: livres, bulletins, affiches liés à cette lutte.
Nous ferons part des dates de passage ou des lieux de distribution de films consacrés à la lutte anti-impérialiste.
Notre volonté est d'être un lieu de rencontre et d'échanges pour tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, sur tous les fronts ou sur leurs arrières, luttent contre le pouvoir impérialiste.

SA FORME

N ous pensons faire de Actualité de la résistance anti-impérialiste un instrument de travail, facile d'accès donc d'un prix très modique (vraisemblablement 2 francs).
Le modèle, ce sont les bulletins diffusés autrefois en France par l'APL, L'Agence de presse libération (qui continue d'ailleurs dans certaines régions ou en Belgique.
Dans un premier temps, mise en place simplifiée, quelques feuilles ronéotées afin de ne pas augmenter les frais de parution, l'essentiel des charges se reportant sur les frais de documentation, abonnements à journaux, revues et téléphone.

SON FONCTIONNEMENT

ACTUALITE DE LA RESISTANCE ANTI6IMPERIALISTE est rédigé par un groupe autour de la revue "Combattants anti-impérialistes" qui créé à l'origine par le comité de soutien aux prisonniers de la Fraction Armée Rouge, s'est élargie après l'autodissolution de celui-ci à d'autres camarades (Combattants anti-impérialistes continuera à paraître comme organe de réflexion publiant des dossiers, des analyses, des textes qui ne sont pas nécessairement liés à l'actualité immédiate).

Le but de ce travail est clair: CREER A LA FOIS UNE CONSCIENCE DE LA DOMINATION IMPERIALISTE ET UNE CONSCIENCE DE LA POSSIBILITE DE RESISTER.

Ces quelques feuilles sont distribuées pour permettre une large discussion sur ce bulletin, un autre numéro d'essai paraîtra avant le numéro 1 vers le 15 avail. Nous y donnerons un lieu de rencontre pour discuter largement ces deux premiers numéros d'essai.
Comme ce bulletin se veut être un instrument pour les luttes anti-impérialistes, un trait d'union, il n'a de sens que dans la mesure où de nombreux groupes y participent dès maintenant en exprimant leurs souhaits, leurs besoins, leurs propositions.
Ce projet ne peut se développer que si tous les groupes, les initiatives prennent l'habitude d'informer de leurs publications ou des manifestations qu'ils organisent. Nous les y invitons dès maintenant.

AFIN DE DEVELOPPER DANS LES METROPOLES UN VASTE MOUVEMENT, UN FRONT DE RESISTANCE A L'IMPERIALISME.
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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 06:48
Actualité de la résistance anti-impérialiste, No O.

L'anti-impérialisme, la lutte pour le communisme ont été pour de nombreux militants des années 60-70 un élément central de leur engagement. En dehors de l'Internationale et souvent bien avant, de nombreux bulletins et brochures ont accompagné les luttes.
Les unes de Clash ont fait l'objet d'un précédent articles et nous espérons bientôt d'un article à part entière.
Celui-ci présente  le tout premier numéro (No 0) paru en avril 1978 d'un bulletin ronéoté (eh oui, c'était bien avant la photocopieuse!) qui en comptera 15. En voici l'éditorial, le sommaire et un article (choisi, déjà parce qu'il parle des NAPAP. Mais aussi parce qu'il  montre bien le rôle de la presse - les exemples sont vraiment parlants -  et qu'il nous dit que la lutte des prisonniers politiques est bien toujours la même et le soutien à leur témoigner si essentiel).





EDITORIAL


Actualité de la résistance anti-impérialiste, c'est le titre du bulletin d'informations qui paraîtra pour la première fois le 1er mai au rythme d'une parution au moins tous les quinze jours. Ces quelques feuilles donnent une idée de ce que sera ce bulletin.

SON CONTENU

Des informations sur les luttes des mouvements de libération en Afrique, Asie, Amérique latine, mais aussi sur les mouvements qui, en Europe et en Amérique du Nord luttent contre l'impérialisme et que souvent les Etats et une partie de la "gauche" et de l"l'extrême gauche" qualifient de "terroristes". Alors que justement ces mouvements luttent contre la terreur imposée aux peuples.
Nous publierons des informations sur les luttes de ces mouvements, leurs déclarations, leurs textes théoriques. Nous essaierons de renforcer le soutien aux prisonniers de l'impérialisme qui luttent dans les conditions les plus difficiles, dans l'isolement, la torture. Nous dénoncerons les manoeuvres des polices, des services secrets, nous analyserons les méthodes de la guerre psychologique.
Par ailleurs, nous proposerons des faits sur la réalité de la domination impérialiste: les structures, les contradictions, les mécanismes de l'oppression. L'impérialisme US est actuellement la forme dominante de l'oppression capitaliste dans le monde. Mais si les transnationales où dominent les capitalistes dans le monde, mais si les transnationales où dominent les capitaux américains sont capables de soutenir activement la "déstabilisation" d'un gouvernement comme celui de Salvatore Alliende, cela est dû en grande partie à la passivité ou à la collaboration ouverte de pays qui se disent socialistes comme l'URSS et la Chine - dont un ambassadeur au Chili déclarait avant son départ, qu'il espérait que les relations entre la Chine et le Chili (de Pinochet) s'intensifieraient. Si l'ennemi principal est aujourd'hui l'impérialisme US, nous ne passerons pas sous silence des attitudes qui révèlent les tendances impérialistes dans la politique de l'URSS (les combattants érhytréens en savent quelque chose).
Nous dénoncerons également toutes formes de collaboration de classes avec les Etats impérialistes, de ceux qui usurpent aujourd'hui le qualificatif de communiste et soutiennent et permettent à la bourgeoisie de continuer sa domination comme cela est le cas en Italie pour le PCI, facteur d'ordre.
Notre but est de permettre le renforcement du front de lutte contre l'impérialisme en informant sur toutes les formes de résistance, en essayant de donner des éléments permettant de mieux comprendre la domination impérialiste pour mieux la combattre.

SOMMAIRE

Déclaration de grève de la faim des prisonniers de la RAF
A propos du procès Klaus Croissant
A propos du procès de Günter Sonnenberg
Le tribunal Russel
Brèves sur la Grèce, l'Espagne
Grève de la faim des prisonniers iraniens

Procès des trois sympathisants NAPAP
Groupe révolutionnaire insoumission totale
Argentine: Pour le boycott de l'organisation par l'Argentine du Mundial 78
Palestine/Liban, la lutte sur tous les fronts
Paris/Turin, arrestation à Paris d'Antonio Bellavita
Communiqué des Brigades rouges

UN ARTICLE / PROCES DES SYMPATHISANTS NAPAP

Jeudi 23 mars à Paris s'est déroulé le procès de Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre et Frédéric Oriach, arrêtés le 12 mai 1977 pour transports d'armes. Verdict plus que lourd : 7 ans de prison dont 5 fermes pour chacun d'entre eux. L'ensemble de la presse a témoigné tellement peu d'intérêt pour ce procès que peu de gens y sont allés, la plupart d'ailleurs n'ayant pu entrer dans la salle.

Ceux que Libé traite de marginaux, que le monde appelle "intrépides nihilistes" ont mené depuis plusieurs mois une lutte soutenue en prison. Avec d'autres camarades, il ont fait plusieurs grèves de la faim pour obtenir une amélioration de leurs conditions de détention: isolement total (séjours dans les quartiers de Haute-sécurité), pas de visites ... Ils ont pendant plusieurs mois mené une lutte contre le système pénitentiaire français, contre le silence que l'on veut faire autour des prisonniers politiques, aux côtés de camarades comme José TRONELLE qui depuis est mort de façon plus que mystérieuse à la santé, le matin même de son procès. La femme de José Tronelle a dit dans le "Matin", "je ne crois pas à la mort de José par suicide, et tout ce que j'ai pu voir et apprendre ne fait que renforcer ma certitude".

La lutte des prisonniers politiques est essentielle pour la résistance anti-impérialiste en France. Exiger que les procès soient de véritables procès politiques, lutter pour que soit reconnue l'identité politique des prisonniers, est un de nos terrains de lutte contre cet Etat qui veut étouffer les tentatives de résistance en isolant les prisonniers, en bouclant les portes des procès, en les présentant par l'intermédiaire de la presse comme de dangereux criminels. Michel Kajman (Le Monde) tente de ridiculiser les déclarations des sympathisants NAPAP, en parlant de "discours-manifeste" qu'on ne peut interrompre, en les attaquant de plus sur leur "condition sociale": formation de fraiseur "à la va-vite", "tourneur sans tour" ... Le mépris bourgeois n'est même pas masqué.

Lutter contre l'isolement des prisonniers politiques, c'est aussi dénoncer les déclarations méprisantes et fausses de journaux comme Libération, où Gilles Millet ironise sur les expressions "guerre de classe" ("pour qui, pour quoi?" demande-t-il), "aspirations historiques du prolétariat", qui ne signifient rien pour lui. Il parle de marginaux ... Mais qui fait l'isolement.?

Nous devons soutenir les luttes menées dans les prisons, ébruiter les procès que l'on cache, diffuser les déclarations des prisonniers ...

Des textes des sympathisants NAPAP ont été publiés dans le no 6 de Combattants anti-impérialistes et dans la brochure du comté de défense des prisonniers politiques, avec des textes d'autres prisonniers
 
(L'adresse du bulletin était les temps modernes)

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 20:14
Ce très beau texte a été publié en 1902 par Rosa Luxemburg. Pendant toutes ses premières années en Allemagne, à partir de 1898, Rosa Luxemburg a écrit régulièrement des articles sur l'actualité. On peut suivre dans sa correspondance la génèse de ces articles.
Toujours, elle se saisit d'un événement qui selon elle touche la classe ouvrière ou qui est symbole de l'exploitation mondiale par le capital. Cet article sur l'éruption de la Montagne pelée en Martinique en est un témoignage à la fois précis politiquement et sensible. Des dizaines de personnes sont mortes ce jour-là alors que la catastrophe pouvait être prévue.
Ce texte est à rapprocher de celui déjà mis sur ce blog "L'asile de nuit". Et il résonne étrangement juste quand on pense aux campagnes "humanitaires" des puissants d'aujourd'hui


(Le collage est de Joëlle Aubron)

“Martinique” par Rosa Luxemburg


DES montagnes de ruines fumantes, des tas de cadavres mutilés, une mer fumante, partout où l’on se tourne boue et cendres, c’est tout ce qui reste de la petite ville prospère perchée comme une hirondelle sur la pente rocheuse du volcan. Depuis quelque temps, on avait entendu le géant en colère gronder et s’emporter contre la présomption humaine, contre la suffisance aveugle des nains à deux jambes. Au grand cœur dans sa colère même, un véritable géant, il avait prévenu les créatures insouciantes qui rampaient à ses pieds. Il fumait, répandant des nuages ardents ; dans son sein il y avait un bouillonnement et un fourmillement, des explosions semblables à des coups de fusils et au tonnerre du canon. Mais les seigneurs de la terre, ceux qui ordonnent à la destinée humaine, ont maintenu la foi inébranlable en leur propre sagesse.

Le septième jour du mois, une commission expédiée par le gouvernement a annoncé à la population inquiète de Saint-Pierre que tout était en règle dans le ciel comme sur la terre. Tout est en règle, aucune cause d’alarme ! Comme ils l’avaient dit, intoxiqués par les danses de salon, à la veille du serment du Jeu de paume à l’époque de Louis XVI, alors qu’une lave ardente s’accumulait avant l’éruption du volcan révolutionnaire. Tout est en ordre, la paix et la tranquillité règnent partout ! Comme ils le disaient, il y a 50 ans, à Vienne et à Berlin à la veille de l’éruption de mars. Mais, le vieux titan souffrant de la Martinique n’a prêté aucune attention aux rapports de l’honorable commission, après que la population a été rassurée le septième jour par le gouverneur, il fit irruption au cours des premières heures du huitième jour et il a enterré en quelques minutes, le gouverneur, la commission, la population, les maisons, les rues et les bateaux sous les exhalaisons ardentes de son cœur indigné.

Le travail a été radical. Quarante mille vies humaines fauchées, une poignée de réfugiés sauvés, le vieux géant peut gronder et bouillonner en paix, il a manifesté sa puissance, il s’est affreusement vengé de cet affront à sa puissance primale. Et maintenant, dans les ruines de la ville détruite, un nouvel arrivant s’invite en Martinique, un invité encore inconnu, jamais rencontré auparavant : l’être humain. Ni maître, ni serf, ni noir, ni blanc ; ni riche, ni pauvre, ni propriétaire de plantation ou esclave salarié, l’être humain survient sur l’île brisée et minuscule, l’être humain qui ressent seulement la douleur et constate seulement le désastre, qui cherche seulement à aider et secourir. Le vieux Mont Pelé a réalisé un miracle ! Oubliés les jours de Fachoda, oublié le conflit de Cuba, oubliée "la Revanche" ; les Français et les Anglais, le Tsar et le Sénat de Washington, l’Allemagne et la Hollande donnent de l’argent, envoient des télégrammes, tendent une main secourable. La confrérie des peuples contre la haine brûlante de la nature, une résurrection de l’humanisme sur les ruines de la culture humaine s’est manifestée. Le prix du retour à l’humanité fut élevé, mais le tonnerre du Mont Pelé a capté leur attention.

La France pleure sur les 40.000 cadavres de l’île minuscule, et le monde entier s’empresse de sécher les larmes de la République. Mais comment était-ce quand, il y a quelques siècles, la France a versé le sang à torrents pour prendre les Petites et les Grandes Antilles ? En mer, au large des côtes de l’Afrique de l’Est, existe l’île volcanique de Madagascar. Il y a 50 ans, nous vîmes comment la République aujourd’hui inconsolable et qui pleure la perte de ses enfants a alors soumis les indigènes obstinés à son joug par les chaînes et l’épée. Nul volcan n’y a ouvert son cratère, ce sont les bouches des canons français qui ont semé la mort et de la désolation. Les tirs de l’artillerie française ont balayé des milliers de vies humaines de la surface de la terre jusqu’à ce que ce peuple libre se prosterne face contre terre et que la reine des "sauvages" soit traînée, comme trophée, dans la "Cité des Lumières".

Sur la côte asiatique, lavée par les vagues de l’océan, se trouvent les souriantes Philippines. Il y a six ans, nous y avons vu les Yankees bienveillants, le Sénat de Washington au travail. Il n’y a pas là-bas de montagne crachant le feu et pourtant le fusil américain y a fauché des vies humaines en masse ; le cartel du sucre du Sénat qui envoie aujourd’hui des dollars-or par milliers à la Martinique pour sauver des vies, avait auparavant envoyé des canons et des canons, des vaisseaux de guerre et des vaisseaux de guerre ; des millions et des millions de dollars-or sur Cuba pour semer la mort et la dévastation.

Hier et aujourd’hui, très loin dans le sud de l’Afrique, où il y a quelques années encore, un petit peuple tranquille y vivait de son travail et en paix, nous avons vu comment les Anglais y ont tout ravagé. Ces mêmes Anglais qui sauvent la mère et l’enfant en Martinique, nous les avons vus piétiner brutalement des corps humains et même ceux d’enfants avec leurs bottes de soldats, se vautrant dans des mares de sang et semant la mort et la dévastation.

Ah, et les Russes, le Tsar de toutes les Russies, aidant et pleurant - une vieille connaissance ! Nous vous avons vus sur les remparts de Prague, où le sang polonais encore chaud coulait à flots faisant virer le ciel au rouge de ses vapeurs. Mais c’était autrefois. Non ! Maintenant, il y a seulement quelques semaines, nous avons vu les Russes bienveillants sur les routes poussiéreuses, dans des villages russes ruinés, confronter une foule de loqueteux en révolte et tirer sur des moujiks haletants, nous avons vu le sang rouge des paysans se mélanger à la poussière du chemin. Ils doivent mourir, ils doivent tomber parce que leurs corps sont tordus par la faim, parce qu’ils réclament du pain et encore du pain !

Et nous vous avons vus, vous aussi, oh République, en larmes ! C’était le 23 mai 1871, quand le soleil glorieux du printemps brillait sur Paris, des milliers d’êtres humains pâles dans des vêtements de travail étaient enchaînés ensemble dans les rues, dans les cours de prison, corps contre corps et tête contre tête ; les mitrailleuses faisaient crépiter par les meurtrières leurs museaux sanguinaires. Aucun volcan n’avait éclaté, aucun jet de lave n’avait été versé. Vos canons, République, ont tiré sur la foule compacte, poussant des cris de douleur - plus de 20.000 cadavres ont recouvert les trottoirs de Paris !

Et vous tous - Français et Anglais, Russes et Allemands, Italiens et Américains - nous vous avons vus tous ensemble pour une première fois dans une entente fraternelle, unie dans une grande ligue des nations, aidant et vous entraidant les uns les autres : c’était en Chine. Là, vous aviez oublié toutes les querelles entre vous, là aussi vous aviez fait la paix des peuples - pour le meurtre et l’incendie. Ah ! Combien d’individus sont tombés sous vos balles, comme un champ de blé mûr haché par la grêle ! Ah ! Combien de femmes jetées à l’eau, pleurant leurs morts dans leurs bras froids et fuyant les tortures mêlées à vos embrassades ardentes !

Et maintenant, ils se tournent tous vers la Martinique d’un même mouvement et le cœur sur la main, ces meurtriers bienveillants aident, sauvent, sèchent les larmes et maudissent les ravages du volcan. Mont Pelé, géant au grand cœur, tu peux en rire ; tu peux les mépriser, ces carnivores pleurants, ces bêtes en habits de Samaritains. Mais un jour viendra où un autre volcan fera entendre sa voix de tonnerre, un volcan qui grondera et bouillonnera et, que vous le vouliez ou non, balayera toute ce monde dégoulinant de sang de la surface de la terre. Et c’est seulement sur ses ruines que les nations se réuniront en une véritable humanité qui n’aura plus qu’un seul ennemi mortel : la nature aveugle.
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Militants d'AD

Situation des  MILITANTS

Nathalie Ménigon

Georges Cipriani

en libération conditionnelle

Jean-Marc Rouillan

en semi-liberté 

NOS COMBATS

(avril 2010)

Après la semI-liberté de Georges Cipriani, la campagne continue pour la libération de Jean-Marc Rouillan
et encore et toujours  
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

(septembre 2008)

Contre le risque de peine infinie pour les prisonniers révolutionnaires - contre la rétention de sûreté - contre le CNO
Pour une libération complète et sans condition des prisonniers révolutionnaires
Pour une solidarité avec ces militants en semi-liberté, en libération conditionnelle et au-delà car le but reste le même: leur permettre de préserver leur identité politiqe et de vivre matériellement, politiquement.

  (août 2009)


Le combat pour la libération des prisonniers d'Action directe doit donc continuer et se renforcer ...
Après la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, nous avons appris ce 20 août, le refus brutal et tellement politique de la libération conditionnelle pour Georges Cipriani.

Alerte: La santé, la vie de Jean-Marc Rouillan sont menacées, il doit être libéré.
Liberté pour Georges Cipriani'

C. GAUGER ET S. SUDER

PROCES CONTRE C. GAUGER ET S. SUDER

Pour suivre le procès : lire

 

LIBERATION DE SONJA SUDER

EMPRISONNEE DEPUIS SEPTEMBRE 2011 POUR DES FAITS REMONTANT A PLUS DE TRENTE ANS ET SUR LES SEULES ACCUSATIONS D'UN TEMOIN REPENTI HANS-JOACHIM KLEIN.

 

ARRET DES POUSUITES CONTRE CHRISTIAN GAUGER ET SONJA SUDER

ENGAGEES AU MEPRIS DE TOUTE PRESCRIPTION

SUR LES SEULES BASES DE DECLARATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE D'UNE PART ET D'UN REPENTI D'AUTRE PART

 

NON A LA TORTURE - NON A LA CITATION COMME TEMOIN D'HERMANN F.

Militant grièvement blessé en 1978, interrogé dès le lendemain d'une opération où il a perdu ses deux yeux et a été amputé des deux jambes, séquestré durant quatre mois sans mandat d'arrêt par la police, maintenu à l'iolement, et dont le tribunal prétend aujourd'hui utiliser les déclarations, qu'il a remis en cause dès qu'il a qu'il a pu être libéré des griffes des policiers.

 

LIBERATION DE SIBYLLE S., ARRETEE LE 9 AVRIL EN PLEIN PROCES POUR REFUS DE TEMOIGNER :

 

condamnée il y a plus de trente ans sur la base des déclarations de son ex-compagnon Hermann F., elle est restée proche de lui toutes ses années et refuse qu'on utilise ces déclarations qui lui ont été extorquées au prix de traitements inhumains.

 


Liberté pour Sibylle et Sonja 2